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ISBN : 2268095150
Éditeur : Les Editions du Rocher (06/09/2017)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 18 notes)
Résumé :
C'est l'histoire d'un couple qui se sépare, d'une famille qui explose. Il y a un homme veule et une femme digne, des éperdus et des chairs à plaisir, des enfants manipulateurs. Il y a de l'amour, du sexe, de la violence, du désir, de la bêtise, du gâchis, des fuites, des trouilles bleues, du hasard taquin, des magasins de parfumerie, du skate-board, une poire de vitesse, des mensonges, un voyage, du chic et une boutique pour dame. Du tragique, des drôleries, de la f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
  08 janvier 2018
Malgré les choses tendres que nous promet le titre, tout est noir, tout est glauque, tout n'est que mensonge et tromperie.
Quelle famille ! Commençons par Barbara, la mère bonne bourgeoise, prof d'histoire-géo dans un établissement privé de bon standing. Lors d'un voyage scolaire en Allemagne, elle cède dans un moment d'égarement à l'un de ses élèves.
Que fait Eugène le mari en attendant le retour de son épouse ? Et bien après son travail, il oscille entre deux maîtresses, papillonne de l'une à l'autre en leur faisant moult promesses.
Et les enfants dans tout ça ? Rien de bien reluisant non plus, la fille, élève brillante a pour passion de voler des articles de parfumerie dans une grande enseigne en les glissant dans les sacs de clientes innocentes et se délecte lorsqu'elles se font interpeler par le service de sécurité du magasin.
Le fils n'est pas en reste dans ce tableau édifiant d'une famille moderne puisqu'il se réfugie dans la drogue.
J'aurais dû détester cette histoire, tant ces personnages sont lamentables, hypocrites, idiots, vulgaires et j'en passe, mais ça aurait été sans compter sur le talent de l'auteur.
Soluto signe un roman passionnant, addictif. J'ai tourné les pages avec avidité.
J'ai adoré l'écriture incisive, drôle, décapante, teintée d'humour noir.
Des choses tendres écrites avec un tel brio, j'en redemande !

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hcdahlem
  03 janvier 2018
Explosion jubilatoire
À bien y regarder, le mari volage et désabusé n'est pas le seul à avoir quelque chose à se reprocher. Son épouse et ses enfants ne sont pas en reste pour animer cette tragi-comédie qui va faire voler la famille en éclats.
Ce premier roman est sans aucun doute l'une des très belles surprises de la sélection des «68 premières fois». Ne soyez pas effrayé par les quelque 500 pages de ve volume, vous en redemanderez en le refermant tant les tribulations de cette famille en train d'exploser vont vous tenir en haleine.
Mais commençons par le commencement, première pièce de bravoure d'un livre qui va les accumuler. Eugène est seul et s'ennuie. Aussi décide-t-il de rédiger cette lettre de rupture qu'il rumine depuis bien longtemps. de dire à Barbara, son épouse enseignante partie à Berlin avec ses élèves, tout ce qu'il a sur le coeur. Et les griefs ne manquent pas: « Que nous reste-t-il de commun au bout de vingt ans de vie commune ? Rien ou presque. Nous échangeons vaguement sur Alice et Julien qui ont la délicatesse de ne pas trop nous contrarier. Nous évoquons en zigzag des factures à régler, la toiture qui fuit, le remplissage du réfrigérateur, les vacances qui se dupliquent implacablement à Saint-Brieuc, ta mère qui vieillit et mes promotions professionnelles qui n'arrivent jamais. le quotidien nous a hachés menu. Nous nous confondons avec lui. Nous sommes devenus des tartines d'ennui. Notre union a perdu toute sa sève. »
Seulement voilà, au moment d'envoyer cette missive explosive il se dit que sa situation a aussi quelques avantages et que, partagé entre son travail chez LiberTel&Net et ses maîtresses Francine et Wendy, il aurait tort d'ajouter ainsi un nouveau stress à cette existence à laquelle il s'est somme toute habitué. Mauvaise manipulation ou acte manqué ? Quoiqu'il en soit, le message se retrouve dans la boîte des courriers envoyés!
