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ISBN : 2818017467
Éditeur : P.O.L. (03/01/2013)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 110 notes)
Résumé :
Kim, la narratrice, grandit dans le sud de la France, au bord de la mer – qu’on voit danser de temps en temps dans ce roman. Elle est entourée d’adultes immatures, cruels et déraisonnables : affligée d’un bec-de-lièvre, sa mère se lance sur le tard dans une carrière de stripteaseuse ; son père, qui a tatoué ses cinq enfants d’une étoile bleue sur l’occiput, brille par sa faiblesse et son insignifiance ; son grand-père est un insupportable fanfaron, et sa grand-mère ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  30 mai 2013
Née dans une famille nombreuse et atypique, d'une mère égocentrique affublée d'un bec de lièvre et d'un père tatoueur, Kimberly a 9 ans quand elle décide de renaître. Désormais, elle continuera de vivre avec ses frères, ses soeurs, ses parents, ses grand-parents mais en gardant ses distances. Mis à part ses petits frères, aucun membre de sa famille ne trouve grâce à ses yeux, ni Gladys, sa mère fantasque qui délègue l'éducation de ses enfants et les problèmes domestiques à sa propre mère, ni son père qui obéit aux désirs de sa femme sans discuter, ni ses soeurs aînées stupides reproductions de leur génitrice, et certainement pas son grand-père Charly, vieux beau qui se croit irrésistible. de toute façon, le seul Charles qui compte, c'est Baudelaire qui lui permet de s'évader grâce à ses vers. Kimberly grandit dans son monde avec la poésie, les jeux avec ses petits frères, l'éveil à l'amour avec sa professeure de GRS, le sexe avec un garçon qu'elle n'aime pas. Mais le fossé se creuse encore avec sa famille quand ils sont frappés par un terrible drame : Lorenzo, son petit frère, son petit agneau, se donne la mort, épuisé d'être le souffre-douleur de ses camarades de classe parce qu'il était roux. Personne n'a su saisir l'ampleur de sa détresse. Pour Kimberly, le choc est violent et l'éloigne encore un peu plus de sa famille pour trouver refuge auprès de la sage-femme, désormais retraitée, qui a assisté à la naissance de Gladys. Auprès de la vieille dame, Kimberly se cherche et multiplie les expériences.

Un joli titre, une écriture sympathique et une histoire familiale qui démarre plutôt bien pour finir par se perdre complètement dans du grand n'importe quoi. Il y a quelque chose de dérangeant dans le récit de cette fillette qui refuse de s'intégrer parmi les siens. Certes, ils sont loin d'être aussi brillants qu'elle mais son absence de sentiments est tout de même effrayante. On peut composer avec ce fait, après tout, on ne choisit pas sa famille et Kimberly a le droit de maudire le hasard qui l'a fait naître chez ces personnes avec lesquelles elle n'a pas d'atomes crochus, soit. Ce qui est plus difficile à intégrer, c'est la façon dont elle veut à tout prix s'en démarquer, allant jusqu'à des extrémités difficilement compréhensibles.
Après un début prometteur, Emmanuelle BAYAMACK-TAM perd son lecteurs dans les méandres de son imagination fertile mais incontrôlée. D'autant plus dommage qu'une gamine qui cite les grands poètes est un personnage plutôt réjouissant...
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SabiSab28
  11 novembre 2016
Adolescente en colère, Kimberly décrit avec rage et cynisme sa famille défaillante, immature, la société humiliante et castratrice.
C'est un roman sur la construction identitaire, entre recherche sexuelle, besoin d'être aimé par sa famille, reconnu par ses pairs. On côtoie des sujets difficiles : le harcèlement scolaire et familial, l'indifférence, le suicide, le deuil, la pression familiale, la perte de repère.
On apprécie vraiment cette écriture poétique, crue, directe, ses personnages haut en couleurs, qu'on adore, qu'on déteste, qu'on aimerait rencontré pour leurs auras qu'ils dégagent.
Ce livre est plein d'esprit oscillant entre Baudelaire et Hugo, tout en écoutant du Patti Smith et Bob Dylan.
Commenter  J’apprécie          170
lucia-lilas
  16 novembre 2016
Ils sont neuf ou onze, même peut-être quatorze dans cette famille : Charles et Claudette, les grands-parents, Patrick et Gladys, les parents, Svetlana, Ludmilla, Kimberly, Esteban et Lorenzo, (admirez la belle « bigarrure folklorique » des prénoms !) les cinq enfants, Fougère, Elvis, Bastardo, les chiens et (ils passent après les chiens mais tant pis), les beaux-fils : Fabien pour Svetlana et Marwan pour Ludmilla. Ouf, j'espère que je ne me suis pas trompée et que je n'ai oublié personne - j'ai volontairement omis Sven Marinello, le petit ami de Kim (Kimberly) qui ne mettra jamais les pieds à la maison. La maison ?
Eh oui, tout ce beau monde (trois générations) vit (façon de parler) sous le même toit, au 27 bis, rue Trézène, et c'est… l'ENFER ! Surtout pour la narratrice Kim qui ne ressemble à aucun des individus cités ci-dessus et ne se sent proche de presque personne…
Ce qu'elle reproche à cette famille ? Son incurie. Les parents se sont très vaguement occupés des deux filles aînées (et encore, quand ils avaient le temps).
Kim a été lourdement moquée et critiquée. Quant aux deux derniers, les petits garçons, c'est comme s'ils n'avaient jamais existé : ils sont comme transparents. du vent.
Kim est violente, ses mots sont crus. Son grand-père, espèce de vieux beau, est un « idiot aussi vaniteux qu'inculte » et son père « n'est pas un sujet de conversation. »
La mère, la pauvre Gladys, née avec un bec-de-lièvre et un « narcissisme insubmersible », est la reine de la vulgarité, de l'obscénité, de la bêtise et j'en passe. Elle n'aime qu'elle et ses deux filles aînées (et encore !). Enfin, ces dernières sont bien les filles de leur mère, il n'y a pas d'erreur possible.
Franchement, ces adultes ne donnent pas envie de grandir et pour Kim, alors qu'elle est en pleine adolescence, période périlleuse de mutations et de métamorphoses, elle va devoir se trouver des modèles… ailleurs !
Kim doit aussi s'occuper de ses frères Esteban et Lorenzo : en effet, ce dernier est quotidiennement harcelé et humilié à cause de ses taches de rousseur et de ses cheveux orange. le pauvre gamin a bien tenté de se raser la tête (laissant apparaître l'étoile que le père tatoueur avait eu l'idée géniale de dessiner sur le crâne de ses cinq enfants !), puis de se laisser pousser les cheveux et enfin, d'offrir des cadeaux aux gros durs pour les attendrir.
Rien n'y a fait, il a fallu subir. Et à la maison, ce qui peut arriver à Lorenzo, tout le monde s'en f…
Alors Kim a décidé, à l'âge de neuf ans, qu'elle ne raconterait jamais rien à cette famille de dingues immatures, d'irresponsables défaillants et d'égoïstes névrotiques, qu'elle ne leur parlerait jamais de son goût pour Baudelaire, « le seul Charles qui vaille », de ses folles nuits avec Sven, de ses idées bien personnelles pour gagner de l'argent rapidement et de son amour illimité pour ses petits frères, ses petits agneaux.
Non, jamais. Ils ne sauront rien d'elle… Elle naîtra d'elle-même, se construira sans eux et loin d'eux si possible : « Si je dois avoir une famille, alors que Baudelaire soit mon frère et Janis Joplin ma soeur. Pour les parents, on verra plus tard, mais pourquoi pas John Lennon et Yoko Ono ? » imagine-t-elle, constatant que, pour le moment, elle est « entourée de porcs, de fauves sanguinaires ou de proies tremblantes, alors qu'elle aspire éperdument à l'humanité. »
C'est avec une écriture magnifique et enlevée qu'Emmanuelle Bayamack-Tam brosse le portrait d'une famille improbable - quoique… À mon avis, chacun y reconnaîtrait les siens…
C'est cruel, mordant, incisif, cru au possible et pourtant, plein de tendresse et d'amour !
A la fois terriblement monstrueux et en même temps drôle, burlesque et fou… Une vraie plongée dans le baroque !
L'enfer, c'est la famille, ne cherchez surtout pas ailleurs, messieurs-dames, vous y êtes, tout le monde descend ! N'empêche que, à travers ces pantins ridicules, ces personnages hauts en couleur, la sainte famille et la société en prennent un sacré coup !
Un récit d'apprentissage trash et sans tabous servi par une écriture explosive, poétique et percutante.
Un pur plaisir de lecture…

Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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myriampele
  21 janvier 2014
Une formidable énergie de vie se dégage de ce roman, qui parle pourtant de mort, de désamour, d'indifférence! Kimberly a 9 ans quand elle décide de prendre son destin en main. Entre sa mère totalement égocentrique, ses deux soeurs à qui elle ne ressemble en rien, ses deux petits frères qu'elle chérit et appelle ses agneaux, son père inconsistant et ses grand-parents atypiques, elle grandit en beauté et en intelligence, laissant sur place ses ascendants! Elle puise sa force dans la poésie, et dans l'attachement qu'elle porte à sa grand mère, puis à la sage femme qui mit au monde sa propre mère. Quelle découverte!
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TJAC
  08 janvier 2014
Je ne saurais classer ce livre dans un genre. Certainement parce que le genre en question m'est inconnu. le livre a reçu le prix Alexandre-Vialatte 2013 ainsi que le pris du roman Ouest-France Etonnants Voyageurs 2013.
