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EAN : 9782710387367
176 pages
Éditeur : La Table ronde (15/03/2018)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 4 notes)
Résumé :
36, quai des Orfèvres, 1954. Hélène, maîtresse éconduite à cause de Peny, a décidé de se venger. Elle envoie une lettre anonyme à la police judiciaire: le docteur Danieli, toxicomane, exercerait ses talents au noir comme avorteur et Peny serait sa cliente. L'inspecteur principal adjoint Forbin est chargé de la faire avouer. Car si elle n'a rien à craindre, Danieli, lui, est passible d'une peine de prison. Forbin va découvrir cette jeune femme de 22 ans, qui a l'âge ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
DocIdoine
  29 avril 2019
Ayant pour principe de ne jamais rien acheter à la nouvelle Table Ronde qui me fait d'autant plus horreur qu'elle symbolise pour moi la trahison de l'esprit d'origine tout en vivant de ses rentes sur les auteurs comme Blondin ou Laurent, c'est soulagé que j'apprends que j'ai échappé à une préface de Leroy.
J'ai ramassé Une Sacrée salade sur l'étal d'un brocanteur, dans une vieille édition enveloppée d'une couverture géniale de Siné sans rapport avec la couverture postmoderne absurde utilisée sur la page de Babelio. Et j'en ai fait ma lecture du week-end. Je m'apprêtais à me fendre d'une critique quand j'ai vu les stupidités qu'on "croyait avoir comprises" avec les lunettes blanches et noires du politically correct version 2019.
Je me suis dit que, tant qu'à faire, j'allais rectifier ça. Après tout, quand on prend un quart d'heure à rédiger quelque chose de gratuit sur sa journée de travail, autant primo se faire plaisir, secundo que ce soit utile. Alors, ainsi, j'apprends que c'est un roman anti-pétainiste (!!!) passeke sou Vichit ont tuer lé avorteuz. C'est hilarant de lire un truc pareil alors que ça va faire des dizaines d'années que j'entends répéter ad nauseam que Laudenbach (Action Française, OAS, etc.) et Jacques Laurent, c'étaient d'horribles pétainistes, des fascistes même (dixit BHL), et que Vichy... c'était justement eux! Et c'est vrai, n'est-ce pas. Jacques Laurent était effectivement FONCTIONNAIRE DE VICHY, très exactement au Secrétariat général à l'Information, et non seulement ça, mais encore homme de confiance de Paul Marion, co-fondateur du PPF, parti violemment fasciste et collaborationniste, et pour couronner le tout: contributeur actif à l'organe de propagande vichyssois Révolution nationale!
Ensuite, "ont envoyé lé avaurteuze à l'échafo" sous Vichy? Non. UNE femme, une répugnante commerçante de l'avortement en série, une sordide criminelle a été exécutée sous Vichy. UNE. Et il est probable qu'elle aurait été exécutée tout pareil sous la IIIe, la IVe ou la Ve République de de Gaulle. C'était une sainte à peu près autant que la Voisin ou Elisabeth Bathory.
Enfin, j'apprends - effarement de ma part - ke leu filme ki a éter tirai du livr il été boykoter par le gouvernemant. Alors, j'ai vérifié pour vous, d'accord? C'est sympa, non? Et voilà le résultat. L'adaptation d'Une Sacrée Salade au cinéma est signée Roland Laudenbach et Alexandre Astruc. Or Astruc raconte précisément dans le Plaisir en toutes choses que "Roland Laudenbach était associé à Colette, la femme de Jacques Duhamel, directeur de cabinet d'Edgar Faure" (alors président du Conseil, c'est-à-dire qu'il DIRIGEAIT le gouvernement) et qu'ils ont obtenu d'Edgar Faure qu'il SOUTIENNE la candidature des Mauvaises Rencontres, adaptation cinématographique du roman, au festival de Venise.