Sauf que le destin, qui ne manque pas de malice, vient au secours du mari trop prompt: Barbara s'est fait voler son portable et n'a pas accès à sa boîte mail. Ouf!
Cependant Soluto est un as du rebondissement, un orfèvre du coup tordu. Quand un mail a été envoyé, il est quasiment impossible de le supprimer et il y a bien des façons d'accéder à sa messagerie. Eugène a beau s'escrimer sur le PC de son épouse, sa défaite s'annonce inéluctable.
Me voici à peine au début des aventures de cette famille qui va voler en éclats et je n'ai encore rien dit des autres membres. Pourtant, ils méritent tous le détour, car sous un vernis des plus respectables, ils ont tous leur part d'ombre.
Barbara, femme bafouée et insultée a aussi trompé son mari. Si à Berlin, elle repousse les assauts de son collègue Rémi, amoureux transi, elle ne restera pas pour autant une oie blanche, vidéo à l'appui.
Sa fille Alice a beau avoir de bons résultats scolaires et viser une classe d'hypokhâgne à Paris, elle cherche avant tout à fuir Le Havre et l'institution religieuse où sa mère enseigne pour goûter aux fruits défendus.
Son frère Julien n'a pour sa part pas attendu pour braver les interdits. On dira que la puberté n'y est pas étrangère.
Mais n'en disons pas plus de peur d'en dire trop et laissons à l'auteur – un démiurge – le soin de nous révéler comment il a imaginé cette formidable machine romanesque, en laissant les circonstances, le sort, le hasard, la poisse ou les dieux s'acharner sur les personnages avant de se retirer sur des ruines magnifiques : « Que tourne la boule! La Destinée est sans mémoire. La culpabilité ne l'entrave pas. Elle continue en toute impunité de rafñner ses tours afin de distraire les hommes. Cette scélérate agite les consciences, empoisonne les braves gens, lustre les puissants. Elle ne se lasse jamais d'envoyer des mails par erreur, de titiller les sexes assoupis, de mettre les coeurs en terrines. Elle tue les hommes sans souci de justice, se plaît à battre et droguer les enfants. La perfide sécrète ses névroses, attise les haines… » Et nous, on se régale!
Lien : https://collectiondelivres.w..
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nilebeh
  08 janvier 2018

L'idée de départ était drôle : un mail rageur, aigre, longuissime, écrit par un mari lassé de sa femme avec laquelle il cohabite depuis vingt ans, mail de rupture, méchant, méprisant, toxique, qu'il hésite à envoyer alors que la destinataire est en voyage à Berlin avec ses élèves. Non, finalement, il ne va pas faire exploser sa petite vie de famille bien tranquille en Normandie, non, il ne va pas. Mais un pouce qui glisse, un centième de seconde et hop ! le mail est envoyé ! Panique !
Voilà qui aurait pu donner lieu à un récit à la Feydeau, avec effets insoupçonnés, mascarades et jeux en tous genres.
Car en fait, Barbara n'a aucune chance de recevoir ce mail : son téléphone a disparu ! Et comme elle a laissé son ordinateur à Yvetot, son indélicat mari va y effacer ce mail calamiteux.
Point de départ d'une saga familiale, cet acte manqué s'inscrit dans un contexte familial en pleine déliquescence. Eugène, le mari désabusé est en fait un coureur de jupons invétéré, cynique et inconstant à souhait. La sportive Barbara, belle quadragénaire qui entretient la fermeté de ses abdos-fessiers, se découvre un soupirant transi vaguement ridicule, et succombe au charme entreprenant d'un ado (élève de surcroît!) que l'auteur évoque sous l'appellation un brin dérangeante d' « Arabe » ou d' « Algérien », en fait prénommé Fayed, Lady di n'est pas loin !
Leur fille Alice la bonne élève, est dominée par l'étrange syndrome de la kleptomanie par procuration (elle glisse des cosmétiques et autres parfums dans le sac de clientes qui déclenchent l'alarme au portique et en tire une vraie jubilation), leur fils de treize ans commence à mal tourner entre joints et mythomanie.
Bref, ce petit monde bien au chaud dans son confort, belle maison, bonnes vacances, est en train d'exploser. Des amantes plus ou moins de passage viennent égayer la vie d'Eugène, la gentille infirmière nigaude, Francine, la plus rouée Wendy, propriétaire d'une boutique de mode,.
Cela aurait pu être drôle, léger, déconcertant, vivant. En fait c'est surtout cynique, sans aucune gentillesse ni tendresse, les sentiments sont soit décrits comme nunuches, soit totalement égoïstes.
L'auteur mêle de surprenants imparfaits du subjonctif (si imparfaits qu'il en loupe certains accents circonflexes plus « t » final) à la langue verte ; il glisse des références à Rimbaud, Prévert, Flaubert parmi des descriptions de scènes de sexe sans invention et juste crues, s'applique à restituer le parler « djeunn's » (mais là, je me déclare incompétente, il faudrait que le donne à lire à mon petit-fils), l'argot, les trouvailles à la San-Antonio voire le phrasé de Michel Audiard façon Tontons flingueurs, mais en moins bien, nettement !
Au final, des quadras qui n'ont pas réussi à m'intéresser, des ados en pertes de repères qui ne sonnent pas très juste, un style trop fourre-tout pour me séduire. C'est seulement la frénésie de l'équipe médico-sociale du collège pour sauver l'élève Julien qui m'a fait rire, mais c'est juste parce que cela me rappelle des souvenirs !
Lors d'une rencontre avec Soluto, il a été dit que ce livre pourrait servir de trame à une série télévisée. Je pense que je pourrais l'éviter sans regrets !
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SophieLesBasBleus
  02 octobre 2017
Dès les premières pages, on pressent toute l'ironie du titre et que de tendresse il ne sera guère question dans le roman de Soluto. S'il parle d'amour, comme dans la chanson dont le titre est issu, ce ne sera que pour en exprimer le manque et les dévoiements. le mail qu'écrit Eugène à Barbara, son épouse depuis 20 ans, décrit en effet davantage le désamour et l'indifférence routinière installés insidieusement dans leur couple que le sentiment brûlant d'un amour partagé. "Quittons-nous enfin" suggère-t-il à sa femme, en voyage à Berlin avec un groupe de lycéens et un collègue amoureux transi de cette élégante professeur d'histoire. Ce message qu'Eugène hésite finalement à envoyer allume une mèche qui va faire exploser cette famille apparemment modèle.
Et c'est à un véritable jeu de massacre que se livre l'auteur avec une histoire qui surfe sur l'air du temps en en accentuant tous les travers et les dérives. Manipulés par leurs enfants, par leur patron, par leur maîtresse ou leur amant d'un soir, victimes des réseaux sociaux et des nouvelles technologies, Eugène et Barbara perdent peu à peu tout contrôle sur leur existence et assistent à l'effondrement spectaculaire de leur cellule familiale. Chacune de leur décision apporte de nouvelles dégradations à la situation au lieu de l'arranger et la chute paraît inexorable et de plus en plus funeste.
Les mésaventures conjugales et extra conjugales d'Eugène, l'aveuglement des parents face à la réelle personnalité de leurs deux enfants, l'avalanche de problèmes qui menacent d'engloutir le couple, pourraient être d'une drôlerie grinçante à la manière des comédies italiennes des années 70. Cependant, la veulerie des personnages, leur manque de lucidité et leur ridicule les conduisent à vivre des situations scabreuses sans pour autant susciter la moindre sympathie ou compassion. Ce choix délibéré de la cruauté m'a mise mal à l'aise car il n'est pas mis à distance par une écriture qui laisserait place au rire, à l'humour noir des comédies susdites. Un malaise alimenté aussi par une écriture dont l'hétérogénéité de registre m'a souvent paru pour le moins maladroite : d'une part l'emploi flottant et pour le moins hasardeux de l'imparfait du subjonctif alourdit le récit ; d'autre part, cet emploi entre en contraste peu probant avec le langage bas utilisé pour décrire certaines situations avec crudité. La fluidité du récit souffre, à mon avis, de ces choix linguistiques. Enfin, la pirouette finale qui permet de clore les différentes intrigues sans véritablement y apporter un dénouement m'a laissé l'impression d'un roman plutôt inabouti.
