AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782080811080
287 pages
Éditeur : Flammarion (07/01/1993)
3.82/5   17 notes
Résumé :


Emmanuel Le Roy Ladurie montre dans ce livre fondateur qu'il peut y avoir une histoire du climat. Le climat est une fonction du Temps; il varie; il est sujet à des fluctuations. Météorologistes, géographes, glaciologues, géologues, etc. le savent bien qui, dans leurs travaux, retrouvent cette évidence.

Mais chez les historiens, une telle recherche restait à constituer.

- Comment surmonter l'absence d'informations sériel... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Nastasia-B
  23 janvier 2015
Bien qu'un peu ancien maintenant, cet ouvrage demeure une référence. À la croisée des chemins entre l'histoire et la science pure, Emmanuel le Roy-Ladurie confronte des méthodologies typiquement scientifiques (par exemple la dendrochronologie, c-à-d. l'étude des anneaux de croissance des arbres, la palynologie, c-à-d. l'étude des dépôts de pollen, mesure des proportions des isotopes d'oxygène dans les sédiments constitués de coquilles de foraminifères, etc.) avec des démarches plus caractéristiques de l'historien (relevés paroissiaux, quantités de récoltes engrangées, iconographie sur les glaciers, etc).
On est captivé par l'enquête toujours délicate à mener pour obtenir une information, par essence, perdue (le temps qu'il a fait il y a 1000 ans) qui nous permette indirectement de rétablir la vérité historique du climat écoulé durant le dernier millénaire.
J'ai beaucoup aimé le recadrage sémantique de nombreux termes assez souvent galvaudés comme celui de " réchauffement ". L'auteur différencie nettement le vague " plus chaud ", tendance longue, sur une moyenne, affectant une ou plusieurs saisons (au XIXème par exemple, seuls les hivers semblent se réchauffer en France) du non moins vague " plus ensoleillé " qui dans l'imaginaire lui est souvent accolé, or, plus chaud signifie rarement " plus sec ".
Il distingue aussi les ordres de grandeur du " réchauffement " assez variables qui existent selon les latitudes. La variation étant d'autant plus ample qu'on s'éloigne de l'équateur, et surtout dans l'hémisphère nord. Autant de nuances qui sont rarement mentionnées quand on parle à l'heure actuelle de " réchauffement global ".
L'auteur montre, ce me semble de manière suffisamment explicite, que le climat (notion déjà très vague) n'a jamais été, autant qu'on puisse en juger, un élément stable, et qu'il est donc continuellement sujet à variations sur des échelles de temps elles-mêmes variables (par exemple au néolithique, vers - 4000 ans, la température semblait 2,5° C plus élevée, même qu'en ce début de XXIème siècle, et le chêne vert, typique de la zone méditerranéenne se rencontrait alors jusqu'en Normandie, ce qui aurait permis d'étendre la culture du blé jusqu'au nord de l'Europe).
En somme, ouvrage très intéressant, mais il me reste à adresser un petit bémol, qui ne concerne ni le texte, ni l'auteur. En effet, les deux tomes n'étant pas gros et les annexes se situant dans le tome 2, il serait intéressant voire indispensable de le publier en un seul volume car cela ressemble fort à un coup commercial pour obliger les gens à payer deux livres au lieu d'un.
De plus, mesdames et messieurs les éditeurs, il serait tellement plus confortable que les figures soient disposées à l'endroit adéquat plutôt que 4 ou 5 pages plus loin, que ceci mériterait probablement une révision de la mise en page de cet essai en tous points remarquable par ailleurs, mais ce n'est là que mon avis, lui aussi sujet à variation sur des échelles de temps, c'est-à-dire, pas grand-chose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          790
JCLDLGR
  29 mai 2021
L'entrée en matière est laborieuse, l'auteur ayant entrepris de critiquer longuement les approches qu'il juge non pertinentes. Comme il en rajoute une couche lors de l'édition de 2003 et que le livre est édité en tout petits caractères, il faut s'accrocher.
Les illustrations sont à la fois peu explicites, de mauvaise qualité graphique et décalées dans la pagination.
Au-delà de toutes ces difficultés, le propos et les conclusions sont intéressants, et ne mettent en évidence aucune tendance lourde sur plus de mille ans au-delà de quelques variations sur quelques décennies ; Leroy Ladurie travaillait à partir des analyses dendrochronologiques, des dates de récoltes (vendanges essentiellement), de l'avancée ou du recul des glaciers. Pas encore de carottage de glaces ou autres fonds marins, ni de chronologie des événements El Niňo...du coup, il faut prendre ce qui existe pour tenter d'expliquer les années excessivement humides de 1312-1319, exceptionnellement sèches et/ou chaudes à plusieurs autres périodes, l'avancée des glaciers au XVIIeme siècle...
Sa méthodologie est intéressante par ce qu'elle apporte de rigueur et de profondeur, alliée à la nécessaire prudence propre à l'exploitation de données historiques et humaines, parfois extrêmement détaillées.
Des citations de textes parfois poignants émergent des énumérations, quand les populations étaient démunies face aux éléments.
Il est un point intéressant : le réchauffement climatique est engagé depuis le milieu du vingtième siècle (le livre en parle déjà dans les années 60). Mais on ne trouvera rien dans le passé qui concurrence l'explication anthropologique, n'en déplaise aux climatosceptiques.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          101
La31
  25 mars 2017
A l'ère du réchauffement climatique une rétrospective bienvenue sur ce que l'on peut tirer des dates de ban des vendanges et d'avancée ou de recul des glaciers ces derniers siècles. Passionnant.
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   06 septembre 2014
Le réchauffement est continu pour les 22 stations de l'Hexagone, et bien réparti sur cet espace français. On était à 11,4 ° de moyenne annuelle en 1901-1910 ; à 11,6 ° en 1911-1920 ; à 11,8° en 1921-1930. [...] La décennie 1990 est, comme je l'ai dit, la plus chaude du XXe siècle, avec 12,7 ° de moyenne.
Commenter  J’apprécie          230
JCLDLGRJCLDLGR   22 mai 2021
On prétend, j'y reviens, que le minimum de Maunder et la diminution des tâches solaires entre 1645 et 1715 sont les causes des grands froids [...]
La grande famine de 1693 cause un demi million de morts supplémentaires en France, sur une vingtaine de millions d'habitants.
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Emmanuel Le Roy Ladurie (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emmanuel Le Roy Ladurie
Henri IV incarne la tolérance
autres livres classés : climatVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2409 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre