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ISBN : 2732484539
Éditeur : Editions de la Martinière (17/08/2017)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Catherine Delcour veut quitter la scène, quand elle apprend qu'elle est malade. Mina, son amie arrivera-t-elle à la convaincre de jouer les prolongations? Entre ces deux femmes, des échanges sucrés salés, des dialogues plein d'humour qui nous font passer du rire aux larmes.
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
AMR
  15 septembre 2017
Merci aux 68 premières Fois pour l'envoi de ce roman au titre évocateur et prometteur qui me permet de découvrir Pascale Lécosse. Mademoiselle, à la folie ! est un titre exclamatif, comme un cri de plaisir ou de souffrance, car on peut aimer à la folie ou souffrir de démence. Ce titre annonce de l'émotion, une approche affective, du dynamisme, de la vie. C'est un titre attractif.
Les actrices et les comédiennes se font toujours appeler Mademoiselle, quel que soit leur âge, même si ce sont de grandes dames particulièrement talentueuses. Les actrices et les comédiennes ont dans leur entourage immédiat une personne qui fait office d'assistante, de secrétaire, de confidente… La personne qui occupe ce poste privilégié devient souvent une véritable amie et se place en protectrice face au monde extérieur, prête à tout pour empêcher les indiscrétions, surtout si elles touchent à l'état de santé de la personne célèbre, atteinte par des troubles de la mémoire et une forme de démence de type Alzheimer.
Tel est le thème de ce très court roman.
La brièveté m'a d'abord un peu inquiétée : à peine 125 pages ! Certes, l'auteure a commencé à écrire comme dramaturge et le format théâtral est court, mais tout de même...
Mes craintes se sont progressivement estompées à la lecture. Nous retrouvons ici un ton de comédie, autour de scènes dialoguées efficaces, bien menées, à la limite de l'humour et du tragique, d'une légèreté salutaire qui évite l'écueil d'un pathos où il serait facile de tomber. Nous avons surtout des monologues, prises de paroles à la première personne, points de vue alternés de l'actrice et de son assistante, polyphonie féminine, intimiste au ton toujours juste. le texte est scindé en mois, de septembre à décembre, comme quatre actes précédés d'un prologue présentatif et suivi d'un épilogue prévisible. La forme reste donc très théâtrale, dans un décor qui change peu, dans une temporalité et un espace réduits à un présent qui perd ses attaches dans le passé et toute possibilité de projection dans l'avenir.
Pascale Lécosse livre avec ce livre deux très beaux portraits de femmes, travaillés mais stylisés. Elle nous donne des clés de lecture que chaque lecteur pourra développer à son gré : la notion de sacrifice, les apparences sauvegardées, la nécessité du mensonge, la perte angoissante des repères et de la mémoire, la prise de conscience de la malade et de son entourage, l'impuissance… L'auteure mêle à son récit le personnage secondaire de l'amant, témoin à la fois présent et distancié, intéressant surtout par sa fonction politique de Ministre de la Culture, qui permet quelques piques satiriques. La journaliste et la voyante servent l'action principale entre cliché et efficacité dramatique.
Mademoiselle, à la folie ! se lit vite, sans difficulté apparente. Son petit format permet facilement la relecture car c'est un texte qui mérite des retours : lu trop rapidement, sans réflexion, il peut plaire sur le moment et s'oublier très vite, ce qui serait dommage.
Une belle surprise, entre profondeur et légèreté.
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isabelleisapure
  27 novembre 2017
« Mademoiselle » est une grande comédienne, de celles que l'on admire et que l'on envie parfois tant leurs vies donnent l'impression d'être un tableau sans nuages.
Mais qu'en est-il lorsque le rideau tombe ?
Catherine Delcourt est-elle cette femme comblée qu'elle tente de paraître ?
En tout cas, elle s'emploie à cacher ses blessures. Sa solitude qu'elle se donne l'illusion d'ignorer en partie grâce à Mina, à la fois secrétaire, gouvernante, amie, confidente, c'est elle qui sera là lorsque la perte de mémoire deviendra de plus en plus invalidante.
L'ombre de la grande Annie Girardot m'a accompagnée tout au long de cette belle lecture.
« Mademoiselle à la folie » est aussi une belle histoire d'amitié entre deux femmes.
Pascale Lécosse m'a touché au coeur avec son joli premier roman.
En s'emparant d'un sujet ô combien douloureux, la maladie d'Alzeimer, elle réussit à nous conter une histoire douce-amère, portée par une écriture toute en délicatesse.

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motspourmots
  17 août 2017
La mémoire qui flanche, la vie qui prend des allures plus floues... Etre confronté à ces pathologies dégénérescentes est de toute façon un drame, alors, que dire lorsque la "malade" est une actrice adulée, au faîte de sa carrière bâtie surtout au théâtre ? C'est ce qui arrive à Catherine Deltour, sous les yeux de Mina, sa fidèle assistante, son amie, celle qui d'habitude résout tous ses problèmes. Mais qui cette fois ne peut qu'assister, impuissante, à la chute progressive de Catherine...
Ce premier roman a le mérite de choisir la légèreté pour aborder ce sujet lourd et c'est sans doute ce qui rend l'ensemble touchant. Car Mina fait tout pour que l'environnement de Catherine lui soit toujours aussi léger, facile et que l'illusion demeure le plus longtemps possible aux yeux du monde et surtout de la principale intéressée. L'auteure joue sur les codes du théâtre à la fois dans son écriture et la mise en scène de son intrigue, d'où peut-être cette impression d'irréalité qui m'a suivie tout au long de ma lecture.
C'est un premier roman qui saura toucher de nombreux lecteurs, j'en suis certaine même si personnellement, il m'a manqué un peu de profondeur pour être tout à fait convaincue.
