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ISBN : 2258095212
Éditeur : Les Presses De La Cite (04/04/2013)

Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Week-end de retrouvailles pour la famille Albrussac. Dans leur fief périgourdin, face à leur père malade, frères et soeur exhument leur passé lourd de secrets, et se confrontent à la réalité de leur histoire commune.


Parce que le moment est venu de prendre des décisions, quatre adultes réinvestissent la maison de leur enfance pour un pont de la Toussaint auprès de leur père. Dans ce huis-clos hors du temps, mais bien contemporain, les cicatric... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
kielosa
  10 février 2018

Nous savons tous qu'un héritage, surtout s'il est considérable en Euros ou propriétés, risque d'entraîner jalousies, querelles et parfois complots. Toutes des conséquences probablement non désirées par l'auteur de l'héritage, le plus souvent le pauvre défunt. À moins qu'il s'agisse d'un semeur de zizanie patenté. Quoique les héritages offrent fréquemment d'intéressants dossiers aux notaires et avocats. J'étais donc curieux de savoir ce que Guillemette de la Borie allait m'en apprendre avec "La vérité pour héritage" ? Écrivaine dont j'ai fait la découverte récemment, comme coauteure avec Agnès Brot, de "Héroïnes de Dieu", bien que cette Dordognaise ait déjà une belle liste d'ouvrages à son actif.
Le vieil Antoine Albrussac, propriétaire d'un domaine à Pont-Faye en Périgord n'en a plus pour longtemps et pour éviter des problèmes sa seconde épouse, Thérèse, une femme effacée, convoque ses 4 enfants avec leurs conjoints le week-end de la Toussaint : l'aîné Grégoire, imprimeur à Lyon, avec son épouse américaine, Regina ; Aude, qui vit à Rome ; Yrieix, photographe divorcé résidant à Paris et Cyril, hôtelier à Goa avec sa femme indienne, Dhanya.
Comme tout ce beau monde s'est éparpillé un peu partout sans garder de contacts entre eux et qu'il s'agit, par ailleurs, de tenir compte des intérêts légitimes de la prochaine génération, leurs enfants, l'exercice s'annonce donc des plus délicats !
Grégoire et Regina (prononcez : Ré-gui-na, reine en latin, et "non pas Régine comme une entraîneuse de cabaret") ont 3 rejetons : Alexandre, Constantin et Maxine ; Aude avec son mari, Edoardo Mantovani, a 2 filles : Alessia et Chiara et Yrieix a une fille, Agathe. Pour compliquer la situation, Aude prend également soin de la fille, Sara, de sa soeur jumelle, Marie-Liesse, décédée très jeune dans des conditions bizarres.
À vos calculatrices : un (1) domaine à diviser par 4 + 7, ou 5 + 6 ! + une usufruitière (Thérèse), qu'on n'aime pas beaucoup, peut-être pendant des années.
Et encore, contrairement à l'Angleterre par exemple, il est interdit par la loi de déshériter quelqu'un.
Le seul qui semble avoir des sous est le petit dernier, Cyril, qui effectue régulièrement des virements à son père pour l'entretien du domaine, où tout part, nonobstant, en vrille. Grégoire a dans sa firme à Lyon des "retards de paiement accumulés" et Yrieix a toujours été fauché.
Le week-end démarre plutôt mal : Antoine ne reconnaît plus Regina et déclare qu'il ne veut pas "d'étrangère" chez lui, Dhanya est souhaitée la bienvenue par un "Dehors les bicots" et à sa fille, Aude, le charmant vieillard administre une gifle, sans raison, évidemment. Il a beau être affecté de la maladie d'Alzheimer, mais déjà avant, Antoine était coléreux, violent et raciste. Cyril et Dhanya ont un voyage de 22 heures derrière le dos et sont donc légèrement fatigués. de toute façon, l'ambiance au premier repas en famille est en dessous de tout : méfiance, gêne et compagnie, aussi bien que la discussion sur le fond est remise au lendemain !
Comment ces 4 héritiers vont se débrouiller... est à vous de découvrir. le problème le plus urgent étant que Thérèse doit être opérée au coeur très prochainement et que le chef de tribu n'est, dans son état, pas un homme que l'on puisse laisser seul ! Comme le résume Yrieix, à un certain moment lors d'une promenade dans les alentours : "...Personne n'a envie de voir papa s'éterniser..."
Les romans qui relatent l'histoire d'un groupe de personnes, qui sont entre eux des étrangers ou presque (comme c'est le cas ici) et qui se trouve confronté à un danger immédiat ou à un défi majeur, m'ont toujours fasciné. À une condition toutefois : que l'interaction ait lieu entre des personnes qui soient du point de vue psychologique, convaincantes, sinon c'est la Bérézina.
Un piège que Guillemette de la Borie a parfaitement réussi à éviter. Pour une écrivaine qui a réussi à publier une biographie remarquable de "Indira Gandhi", un destin fabuleusement complexe, les Albrussac de sa création n'ont sûrement pas dû lui poser trop de soucis.
Aux amateurs de dépaysement, cette excursion dans la belle nature périgourdine, ainsi qu'aux lecteurs friands d'intrigues multiples et variées, je peux conseiller "La vérité pour héritage". Et cela, en dépit de quelques longueurs regrettables.
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yv1
  11 avril 2013
Franchement, à m'arrêter au simple titre du bouquin, je ne l'aurais jamais lu. Et ç'eut été un tort ! C'est un roman familial avec tous les non-dits habituels, les cadavres dans les placards et autres secrets détenus par bribes par certains. Mais c'est surtout un roman qui met en scène les relations humaines. "De l'humain, beaucoup d'humain" écrit Guillemette de la Borie dans sa dédicace à moi écrite (merci) et je rajouterai : "et toujours de l'humain". La tension entre les frères et soeur, les beaux-frères, les belles-soeurs est palpable dès les premières lignes et ne se dénouera pas avant les dernières lignes. Guillemette de la Borie ne crée pas des personnages caricaturaux, ils ont tous leurs qualités et leurs défauts, leurs bons et mauvais côtés, leurs parts d'ombres. Grégoire, l'aîné sent bien que son mariage bat de l'aile, il consacre tout son temps pour tenter de maintenir sa petite entreprise à flot ; il se sent aussi des droits sur Pont Faye et se voit bien le prochain patriarche ; il est imbu, rigide, bourgeois, et finalement fragile et tellement peu sûr de lui. Aude, la soeur, la seule vivante des jumelles (Marie-Liesse est morte une vingtaine d'années auparavant) vit en Italie, elle est mariée, mère de deux adolescentes et élève également la fille de Marie-Liesse. Pas bien dans sa peau, malgré l'image qu'elle veut donner d'une femme épanouie, riche. En attente d'un contrôle médical, elle pense être atteinte d'un cancer du sein (l'est-elle réellement, ah, ah suspense... ?). Yrieix, le saltimbanque de la famille ; père d'Agathe, 15 ans qui va venir au domaine pendant ce week-end ; séparé de sa femme, il drague à peu près tout ce qui bouge ; photographe, il gagne de l'argent, le dépense, vit en bohème, n'a jamais vraiment réussi sa vie privée ou professionnelle. Cyril, le benjamin a quitté la maison très jeune, a travaillé dur dans la cuisine, le service et s'est construit en Inde une entreprise de tourisme florissante qui le met à l'abri financièrement ; il revient au domaine après 25 ans avec Danhya, sa jeune femme indienne.
C'est un roman bien construit qui alterne les points de vue. Chaque chapitre a pour titre le prénom d'un des protagonistes et le temps de ces lignes, on voit les lieux et les autres par ses yeux. Procédé intéressant pour se faire une idée complète de chacun, ce qu'il pense de lui et ce que les autres voient de lui.
