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ISBN : 2283025729
Éditeur : Buchet-Chastel (06/09/2012)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Ma rivière d’enfance a nom Santoire. Elle borna le monde, c’est définitif, elle fut l’été, la plage d’ardoise, et l’immobile après-midi d’août, le temps arrêté dans le babil lumineux de son lit de cailloux. Elle fut de chaque hiver, et des printemps brefs, haute, pressée d’en finir, se hâtant, tournoyant à bout de gris, cinglant les branches nues et penchées. Horizontale, insolente et enfuie.

C’est un abécédaire choisi, où l’on irait de Arbres à Vache... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  25 septembre 2012
Marie-Hélène Lafon, à travers les 26 petits textes, par ordre alphabétique, qui composent cet album, décline son attachement à son Cantal natal dans un embrassement sensuel, violent, exclusif, empreint de poésie.
Egrené de Arbres, Automne...., 
Brumes «En lisière des jours, d'aubes en crépuscules, les brumes tissées de silence se coulent, s'enroulent, parcourues de frissons blancs, froissées, provisoires.», 

Bottes, Burons, Chiens, Cochons, (....)
en passant bien sûr par Pays
«On étreint le Cantal, à plein bras, on le regrette, on le récite, on le rêve, on l'emporte partout, on le respire, on le flaire, on ne l'avale pas, on le déglutit, on le suinte, on le suppure, il s'avère virulent, il s'accroche, il résiste, il persiste, il s'exaspère, il demeure.
(...) J'en suis. de là-haut. J'en descends. Comme d'une lignée profonde. Lignée de vie, ligne de sens. Je n'en reviens pas de cette grâce insigne que c'est d'en être. Je n'en reviens pas et n'en veux pas finir de n'en pas revenir.»
le Cantal, ses Pierres, ses Rivières et ses Toits ne se laissent pas oublier, arbre de vie de cette auteure exigeante. La dernière phrase de Album montre qu'elle a aussi de l' humour : "Les vaches ruminent. Moi aussi."
A lire en complément des "Pays" qui est paru en même temps.
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5Arabella
  29 janvier 2019
Un ensemble de 26 textes courts, des miniatures aurais-je envie de dire. Présentés par l'ordre alphabétique, en commençant par Arbres et terminant par Vaches. Parce que tous ces petits textes sont en rapport avec la campagne, avec le monde paysan, proche de la nature, de la terre, mais en même temps un monde d'agriculteurs qui travaillent cette terre, qui en tirent substance, dont elle est la raison d'être et l'activité, une activité difficile, usante, prenante, gratifiante aussi, qui détermine une façon de vivre, des mentalités.
Une campagne et un mode de vie en partie disparus aujourd'hui, avec l'évolution technique, les modifications dans la façon de travailler et de vivre. Marie-Hélène Lafon évoque ce monde avec tendresse et amour.
Ces textes sont somptueux, des véritables poèmes en prose, une ode à la nature, et à un certain rapport de l'homme à cette nature, dont il est une partie plus que le maître absolu. Une poésie qui n'a pas peur d'une dose de trivial, de réel, sans pour autant perdre à aucun moment la sensation de beauté, d'éblouissement.
Une merveille, à lire et à relire.
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keisha
  07 août 2013
L'auteur de L'annonce demeure fidèle à ses racines, son Cantal, sa campagne, pour une évocation sous forme d'Abécédaire.
Le Cantal... " estives bleues hivers blancs automnes de feu, et pas de printemps.
Pas. De. Printemps.
Sauf les jonquilles.
Pas de printemps; sauf deux heures, sauf trois jours; de violente folie très douce sous le vitrail immense du ciel neuf."
Son écriture heurtée, brève souvent, et râpeuse est puissamment évocatrice. Chez d'autres auteurs ce style m'horripile, mais là je ne peux m'empêcher de voir, de ressentir, de me souvenir. Ces courtes vignettes ancrées dans la terre rude et l'univers rural sont pétries de réalité parfois poétique et de véracité.
