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EAN : 9782283023488
195 pages
Éditeur : Buchet-Chastel (03/09/2009)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 325 notes)
Résumé :
Paul a quarante-six ans. Paysan, à Fridières, Cantal.
Cinquante trois hectares, en pays perdu, au bout de rien. Il n’a pas tout à fait choisi d’être là, mais sa vie s’est faite comme ça. Paul n’a qu’une rage : il ne veut pas finir seul, sans femme.
Annette a trente-sept ans. Elle est la mère d’Eric, bientôt onze ans. Elle n’a jamais eu de vrai métier. Elle vient du Nord, de Bailleul. Annette a aimé le père d’Eric, mais ça n’a servi à rien, ni à le sau... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (89) Voir plus Ajouter une critique
Eric76
  10 mai 2020
Il y a Annette, et sa vie tombée en mille morceaux dans une de ces petites villes hagardes du Nord d'où l'espoir et la fierté ont fui en même temps que les usines. Et son fils Éric, muré dans son silence, bout d'homme qui jette un regard étonné, sans concession sur ce monde des grands si violent, si méchant, si désespérément stupide et inconstant. Paul enfin, dans son Cantal profond, avec ses gestes immémoriaux, lents et mesurés de paysan qui se voit mourir de solitude, peu à peu, à tout petit feu.
Une petite annonce lancée comme une bouteille à la mer les réuniront malgré leurs mondes si éloignés, si dissemblables.
Que de courage et de renoncements il fallut à Annette et Éric pour déposer leurs maigres bagages chez Paul, dans cette vieille ferme pleine de présences aveugles.
Que de force d'âme, d'obstination, d'opiniâtreté, il fallut à Paul pour imposer ces deux intrus, ces deux horsains à une fratrie soupçonneuse et rassasiée de jours.
Pas de grande passion, pas de grand amour entre Annette et Paul, pas de grandes envolées lyriques, mais des tâtonnements, des pas prudents l'un vers l'autre, des caresses hâtivement données, mais cet acharnement muet à croire au bonheur malgré toutes les désillusions, malgré toutes les défaites, mais cette impérieuse nécessité de protéger le petit Éric des violents orages, de ne pas déjà ruiner toutes ses chances…
Marie-Hélène Lafon nous entraîne dans les méandres tortueux des vies bien ordinaires, des peurs, des espérances, des confidences et des petits mensonges. Elle nous parle de la vie de la ferme, de ses rites, de sa patiente et immuable régularité, de ces sentinelles épuisées d'un monde qui ressemble de plus en à une image d'Épinal… Elle raconte ces matins clairs et enchanteurs, ces diners en famille longs, parfois drôles, parfois périlleux, et ces nuits qui avalent les hommes et les choses. Elle sait décrire le sourire d'un chien, et la placidité heureuse des vaches.
Elle nous parle de la vie qui passe, inéluctablement…
On rit, on est triste, on est soulagé, on est pris aux tripes et au coeur… Marie-Hélène a ce don rare de nous ramener à l'essentiel, au primordial.


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marina53
  24 novembre 2016
À Fridières, dans la campagne cantalienne, Paul, agriculteur, vit toujours avec sa soeur et ses deux oncles dans la ferme familiale. Mais, à 46 ans, il a décidé qu'il ne vieillirait pas seul, comme eux. Aussi passe-t-il une annonce dans le journal pour rencontrer quelqu'un. C'est Annette, à des centaines de kilomètres de là, qui y répond. Elle veut s'offrir, ainsi qu'à son jeune fils, des jours meilleurs et aspire à de la quiétude. Elle débarque ainsi de Bailleul, dans le Nord, chez Paul...
Sans chronologie particulière, Marie-Hélène Lafon s'immisce au coeur de cette rencontre et dresse le portrait d'un couple naissant qui se découvre timidement. Deux âmes que la vie a malmenés. Deux êtres qui espèrent un tant soit peu de douceur, de sérénité et de bienveillance dans leur vie. Et pourquoi pas de l'amour... L'auteur suggère un tout, s'attarde sur de petits riens, donne à voir et à ressentir. Elle dépeint avec émotion ce monde de taiseux,où l'on se contente parfois de regarder et de penser, ce monde ancré dans la terre, presque immuable. Elle tresse avec délicatesse cette histoire d'amour sensuelle, à la fois puissante et tout en retenue. Un roman singulier, gracieux et authentique porté par de longues phrases, la ponctuation se faisant rare, agrémentées d'adjectifs ou de mots qui sonnent juste. Parfois d'un autre temps. Une écriture poétique qui s'apprivoise. Un portrait tout en nuances d'un monde rural.