Bien, ceci étant réglé, il est très amusant de comparer le manichéisme puéril du XXIe siècle, entièrement réglé par 50 ans d'anéantissement de l'imagination sous influence médiatique, avec les contrastes, les nuances, l'immense variété des prises de positions sociales et politiques des années 1950. Des "fasciiiiistes" "pétainiiiiistes" comme Laudenbach et Laurent pouvaient en effet prendre des positions en faveur de la légalisation de l'avortement. Jacques Laurent, d'ailleurs, avait déclaré un jour à Jean-François Bory que "la réforme qu'il admirait le plus" était "la légalisation de l'avortement".
Maintenant, sur le roman en particulier: c'est un Crime et Châtiment façon Laurent. Il est probable que Jacques Laurent n'avait aucunement l'intention au départ de réussir une oeuvre littéraire; c'était - comme toute la production signée Cecil Saint-Laurent - conçu comme un bouquin alimentaire. Et, de fait, les débuts sont à peu près aussi nuls que Caroline Chérie. Et puis, Laurent se prend au jeu, devient lui-même. D'abord c'est une étincelle ici, une petite réflexion profonde qui fait espérer mieux, et puis il se lâche, et voilà un dialogue à la Raskolnikov. Alors il devient tout à fait Jacques Laurent, celui des portraits cruels de vérité: les femmes en prennent pour leur grade, les hommes aussi, les flics, les héros de la Marne, tout le monde y passe. Il y a beaucoup de fatalisme, chez Laurent. On sent qu'il est Forbin, et que sa réflexion profonde est, finalement: puisqu'on ne peut rien changer à l'évolution désastreuse des moeurs, autant légaliser l'avortement pour mettre fin aux tristes séquelles de la clandestinité, et notamment éliminer du circuit le négoce des monstrueuses "avorteuses" également dénoncé par Sartre qui appelait l'avortement un "meurtre métaphysique" dans Les Chemins de la liberté.
En somme, Laurent se résigne dans les mêmes termes que Simone Veil, à l'état de fait: "C'est pourquoi, déclarait Veil à l'Assemblée nationale, si le projet qui vous est présenté tient compte de la situation de fait existante, s'il admet la possibilité d'une interruption de grossesse, c'est pour le contrôler et, autant que possible, en dissuader la femme." Et elle ajoutait: "Je le dis avec toute ma conviction : l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issues. Mais comment le tolérer sans qu'il perde ce caractère d'exception, sans que la société paraisse l'encourager ?"
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HORUSFONCK
  07 mai 2018
J'ai trouvé ce livre dans l' édition du Livre de Poche Policier, sous la signature de Cécil Saint-Laurent.
Unité de temps, de lieu, d'action.
Penny fait face au policier Forbin, qui se fait fort de la faire parler.
L'ambiance est celle de ce morne début de la décennie 50 du 20e siècle.
Il faudra encore attendre vingt années, pour que l'avortement soit légal en France. En attendant, c'est la ronde macabre des faiseuses d'anges, et la torture de potions ou objets divers pour se débarrasser d'une grossesse indésirée.
Le commissaire principal poussé et contraint par les politiques et l'opinion conservatrice, en fait un principe: Il faut aboutir l'affaire et que Penny désigne formellement le médecin responsable de son interruption de grossesse. Forbin devra obtenir ces aveux coûte que coûte, même si lui, personnellement, laisserait volontier tomber l'affaire...
Jacques Laurent, tout le long de cette journée d'interrogatoire et par la bouche de Penny, offre un aperçu sur cette jeunesse de l'après-guerre avide d'une liberté encore chichement comptée.
L'auteur dissèque savamment les techniques du policier, pour arriver à ses fins: Contraint d'écouter les digressions de Penny et ses retours dans son passé récent d'employée d'une maison d'édition.
Penny a eu quelques amants, et Forbin s'y perd un peu pour déterminer qui a pu rendre Penny enceinte. Il ne rentrera pas déjeuner chez lui. Il faut qu'il aboutisse. Aboutira-t-il, d'ailleurs?
Un policier surprenant, donc, avec un tout dernier chapitre pour le moins éclairant.
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maevedefrance
  18 mars 2018
Les éditions de la Table Ronde donnent "carte noire" à Jérôme Leroy pour la réédition de "romans noirs qui méritent de retrouver audience auprès des amateurs du genre et prouver aux autres qu'il s'agit d'une littérature à part entière".
