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Éditeur : Le Livre de Poche (06/08/2019)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 464 notes)
Résumé :
" Ceci est l'histoire de ma mère, la princesse Selma, née dans un palais d'Istamboul.
" Ce pourrait être le début d'un conte ; c'est une histoire authentique qui commence en 1918 à la cour du dernier sultan de l'Empire ottoman. Selma a sept ans quand elle voit s'écrouler cet empire. Condamnée à l'exil, la famille impériale s'installe au Liban. Selma, qui a perdu à la fois son pays et son père, y sera " la princesse aux bas reprisés ". C'est à Beyrouth qu'elle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Roggy
  05 mars 2018
Kenizé Mourad signe une incursion passionnante dans les coutumes orientales et dans l'histoire politique de l'indépendance de la Turquie. Le langage vif et imagé incarne la chaleur et le vent du Bosphore, les couleurs appétissantes des marchés, le parfum capiteux des glycines et les feuillages de cuivre qui bordent les chemins de pierre.
L'empire ottoman est en pleine débâcle face aux puissances occidentales. Les femmes, brimées par tant d'interdits, rêvent de liberté, mais le poids des convenances et des traditions est écrasant.
On se prend de sympathie pour Selma la petite sultane effarouchée qui s'ennuie dans la vie de palais et qui s'intéresse à la culture de son pays et à son avenir.
On perçoit la Turquie des années 20 à travers ses yeux de petite fille face à l'occupation par l'ennemi. Elle vit le démembrement de son pays, les trahisons, la peur, et pourtant son besoin de liberté est plus fort que tout car elle sent qu'elle est faite pour un grand destin.
L'exil au Liban est un tournant mais aussi une épreuve. Selma se retrouve séparée de son père et en tant que musulmane elle doit essuyer le mépris des chrétiens, elle devient pauvre quand elle a toujours vécu dans l'opulence et subira la pression de devoir se trouver un mari.
Le passage dans les Indes marquera les jeux de pouvoir et d'argent auxquels il faut se soumettre ainsi que la notion très particulière de castes qui régit la société depuis des millénaires. Le racisme envers les musulmans, la lutte pour l'indépendance, Selma se battra pour aider à améliorer la condition des femmes, seul moyen de se sentir utile face à l'oppression.
Elle connaîtra le mariage, l'amour, la haine mais se battra surtout pour son besoin incommensurable d'être libre.
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jeunejane
  01 décembre 2017
Selma, naît en 1911 à Istambul. Elle est la petite-fille du sultan
Mourad V . Elle admire beaucoup sa mère, la sultane Hatidjé et elle aime beaucoup son père.
Elle rêve de voyager en Europe car elle admire beaucoup l'Occident. On retrouve l'ambiance du roman de Pierre Loti, " Les désenchantées" où la culture française était bien présente dans les palais d'Istambul.
A la fin de la première guerre mondiale, les puissances européennes rejettent le dernier sultan.
Hatidjé sultane est obligée de partir au Liban.
Selma est inconsolable car son père ne les accompagne pas.
A 7 ans, elle fréquente l'école où elle se sent étrangère et seule. Elle y découvre cependant l'amitié.
Adolescente, elle découvre l'amour mais déçue, elle épouse , sans le connaître, Amir, le radjah de Badalpur.
En Inde, elle vit dans cette famille musulmane où elle retrouve le faste mais aussi la rigueur et l'étouffement.
L'Inde est secouée par les violences qui précèdent la fin de l'empire britannique et elle va accoucher d'une petite fille à Paris loin de ces tumultes.
Elle y rencontre la liberté, l'amour, la guerre et une fin prématurée comme nous l'annonce le titre.
Sa fille, née en France, devenue adulte choisira de faire revivre sa mère, cette princesse oubliée et morte beaucoup trop tôt.
Kenizé Mourad , du nom de son grand-père, a fait des études de sociologie et de psychologie à la Sorbonne. Reporter au Moyen-orient pour Le Nouvel Observateur, elle a obtenu le prix des lectrices du magazine"Elle" en 1988.
J'avais lu le livre au début des années 1990 et avais été troublée par le destin de cette petite princesse Selma qui avait vécu la fin de l'empire ottoman, la vie au Liban sous la conduite française , la fin de l'empire britannique des Indes , le début de la deuxième guerre mondiale en France et tout cela en 29 ans d'existence.
Je viens de le relire avec autant d'enthousiasme tout en constatant que l'écriture est un peu édulcorée, conventionnelle par rapport à ce qu'on peut lire aujourd'hui.
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soleil23
  15 mai 2014
Selma m'a fait voyager dans sa vie et dans des pays de rêves. Ce roman captivant ne laisse aucun temps mort, on est pris dans, non pas le feu mais la douceur, du récit. Complètement absorbé par l'histoire de cette petite princesse coupée de ses racines, exilée, incomprise, on la suit aveuglement dans son parcours insolite. D'ailleurs, ce qui commence comme un conte de fée devient vite un quotidien d'angoisse et d'incertitudes. La pauvreté remplace le faste et l'inquiétude chasse l'insouciance des beaux jours. J'ai à peine eu le temps de savourer les détails de la vie d'une Sultane dans un palais ottoman « le haramlek » et ses intrigues que tout est chamboulé.
Ce roman est une valse non à trois temps mais à quatre : Istanbul, Beyrouth, les Indes et enfin Paris. La plume de Kenizé Mourad est envoûtante, pleine d'émotions et de douceur. On se rêve dans les palais majestueux des mille et une nuits.
La fin est si triste que j'en ai pleuré, je n'en dirais pas plus. Je préfère vous laisser découvrir ce petit bijou qui est devenu mon grand coup de coeur. On ne se lasse pas de relire des passages rien que pour savourer les instants magiques.
Confidence : je me suis empressée d'acheter la suite « le jardin de Badalpour ».