Ajoutez à ces relations déjà pas simples, un grand domaine mal entretenu, un nom qui dans la région est synonyme de grande famille, respectable, descendante de maîtres de forge, de l'argent, des secrets et vous avez là un canevas parfait pour écrire un bon bouquin. Bon, après il faut un peu de talent pour mettre en mots, pour intéresser le lecteur, ne pas le perdre en cours de route. Tout cela fait manifestement partie de la panoplie de Guillemette de la Borie puisque je n'ai jamais décroché et que j'ai pris un évident plaisir à suivre la famille Albrussac dans ses tourments et ses questionnements.
Guillmette de la Borie à un site : ici.
Lien : http://www.lyvres.over-blog...
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Annabelle31
  26 mars 2016
Lorsque Thérèse Albrussac, épouse d'Antoine Albrussac, convoque les enfants de celui-ci à venir passer à Pont-Faye, la propriété familiale en Périgord, le week-end de la Toussaint, Aude, Grégoire, Cyril et Yrieix ne savent pas que ces quelques jours sur les terres de leur enfance vont leur permettre de comprendre la tragédie qui a marqué leur enfance.
Chacun arrive là, bousculé dans sa vie actuelle, avec son lot de problèmes, et il ne reste pas grand chose de la complicité qui liait les enfants Albrussac dans leur jeunesse, de même qu'ils y retrouvent un père vieillissant qui semble avoir perdu la raison et une maison qui a tout perdu de son faste d'antan.
Mais parfois la magie des lieux opère, et qui sait si chacun ne va pas redécouvrir la famille, tout en se réappropriant la maison, les bois ou ils ont grandi, à l'époque ou les maîtres de forge étaient des personnages importants.
J'ai beaucoup apprécié ce roman, et j'aime décidément beaucoup l'écriture sensible et subtile de Guillemette de la Borie, qui sait donner à ses personnages une réelle profondeur.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
yv1yv1   11 avril 2013
"Yrieix se venge en les regardant, pendant qu'il les rejoint. Et il sait regarder. Il voit le brouillage des traits, les griffures des rides, les cheveux trop éclaircis de son élégante soeur. Aude ne doit pas être si heureuse qu'elle le prétend, avec une telle mine de papier mâché. [...] Il voit le dos voûté et le ventre en avant de Grégoire, sa femme ne le surveille pas encore assez !" (p.55)
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yv1yv1   11 avril 2013
Grégoire aime ses frères mais à distance, et en silence ; leur présence le dérange [...]. Trop de silence écoulé entre eux ; et cet air qu'ils se donnent maintenant, les "petits", de tout savoir et de vouloir décider de tout... C'est son privilège à lui... (p.157)
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Annabelle31Annabelle31   26 mars 2016
Lorraine avait disparu depuis plusieurs années déjà quand il avait osé subtiliser son Canon, resté posé à l'étage inférieur de la console du vestibule, derrière le désordre amoncelé au fil du temps. Personne désormais ne rangeait plus rien dans la maison.
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Annabelle31Annabelle31   26 mars 2016
Ils ont tous la trouille, évidemment, pense Yrieix en descendant l'escalier, je suis le seul à avoir une idée de l'état de papa ; et le seul aussi à n'avoir plus peur de lui.
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Annabelle31Annabelle31   26 mars 2016
Les deux frères communiquent sur un mode économe de mots, où chaque fin de phrase semble ponctuée d'autant d'idées non énoncées. Une conversation suspendue durant quinze ans.
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Videos de Guillemette de La Borie (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guillemette de La Borie
Guillemette de la Borie, auteure de la collection Terres de France, parle de ses lectures et de son goût pour la littérature régionale, à l'occasion de la sortie de son nouveau roman, "Une année dans la vie d'une femme". A paraître en février 2016. En savoir plus sur Guillemette de la Borie : http://bit.ly/1S48sYD
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