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Gilles Berton (Traducteur)
EAN : 9782253137450
280 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/05/1995)
  Existe en édition audio
3.7/5   263 notes
Résumé :
Vétéran du front turc, ancien de la police, Bernie Gunther, trente-huit ans, est devenu détective privé, spécialisé dans la recherche des personnes disparues. Berme ne se plaint pas. Les disparitions sont monnaie courante à Berlin, en 1936, et il ne manque pas de clients Mais aujourd'hui, Hermann Six, le puissant industriel qui engage Bernie, ne cherche pas à trouver sa fille : celle-ci a été assassinée chez elle, ainsi que son mari. Non, ce qui intéresse Herr Six, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
3,7

sur 263 notes

bibiouest
  18 janvier 2020
Ce livre a le mérite de réunir deux de mes passions de lecteurs, le roman noir et l'histoire.
Il est normal qu'un jour ou l'autre je franchisse le pas, c'est chose faite avec ce livre.
C'est un livre policier classique avec un détective privé à la Philip Marlowe, un brin cynique et humour à toute épreuve.
Cela en fait déjà un roman passionnant mais jusque-là rien de nouveau par rapport aux héros du même type: Sam Spade, Nestor Burma, Mike Hammer etc...
Le coup de génie de Philip Kerr c'est de l'avoir transposé au milieu des années 30 dans l'Allemagne nazi. Bernard Gunther y côtoie la pègre et les hauts dignitaires du troisième Reich, et l'on ira même jusque dans le sinistre «Dachau». Quelques «légères» invraisemblances parsement cet ouvrage, qui n'altère en rien la qualité de celui-ci.
Un style clair et fluide, cela se lit facilement.
Une idée formidable donc, et un livre qui ne l'est pas moins.
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CasusBelli
  16 novembre 2020
Il me fallait tôt ou tard rencontrer Philip Kerr et Bernie Gunther, alors autant commencer par le commencement et ce premier tome de la trilogie Berlinoise.
Quelle bonne idée, celle qui consiste à prendre un détective privé doté d'une grande gueule et d'un sale caractère, de le tremper dans une ambiance roman noir et de transposer le tout dans le Berlin de 1936.
Car disons le tout de suite, ce qui rend d'emblée ce roman attractif tient essentiellement à son contexte et aux descriptions tant sociétales, qu'historiques de la montée du national socialisme en Allemagne.
Les arrestations arbitraires, les enlèvements, les disparitions inquiétantes, autant de motifs d'inquiétudes pour tout allemand qui ne ferait pas preuve de zèle patriotique.
Bernie Gunther en tant qu'enquêteur s'est fait une spécialité de la recherche de disparus, il se voit offrir un pont d'or par un riche industriel qui souhaite retrouver l'assassin de sa fille.
Une enquête délicate car Berny va devoir composer avec de nombreuses sources d'ennuis, la gestapo entre autre...
Très précis d'un point de vue historique, ce roman va employer beaucoup de termes allemands avec lesquels il faudra se familiariser assez vite pour ne pas se faire larguer en cours de route.
J'ai bien aimé le style, à la première personne et assez "cinématographique" souvent, le rythme, idéal avec des plages psychologiques qui permettent un recul intéressant sur le contexte historique omniprésent.
Pour revenir au style, j'ai été surpris par le nombre très élevé "d'images" irrévérencieuses quasi systématiques du genre, "il vous expédieraient au KZ en moins de temps qu'il ne faudrait à une danseuse du Kit Kat pour enlever sa culotte", humour de détective ?
J'ai apprécié l'intrigue dans son ensemble bien que j'aurais préféré plus de crédibilité, Bernie Gunther semble du genre increvable et chanceux, ce qui implique des facilités scénaristiques dont je ne suis pas fan. J'ajouterai que le souci de l'auteur de nous instruire en histoire nous vaudra certaines rencontres hautement improbables pour un simple détective, ce seront mes bémols car pour le reste j'ai vraiment apprécié le contexte et la réflexion omniprésente sur la déliquescence de la société allemande, prélude à de sombres années pour l'Europe.
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nameless
  12 septembre 2018
Le détective privé de L'été de cristal, premier tome de la trilogie berlinoise, c'est Bernhard Gunther, Bernie, flic démissionnaire de Kriminalpolizei, reconverti notamment dans les enquêtes sur les disparitions, justement nombreuses en 1936. Bien que berlinois, Bernie possède toutes les caractéristiques du hard-boiled américain. Solitaire, caustique, anti-conformiste, il flirte souvent avec l'immoralité, joue volontiers les séducteurs en sirotant du schnaps, et n'hésite pas à lutter seul contre tous. Dans cette époque troublée, où avocats, médecins, plombiers, bouchers, bijoutiers font suivre leur profession ou titre du mot « allemand » sur leurs cartes de visite, il ne parvient pas à se définir comme un enquêteur « allemand », un enquêteur luthérien, un enquêteur asocial ou seulement comme un enquêteur veuf.