N'y connaissant pas grand chose en roman noir à la française, j'ai choisi Une sacrée salade, de Jacques Laurent, initialement publié en 1954. Une histoire d'avortement en 1954 m'a clairement attirée. Rappelez-vous qu'à cette époque, cet acte était pénalement répréhensible, et que, quelques années auparavant, Vichy envoyait les avorteuses à l'échafaud.
Lire ce roman noir était un bon moyen de me replonger dans la mentalité et l'ambiance de l'époque et de me mettre dans la peau de la jeune femme de vingt-deux ans, qui se retrouve dans le bureau d'un flic pour se faire cuisiner.
Forbin, inspecteur principal adjoint au Quai des Orfèvres interroge donc Claude-Andrée-Pénélope Racan, dite Peny. Une jeune femme de bonne famille, originaire de Besançon, venue faire ses études de droit à Paris, mais bien vite abandonnées pour se laisser emporter par le tourbillon de la vie.
En guise d'interrogatoire, on assiste à un huis-clos entre un inspecteur intrigué et une jeune femme perdue mais agacée par ce type. le lecteur sait déjà que Peny a avorté. L'intrigue tient dans le fait de savoir si elle va l'avouer. le dialogue entre Forbin et la jeune femme s'apparente à une joute, un duel, à qui mènera l'autre en bateau et pendant combien de temps.
Forbin est effectivement un drôle de flic qui arrive à inviter son interrogée à déjeuner (ça m'a beaucoup amusée !). Peny l'intrigue, le désarçonne, l'impatiente. Elle lui dévoile sans vraiment de pudeur, toute sa vie sexuelle et sentimentale, une croqueuse d'hommes qui dit ne pas savoir de qui elle est enceinte. Une belle raconteuse d'histoires aussi, c'est à un moment ce dont on la soupçonne.
"Et pour vous consolez, vous êtes devenue sa maîtresse ?" l'interroge Forbin
"- Je suis devenue sa maîtresse, comme vous dites, parce que ça me chantait."
"La colère allongeait les lèvres de Peny, comme son sourire. Mais son menton saillait. Elle tira sur sa jupe, posa son sac par terre.
- Ce que le mot maîtresse devient laid quand il est prononcé ici. Je suppose que tout ce que la police touche devient sale, hein ?
- C'est plutôt les histoires que l'on nous demande d'aller voir qui sont sales.
- Il n'y a rien de sale dans mes histoires, à moi, que des choses tristes, d'autres gaies, d'autres qui ont tourné d'une drôle de façon. Je me suis débrouillée au milieu de tout ça."
Peny est cette jeunesse qu'on ne comprend pas. Une jeunesse dans la France étriquée des années 50, qui revendique sa liberté et ne souhaite pas qu'on lui donne de leçon. C'est l'époque de la fureur de vivre, et de l'iconique James Dean de l'autre côté de l'Atlantique...
A sa manière, Une sacrée salade est un roman "existentialiste", comme le dit Jérôme Leroy dans sa préface.
La fin est un coup de théâtre et je vous devrez lire le roman pour savoir qui sort vainqueur !
J'ai aimé le style pour son côté suranné qui a tout son charme, mais aussi l'humour (noir !) dont il est pourvu ! Maintenant, je vais adorer le mot "pneumatique" !
Chouette idée que de rééditer des romans noirs tombés en désuétude pour les donner à (re)découvrir.
Lien : http://milleetunelecturesdem..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
DocIdoineDocIdoine   30 avril 2019
"Il faut qu'elle avoue", pensa Forbin. Il ne tenait pas tellement à faire plaisir au patron. Ce n'était pas le métier non plus qui l'obsédait. Mais sa femme l'interrogerait, à dîner. Il n'était pas rentré, il l'avait inquiétée. Il fallait qu'il puisse dire: "la fille a avoué." Sa femme demanderait en servant les nouilles: "Ca a été dur?" Sa fille dirait: "C'est bien dommage." Elle était du côté des hors-la-loi, plusieurs professeurs agrégés l'ayant convaincue des mauvaises intentions de la société capitaliste.