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majero
  30 avril 2018
Quelle classe, cette Kenize Mourad! Un peu normal puisqu'elle est la fille de la princesse-sultane Selma, profondément musulmane dont elle nous offre une des plus touchante biographie.
Comme elle nous fait vivre, en bonne journaliste et grâce à l'utilisation du 'présent' la déroute turque de 1918, la résistance du général roturier Mustapha Kemal chassant les Grecs d'Izmir...avant de prendre le pouvoir muselant la presse, assassinant les opposants et chassant le Calife, le Sultan et son entourage.
Exilée à Beyrouth où les Français sont en train d'exterminer les Druzes, ce n'est pas facile de trouver un mari à cette jolie Sultane sans le sou, élevée à l'école des soeurs mais d'une fière lignée musulmane ce qui intéresse un jeune prince hindou.
Alors qu'à Ankara le port du voile est interdit aux femmes, c'est carrément la burqa qui lui est imposée, cloîtrée dans une Inde aux coutumes barbares, déchirée entre le Congrès des indépendantistes hindous et la Ligue des musulmans courtisant l'Anglais. Selma profite de sa grossesse pour s'enfuir, malgré la menace allemande, accoucher en France.
Un texte puissant, comme le soliloque de l'eunuque Zeynel, tellement beau que ça en devient presque douloureux!
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Moob
  06 juin 2012
"De la part de la princesse morte" est un livre qui m'a fascinée.
De la vie ottomane, aux histoires de femmes et de leur fonctionnement dans le harem, j'ai découvert que les enjeux et stratégies étaient dans leurs mains.
Ces belles femmes prisonnières, devenues communicantes, multilingues par la force des choses, misant tout sur leur rôle éducatif de leur progéniture, une nécessité car la concurrence y est grande, ont un sens du positionnement impressionnant ! qui démontrent l'importance politique dirigée par elles-mêmes au sein du harem et pourquoi elles furent parmi les premières femmes à voter !...
J'ai réalisé que l'importance de la civilisation de l'Empire Ottoman était bien sous-évaluée dans l'enseignement de nos livres d'Histoire, et qu'elle n'avait jamais été aussi bien mise en valeur que dans ce roman déclencheur de mon intérêt par la suite.
J'ai apprécié les belles descriptions du Liban, devenue voyageuse, goûtant aux parfums Méditerranéens, jusqu'aux Indes, en passant par des ambiances qui m'ont bercées aux portes de l'Orient.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
Emily5FEmily5F   08 juin 2012
Une forte odeur de jasmin la tire de ses réflexions. Ils sont arrivés devant le wagon indigo, aux couleurs de l'Etat. Au pied des marches, d'énormes bouquets blancs embaument. Qui a pensé à l'accompagner de ses fleurs préférées ? "Amir" sourit Zahra en réponse à sa question muette. Les larmes longtemps contenues montent aux yeux de Selma. Amir ?... Pourquoi si tard ? Est-ce parce qu'elle part qu'il est capable enfin, d'exprimer un peu d'amour ?
Bouleversée, elle a pénétré dans le compartiment et s'est avancée vers lui. A cette minute, s'il lui demandait de rester, elle tomberait dans ses bras.
Il se contente de la regarder, et recule, imperceptiblement.
Par la suite, il pensera souvent à cet instant où, quelque envie qu'il en ait eue, il n'a pu surmonter le réflexe acquis, la règle d'or qui interdit aux époux musulmans de se témoigner la moindre intimité en public (...) et sa jeune femme en silence le supplie de faire un geste.
Tremblante, Selma a saisi la coupe de champagne qu'en époux attentionné il lui tend. Il a recouvré son sang-froid et porte des toasts à la santé de la princesse, au bon déroulement de son voyage, à un agréable séjour en France. Pas une fois il n'évoquera la tristesse de son absence ou leurs retrouvailles prochaines. Sur son visage, pas la moindre émotion.
Le sifflet du chef de gare annonçant le départ imminent vient interrompre ces adieux étranges. Excepté Zeynel, tout le monde est descendu sur le quai, Amir était le dernier. Va-t-il l'embrasser ?
Galamment, il s'incline comme s'il la quittait pour quelques jours.
- A bientôt, ma princesse.
- Amir !
A son appel, il s'est retourné. Longuement, douloureusement, ils se sont regardés. Elle a soudain le pressentiment qu'ils ne se reverront jamais(...).
Penchée à la fenêtre du train qui dans des flots de fumée s'ébranle, elle fixe intensément la mince silhouette blanche, immobile sur le quai, qui s'éloigne, s'éloigne et disparaît...
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RoggyRoggy   07 mars 2018
Elle se tait. Si elle ouvre la bouche, elle va se mettre à sangloter, et il n’y a rien qu’il déteste comme les pleurs. Pourtant il faut qu’elle parle, sinon il pensera qu’elle lui en veut, ou qu’elle a pris le parti d’Annedjim… C’est faux, elle n’a pris le parti de personne, elle les aime tous les deux, mais de façon si différente qu’elle a l’impression qu’il y a deux Selma qui aiment… Elle a souvent réfléchi à ce phénomène : lorsque sa mère lui sourit, elle se sent capable de conquérir le monde ; lorsque son père lui sourit, elle oublie le monde et elle fond de bonheur, doucement, comme une pâte de fruit sous la langue. Elle ne sait pas pourquoi, elle sait seulement qu’elle ne veut pas choisir entre ces deux sourires
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majeromajero   26 avril 2018
Elle n’est plus Selma, elle est bien davantage, elle est ce brin d’herbe, et ces feuilles, et cette branche qui s’étire pour atteindre un nuage, elle est cet arbre qui plonge ses racines jusque dans l’antre obscur et mystérieux de sa naissance, elle est le bruissement de la source et son eau transparente qui fuit et toujours reste là ; elle est la caresse du soleil et le tournoiement du vent, elle n’est plus Selma, elle est, tout simplement.