Pour résumer, c'est une lecture qui ne m'a pas vraiment déplu mais qui m'a laissée sur ma faim et dont je ne garderai sans doute pas un souvenir saillant.
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CritiqueOuest
  11 août 2019
Redites-moi des choses tendres, Soluto, Ed. du Rocher
***
Vous vous laisserez assez promptement abuser par le titre romanesque, Redites-moi des choses tendres. Vous aurez beau jeu d'égrener les bons sentiments, de rechercher dans le texte le mât de cocagne de la tendresse, la moralité est affaiblie dans ce roman, elle tourne court.

Ce ne seront que situations grotesques à en être risibles, histoires scabreuses jusqu'à la balourdise. Ce ne sera qu'apologie verbeuse de la violence des comportements et des mots, de la trahison, qui s'insinue adroitement dans un quotidien routinier presque vierge jusque-là des plaisirs déréglés. Si bien que la banalité du triangle amoureux devient orgiaque. Pour le prix d'une maîtresse, vous en avez deux, agrégats d'un mari volage. La grande nouveauté au tableau, c'est la figure de l'épouse conspuée pour avoir bravé des interdits ancestraux. Ajoutez-y une addiction par ci, une cleptomanie obsédante par dérogation par là, vous obtiendrez une farce familiale délirante et visqueuse moquant le primitif portrait de famille et l'apparente bien-pensance bourgeoise.
Voilà le terreau et l'argument de Soluto : des protagonistes conduits dans la fange par une puissance extérieure à leur volonté profonde.

La Destinée se confond avec la main du narrateur tout puissant à faire déchoir et à encanailler, sur le petit air convenu de l'enchaînement des misères et des fautes. Le narrateur fait ses annonces de soliste, Coryphée, il pose les bases de la Tragédie et lui emprunte sa matière : l'homme chute du haut de sa grandeur, souffre implacablement entraîné vers un désastre plus grand que ce que lui permet d'entrevoir son imagination. Tout est connu depuis la nuit des temps, cela finit mal, par des cris étouffés et des orages, des silences et des stupeurs.

L'histoire eût-elle été moins faible, plus criminelle, enfermée dans quelque passion, autre que des amourettes à la petite semaine distillées, on eût fait l'effort d'y croire, de croire à la transgénéricité de ce roman qui entend être la version 2.0 de la tragédie antique. Tout au plus on concèdera son effet cathartique, sa capacité à susciter terreur et pitié. La terreur des amateurs de sextapes qui blacklisteront de manière ferme et définitive la fonction «enregistrer » de leur mobile, la pitié à l'endroit des délaissés, des bafoués, de ceux qui ont été mis au ban du royaume de la surconsommation des plaisirs faciles.

Après cinq cent pages de mots à l'envers, de procédés argotiques, d'expressions inventées pour coller à l'adolescence révoltée et au grand réservoir libidineux de leurs parents mal assouvis, nous refermons sans regrets, mais sans rancune le premier roman de Soluto.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
nathalie02nathalie02   15 septembre 2017
Ces outils mobiles suscitaient sa défiance. Elle les regardait avec la tendresse qu'on accorde aux mouchards. Elle ne s'enthousiasmait pas à l'idée de devoir répondre toutes affaires cessantes aux mélodies des appels, de se justifier quand elle n'avait pu ou voulu décrocher. Elle se moquait des "accronnectés" qui répandent leur vie dans leurs boîtiers.
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nathalie02nathalie02   15 septembre 2017
Elle fut soulagée de voir une femme maintenir sous son bras un sac à main légèrement entrebâillé. Elle la croisa distraitement une première fois, la seconde elle avait déjà enfoui dans la fente, poussé d'un pouce hardi, un flacon d'extrait de parfum Shalimar.
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nathalie02nathalie02   15 septembre 2017
Dans un dernier cauchemar, alors qu'elle essayait de séparer Eugène de la femme panthère, une trappe s'ouvrit sous elle. Elle dégoulina dans un interminable toboggan qui se transforma en un étroit tunnel intestinal.
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