Jardins n'est qu'une liste de propos tenus ou entendus . "Il faut s'y tenir. Un peu tous les jours. Pour la santé. Avoir ses légumes. Et les salades, vous les avez repiquées. Les limaces ont tout mangé. Les radis viennent trop gros. Les haricots, on les sème par sept, cinq ou neuf, toujours, un nombre impair, et pas trop serrés.(...) On commande pas le temps, encore heureux. etc..."
Journal lui aussi est tellement bien observé. Vous savez, le journal quotidien apporté par le facteur, régional, pas parisien pour deux sous.
"On commence par les Avis d'obsèques, on fait ses réflexions, on connaît, on pourrait connaître ou avoir connu, on compare les âges." "Le journal sera prêté, il circulera entre deux maisons et reviendra le lendemain."
Longues litanies pour Pierres. "Chevelues d'herbes folles, duveteuses, moussues, vêtues, grenues de lichen. Ou nues. Éclatées, rompues aux usages de tous les temps, pierres d'angle, pierres de seuil, elles portent trace. Taillées, sculptées, scarifiées, lézardées, écartelées bras en croix, bouches d'ombre ouvertes sur maints cris ravalés, obscures, cabalistiques, bossues, rondes, lourdes de mystères tus. Qu'elles ne diront pas si elles pouvaient parler."

Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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charlottelit
  11 mars 2013
une sorte de Delerm mais un peu poussif ; on sent parfois le procédé littéraire trop étiré.
d'agréables passages et l'amour du Cantal.
Marie Hélène Lafon aurait-elle perdu la flamme ?
Je viens de le relire et je fus bien sévère la première fois :
des pépites à découvrir.
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michelekastner
  27 décembre 2012
Je ne pouvais manquer de lire ce recueil, Marie-Hélène Lafon étant pour moi un des grands écrivains contemporains, témoin d'un époque qui s'achève, mais qui nous concerne tous, celle de la ruralité, du monde paysan. Ces textes ont été, selon l'auteure, le ferment de ses romans., ses souvenirs et pensées autour de ce monde qu'elle ne saurait renier, qu'elle porte en elle, un monde solide, rassurant, odorant, généreux, nourricier, inoubliable. Un très bel hommage, poétique, à son Cantal natal.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
pasiondelalecturapasiondelalectura   22 avril 2014
BRUMES: En lisière des jours, d'aubes en crépuscules, les brumes tissées de silence se coulent, s'enroulent, parcourues de frissons blancs, froissées, provisoires.
CHEMINS: Les chemins sont parfumés, terre, eau, pierre, feuilles neuves, humus rassis, aubépine fugace, sureau entêté, lilas incongru qui garda jadis le coin du jardin. Plus de jardin, la maison a fondu, glissé, reste le lilas, seul, glorieux.
HERBE: Ramassée, compressée, engrangée dûment, elle persiste, elle repousse, elle revient, elle recommence, elle est là, plus légère et non moins crue, à peine émaciée, en regain convoité, une ou deux fois par saison sur les terres les plus généreuses.
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michelekastnermichelekastner   27 décembre 2012
D'abord il est blanc. C'est un épuisant mystère, une puissante chimie, tant de blancheur sans égale, incomparable, tant de blancheur issue de la bête ; brune, ou noire, rousse, rouge, acajou, blonde, châtaigne, tachetée, marquetée, plus ou moins crottée, pas du tout virginale, absolument pas immaculée, la bête cornue plantée dans la terre, nourrie d'herbe verte ou sèche et d'autres friandises plus ou moins fourragères, la vaste bête placide abrite le secret, bien caché, au chaud, le secret magique de la machine à lait.

