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ISBN : 2283029767
Éditeur : Buchet-Chastel (17/08/2017)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 131 notes)
Résumé :
"J'ai l'oeil, je n'oublie à peu près rien, ce que j'ai oublié, je l'invente.J'ai toujours fait ça, comme ça, c'était mon rôle dans la famille, jusqu'à la mort de grand-mère Lucie, la vraie mort, la seconde. Elle ne voulait personne d'autre pour lui raconter, elle disait qu'avec moi elle voyait mieux qu'avant son attaque." Le Franprix de la rue du Rendez-Vous, à Paris. Une femme, que l'on devine solitaire, regarde et imagine. Gordana, la caissière. L'homme encore jeu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  28 août 2017
Gordana n'a pas trente ans.
Elle est caissière au Franprix du numéro 93 de la rue du Rendez-Vous dans le douzième arrondissement de Paris.
La narratrice, elle, Jeanne est une retraitée qui passe à la supérette deux fois par semaine, le mardi et le vendredi. Elle observe des personnes et leur invente des vies ("J'ai l'oeil, je n'oublie à peu près rien, ce que j'ai oublié, je l'invente.J'ai toujours fait ça, comme ça, c'était mon rôle dans la famille,...).
Un homme sombre, la quarantaine, Horacio passe aussi à la caisse de Gordana, une fois par semaine, le vendredi. "L'homme du vendredi".
Horacio et Gordana, deux êtres qui suent la solitude, comme d'ailleurs notre narratrice.....
Marie Hélène Lafon dans son dernier livre descend de la campagne à la ville donnant la parole à une narratrice, probablement son alter-ego ("À Paris, dans le métro, pendant quarante ans, j'ai happé des visages, des silhouettes de femmes ou d'hommes que je ne reverrais pas, et j'ai brodé, j'ai caracolé en dedans, à fond, mine de rien,.....pendant quarante ans je me suis enfoncée dans le labyrinthe des vies flairées, humées, nouées, esquissées, comme d'autres eussent crayonné, penchés sur un carnet à spirale.") qui alterne l'histoire de sa propre vie avec celles inventées de ses personnages. Dans le fond elles n'ont rien de particulières, sinon que c'est Lafon qui écrit, et ca devient forcément intéressant avec un rythme trépidant. Elle raconte les immigrés, le racisme, la solitude des villes, la trahison,la vie matrimoniale rangée de nos pères et mères contre la notre souvent plus éphémère, décousue ,vouée à l'échec, la province, la campagne.......bref des vies tout en couleur. Elle nous fait vibrer avec les émotions, les voix, les rires, les odeurs, les goûts, les descriptions visuelles à fleur de peau.
Mais pour en revenir au fond , dans ces histoires de solitudes, celle de la narratrice est de loin la plus intéressante que celles inventées de ses personnages. Donc, à chaque fois qu'elle change de registre, on a qu'une envie c'est qu'elle retourne à la sienne. À mon avis, elles manquent un peu de consistance, s'amenuisant encore plus vers la fin.
Mais c'est quand même Lafon, j'aime ce qu'elle écrit bien que l'histoire de Gordana et d'Horacio m'ont un tout petit peu laissée sur ma faim.
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nadejda
  02 octobre 2017
La narratrice, Jeanne Santoire aime épier, observer : « J'ai l'oeil, je n'oublie à peu près rien, ce que j'ai oublié, je l'invente.» Elle poursuit dans « Nos vies » ce qu'elle a toujours fait pour sa grand-mère Lucie qui disait qu'avec elle, « elle voyait mieux qu'avant son attaque. » Elle a continué à regarder le monde à «faire moissons et brassées» comme elle le faisait pour cette grand-mère « encalminée pour toujours devant la fenêtre. »
Jeanne nous découvre progressivement les vies qu'elle prête à Gordana caissière au Franprix de la rue du Rendez-vous et Horatio l'un de ses habitués qui comme Jeanne, depuis qu'elle est à la retraite, vient faire ses courses le vendredi en milieu de matinée.
Gordana, Horatio sont d'abord des êtres qu'elle observe, épingle, dont la vie se déroule en dehors de la sienne. Mais progressivement en revenant sur son passé tandis qu'elle imagine le leur, elle les relie à elle et les intègre à sa vie. Gordana et Horatio auraient pu être les enfants qu'elle n'a pas eu.
En imaginant leur vie, en leur faisant prendre corps, elle donne corps à la sienne et imagine aussi que son chemin aurait pu être autre.
Ce petit livre nous montre comment peuvent naître des histoires, comment naissent, se font et se défont des vies, comment l'auteur pioche dans sa propre vie pour redonner vie à d'autres et forge aussi la sienne à l'aune de la leur. Elle-aussi s'enroutine au contact de Gordana et Horatio car « il y a de la douceur dans les routines qui font passer le temps, les douleurs, et la vie… »
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marina53
  23 novembre 2017
L'on ne se bouscule pas vraiment au Franprix de la rue du Rendez-Vous, dans le XIIème arrondissement de Paris. Des habitués essentiellement qui, à heure plus ou moins fixe, font leurs commissions. À la caisse n°8, Gordana. Une femme blonde, de grandes jambes élancées et une poitrine généreuse, presque offensante pour certains. Gordana, un prénom qui vient de loin. Une femme jeune et cuirassée que la vie ne semble pas avoir épargnée. du moins, c'est ce que s'imagine Jeanne, une sexagénaire un peu seule, qui observe et imagine la vie des autres. Et ce vendredi, comme tous les vendredis depuis quelques mois, elle croise aussi cet homme, petit et tassé. La quarantaine, célibataire et sans enfants, suppose-t-elle. Jeanne s'imagine la vie des autres... Des vies qui s'imbriquent dans la sienne...
