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EAN : 9782283029763
94 pages
Éditeur : Buchet-Chastel (17/08/2017)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 164 notes)
Résumé :
"J'ai l'oeil, je n'oublie à peu près rien, ce que j'ai oublié, je l'invente.J'ai toujours fait ça, comme ça, c'était mon rôle dans la famille, jusqu'à la mort de grand-mère Lucie, la vraie mort, la seconde. Elle ne voulait personne d'autre pour lui raconter, elle disait qu'avec moi elle voyait mieux qu'avant son attaque." Le Franprix de la rue du Rendez-Vous, à Paris. Une femme, que l'on devine solitaire, regarde et imagine. Gordana, la caissière. L'homme encore jeu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (72) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  23 juin 2019
J'ai été envouté par la petite musique de Marie-Hélène Lafon. Une petite musique qui m'a fait passer par bien des états, du rire à la tristesse, de l'espérance au dépit, m'a tourneboulé les sens, m'a rappelé mes longues traversées par temps clairs ou orageux… Car c'est de cela dont parle ce livre avec émotion, amour, et un poil d'ironie aussi : de nos vies. de l'inéluctabilité de nos vies ; de tous ces moments précieux qui les jalonnent et dont il ne faudrait jamais perdre une miette ; du temps long et de l'ennui mou ; du hasard et du destin ; du corps qui se fatigue ; des amis qui nous quittent ; des rires ébouriffants, des villes grises, des cafés du matin ; du père majuscule, indépassable, insubmersible, et des enfants qui s'éloignent ; de l'amour qui ensoleille et du chaud câlin muet ; des vieux en paix avec leurs fantômes familiers et des petits accommodements du quotidien…
La narratrice se nomme Jeanne. Elle est à la retraite désormais et vit seule. Elle a mené sa vie de main de maître, sans trop faire de concessions. En vivant au présent sans trop se préoccuper de l'avenir. Jeanne a quelques moments savoureux à se mettre sous la dent : son lumineux Karim, quelques amitiés inébranlables et de gros orages que, bravement, elle a su traverser.
Est-ce pour conjurer la solitude que Jeanne imagine la vie des autres, de ces silhouettes furtives, de ces inconnus qui passent, dans ce Franprix de la rue du Rendez-vous ? Qu'elle les flaire, les hume, les suit à la trace ? Qu'elle brode, enjolive, embellit, enguirlande la vie de Gordana, caissière au Franprix, à qui il a manqué une « étincelle pour être de la race de ceux qui foudroient » ? Qu'elle enrichit de multiples passés l'homme sombre qui, tous les vendredis, vient, ses courses à la main, mendier vainement le regard de Gordana ?
Jeanne raconte sa vie. Raconte celle des autres. Raconte nos vies. Un beau livre.
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Bookycooky
  28 août 2017
Gordana n'a pas trente ans.
Elle est caissière au Franprix du numéro 93 de la rue du Rendez-Vous dans le douzième arrondissement de Paris.
La narratrice, elle, Jeanne est une retraitée qui passe à la supérette deux fois par semaine, le mardi et le vendredi. Elle observe des personnes et leur invente des vies ("J'ai l'oeil, je n'oublie à peu près rien, ce que j'ai oublié, je l'invente.J'ai toujours fait ça, comme ça, c'était mon rôle dans la famille,...).
Un homme sombre, la quarantaine, Horacio passe aussi à la caisse de Gordana, une fois par semaine, le vendredi. "L'homme du vendredi".
Horacio et Gordana, deux êtres qui suent la solitude, comme d'ailleurs notre narratrice.....
Marie Hélène Lafon dans son dernier livre descend de la campagne à la ville donnant la parole à une narratrice, probablement son alter-ego ("À Paris, dans le métro, pendant quarante ans, j'ai happé des visages, des silhouettes de femmes ou d'hommes que je ne reverrais pas, et j'ai brodé, j'ai caracolé en dedans, à fond, mine de rien,.....pendant quarante ans je me suis enfoncée dans le labyrinthe des vies flairées, humées, nouées, esquissées, comme d'autres eussent crayonné, penchés sur un carnet à spirale.") qui alterne l'histoire de sa propre vie avec celles inventées de ses personnages. Dans le fond elles n'ont rien de particulières, sinon que c'est Lafon qui écrit, et ca devient forcément intéressant avec un rythme trépidant. Elle raconte les immigrés, le racisme, la solitude des villes, la trahison,la vie matrimoniale rangée de nos pères et mères contre la notre souvent plus éphémère, décousue ,vouée à l'échec, la province, la campagne.......bref des vies tout en couleur. Elle nous fait vibrer avec les émotions, les voix, les rires, les odeurs, les goûts, les descriptions visuelles à fleur de peau.
Mais pour en revenir au fond , dans ces histoires de solitudes, celle de la narratrice est de loin la plus intéressante que celles inventées de ses personnages. Donc, à chaque fois qu'elle change de registre, on a qu'une envie c'est qu'elle retourne à la sienne. À mon avis, elles manquent un peu de consistance, s'amenuisant encore plus vers la fin.
Mais c'est quand même Lafon, j'aime ce qu'elle écrit bien que l'histoire de Gordana et d'Horacio m'ont un tout petit peu laissée sur ma faim.
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Ladybirdy
  13 janvier 2019
Je me suis malheureusement perdue dans ce récit qui plonge dans nos vies éparpillées au milieu du marasme de la solitude. L'écriture est très belle, ce qui sauve ce roman mais le fond m'a semblé disparate et manquant de souffle ou de fil conducteur. Une introspection interminable sur les autres et surtout sur elle, Jeanne la narratrice retraitée qui se souvient de sa vie. Des phrases interminables semées dans des pages sans chapitre, des pensées lancées au vent, on part à gauche puis à droite, devant, souvent derrière, un peu trop confus pour moi. Je me laisserai tout de même tentée par un autre roman de Lafon que je ne connaissais pas, j'irai voir du côté de chez Joseph si les mots m'embarquent davantage...
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marina53
  23 novembre 2017
L'on ne se bouscule pas vraiment au Franprix de la rue du Rendez-Vous, dans le XIIème arrondissement de Paris. Des habitués essentiellement qui, à heure plus ou moins fixe, font leurs commissions. À la caisse n°8, Gordana. Une femme blonde, de grandes jambes élancées et une poitrine généreuse, presque offensante pour certains. Gordana, un prénom qui vient de loin. Une femme jeune et cuirassée que la vie ne semble pas avoir épargnée. du moins, c'est ce que s'imagine Jeanne, une sexagénaire un peu seule, qui observe et imagine la vie des autres. Et ce vendredi, comme tous les vendredis depuis quelques mois, elle croise aussi cet homme, petit et tassé. La quarantaine, célibataire et sans enfants, suppose-t-elle. Jeanne s'imagine la vie des autres... Des vies qui s'imbriquent dans la sienne...
L'une observe tandis que l'autre agit. L'une imagine la vie de l'autre : son pays lointain, son fils laissé là-bas, l'argent qui manque, la solitude. Une vie qui, telle un entrelacs, s'entremêle dans la sienne. Une manière pour Jeanne de revenir sur son passé, son mari, ses parents commerçants ou encore la campagne qu'elle a quittée. Marie-Hélène Lafon dépeint avec beaucoup d'émotions, avec un brin de langueur aussi et de mélancolie, Nos vies. Des vies somme toute banales, dont les contours flous s'affirment et qui, sous la plume de l'auteur, exaltent un parfum à la fois doux-amer et sucré. Des personnages attachants dans une ville grouillante et anonyme, nous renvoyant à nos propres solitudes.
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nadejda
  02 octobre 2017
La narratrice, Jeanne Santoire aime épier, observer : « J'ai l'oeil, je n'oublie à peu près rien, ce que j'ai oublié, je l'invente.» Elle poursuit dans « Nos vies » ce qu'elle a toujours fait pour sa grand-mère Lucie qui disait qu'avec elle, « elle voyait mieux qu'avant son attaque. » Elle a continué à regarder le monde à «faire moissons et brassées» comme elle le faisait pour cette grand-mère « encalminée pour toujours devant la fenêtre. »
Jeanne nous découvre progressivement les vies qu'elle prête à Gordana caissière au Franprix de la rue du Rendez-vous et Horatio l'un de ses habitués qui comme Jeanne, depuis qu'elle est à la retraite, vient faire ses courses le vendredi en milieu de matinée.
Gordana, Horatio sont d'abord des êtres qu'elle observe, épingle, dont la vie se déroule en dehors de la sienne. Mais progressivement en revenant sur son passé tandis qu'elle imagine le leur, elle les relie à elle et les intègre à sa vie. Gordana et Horatio auraient pu être les enfants qu'elle n'a pas eu.
En imaginant leur vie, en leur faisant prendre corps, elle donne corps à la sienne et imagine aussi que son chemin aurait pu être autre.
Ce petit livre nous montre comment peuvent naître des histoires, comment naissent, se font et se défont des vies, comment l'auteur pioche dans sa propre vie pour redonner vie à d'autres et forge aussi la sienne à l'aune de la leur. Elle-aussi s'enroutine au contact de Gordana et Horatio car « il y a de la douceur dans les routines qui font passer le temps, les douleurs, et la vie… »
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critiques presse (4)
Culturebox   19 septembre 2017
"Nos vies" (Buchet-Chastel), de Marie-Hélène Lafon, est un hymne à l'imaginaire et à la littérature.
