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EAN : 9782881827150
58 pages
Editions Zoé (07/12/2011)
4.14/5   119 notes
Résumé :
Agota Kristof est née en 1935 en Hongrie, à Csikvand. Elle arrive en Suisse en 1956, où elle travaille en usine. Puis elle apprend le français et écrit pour le théâtre.
En 1987, elle devient célèbre avec son premier roman, Le Grand Cahier, qui reçoit le prix du livre Européen. Deux autres livres suivent, La Preuve et Le Troisième Mensonge, une trilogie traduite en trente langues.
L'Analphabète est son premier récit autobiographique.

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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
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sur 119 notes
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kuroineko
  16 octobre 2017
Avec L'analphabète, court récit autobiographique, Agota Krystof nous offre onze chapitres qui sont autant de tranches de vie. La rudesse d'une enfance laborieuse, les pensionnats des écoles soviétiques en Hongrie - État sous la coupe intransigeante du grand frère russe, la fuite vers cet Occident idéalisé, gage d'une vie meilleure et, surtout, moins précaire au sens littérale du terme.
Celle qui marquera les esprits avec sa trilogie raconte avec peu de mots mais beaucoup de force les sentiments de déracinement une fois arrivée en Suisse avec sa famille. Barrière de la langue, barrière des us et coutumes, la perte d'une part identitaire et la difficile assimilation à une nouvelle patrie. Autant de sujets qui explosent actuellement avec les vagues de migrants en provenance du Moyen-Orient ou des pays d'Afrique.
Agota Krystof montre que l'Autre n'est pas seulement celui qui arrive aux yeux des nationaux, mais que cette altérité et cette appréhension de l'autre fonctionnent dans les deux sens.
En tant qu'écrivain, et son titre parle pour lui-même, l'auteure narre le désarroi de se retrouver, adulte, à nouveau analphabète, dans l'incapacité de lire et comprendre cette nouvelle langue qui occupe son paysage de réfugiée. Un cheminement difficile et non sans mortification pour s'approprier ces nouvelles bases intellectuelles tout en faisant vivre sa famille.
Un récit sans fioriture, qui va à l'essentiel et droit au coeur du lecteur. A lire pour s'ouvrir toujours plus à l'Autre qui est tellement Nous.
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Myriam3
  16 février 2019
Après quarante ans d'exil en Suisse, la Hongroise Agota Kristof éprouve encore la souffrance d'être pour toujours étrangère dans son pays mais surtout, analphabète. Jamais elle ne parlera sans fautes, jamais elle ne pourra écrire sans consulter sans cesse dictionnaires et manuels de conjugaison.
Dans ce récit autobiographique dont le sujet principal est l'écriture, l'auteure parle avec pudeur des souffrances qu'elle a traversée, la misère et la solitude tout d'abord alors que le communisme russe s'empare de la Hongrie, la pauvreté d'un enseignement réduit à ce qui n'est pas censuré et l'obligation d'apprendre contre sa propre volonté une langue de dominant, puis l'exil, la pauvreté encore et encore la solitude dans un pays inconnu dans lequel elle ne peut même plus se réfugier dans les romans.
Le livre est court, il se lit très vite, mais il n'en est pas moins fort et très émouvant, comme tout ce qu'elle écrit dans une langue qui n'est pourtant pas la sienne. "Ce dont je suis sûre, c'est que j'aurais écrit, n'importe où, dans n'importe quelle langue".
Agota Kristof continue à considérer le français comme une langue ennemie, une langue qu'elle doit continuellement affronter, apprendre à dompter mais qu'elle a pourtant choisie pour écrire.
le roman ne dit pas si elle est retournée voir sa famille une fois le Mur tombé, le communisme fini, si elle a été tentée de "rentrer", récupérer sa langue, lire et écrire en hongrois. Peut-être le chemin a t'il été trop douloureux pour maintenant faire machine arrière?
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deuxmotspassant
  26 janvier 2021
Agato Kristof est une écrivaine d'origine hongroise qui écrit en français.
Dans ce petit roman autobiographique, elle nous trace les grandes lignes de sa vie.
Petite fille, elle adore lire et écrire dans sa langue maternelle le Hongrois.
Née dans une famille pauvre, elle est placée dans un pensionnat à l'âge de quatorze ans où elle sera bien nourrie et logée décemment.
A vingt-deux ans, jeune maman, elle fuit la Hongrie avec son enfant et le père de cette dernière. le rêve d'une vie meilleure à l'Ouest va la mener d'une épreuve à l'autre.
