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ISBN : 228302644X
Éditeur : Buchet-Chastel (28/08/2014)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 252 notes)
Résumé :
Joseph est un doux. Joseph n'est pas triste, du tout. Joseph existe par son corps, par ses gestes, par son regard ; il est témoin, il est un regardeur, et peut-être un voyeur de la vie des autres, surtout après la boisson, après les cures. Il reste au bord, il s'abstient, il pense des choses à l'abri de sa peau, tranquille, on ne le débusquera pas.

Joseph est ouvrier agricole, dans une ferme du Cantal. C'est aussi le nouveau roman de Marie-Hélène Lafo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (93) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  15 novembre 2016
Dos à la télé, les mains sur les cuisses, les pieds dans des pantoufles à carreaux, Joseph aime bien rester comme ça, à ne rien faire. Des images qui apparaissent, disparaissent sans que quiconque dans la cuisine y jette un oeil. le patron à piquer du nez après le repas, calé sur une chaise devant la cuisinière. La patronne, au bout du banc, le journal ouvert en grand sur la page des mots croisés. La petite trousse et le dictionnaire pas loin. Un petit bonsoir avant que chacun ne regagne sa chambre. Un sacré personnage que ce Joseph. Un ouvrier agricole qui va de ferme en ferme. À presque 59 ans, il en a vu. Car il aime observer les gens, Joseph. Les souvenirs sont là, qui se rappellent à lui, parfois, le soir, lorsqu'il est dans son lit. Sa mère, ses patrons et leur fils, Michel, son jumeau, Sylvie qui l'a quitté, ses cures, ses vaches, ses champs et son Cantal.
Quel condensé de souvenirs dans ce petit roman... L'on tend presque l'oreille pour écouter ce que Joseph nous raconte tant l'homme, taiseux, voit, entend tout autour de lui mais semble rester en retrait. Tel un spectateur de ce qui se joue devant lui. L'on entend ses déceptions et ses misères. Dans ce roman rural qui fleure bon la terre et les vaches, l'auteur donne à voir un monde rude, laborieux mais terriblement humain. Elle dresse le portrait d'un homme vrai, nature, modeste et juste. Elle nous fait pénétrer magnifiquement dans le monde de Joseph, elle restitue sans fioritures des fragments de vie, elle esquisse des personnages. Elle nous fait sentir, voir et ressentir. Un roman de terroir saisissant, tendre et d'une justesse émotionnelle. Une écriture à la fois rude, puissante et poétique. Un personnage d'une beauté humble et modeste.
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latina
  26 juin 2015
le Cantal : ses fermes, ses vaches, ses petits bals, et puis Joseph.
Joseph : sa mère, son frère, ses patrons, le fils d'un de ses patrons, Sylvie, son travail d'ouvrier agricole, et puis ses souvenirs.
Car il est près de la soixantaine, Joseph, et il se souvient. Ou du moins, NOUS plongeons en apnée dans ses souvenirs.
Et il en faut, du souffle ! Pas pour supporter l'histoire, qui est une petite histoire bien banale mais pourtant unique : le frère jumeau qui s'en va à la ville, se marie et ne revient plus, la mère qui s'en va rejoindre le frère jumeau pour aider, la copine qui s'en va avec un autre, et Joseph qui s'en va en cure pour son alcoolisme puis qui revient, puis qui s'en va de ferme en ferme, au gré des patrons et du travail...
Le souffle, il en faut vraiment pour lire le style en continu, ce flot de souvenirs quasi sans chapitres, ces pages sans paragraphes, ces paragraphes sans ponctuation commune.
Ce jet continu de morceaux d'une vie qui s'imbriquent l'un dans l'autre, qui appellent d'autres morceaux d'autres vies, m'a forcée à une attention sans faille.
Si vous acceptez de perdre le contrôle, Joseph vous prendra par la main et vous emmènera boire un verre au café du coin, passer devant chez la Simone en lui faisant un petit coucou, lire le journal laissé par la patronne, nettoyer l'étable et puis vous laissera, simplement, pour se reposer enfin et essayer d'être heureux.
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Tostaky61
  25 mai 2015
Jospeh, c'est l'histoire d'un paysan (n'y voyez rien de péjoratif chez moi, je connais ce milieu, l'homme que je suis aujourd'hui s'est forgé, adolescent, au contact de ces gens-là).