Le contexte historique est quant à lui une géniale trouvaille de Philip Kerr, qui procure toute sa force à ce premier opus : Berlin 1936, période d'éclosion des violettes de mars, surnom attribué à tous les suiveurs, les sans-convictions qui, la truffe au vent, rallient en toute hâte le parti nazi et son führer, par opportunisme. C'est dans cette ambiance délétère que Hermann Six, magnat de l'industrie, demande à Bernie d'élucider le meurtre de sa fille et de son gendre, abattus dans leur lit, avant l'incendie de leur maison. L'enquête est rondement menée, et grâce à l'humour et au cynisme de Bernie, offre de nombreuses scènes très drôles. Mais la recherche du coupable permet surtout à l'auteur de radiographier la vie quotidienne des berlinois en 1936 et de dresser l'état des lieux d'un pays apathique et nécrosé qui a donné démocratiquement tous les pouvoirs à un dictateur. De nombreuses lois liberticides ont été votées. Ont été créés le « Département pour la suppression de l'homosexualité » chargé de traquer les déviants, la « Brigade radiophonique » qui a pour tâche de frapper aux portes pour vérifier que chacun effectue son devoir civique en écoutant les discours des hauts dignitaires nazis, la « Brigade anti-corruption » submergée tant les trafics de toutes sortes fleurissent, la « Ligue féminine » qui considère le maquillage, les hauts talons ou la cigarette contraires à l'idéal nazi de la femme allemande, et ainsi de suite, sans fin....

Pour les jeux olympiques, « la plus scandaleuse supercherie de l'histoire moderne», les nazis redorent un peu leur blason, remettent en librairie quelques livres interdits, ce qui n'empêche pas l'humiliation du régime : Jesse Owens, athlète afro-américain, ridiculise sous les yeux d'Adolf Hitler toutes les théories foireuses sur la supériorité aryenne et donne, avec ses quatre médailles d'or, un sens à l'humanité toute entière.