Accueillie d'abord en Autriche puis en Suisse, elle doit tout apprendre, une nouvelle culture et surtout une nouvelle langue. Elle se sent redevenue « analphabète » en quelque sorte.
A force de courage et de persévérance, elle devient écrivain et est publiée par une grande maison d'édition.
Un petit roman par sa taille, très fort par le message qu'il véhicule, celui de l'exil, ses désillusions mais aussi ses possibles en termes d'épanouissement. Roman simple et touchant.
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mh17
  07 mai 2021
L'Analphabète (2004) est un bref récit autobiographique qui raconte toute une vie en onze moments. J'ai beaucoup aimé l'écriture carrée, précise, sans fioritures. le ton ferme, autoritaire, définitif pour dire les complexes, la solitude, la cruauté et la souffrance de l'exilée hongroise. La pudeur aussi, les non dits : l'absence du père, la trahison du mari. L'humour à froid et les anecdotes cocasses, notamment celle concernant la mort de Staline. A travers son témoignage, j'ai commencé à découvrir comment on se comportait dans "un de ses petits pays sans importance" à l'époque du petit père des peuples.
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Mladoria
  18 novembre 2015
Récit autobiographique poignant, fort en émotions, criant de vérité. Cette auteure hongroise vivant en suisse écrit en français par défi.
Chaque mot est juste, dosé, approprié, pas de fioritures, ni trop ni trop peu, juste ce qu'il faut pour nous narrer quelques épisodes de sa vie passée dans cette époque troublée qu'a été le XXème siècle en Europe.
Un vrai coup de coeur pour ce petit livre aux éditions Zoé, petite maison d'édition. J'ai aimé le petit format, le papier au grain extraordinairement agréable, le découpage en petits chapitres de quelques pages qui ne se dévorent pas mais se savourent au contraire car l'écriture est dense et recherchée, incroyablement visuelle et émotionnellement riche de tous ces souvenirs.
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critiques presse (1)
LaCroix   25 juin 2021
Dix ans après la mort d’Agota Kristof reparaît son autobiographie. La lutte de toute une vie pour conquérir la langue française.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
mh17mh17   07 mai 2021
Ce que j'aime le plus, c'est de raconter des histoires à mon petit frère Tila. C'est le préféré de notre mère. Il a trois ans de moins que moi, alors il croit tout ce que je lui dis. Par exemple, je l'attire dans un coin du jardin et je lui demande :
-Veux-tu que je te révèle un secret ?
-Quel secret ?
-Le secret de ta naissance.
-Il n'y a aucun secret à ma naissance.
-Si. Mais je te le dis seulement si tu jures de n'en parler à personne.
-Je le jure.
-Alors voilà : tu es un enfant trouvé. Tu n'es pas de notre famille. On t'a trouvé dans un champ, abandonné, tout nu.
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kuroinekokuroineko   03 septembre 2017
Je lis. C'est comme une maladie. Je lis tout ce qui me tombe sous la main, sous les yeux : journaux, livres d'école, affiches, bouts de papier trouvés dans la rue, recettes de cuisine, livres d'enfant. Tout ce qui est imprimé.
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JeanLouisBOISJeanLouisBOIS   12 janvier 2011
J'ai laissé en Hongrie mon journal à l'écriture secrète, et aussi mes premiers poèmes. J'y ai laissé mes frères, mes parents, sans prévenir, sans leur dire adieu ou au revoir. Mais surtout, ce jour-là, ce jour de fin novembre 1956, j'ai perdu définitivement mon appartenance à un peuple. (p.35)
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chefechefe   07 octobre 2017
Je souris, je ne peux pas lui dire que je n'ai pas peur des Russes, et si je suis triste, c'est plutôt à cause de ma trop grande sécurité présente, et parce qu'il n'y a rien d'autre à faire, ni à penser que le travail, l'usine, les courses, les lessives, les repas et qu'il n'y a d'autre à attendre que les dimanches pour dormir et rêver un peu plus longtemps de mon pays.
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kuroinekokuroineko   03 septembre 2017
Mise à part cette fierté grand-parentale, ma maladie de la lecture m'apportera plutôt des reproches et du mépris :
《Elle ne fait rien. Elle lit tout le temps.》
《Elle ne sait rien faire d'autre.》
《C'est l'occupation la plus inactive qui soit.》
《C'est de la paresse.》
Et surtout :《Elle lit au lieu de...》
Au lieu de quoi?
《Il y a tant de choses plus utiles, n'est-ce pas?》
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