C'est l'histoire, donc, d'commis de ferme. Dans l'Auvergne d'aujourd'hui mais avec des relents d'autrefois.
C'est Joseph qui parle, il se raconte.
Il raconte sa vie, dans le désordre. Son métier avec les vaches er le chien, le patron, la patronne. Il raconte le père, la mère, comme il les appelle. Il raconte ce frère dont il est si loin dans tous les sens du terme et Sylvie, la seule femme qu'il ait aimé jusqu'à l'échec et la déchéance et ses excès d'alcool.
Marie Hélène Lafon trouve le ton juste, elle sait raconter ce méli mélo de souvenirs, avec humour et tendresse, dans de grands paragraphes où l'absence de ponctuation, parfois, donne la personnalité du narrateur.
Un petit format de roman, pour un grand bonheur de lecture.
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Annette55
  05 novembre 2014
Marie-Hélène Lafon décrit d'abord les mains de Joseph, rondes, courtes, aux ongles carrés et propres, presque sans âge, puisqu'elles lui sont utiles, on sent qu'il les entretient avec soin.
Puis le regard se pose sur ses poignets larges, son dos, descend vers les pieds chaussés de pantoufles solides.
Il est là, ce Joseph, bien vivant, " l' ouvrier agricole", corvéable à merci, toujours au service de ses " patrons", des patrons plutôt généreux et attentifs.
Il existe par son corps, son regard, ses gestes...il en a fait des fermes depuis son plus jeune âge,il connaît la région par coeur, et sa science des chiffres est impressionnante....il se souvient de toutes les dates, du nombre d'enfants dans chaque famille...
Il est le témoin scrupuleux , silencieux d'une époque qui se fane et disparaît...il pense des choses mais il s'abstient, il reste sur le bord, il est là, tranquille, personne ne le perturbera..
Il a 58 ans, il est célibataire,"il se finira" dans cette ferme puis il ira dans une maison de retraite à Riom.
Il a eu une histoire d'amour qui s'est terminée dans la boisson et qu'il a expié en "trois cures".
Il observe, il regarde,il est le vigile de ces lieux ou" l'amour n'est pas toujours dans le pré", il n'est pas triste surtout....
Il sera difficile au lecteur d'oublier Joseph, homme des vaches et des champs dont Marie- Hélène Lafon conte l'histoire
touchante, banale, attachante avec une infinie tendresse.
Son histoire narre l'aventure d'une société que la télévision semble considèrer comme un monde à part...,
Chaque détail est un trésor , chaque description ressemble à un tableau d'exception.
Joseph, malgré son immense solitude est apaisé même devant le cercueil de sa mére....
Le récit est drôle, joyeux, cocasse, sobre, émouvant, d'une grande intensité...
Il est des phrases magnifiques où l'auteur n'accompagne pas seulement le destin d'un homme, elle dit la fin d'un monde quand les jeunes partent et que les vieux passent l'essentiel de leurs soirées à se souvenir des bons moments.
Un portrait tout en pudeur et finesse, celui du temps qui passe et d'un monde en train de finir, un monde oublié, quasi disparu,au coeur du Cantal natal de l'auteur, ses rivières et ses vallées...
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cicou45
  14 octobre 2014
La curiosité a des bons côtés, il est vrai, mais malheureusement pas toujours sinon, ça se saurait. Cela a d'ailleurs été le cas ici puisque j'ai été piqué de cette sorte de curiosité impulsive qui nous pousse parfois, nous, lecteurs, à acheter un roman sans que l'on sache trop pourquoi, ou encore à l'emprunter, pour voir...Heureusement, dans mon cas, j'ai emprunté cet ouvrage à la médiathèque dans laquelle je m'approvisionne (le budget ne suivant pas toujours) pour découvrir cette auteure, que, (j'ai honte à le dire mais tans pis), je connaissais jusqu'à présent que de nom. Grosse déception donc mais roman néanmoins très bien écrit, en dépit de phrases parfois trop longues à mon goût.
L'histoire est celle d'un homme, Joseph, qui, la soixantaine passée, continue à travailler dans une ferme. Ses patrons sont des hommes bons et compréhensifs car, après tout, ils lui ont donné sa chance, à lui, Joseph, de pouvoir se racheter en travaillant honnêtement et surtout, en acceptant d'arrêter définitivement de boire. Dans cet ouvrage, dont Joseph est à la fois le narrateur et une sorte de anti-héros, ce dernier nous fait une sorte de bilan sur ce qu'a été sa vie, et peut-être, sur ce qu'elle aurait pu être si...Mais il y a tellement de Si...