Un vrai bonheur de re-lecture ! En route pour le second tome, La pâle figure.
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Cacha
  08 juillet 2019
C'est ma première écoute d'un Audio-livre, je n'ai pas été déçue par l'acteur Julien Chatelet qui a parfaitement adopté le ton approprié à cette lecture, mais j'avoue préférer les bons vieux livres papier, ayant plus de mal à me concentrer sur cette écoute.
Il s'agit du premier tome de la Trilogie berlinoise dont le héros est le détective privé Bernie Gunther. Celui-ci est chargé d'une mission par un homme d'affaires allemand, alors que le nazisme monte en puissance dans le Berlin de 1936.
Esprit libre, Bernie va peu à peu et fort douloureusement réaliser ce qui arrive à son pays. Il ne fait pas bon alors se moquer des brutes qui ont tout pouvoir et il l'apprendra à ses dépends, lui qui sait (parfois lourdement) manier l'ironie.
La description des camps de concentration donne froid dans le dos, le sort réservé aux résistants allemands est déjà peu enviable, alors... le mérite de ce livre est aussi de montrer la vie et le façonnement de la pensée populaire sous le joug nazi, combien il était difficile de résister, même légèrement.
Bernie étant un "homme à femmes", l'auteur ne nous épargne pas les scènes de sexe, les réflexions misogynes (hélas), et, comme son métier est celui d'un détective, la violence est décrite sans concession non plus. J'ai moins apprécié ces côtés obscurs de ce roman policier historique.
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Ichirin-No-Hana
  12 avril 2017
L'Été de Cristal est le premier volume de la trilogie berlinoise et la première rencontre avec le détective Bernhard (Bernie) Gunther, personnage phare de l'auteur écossais Philip Kerr que l'on peut suivre aujourd'hui pendant dix romans, le dernier paru étant La dame de Zagreb, sortie l'année dernière.
Nous faisons donc la connaissance de Bernie, ancien policier reconverti en détective privé. En plein Berlin de 1936 où le nazisme a déjà étendu son pouvoir sur l'Allemagne, notre très cher Bernie ne manque pas de travail. Spécialisé dans les recherches de personnes disparues, Bernie enquêtera régulièrement sur des disparitions qui ont lieu dans des familles juives (déportés ou tout simplement cachés ?). Un jour, un certain Germann Six, puissant industriel, engage le détective pour comprendre le double meurtre de sa fille et de son gendre et surtout retrouver des bijoux disparus ce soir-là. Enquête qui sera beaucoup plus complexe qu'elle n'en a l'air au premier abord et qui concernera très rapidement un certain Goering...
Le point fort de ce roman, comme on peut facilement s'en douter, c'est incontestablement son contexte historique. A la veille des fameux Jeux Olympiques de Berlin, les S.S. ont pour lourde tâche de rendre la ville plus attrayante pour le monde entier : on remet des livres en libraire, on contrôle beaucoup plus fermement la publication de certaines revues clandestines, etc... Bernhard est un allemand qui ne comprend pas du tout l'idéologie nazi et l'ascension de ce parti au pouvoir. Il constatera les changements opérés au pays avec beaucoup d'effarement mais reste tout à fait conscient du danger s'il cherche à s'opposer, mais cela ne l'empêchera pas, quand il aura la possibilité, de laisser entrevoir son opinion grâce une touche d'ironie très acerbe. Plus on avancera dans le roman, plus on découvrira, avec notre héros, l'horreur de l'Allemagne de cette époque-là ( ). L'été de cristal est donc un roman très oppressant et très émouvant par sa réalité. Malgré que le récit soit fictif (ainsi que la majorité de ses personnages), les drames et les faits eux sont purement réels et c'est monstrueux.
En plus d'être vraiment instructif et très bien écrit, Philip Kerr nous propose des personnages très passionnants à découvrir. Bernie est un protagoniste que l'on a vraiment plaisir à suivre, plein d'ironie et de caractère, il n'en restera pas moins plein d'empathique et très sensible. Personnage coureur de jupons et chaud lapin, j'ai cependant beaucoup aimé sa relation et sa complémentarité avec Inge, femme indépendante et très courageuse.
L'enquête (oui, c'est un roman policier quand même) est très prenante et intrigante. On suit les pistes avec beaucoup d'entrain et on se prend au jeu du détective en épluchant et en découvrant les indices avec lui. La fin est très sombre et saura surprendre.
L'Été de Cristal fut une très belle découverte pour moi. Roman de grande qualité, il nous immergera en plein dans l'Allemagne de la fin des années 1930. le détective Bernhard Gunther est un personnage très passionnant à suivre qui apporte une touche d'humour non déplaisante dans ce roman très sombre. Cela sera donc avec plaisir, et très prochainement je pense, que je découvrirai la suite de son histoire.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   02 avril 2020
- Eh bien on peut dire que tu as choisi un drôle d'endroit pour te cacher. C'est de la folie.
- Personne ne peut me retrouver ici. Laisse-moi te poser une question : où est-ce que tu planquerais une goutte de pluie ? (Je secouai la tête sans répondre.) Sous une cascade. Au cas où tu ne le saurais pas, c'est de la philosophie chinoise. Avoue que ce serait coton de retrouver une petite goutte là-bas dessous, hein ?
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MimekoMimeko   28 septembre 2015
- Vous n'avez pas remarqué ? On retrouve les écrivains interdits dans les librairies. grâce aux Jeux olympiques. Pour que les touristes ne pensent pas que le régime est aussi répressif qu'on le dit. Bien sûr, les livres seront retirés dès la fin des Jeux mais on devrait les lire, ne serait-ce que parce qu'ils sont interdits.
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KathleeneKathleene   10 mars 2011
Comment décrire l’indescriptible ? Comment parler de ce qui rend muet d’effroi ?
Beaucoup de mes compagnons d’infortune, quoique plus cultivés que moi, étaient incapables de trouver les mots adéquats. C’était un silence né de la honte, la honte de voir les innocents eux-mêmes devenir coupables. Car privé du moindre de ses droits, l’homme redevient une bête. Les affamés chapardent la nourriture d’autres affamés. La survie devient l’unique objectif de chacun, et cette préoccupation prime, et même occulte, l’expérience vécue.
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alainmartinezalainmartinez   16 juillet 2017
Tout le monde se levait et saluait le poste de radio quand on entendait le Horst Wessel Lied on Deutschland über Alles. J’ai dû faire comme les autres, pourtant, je déteste ce salut hitlérien. J’ai l’impression de héler un taxi.
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christinebeaussonchristinebeausson   19 juillet 2020
Jesse Owens, après un départ foudroyant, se détacha nettement dans les 30 premiers mètres. La bourgeoise était de nouveau debout. Elle avait eu tort, pensai je, de décrire Owens comme une gazelle. À voir avec quelle grâce le noir accélérai peu à peu sa course, ridiculisant du même coup toutes les théories foireuses sur la supériorité aryenne, je me dis qu'Owens n'était rien d'autre qu'un Homme. Courir de la sorte donnait un sens à l'humanité entière, et si une race supérieure devait jamais exister, elle ne pourrait certainement pas exclure de ses rangs un individu comme Owens.
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Vidéo de Philip Kerr
Emmanuel Couly reçoit Anne Martinetti pour son livre, "Mortels Cocktails" aux Editions du Masque, au Duke's bar de l'Hôtel Westminster, 13 rue de la Paix, 75002, Paris. « le vrai crime, c?est de ne pas savoir préparer un martini. » Francisco G. Haghenbeck, L?affaire tequila de Philip Kerr à Patricia Cornwell en passant par Ian Rankin, Stephen King, Fred Vargas ou l?éternelle Agatha Christie, les maîtres du genre vous servent leurs meilleurs cocktails et vous invitent à replonger dans leur univers? le temps d?un verre. 50 recettes de cocktails pétillants et dangereusement exquis à savourer comme un bon polar !
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"Je ne suis pas un nazi. Je suis un Allemand. Ce n'est pas la même chose. Un Allemand est un homme qui arrive à surmonter ses pires préjugés. Un nazi, quelqu'un qui les change en lois" On m'a viré de la Kripo en 1934, et comme il faut bien vivre, je me suis retrouvé déguisé en privé dans l'établissement le plus select de Berlin :

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