L'une observe tandis que l'autre agit. L'une imagine la vie de l'autre : son pays lointain, son fils laissé là-bas, l'argent qui manque, la solitude. Une vie qui, telle un entrelacs, s'entremêle dans la sienne. Une manière pour Jeanne de revenir sur son passé, son mari, ses parents commerçants ou encore la campagne qu'elle a quittée. Marie-Hélène Lafon dépeint avec beaucoup d'émotions, avec un brin de langueur aussi et de mélancolie, Nos vies. Des vies somme toute banales, dont les contours flous s'affirment et qui, sous la plume de l'auteur, exaltent un parfum à la fois doux-amer et sucré. Des personnages attachants dans une ville grouillante et anonyme, nous renvoyant à nos propres solitudes.
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palamede
  14 décembre 2017
Elle observe, commente, brode sur d'autres vies que la sienne. Sur la caissière du Franprix où elle a ses habitudes, sur les autres clients, sur le métro et ses voyageurs.
Rien n'échappe à celle qui raconte, invente ce qu'elle ne peut savoir. Mais ne cherchez pas de caractères remarquables ou particuliers chez ceux qu'elle observe. Sauf peut-être qu'elle leur donne le statut d'étrangers, et les pense dans une grande solitude puisque vivant dans une grande ville ; sans doute parce qu'elle, qui s'appelle Jeanne — un prénom de vieille pense-t-elle — vient de la campagne. On le sait car Jeanne livre aussi son histoire, pas inventée celle-là.
Qui s'intéresse à la vie d'une caissière de supermarché, d'un voyageur dans le métro, ou à celle qui les épie pour bâtir leur histoire ? Mais nous bien sûr, quand c'est Marie-Hélène Lafon qui raconte. Parce que son écriture belle, comme scandée, donne du relief à un sujet qu'on pourrait trouver anodin. Mais pas seulement. À travers ces existences (sûrement très éloignées des nôtres), à bien y regarder, elle parle de nous, de nos vies, de nos joies et nos peines, de l'héroïsme du quotidien qui est celui de vivre.
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cardabelle
  05 novembre 2017
Un petit roman bien ordinaire qui repose sur l'observation d'une caissière et des clients d'un supermarché parisien.
L'idée du départ est séduisante. On imagine que va s'offrir au lecteur tout un panel d'existences sinon riches du moins diverses .
Mais très vite , je me suis lassée de cette navigation en solitaire ponctuée de nostalgie et de morosité. dans un océan de solitudes réelles ou supposées .
En fait, j'attendais beaucoup de cette balade parisienne aux effluves de pavés, de provinces et d'ailleurs .
Mais , l'observation de l'autre devient bien vite et trop souvent prétexte à un épanchement personnel au détriment de la profondeur des personnages .
Malgré tout , au fil de ses réflexions , l'auteure , aborde un grand nombre de thèmes et restant dans la suggestion , elle peut proposer l'introspection .
Pourtant,, j'ai la sensation de ressortir d'un roman larmoyant , malgré tout empreint de ruminations .
Parfois , la qualité du style peut sauver un texte de la banalité .
Si l'auteure nous offre de belles parenthèses poétiques , j'ai cependant déploré , parfois ( j'ai envie de dire souvent ) un excès de lyrisme desservant ainsi le contexte .
On n'échappe pas non plus aux lourdeurs et aux maladresses , des coquilles , on va dire , qui ont échappé à la relecture ...
Un petit exemple ? " elles ont les mêmes dents éclatantes dans leurs bouches roses et charnues " (p.57) ... on reste bouche bée !
La lecture de ce roman m'a déçue . J'en attendais plus de consistance , de profondeur .
Déçue, oui . Mais pas au point de rejeter les autres livres de cette auteure qui m'intrigue malgré tout .
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critiques presse (4)
Culturebox   19 septembre 2017
"Nos vies" (Buchet-Chastel), de Marie-Hélène Lafon, est un hymne à l'imaginaire et à la littérature.