Un roman bien écrit, certes, comme je le disais, mais avec lequel je n'ai pas réellement accroché. Trop de mélancolie, trop de routine, je ne sais...mais si il y a une chose que je sais avec certitude, c'est que ce roman mérite d'être découvert par vous, lecteurs, car je suis probablement passée à côté de quelques chose et peut-être pourrez-vous me dire quoi !
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critiques presse (5)
Lexpress   30 octobre 2014
Dans ce livre magnifique, d'une grande intensité, la romancière n'accompagne pas seulement le destin d'un homme, elle dit la fin d'un monde quand les jeunes partent et que les vieux passent l'essentiel de leurs soirées à se souvenir des bons moments.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Actualitte   30 septembre 2014
L'écriture donne de l'éclat à cette vie banale et simple, commotionne le lecteur, aux prises avec une réalité qui le pénètre d'emblée, crée une émotion directe, si vive qu'elle en devient presque sublime.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Culturebox   30 septembre 2014
Marie-Hélène Lafon dessine cette vie dans un roman d'un seul tenant, compact, ramassé, qui donne au récit une grande densité, à l'image du personnage de Joseph.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Chro   22 septembre 2014
Il y a un monde dans ce petit volume, dont l’apparente modestie n’empêche pas que l’hommage rendu à ce monde soit grand.
Lire la critique sur le site : Chro
LeFigaro   12 septembre 2014
D'une façon au fond très subversive, ce roman substitue à l'idée de justice sociale un idéal de justesse: être à sa place et bien la tenir.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
OdeOde   22 février 2015
Dans les fermes où on se fait la guerre entre vieux et jeunes, c’est dur pour l’ouvrier qui se trouve sans savoir de quel côté se tourner quand l’un a dit blanc et l’autre noir. Joseph en a séparé des pères et des fils, ou des frères, ça s’empoignait au fond de l’étable ou à la grange, juste à côté de la trappe ouverte sur un escalier bien raide, il a reçu des coups perdus et ensuite on l’a regardé de travers parce qu’il avait vu ce qui doit rester caché dans le secret des familles. C’est la boisson qui est le pire. Tant que les parents sont là et en bonne santé pour aider, ils ont leur mot à dire et le fils continuera le fromage, le saint-nectaire, parce que la ferme est dans la zone d’appellation contrôlée, juste à la limite mais encore dans la zone ; dans une ferme organisée comme celle-là, on a besoin d’un ouvrier comme lui pour aider et on peut le payer uniquement si on transforme le lait ; mais tout le monde sait ce que le fils pense ; le fils pense qu’ils travaillent pour payer l’ouvrier, à cause des charges, et que c’est un système périmé.
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RenodRenod   28 septembre 2016
(...) ces médecins, le père et le fils, étaient partis en guerre, dans le journal ils écrivaient en croisade, contre l’alcoolisme ; on voyait régulièrement dans La Montagne des articles signés par eux qui parlaient de fléau, de ravages dans les campagnes, d’éradication, de cause sacrée (...) ; on racontait aussi qu’ils roulaient pour le cousin d’Aurillac et son service spécialisé qui ne risquait pas de manquer de clients, la Sécurité sociale avait bon dos, elle payait les traitements qui n’en finissaient pas, coûtaient bonbon et n’avaient pas l’air de servir à grand-chose à en juger par le nombre de poivrots du canton abonnés aux cures ; entre novembre et mars, ils allaient se faire désherber à Aurillac, on disait désherber et tout le monde comprenait, les gars passaient l’hiver au chaud à l’hôtel trois étoiles chez Grémanville, c’était le nom du cousin, ils ressortaient de là retapés récurés en grande forme et rattaquaient le canon aussi sec.