C'est qu'il y a le pis. On dit mamelle, on dit tétines, on dit comme on peut, comme on veut, on n'ose pas toucher ; c'est presque rose, parfois, et tendre ; c'est palpitant, pelu, velouté, fragile et savant, gonflé, lourd et dru, à la limite de l'indécence. Ca sent la femme, la mère, ça vit de l'intérieur, c'est ferme et délicat, on le graisse, on l'oint, on le bichonne, ça résiste à la main profane, faut savoir faut connaître, faut avoir vu, avoir appris, avoir été initié, pour brancher le trayon, ou pour empoigner la chose, et faire gicler le blanc dans le seau, le seau pressé entre les genoux, tronc penché, dos rond, nuque ployée, casquette lustrée, tête contre flanc, à pleine odeur, la selle de bois sanglée à la taille. C'est un geste disparu, on le sait, je le sais, on se souvient, ça ne s'oublierait pas, des corps en ont la mémoire.
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5Arabella5Arabella   28 janvier 2019
Les arbres sont. Dans le ciel et contre lui. Epandus, écartelés en dentelles savantes. La terre les porte, ils dessinent sur elle, sur sa peau ancienne, des signes, des architectures ; la terre les nourrit, ils puisent et fouillent en elle, enfoncés ; ensuite ils sont dans le ciel et contre lui se tendent.
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ninachevalierninachevalier   12 août 2016
L'arbre dressé seul se laisse embrasser de loin , prendre par le regard., il est sur le bord de la route, dans le troisième tournant après la sortie du bourg, ou dans le pré, derrière la grange, à droite. On le connaît par les yeux, de loin. On peut aussi aller jusqu'à lui, marcher, s'approcher, le toucher, s'accoter, et faire avec lui le tour muet de son horizon immobile. Plus qu'une visite, ce serait un rendez-vous, et un hommage rendu, hors les mots. La langue de l'arbre s'invente dans ses mille bouches feuillues. Les chants du monde commencent là.
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5Arabella5Arabella   29 janvier 2019
En lisière des jours, d'aubes en crépuscules, les brumes tissées de silence se coulent, s'enroulent, parcourues de frissons blancs, froissés, provisoires.
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Videos de Marie-Hélène Lafon (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie-Hélène Lafon
Maison de la poésie (4 juin 2019) - Texte et Lecture de Alban Lefranc, extrait du Dictionnaire des mots parfaits (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution mai 2019).
Le Dictionnaire des mots parfaits :
Pourquoi certains mots nous plaisent-ils tant ? S?adressant à notre sensibilité, à notre mémoire ou à notre intelligence du monde, ils nous semblent? parfaits. Bien sûr, parfait, aucun mot ne l?est ? ou alors tous le sont. Pourtant, chacun de nous transporte un lexique intime, composé de quelques vocables particulièrement aimés. Après ceux consacrés aux mots manquants et aux mots en trop, ce troisième dictionnaire iconoclaste invite une cinquantaine d?écrivains à partager leurs mots préférés. Il vient parachever une grande aventure collective où la littérature d?aujourd?hui nous ouvre ses ateliers secrets.
Auteurs : Nathalie Azoulai, Dominique Barbéris, Marcel Bénabou, Jean-Marie Blas de Roblès, François Bordes, Lucile Bordes, Geneviève Brisac, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Pascal Commère, Seyhmus Dagtekin, Jacques Damade, François Debluë, Frédérique Deghelt, Jean-Michel Delacomptée, Jean-Philippe Domecq, Suzanne Doppelt, Max Dorra, Christian Doumet, Renaud Ego, Pierrette Fleutiaux, Hélène Frappat, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Jacques Jouet, Pierre Jourde, Cécile Ladjali, Marie-Hélène Lafon, Frank Lanot, Bertrand Leclair, Alban Lefranc, Sylvie Lemonnier, Arrigo Lessana, Alain Leygonie, Jean-Pierre Martin, Nicolas Mathieu, Jérôme Meizoz, Gilles Ortlieb, Véronique Ovaldé, Guillaume Poix, Didier Pourquery, Christophe Pradeau, Henri Raynal, Philippe Renonçay, Pascale Roze, Jean-Baptiste de Seynes, François Taillandier, Yoann Thommerel, Laurence Werner David, Julie Wolkenstein, Valérie Zenatti
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