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cicou45
  16 octobre 2015
J'ai eu l'occasion de rencontrer Marie-Hélène Lafon il y a peu et c'est à cette occasion que je lui ai, entre autre, acheté cet ouvrage, donc ouvrage dédicacé s'il vous plait ! qui plus est, j'avais un stress énorme en la rencontrant puisque je devais faire un article sur elle (entre autres, à le demande du directeur du journal pour lequel je travaille. Autant vous dire que je n'en n'ai pas dormi jusqu'à ce qu'il me dise que ce que j'avais fait était super). Bref, cette petite introduction passée, revenons-en à ce qui vous intéresse vous, chez lecteurs, à savoir ce que j'ai pensé du livre dont il est question ici mais avant cela, je voudrais revenir sur une chose qu'a dit Marie-Hélène Lafon lors de cette rencontre et qui m'a enfin fait comprendre comment il fallait lire ses écrits. Elle a explicitement déclamé qu'elle n'était pas "une raconteuse d'histoires (contrairement à l'autre auteur évoqué lors de cette rencontre mais une "travailleuse de verbe". Je pense que, une fois que vous savez cela, vous pouvez enfin comprendre l'écriture de Marie-Hélène Lafon, ce que je n'avais pas compris, moi, en lisant son dernier roman "Joseph". J'avais trouvé qu'il n'y avait absolument aucune action, ce qui est en quelque sorte le cas ici mais une fois les clés de lecture en main, j'ai pris plaisir à travers cette lecture.
Paul est un homme d'une quarantaine d'années, célibataire, agriculteur et vivant avec sa soeur et ses deux oncles dans la ferme familiale. D'un ennui à mourir me direz-vous...jusqu'à ce qu'il passe une "annonce" (d'où le titre du livre) dans laquelle il précise qu'il recherche une femme pour partager la fin de ses jours. C'est Annette qui y répondra, célibataire elle aussi mais avec un petit garçon de 7 ans prénommé Eric. Seul inconvénient, qui n'en sera rapidement plus un, ils vivent tous les deux aux extrémités de la France Tout va cependant se dérouler très vite : quelques coups de téléphone, plusieurs rencontres à Nevers, échange des albums photos et voilà notre Annette qui s'installe à Fridières dans la ferme familiale. Voici le décor mais pour ce qui est de l'intrigue - si intrigue réelle il y a - va être le fait de savoir si cette dernière, qui n'y entend rien aux affaires de la ferme, va se faire accepter ou non de sa future belle-famille et surtout si elle et son fils, s'acclimateront dans un environnement parfois hostile, dans une ferme où le paysan ignore le mot congés.
Une écriture superbe bien qu'avec des phrases interminables mais qui coulent de source et sont tout à la fois fluides et légères. le contenu, lui, l'est parfois moins mais je ne vais pas tout vous dévoiler non plus ! A découvrir et à faire découvrir !
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NathalC
  10 décembre 2016
Un roman brut de brut, même dans l'écriture, de longue phrase, ponctuation rare... Un véritable roman de la terre. Une histoire simple, racontée sans fioriture. Pas de détails, pas de dentelles, pas de romantisme, ce n'est pas un roman à l'eau de rose, et pourtant c'est une histoire d'amour. Une écriture semblable au milieu social : simple, direct, brut, on ne dit pas forcément ce que l'on ressent, mais vrai.
Bravo à l'auteur pour avoir fait ressentir ce terroir jusqu'à "dans l'écriture"...
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Malaura
  05 septembre 2011
Parce qu'il refuse de finir sa vie tout seul, Paul, 46 ans, exploitant agricole dans une ferme du Cantal, passe une petite annonce dans un journal.
C'est Anne, qui y répond.
Cette femme de 37 ans vit dans le Nord avec son fils de 11 ans.
Elle aussi est seule depuis qu'elle a tourné le dos aux années de violence passées auprès d'un homme alcoolique.
Quelques coups de téléphone, deux-trois rencontres et Anne accepte de venir vivre à la ferme.
Mais la cohabitation avec les oncles et la soeur de Paul s'avère difficile...
Les mots de Marie-Hélène Lafon s'égrennent posément, sûrement, chacun d'eux justement calibré, mûri, poli comme un caillou roulant en bouche.
Se déroulant en longues phrases amples, ils disent le monde rural, les difficultés de s'implanter en milieu paysan, les silences "gras" des taiseux, les efforts, les petitesses...
Ils racontent surtout, dans une langue riche et stylisée, l'histoire d'amour d'êtres ordinaires, qui s'unissent en un compagnonnage pratique et raisonnable pour s'arracher à la solitude qui les guette.
Un beau roman.