C'est une lecture que j'ai apprécié mais qui l'a laissé sur ma fin. On pourrait structurer le livre en deux parties. La première nous fait rencontrer une jeune fille, ou plutôt une enfant, Kim, qui évolue au milieu de sa famille quelque peu particulière. Entre une mère qui n'a d'yeux que pour ses deux premières filles et ses chiens, un père totalement absent, deux soeurs qui n'aspirent qu'à vivre avec leur mère, un grand père qui préfère s'occuper de lui que de sa famille, une grand mère aimante mais qui va rapidement sombrer en dépression et enfin deux petits frères adorables mais que tout le monde abandonne, la vie d'enfant puis d'adolescente de Kimberly est loin d'être simple.
Cette enfant comprend rapidement qu'elle va devoir se prendre en main car ses parents ne le feront pas. Elle comprend également qu'elle va devoir s'occuper de ses deux petits frère car personne ne le fera non plus. C'est ce qui est bouleversant dans cette première partie du livre. Cette enfant qui doit être une adulte pour ses petits frères. Seulement voila, être adulte lorsque l'on est en âge d'aller au collège ce n'est pas évident. La manière dont elle raconte comment, adulte, elle prend conscience des erreurs qu'elle a commise vis à vis de ses deux frères est très touchante.
Puis, arrivé à la moitié du livre, l'auteur perd un peu le lecteur. On explore une autre facette de la vie de Kim, la manière qu'elle a de chercher en tout point à se démarquer de sa famille, de ne pas leur ressembler, de les rejeter en bloc, presque maladive. On a du mal à comprendre cet entêtement surtout quand on voit ou cela l'entraine.
Le style du livre est fluide, cru. J'y ai également préféré la première partie du livre. Néanmoins j'ai aimé ce livre qui parle d'amour, d'innocence, de la manière dont on grandit au sein d'une famille, la manière dont parfois, certaines personnes doivent prendre leur responsabilité avant l'heure. Un livre qui parle aussi de poésie dont Kim est une fervente amatrice.
Un beau livre, qui peut paraître déroutant, mais qui m'a fait passer un bon moment.
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critiques presse (4)
Telerama   15 octobre 2014
Tantôt récit d'apprentissage, tantôt roman de reconstruction, ce livre au titre ovidien est revigorant et plein d'esprit – une perle rare.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   25 juin 2013
La discrète Emmanuelle Bayamack-Tam livre un beau et étonnant roman sur la construction de l'identité.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   21 janvier 2013
La poésie révèle la vie : conscience, révolte, beauté, amour. [...] Ces situations sont décrites avec une élégance et une férocité d’autant plus comiques qu’elles ne sont pas drôles.
Lire la critique sur le site : Liberation
Lhumanite   14 janvier 2013
Si tout n’a pas péri avec mon innocence est un livre éblouissant, qui devrait imposer définitivement Emmanuelle Bayamack-Tam parmi les grandes voix de sa génération.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
claraetlesmotsclaraetlesmots   10 mai 2013
En fait, rien ne s'arrange jamais car ce qui est abîmé l'est une fois pour toutes. La résilience, c'est un conte inventé pour les gogos : ça permet à tout le monde de vivoter tranquillement, les victimes comme les tortionnaires - les uns survivant dans l'espoir inepte d'une amélioration, les autres disposant d'un alibi pour torturer ad libitum.
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TalyachaumontTalyachaumont   22 janvier 2013
Je jouis aussi, enfin, mais Sven ferait mieux d'avoir le triomphe modeste parce que c'est la pensée de Charonne, ses cuisses dorées, ses seins explosifs, son échine grasse, ses yeux un peu battus, qui ont fait fondre ma chatte sur le ventre trop plat de mon amant. Tu marches sur des morts,Beauté, dont tu te moques... Moi aussi, je vais marcher sur les morts, piétiner les vivants, être Patti Smith ou rien.
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myriampelemyriampele   21 janvier 2014
Hardi mon lecteur, toi qui as emprunté avec moi les chemins sinueux par lesquels l'esprit vient aux filles, toi qui as suivi l'âpre récit de mes commencements, ta patience va être récompensée.
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EveToulouseEveToulouse   19 novembre 2014
- Elle voulait t'appeler Anastasia.
- Beurk, je préfère encore Kimberly.
Ma mère en crache presque sa bouchée de farce :
- T'avais pas ton mot à dire, je te rappelle! C'est les parents qui choisissent le prénom des enfants!
- Ouais, ben c'est un abus de pouvoir parfaitement inique vu que c'est les enfants qui doivent se taper un prénom de merde toute leur vie!
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EveToulouseEveToulouse   16 novembre 2014
- Je vais vous apporter un petit palais en plastique : elle en aura besoin. Et puis je vais lui faire un biberon : ça m'étonnerait que vous ayez du bon lait, vous êtes trop maigre.
- Je crois que je vais continuer au sein : on verra bien.
- Je connais mon métier, vous savez. J'en ai vu plein des comme vous, qui voulaient allaiter mais qui n'ont pas tenu quarante-huit heures. Autant vous éviter des souffrances inutiles.
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Videos de Emmanuelle Bayamack-Tam (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emmanuelle Bayamack-Tam
Carole Gutman reçoit Emmanuelle Bayamack-Tam.
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