Sur le chemin du retour, la jeune fille ne dira pas un mot. Elle tente de protéger sa joie, flamme fragile. La croyant triste, Orhan s’ingénie à la distraire, lui raconte mille histoires qu’elle n’entend pas. Elle aimerait qu’il se taise… Mais comment lui expliquer que le silence peut être le plus chaleureux des compagnons, le plus attentif, le plus généreux, et que dans le mot « solitude » elle, elle voit « soleil ».
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TobagoTobago   14 juin 2012
"_Je vous ai apporté un livre de Fariduddin Attar, le plus grand poète mystique druze.Si vous décidez de ne pas venir, il vous tiendra compagnie.

« Les oiseaux du monde entier, raconte le livre, se sont rassemblés pour se mettre en quête de leur roi, le Simurgh, depuis longtemps disparu. Personne ne sait où il réside, sauf un très vieil oiseau. Mais il ne peut le trouver seul, car le chemin est semé d’embûches, il faut qu’ils partent tous. Le Simurgh demeure en effet dans le Qaf, une chaîne de montagnes qui entoure la terre, et pour y arriver il faut traverser des rideaux de feu, nager dans des torrents déchaînés, combattre des armées de dragons féroces.
Ils sont partis des milliers, mais au cours du voyage, qui durera des années, la plupart périront. Seuls trente oiseaux, les plus sages, atteindront, après bien des difficultés, la cour du Simurgh dans les montagnes du Qaf. Là, éblouis, ils découvrent des milliers de soleils, de lunes, et d’étoiles. Et dans le reflet de chacun de ces astres ils se voient et voient le Simurgh. Et ils ne savent plus si ils sont encore eux-mêmes ou s’ils sont devenus le Simurgh. Jusqu’à ce qu’enfin ils comprennent qu’ils sont le Simurgh et que le Simurgh c’est eux, qu’ils sont un seul et même être. Et que leur roi, le dieu qu’ils étaient allés chercher si loin, était en eux… »

Selma a laissé tomber le livre. "

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jeunejanejeunejane   01 décembre 2017
A Istamboul, dans son enfance, Selma a vu la misère, sans doute aussi atroce qu'aux Indes. Mais cette misère était due à la guerre qui depuis des années ravageait le pays; c'était une situation exceptionnelle que l'on combattait et que l'on savait pouvoir surmonter.
Ici, chaque jour, des milliers d'enfants meurent de faim, c'est un fait accepté, prévu, entré dans les habitudes.
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Au pays des purs, de Kenizé Mourad
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