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critiques presse (1)
Lexpress   20 juillet 2011
Marie-Hélène Lafon traite cette histoire d'amour toute simple avec une sensibilité éloignée de toute niaiserie et une écriture digne du meilleur Pierre Michon. Emouvant et juste.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   02 mai 2020
La nuit de Fridières ne tombait pas, elle montait à l'assaut, elle prenait les maisons les bêtes et les gens, elle suintait de partout à la fois, s'insinuait, noyait d'encre les contours des choses, des corps, avalait les arbres, les pierres, effaçait les chemins, gommait, broyait. Les phares des voitures et le réverbère de la commune la trouaient à peine, l'effleuraient seulement, en vain. Elle était grasse de présences aveugles qui se signalaient par force craquements, crissements, feulements, la nuit avait des mains et un souffle, elle faisait battre le volet disjoint et la porte mal fermée, elle avait un regard sans fond qui vous prenait dans son étau par les fenêtres, et ne vous lâchait pas, vous les humains réfugiés blottis dans les pièces éclairées des maisons dérisoires.
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Eric76Eric76   05 mai 2020
En juin le pays était un bouquet, une folie. Les deux tilleuls dans la cour, l'érable au fond du jardin, le lilas sur le mur, tout bruissait frémissait ondulait ; c'était gonflé de lumière verte, luisant, vernissé, presque noir dans les coins d'ombre, une gloire inouïe qui, les jours de vent léger, vous saisissait, vous coupait les mots, les engorgeait dans le ventre où ils restaient tapis, insuffisants, inaudibles. Sans les mots on se tenait éberlué dans cette rutilance somptueuse. C'était de tout temps; cette confluence de juin, ce rassemblement des forces, lumière vent eau feuilles herbes fleurs bêtes, pour terrasser l'homme, l'impétrant, le bipède aventuré, confiné dans sa peau étroite, infime.
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nadejdanadejda   05 octobre 2014
La grange était saine, le bois n’y pourrissait pas, les métaux ne s’y corrompaient pas ; la grange était parcourue de vents cathartiques et d’hirondelles enivrées, de fragrances définitives et de touffeurs estivales ; la grange coiffait la maison et les corps, couvrait bêtes et gens, pesait sur eux, puissante altière incorruptible ; la grange était vaisseau, cathédrale, carapace mue obscurément, parcourue de craquements intestins, objet des soins constants du couvreur supplié ; on ne trahissait pas la grange et elle ne vous trahissait pas. Une grange effondrée, à bout, défaite, éventrée par les hivers et les arbres, comme on en avait beaucoup vu, comme on en voyait encore dans les pays hauts et perdus, une grange morte, était une plaie honteuse. Paul vivrait dans la grange tutélaire, il avait taillé dans sa lumière, tranché l’espace sous ses nervures de bois roux, monté les murs de parpaings grumeleux et ménagé une porte intérieure qui lui permettait d’accéder au théâtre de ses quotidiennes opérations sans passer par le territoire des oncles et de la sœur. Paul aimait la pièce, sa pièce, où l’on posait le corps recru après le gros travail, où l’on mangeait et vivait, où l’on était à soi. 
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Eric76Eric76   09 mai 2020
Sa grand-mère écoutait les questions, il fallait attendre, parfois elle répondait longtemps après. Il mangeait les tartines qu'elle préparait au fur et à mesure, trois tartines au plus, avec du beurre et du chocolat en poudre ; juste la bonne quantité de chocolat ; elle appuyait avec le couteau à bout rond pour que le beurre mou se mélange avec la poudre et que l'on puisse respirer en mangeant la tartine au lieu de se retenir par crainte d'éternuer à cause du picotement provoqué par le chocolat. Ils appelaient ça les tartines difficiles.
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Eric76Eric76   06 mai 2020
Annette avait connu le vrai corps de Paul, un corps en état d'urgence, aiguisé par les travaux immuables et les fenaisons pressantes, un corps d'homme qui court, qui lutte, entre les prés et l'étable, les bras le torse le dos le ventre les cuisses rompus à d'autres étreintes, aux bêtes rétives, aux outils, aux rouleaux de ficelle dure, aux écrous qui résistent dans les rouages chauds des machines. Elle avait senti au long d'elle le soir dans le lit sourdre de Paul cette tension nourrie des mille obstacles de chaque jour qu'il déposait comme il l'eût fait d'un vêtement usé.
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Vidéo de Marie-Hélène Lafon
MARIE-HÉLÈNE LAFON – HISTOIRE DU FILS Rencontre animée par Marie-Madeleine Rigopoulos
Une affaire de famille au XXe siècle. André grandit à Figeac avec ses cousines, élevé par sa tante et son oncle. Régulièrement, sa mère vient passer quelques semaines avec eux – il a toujours envie qu'elle reparte. Son père reste une absence, un mystère. « J'écris toujours à partir d'un corps », dit Marie-Hélène Lafon. Ce roman aux accents flaubertiens explore des hommes et des femmes dans leurs gestes, leurs corps, les territoires qu'ils habitent, les intimités qui les façonnent. Il inscrit, par touches successives, une histoire, il sculpte une mémoire.
À lire – Marie-Hélène Lafon, Histoire du fils, Buchet-Chastel, 2020. Le lundi 28 septembre 2020 - 19H00
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