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mireille.lefustec
  27 octobre 2017
Bref roman émouvant.
Deux femmes : une comédienne pétillante et adulée, quarante-huit ans, et Mina, son assistante, son amie intime.
Et un amant épisodique, depuis quinze ans.
Chacune raconte et livre ses pensées alternativement.
Au début, on ne comprend pas tout de suite ce qu'il se passe. Surtout quand, comme moi, on ne lit pas les quatrièmes de couverture.
Catherine a des trous de mémoire attribués au surmenage.
Mais c'est la dégénérescence neurologique qui s'insinue.
"Ce que j'aimais faire, je ne m'en souviens pas; ce que l'on attend de moi, je n'en ai pas la moindre idée. "
Aux phases de lucidité font suite les phases de noir absolu : qui est cet homme , qui est cette femme ?
" J'ai dans la tête un mal gourmand qui me transforme en rosier stérile. une saleté qui fait de moi une autre."
Mina, l'amie indéfectible qui a tout sacrifié pour elle , souffre aussi ;
"On ne sait jamais quand on voit quelqu'un pour la dernière fois, je voudrais retrouver notre vie d'avant, pour revivre à l'infini notre dernier moment d'insouciance et l'embaumer."
Lorsque Catherine note : "Le temps me pèse, m'écrase, ratatine mon existence déjà rétrécie ", Mina pense : "je dois être là et m'oublier pour lui laisser toute la place que sa pathologie exige".
Les deux femmes vivent ces derniers moi dans la souffrance. Je cite en conclusion : "A la scène, j'ai joué mille vies pour finalement passer à côté de la mienne."
Ces pages semblent justes. L'auteur s'appuie-t-elle sur une situation semblable pour si bien nous la transmettre ?
J'ai été touchée par l'amitié profonde de Mina et son sacrifice.
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nilebeh
  15 décembre 2017
Jolie et triste histoire d'une grande comédienne - pour qui la mémoire est un outil de travail - Catherine, artiste encore jeune, séduisante, charmeuse, qui vit une liaison depuis des années avec un « Jean », ministre de la Culture et de la communication. A la veille de la cérémonie de remise de la Légion d'honneur, on dirait que tout se mélange un peu dans sa tête. Des coupes de champagne avant onze heures du matin, des embrouillements de souvenirs, de toutes petites absences, un regard qui se perd, des idées venues on ne sait d'où... La consultation d'un neurologue sera sans appel. La maladie est déjà bien installée.
Mina, l'amie de toujours, l'assistante qui veille au confort de Catherine, dans l'ombre, qui la protège et, surtout, qui cache le terrible secret, Mina est dévastée. Place des « aidants », que personne n'aide, eux. Douleur de l'amie tendre et dévouée, qui n'en peut plus de se taire et finit par avouer à l'amant.
Après la splendeur, la misère d'une vie qui ne peut se raccrocher à rien. le choc est forcément terrible pour le malade, pour ses proches, mais peut-être totalement inacceptable dans ce monde de la scène où le paraître est primordial, où la chute après la gloire est intolérable.
Quand la hantise du « trou de mémoire », connue de la plupart des comédiens, se transforme en certitude de ne plus pouvoir jouer, ne plus être en mesure de vivre sa vie de passeur de textes, de quel désespoir n'est-on pas capable ?
De beaux personnages se croisent dans ce livre, s'aiment et vibrent et souffrent ensemble. L'écriture de Pascale Lécosse est chaleureuse, sensible, alerte et vive comme une écriture théâtrale. Saynètes drôles et émouvantes alternent, jusqu'au final, prévisible et inattendu à la fois.
Évidemment, on va se poser la question : comédienne passée par le Français, actrice de cinéma, d'origine russe, frappée de la maladie d'Alzheimer, de qui parle-t-on ici ? est-ce un roman à clef ou une pure fiction qui, comme toute bonne fiction, est parfaitement plausible ? Peu importe, c'est un premier roman réussi.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
FLaureVerneuilFLaureVerneuil   18 octobre 2017
Elle (Mina) est mon alibi, ma confidente, et je suis son amie. Elle est aussi brune que je suis blonde, ses yeux rapprochés sont irisés de vert.
Bon sang, ce que ça peut être pénible ! Par moments, tout est facile, le nom des gens, celui des rues, et puis il y a les autres jours, les jours nus.
J'ai dans la tête un mal gourmand qui me transforme en rosier stérile. Une saleté qui fait de moi une autre. Je voudrais l’espérance. Les mots me quittent un peu plus chaque jour sans que je puisse les retenir.
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monstylovoyageurmonstylovoyageur   02 septembre 2017
J'ai dans la tête un mal gourmand qui me transforme en rosier stérile. Une saleté qui fait de moi une autre. Je voudrais l'espérance. Les mots me quittent un peu plus chaque jour sans que je puisse les retenir.
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FLaureVerneuilFLaureVerneuil   18 octobre 2017
Un des plus beaux présents que la nature puisse faire à un comédien, c'est la mémoire : si elle lui est infidèle, le personnage qu'il représente disparaît ; on ne voit plus que l'acteur. (Joseph-Jean-Baptiste Albouy, dit Dazincourt 1747 - 1809)
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KarineGodoKarineGodo   26 octobre 2017
« Ce que j’aimais faire, je ne m’en souviens pas ; ce que l’on attend de moi, je n’en ai pas la moindre idée. Je voudrais avoir la chance de recommencer (…) ».
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nathalie02nathalie02   24 septembre 2017
Ce que j'aimais faire, je ne m'en souviens pas ; ce que l'on attend de moi, je n'en ai pas la moindre idée. Je voudrais avoir la chance de recommencer, pour ne plus tout faire de travers.
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