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Culturebox   19 septembre 2017
Jusqu'ici penchée sur les paysages et le monde rural, Marie-Hélène Lafon aborde avec ce nouveau roman l'univers urbain et de ses solitudes.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LeMonde   08 septembre 2017
Un Franprix ? Oui, qui plus est à Paris, puisque avec Nos vies Marie-Hélène Lafon fait retour sur la ville, après plusieurs textes racinés en rugueuse campagne.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix   25 août 2017
Marie-Hélène Lafon s’éloigne du monde rural pour sonder avec délicatesse l’isolement urbain.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   15 juin 2019
Gordana ne croise pas les jambes, la position deviendrait intenable. Elle se tient droite, la blouse, courte rouge gansée de blanc, ouverte sur ces cuisses efficaces. Et que dire des seins. La blouse fermée n'y suffirait pas. Ils abondent. Ils échappent à l'entendement ; ni chastes ni turgescents ; on ne saurait les qualifier, ni les contenir, ni les résumer. Les seins de Gordana ne pardonnent pas, ils dépassent la mesure, franchissent les limites, ne nous épargnent pas, ne nous épargnent rien, ne ménagent personne, heurtent les sensibilités des spectateurs, sèment la zizanie, n'ont aucun respect ni aucune éducation. Ils ne souffrent ni dissidence ni résistance. Ils vous ôtent toute contenance. On se tient devant eux, on voudrait penser aux produits, faire les gestes dans l'ordre, sortir déposer ranger, vider remplir, la carte le code. On s'efforce on se rassemble on s'applique, tous, plus ou moins, femmes et hommes, vieux et jeunes et moyennâgés ; mais ça traverse, ça suinte, c'est organique. C'est une lueur tenace et nacrée qui sourdrait à travers les tissus, émanerait, envers et contre tout, de cette chair inouïe, inimaginable et parfaitement tiède, opalescente et suave, dense et moelleuse.
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Eric76Eric76   21 juin 2019
Il faut que la jeunesse rie, elle soulignait cet adage de son index droit pointé, et appuyait sciemment sur le "e" final du verbe rire. Quand elle me faisait réciter mes conjugaisons, à l'école primaire, elle choisissait toujours des verbes joyeux, nous les appelions les joyaux de la couronne, récite-moi un joyeux joyau du troisième groupe Jeanne, et détache bien les lettres que je vois si c'est su ; nous avions des favoris, revivre, comprendre, résoudre, elle détestait conquérir et moudre ou traire, mais rire était notre préféré. Nous avions beaucoup ri avec Karim ; en cela aussi nous avions été jeunes. Aujourd'hui, dans le métro, dans le bus, ou dans la rue, ici dans l'avenue, devant le collège Courteline, il m'arrive encore de surprendre ces rires irrépressibles, cascadés, qui secouent à l'unisson et rassemblent une grappe mouvante de filles ou de garçons oublieux du monde sous le regard interrogateur, furibard, effaré des autres, des adultes, des vieux, des gens, des tristes, des assis, des rassis.
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palamedepalamede   12 décembre 2017
La capacité de recommencement des femmes, et des hommes parfois, me terrasse, et m’émeut. C’est là, c’est donné, il suffit de regarder et d’écouter. Les femmes surtout, certaines, comme elles sont vaillantes, comme elles veulent y croire, et paient de leur personne, de tout leur corps qui fabrique les enfants, et les nourrit ; et elles se penchent, vêtent, nouent les écharpes, ajustent les manteaux, consolent vérifient admonestent caressent, ça ne finit pas. Comme elles sont dévorées et y consentent ou n’y consentent pas ou n’y consentent plus mais peuvent encore, font encore, parce qu’il le faut et que quelque chose en elles résiste, continue. C’est chaque jour et au bout des jours ça fait une vie. 
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Eric76Eric76   19 juin 2019
Je ne crois en rien, nous sommes seuls et nous ne serons pas secourus, mais j'aime les églises alanguies dans le creux des après-midi. Je ne parle pas des cathédrales orgueilleuses ni des basiliques perchées, ni de la Madeleine ni de Saint-Germain-des-Prés, ni de Saint-Etienne-du-Mont ni de Saint-Sulpice, je parle des églises sans qualité, des églises de semaine, assoupies, à peine frottées de catéchèse par des dames de bonne volonté que chapeaute de loin un prêtre encore jeune, expéditif et souriant. Même dans les villes, même à Paris, à l'heure du goûter, la trépidance ordinaire reflue dans le ventre des modestes églises de quartier ; la température y est à peu près constante, la lumière aussi, le temps s'y oublie, on y berce à bas bruit des douleurs irrémédiables, personne ne demande rien à personne, le confessionnel est vide, les araignées s'affairent, ça sent la poussière froide.
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palamedepalamede   13 décembre 2017
L’homme n’a jamais beaucoup parlé ni compris ce besoin que les femmes ont, souvent, pas toutes les femmes mais presque toutes, de mettre des paroles sur les moments, sur les choses et sur les gens, entre eux, à leur propos, de dire pourquoi et de dire comment, de justifier et d’expliquer, de raconter, de remonter aux sources, de comprendre, de juger, de condamner, d’absoudre, de pardonner, d’éreinter les phrases et les mots, toujours les mêmes phrases et les mêmes mots. 
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Vidéo de Marie-Hélène Lafon
En vue de la rentrée littéraire à venir lors de laquelle elle publiera son nouveau roman, Marie-Hélène Lafon envoie son soutien aux libraires touchés par la crise du covid-19. Retrouvez "Histoire du fils" le 20 août 2020.
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