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nadejdanadejda   15 septembre 2014
Il aimait bien les soirs, on restait devant la télévision, on ne la regardait pas forcément, on l’entendait, on était les trois dans son bruit, des images apparaissaient, disparaissaient, en fortes couleurs qui circulaient dans la pièce autour des corps, on baignait dans ces images, on était traversé par elles, on attrapait des morceaux, on sentait que le monde était vaste autour de la ferme et de ce pays tout petit dans lequel on aurait vécu.(...) Le patron se serait intéressé, surtout à la politique et au sport, mais il avait tendance à piquer du nez, à becquer comme il disait ; dès la fin du journal, il sortait du banc, se calait sur une chaise devant la cuisinière même quand elle était éteinte, et posait ses talons en appui contre le banc, ses orteils remuaient dans les chaussettes marron.
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OdeOde   04 mai 2015
Ils n’en montraient presque plus du patinage artistique maintenant, tout était plus compliqué avec une ribambelle de chaînes et toutes sortes d’émissions à la noix et la météo qui n’en finissait pas présentée par une femme blonde en jupe courte qui ressemblait à un cheval ; on avait plusieurs météos, à la télévision, à la radio, sur le journal, au téléphone, à un numéro précis que le patron appelait, et sur Internet ; en été, le fils et le patron se disputaient pour savoir s’il fallait faucher ou non, les météos donnaient des prévisions différentes, la patronne en tenait pour le baromètre de sa mère qui était suspendu dans la cuisine, entre les deux fenêtres ; les hommes ne l’écoutaient pas et, de plus en plus, le fils décidait tout seul.
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Tricia12Tricia12   02 novembre 2014
Le chien reste avec lui quand il fait la grande toilette, à côté du lavabo mais un peu à l'écart pour ne pas être éclaboussé et toujours du côté des sacs de farine contre lesquels il appuie son arrière-train; il se repose et suit ses gestes, penche la tête à droite à gauche, il a l'air perplexe et ses oreilles douces frémissent inexplicablement, parfois on dirait qu'il rit et se moque des humains qui ont besoin de toutes ces fantaisies. Ce chien s'appelle Raymond, il est déjà vieux, il au moins douze ans; au début Joseph était gêné d'utiliser pour un chien le prénom de son père qui est mort depuis presque trente-six ans mais quand même; ensuite il a pensé que ce prénom était parfait pour un chien comme celui-là, un chien blanc et noir au pelage luisant et souple, surtout entre les pattes de devant, sur le poitrail, un chien qui est toujours au bon endroit au bon moment quand on a besoin de lui.
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Videos de Marie-Hélène Lafon (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie-Hélène Lafon
Maison de la poésie (4 juin 2019) - Texte et Lecture de Alban Lefranc, extrait du Dictionnaire des mots parfaits (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution mai 2019).
Le Dictionnaire des mots parfaits :
Pourquoi certains mots nous plaisent-ils tant ? S?adressant à notre sensibilité, à notre mémoire ou à notre intelligence du monde, ils nous semblent? parfaits. Bien sûr, parfait, aucun mot ne l?est ? ou alors tous le sont. Pourtant, chacun de nous transporte un lexique intime, composé de quelques vocables particulièrement aimés. Après ceux consacrés aux mots manquants et aux mots en trop, ce troisième dictionnaire iconoclaste invite une cinquantaine d?écrivains à partager leurs mots préférés. Il vient parachever une grande aventure collective où la littérature d?aujourd?hui nous ouvre ses ateliers secrets.
Auteurs : Nathalie Azoulai, Dominique Barbéris, Marcel Bénabou, Jean-Marie Blas de Roblès, François Bordes, Lucile Bordes, Geneviève Brisac, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Pascal Commère, Seyhmus Dagtekin, Jacques Damade, François Debluë, Frédérique Deghelt, Jean-Michel Delacomptée, Jean-Philippe Domecq, Suzanne Doppelt, Max Dorra, Christian Doumet, Renaud Ego, Pierrette Fleutiaux, Hélène Frappat, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Jacques Jouet, Pierre Jourde, Cécile Ladjali, Marie-Hélène Lafon, Frank Lanot, Bertrand Leclair, Alban Lefranc, Sylvie Lemonnier, Arrigo Lessana, Alain Leygonie, Jean-Pierre Martin, Nicolas Mathieu, Jérôme Meizoz, Gilles Ortlieb, Véronique Ovaldé, Guillaume Poix, Didier Pourquery, Christophe Pradeau, Henri Raynal, Philippe Renonçay, Pascale Roze, Jean-Baptiste de Seynes, François Taillandier, Yoann Thommerel, Laurence Werner David, Julie Wolkenstein, Valérie Zenatti
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