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Culturebox   19 septembre 2017
Jusqu'ici penchée sur les paysages et le monde rural, Marie-Hélène Lafon aborde avec ce nouveau roman l'univers urbain et de ses solitudes.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   08 septembre 2017
Un Franprix ? Oui, qui plus est à Paris, puisque avec Nos vies Marie-Hélène Lafon fait retour sur la ville, après plusieurs textes racinés en rugueuse campagne.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix   25 août 2017
Marie-Hélène Lafon s’éloigne du monde rural pour sonder avec délicatesse l’isolement urbain.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   12 décembre 2017
La capacité de recommencement des femmes, et des hommes parfois, me terrasse, et m’émeut. C’est là, c’est donné, il suffit de regarder et d’écouter. Les femmes surtout, certaines, comme elles sont vaillantes, comme elles veulent y croire, et paient de leur personne, de tout leur corps qui fabrique les enfants, et les nourrit ; et elles se penchent, vêtent, nouent les écharpes, ajustent les manteaux, consolent vérifient admonestent caressent, ça ne finit pas. Comme elles sont dévorées et y consentent ou n’y consentent pas ou n’y consentent plus mais peuvent encore, font encore, parce qu’il le faut et que quelque chose en elles résiste, continue. C’est chaque jour et au bout des jours ça fait une vie. 
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palamedepalamede   13 décembre 2017
L’homme n’a jamais beaucoup parlé ni compris ce besoin que les femmes ont, souvent, pas toutes les femmes mais presque toutes, de mettre des paroles sur les moments, sur les choses et sur les gens, entre eux, à leur propos, de dire pourquoi et de dire comment, de justifier et d’expliquer, de raconter, de remonter aux sources, de comprendre, de juger, de condamner, d’absoudre, de pardonner, d’éreinter les phrases et les mots, toujours les mêmes phrases et les mêmes mots. 
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palamedepalamede   17 décembre 2017
Il aimait les mots fou, folle, folie, s’affoler, follement, toute cette famille d’allumés que la psychiatrie officielle était en train de ravaler au rayon des insuffisants notoires et autres caricaturaux mal embouchés ; il les aimait pour le souffle, pour l’élan, pour l’éclat cru, parce qu’ils sont dansants et disent les choses et sont francs du collier ; fou était son préféré pour l’arrondi des lèvres qu’il suppose, comme un baiser tendre. 
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nadejdanadejda   29 septembre 2017
Et que dire des seins... Ils abondent. Ils échappent à l'entendement ; ni chastes, ni turgescents ; on ne saurait. ni les qualifier, ni les contenir, ni les résumer. Les seins de Gordana ne pardonnent pas, ils dépassent la mesure, franchissent les limites, ne nous épargnent pas, ne nous épargnent rien, ne ménagent personne, heurtent les sensibilités des spectateurs, sément la zizanie, n'ont aucun respect ni aucune éducation. Ils vous ôtent toute contenance.
(...) C'est une lueur tenace et nacrée qui sourdrait à travers les tissus, émanerait, envers et contre tout, de cette chair inouïe, inimaginable et parfaitement tiède, opalescente et suave, dense et moelleuse.
p 12-13
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BookycookyBookycooky   28 août 2017
".....ses seins qui avaient surgi l’année précédente, en quelques mois.Et aussitôt le regard aimanté des mâles, tous, les vieux les jeunes, les possibles et les impossibles, les longs maigres et les courts suiffés, les très ordinaires qui n’oseront pas et les très remarquables qui vous foudroient d’un œil souverain, tous, confinés dans leur viande et nantis du fatidique instrument."
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Videos de Marie-Hélène Lafon (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie-Hélène Lafon
Maison de la poésie (10 nov 2017) - Texte et Lecture de Jean-Philippe Domecq, extrait du Dictionnaire des mots en trop (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution novembre 2017).
Le Dictionnaire des mots en trop :
Comment ? s?entend-on déjà reprocher, des mots en trop ? Mais les mots, on en manquerait plutôt.
Et pourtant. Ame, artiste, coach, communauté? ils sont légion ceux qui éveillent notre résistance intime à tout ce qu?ils charrient d?affects, d?idéologie, de pseudo-concepts ? notre résistance mais pas celle du voisin ! ? Quarante-quatre écrivains explorent ici les raisons pour lesquelles ils renâclent devant certains mots, et leurs réflexions critiques témoignent autant d?un état de la langue que des poétiques et des enjeux de notre temps.
Une expérience littéraire qui vient compléter, en l?inversant, celle du Dictionnaire des mots manquants.
Auteurs : Malek Abbou, Jacques Abeille, Mohamed Aïssaoui, Jacques Ancet, Marie-Louise Audiberti, Michèle Audin, Olivier Barbarant, Marcel Bénabou, Jean Blot, Jean-Claude Bologne, François Bordes, Lucile Bordes, Mathieu Brosseau, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Thibault Ulysse Comte, Seyhmus Dagtekin, Louis-Philippe Dalembert, Remi David, Erwan Desplanques, Jean-Philippe Domecq, Christian Doumet, Renaud Ego, Eric Faye, Caryl Férey, Michaël Ferrier, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Cécile Guilbert, Hubert Haddad, Isabelle Jarry, Cécile Ladjali, , Marie-Hélène Lafon, Sylvie Lainé, Frank Lanot, Fabrice Lardreau, Mathieu Larnaudie, Linda Lê, Guy le Gaufey, Jérôme Meizoz, Christine Montalbetti, Christophe Pradeau, Marlène Soreda, Abdourahman A. Waberi.
http://www.editions-marchaisse.fr/catalogue-dictionnaire-des-mots-en-trop
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