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DocIdoineDocIdoine   29 avril 2019
Philippe, c'est le type qui a un enfer dans sa bibliothèque. Moi, je ne savais même pas ce que ça voulait dire, un enfer. Il y avait des éditions superbes. C'était assez répugnant. Sur les illustrations les femmes avaient un côté ou trop rose, trop bonbon, trop chair à tout faire ou au contraire visqueux, verdâtre. A vous dégoûter d'être une femme. Il m'obligeait à feuilleter tout ça. Il me lisait des passages. Il m'a offert des livres de Pierre Louÿs. Il me disait: "Vous pouvez avoir ça chez vous. Pierre Louÿs, ça n'est pas clandestin." Je lui répondais: "C'est vieux jeu." J'étais furieuse de ne pas arriver à lui faire comprendre que la mièvrerie poisseuse... complaisante de Pierre Louÿs, ça ne convient plus aux filles d'aujourd'hui. Dans ces moments-là, il me dégoûtait d'être sa maîtresse. J'imaginais ce qu'il imaginait dans sa tête et de quels rêves bourgeoisement libidineux j'étais l'héroïne passive.
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DocIdoineDocIdoine   29 avril 2019
"A Saint-Tropez, j'ai tout oublié.
-Vous y étiez avec Alain?
-Oui, ça a été presque parfait. A des détails près. Le rayon de soleil sur le petit déjeuner, nous ne l'avons pas eu, la chambre donnait vers l'ouest. Alain continuait de m'empoisonner à cause de Philippe. Son grand truc était de me faire parler. Quand j'avais donné des détails, il s'étranglait. Il me battait avec sa ceinture. J'étais jolie le lendemain sur la plage! Et puis, il a presque tout dépensé notre argent au début. Après ça, il s'est mis à en emprunter à des gens antipathiques. Et puis, il s'est payé des crises de mélancolie. Je n'aime pas remonter les hommes, j'aime que les hommes me remontent." (Note: Alain Bergère est un tocard et un sale type qui dégoûte l'intuitif Forbin d'entrée de jeu. On apprend au fil de l'histoire que tout le monde essaie de détourner Peny de lui. Tous les autres amants de Peny la respectent plus ou moins, et même - pour certains - l'idolâtrent, à l'exception de Blaise, autre sale type, qui la prend et la jette "comme une putain". Or ce sont précisément les deux seuls qu'elle "aime"! )
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DocIdoineDocIdoine   29 avril 2019
"Blaise, à qui j'avais donné mon adresse, la vraie, moi, m'a royalement laissée tomber pendant trois mois. Et puis il m'a téléphoné, un matin, au bureau. Nous avons dîné et nous sommes allés au Boeuf. Il était prétentieux, cinglant. Le genre: "Il me faut une fille par jour et je ne les laisse pas s'accrocher, je comptais pourtant remettre ça ce soir avec vous, mais j'ai pris un autre rendez-vous et il faudra que je file à minuit." J'étais en rage. Alors je l'ai fait à la dignité. Quand il est parti, c'est pour ça que je pleurais aux lavabos: je regrettais ma dignité. J'avais coupé les ponts. Je m'étranglais.
-Vous l'aimiez à ce point-là?
-Il m'avait frappée... pour toujours, enfin pour longtemps. Quoi, j'étais obligée de penser à lui en faisant l'amour tant que je n'aurais pas connu la même chose avec un autre."
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DocIdoineDocIdoine   29 avril 2019
Le vieillard décoré répéta encore: "Tout de même!"
"C'était réglé comme du papier à musique, dit Forbin. C'est moi qui ai commencé cette affaire-là. Son cas était net comme une torchette."
Les menottes claquèrent.
"Qu'est-ce qu'il a fait, un crime?
-Vous imaginez déjà un beau crime, et un assassin bien intéressant! Escroquerie aux appartements. Il inspirait confiance, avec sa décoration.
-Et elle était fausse, sa décoration?
-Du tout. Un héros de la Marne."
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Radioscopie de Jacques Laurent par Jacques Chancel, 1978
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