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EAN : 9782363711427
200 pages
Éditeur : Pierre-Guillaume de Roux (07/09/2017)
Résumé :
Réfléchissez bien avant d’ouvrir ce livre.
Une tempête prodigieuse s’y déchaîne en
permanence.
Celle de l’hypervolatilité de la vie intérieure,
totalement déréglée à l’ère de l’information en continu.
Là où les sentiments, les pensées et les souvenirs les plus précieux se déforment, s’égarent puis s’effacent à toute vitesse...
N’essayez pas de rechercher un peu de réconfort en vous plongeant dans un roman.
Depuis qu’u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Yoo19
  05 février 2019
Anastasie Liou, l'anti Marc Lévy
Un premier roman renversant
Chaque année, à la mi-janvier, Le Figaro littéraire publie son palmarès des meilleures ventes. Pas tellement de surprises aux caisses enregistreuses, le placide Musso fait toujours la course en tête, suivi de l'outsider Giordano et du solide Bussi. Une femme, deux hommes, la parité en 2017 n'était pas respectée. Que fait le ministère amer pour sévir ? En quatrième position, Levy d'une permanence exemplaire n'a pas l'intention d'abandonner la partie. Il écrit pour la gagne.
La multinationale Marc Lévy
Depuis l'Evangile selon Marc, chacun de ses livres est attendu comme le Messie. Précisons, pour les esprits moqueurs, que Levy est lu, ce qui pour un écrivain tient du miracle et impose le respect. de toute façon, son public ne lui pardonnerait pas une baisse de régime. Les stars de l'édition ont la pression, de cette poignée d'élus dépend la santé économique de tout un secteur, donc des emplois à la clé. Les libraires ont un besoin impérieux de ces locomotives pour drainer du trafic et assurer leur trésorerie.
La littérature emprunte le vocabulaire de la bourse et de la logistique, le seul langage aujourd'hui compris de tous. Si certains de mes confrères se gaussent de ce classement, lui trouvant un côté foire aux bestiaux et atrocement réducteur, il a le mérite de fixer le marché. Il en a la brutalité froide et l'érotisme poisseux. Il ne peut satisfaire que les démagogues et les statisticiens. Les chiffres et les lettres n'ont jamais fait bon ménage sauf dans l'esprit d'Armand Jammot. La vérité nous oblige à avouer que les écrivains friables et vagabonds que nous chérissons, sont absents de cette liste, voire même carrément des étals. N'entrons pas dans ce débat sans fin, entre littérature commerciale et/ou de qualité ? Les lecteurs sont libres de trouver leur plaisir là où bon leur semble. On peut juste regretter qu'ils n'aient pas accès à d'autres formes d'expressions plus variées, plus fragiles, plus aventureuses aussi.
Liou a tout lu
A Causeur, le style, l'agencement des mots, le tempo intérieur et la fougue des idées sont nos moteurs. Nous recherchons des textes qui saisissent l'âme, la tordent, la bousculent, lui extirpent cette part d'absolu qui nous habite. La littérature n'est pas une activité de tout repos, son exigence nous assaille trop souvent. Nous sommes entrés en littérature comme d'autres en religion, avec acharnement, dévotion et faiblesse. Alors, la tristesse nous envahit quand le prêt-à-penser s'expose un peu partout, nous voulons croquer à pleines dents dans un texte gourmand, le mastiquer, le macérer dans notre tête pour qu'il exhale tous ses parfums puissants.
Un premier roman En Rêve et contre tout qui paraît ce mois-ci vient bousculer nos habitudes. Il est écrit par une inconnue, Anastasie Liou et il est publié dans une maison de caractère, chez l'ami Pierre-Guillaume de Roux. On est désarçonné par cette charge héroïque, cette déclaration d'amour à la littérature sans les poncifs universitaires. Cette fille-là ne doute de rien. Elle fait tourner la tête comme les alcools forts. Avec brio et malice, elle rue dans la mêlée, croise les genres, on est tantôt chez Conan Doyle, Simenon, Lewis Carroll, dans l'enquête, l'uchronie, la science-fiction, le fantastique, la poésie, la farce et l'introspection. Quel âge peut bien avoir cette forcenée ? Elle paraît avoir tout lu, tout digéré, tout disséqué, les références fusent comme des balles perdues.
Cette fille n'a peur de rien
Ce premier roman est un cri. Il y a de la pudeur et de la nostalgie, le tout soutenu par une imagination pétaradante. Toute cette féérie au service des mots part d'un constat sans appel. « Les autorités publiques ont fini par exhumer l'existence d'un dispositif d'accélération exceptionnelle des capacités de lecture qu'un obscur imprimeur bulgare a mis en place à travers une police de nouvelle génération dont les effets 4-D conjugués à ceux d'un papier et d'une encre de qualité extra-cérébrale n'ont échappé à aucun lecteur, toutes catégories confondues », écrit-elle. Il est désormais possible de s'enfiler Balzac ou Dickens en un temps record. Un autre drôle de phénomène appelé « la lecture stupéfiante » fait également des ravages dans les consciences. Dorénavant, la lecture n'est pas sans risque sur les artères coronaires. Cette fille n'a peur de rien. Elle convoque dans sa démonstration la figure du Dr Watson et celle du Grand Lecteur qui possède une bibliothéque et un savoir livresque. Les plus belles pages sont consacrées au portrait intimiste de cet homme. Elles brûlent parfois les yeux. En refermant ce premier roman, on est déstabilisé, un peu sonné, les mots et les souvenirs s'entrelacent dans une danse macabre. Si vous en avez marre de la littérature formatée, tentez cette expérience-là !
Thomas Morales
Lien : https://www.causeur.fr/anast..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Yoo19Yoo19   05 février 2019
Le Grand Lecteur qui avait « Géranium » pour nom de code se savait-il surveillé ? Les détectives les plus opiniâtres ne parvinrent pas à découvrir l’endroit exact où il habitait, à croire qu’il ne se décidait jamais à rentrer chez lui après avoir passé toute une journée à voyager dans ces taxis d’importation dont on n’apercevait pas l’intérieur. Ces véhicules, une fois
réquisitionnés et soumis aux tests de rigueur, se révélèrent d’un usage très différent de celui qu’on leur supposait. Fortement déconseillés aux gens
pressés, strictement réservés aux lecteurs de fiction qui devaient alors prouver au chauffeur qu’ils étaient bel et bien en possession d’un roman, ils se conduisaient pour ainsi dire par télépathie grâce à quelque fluide obscurcisseur qui, imprégnant tout l’habitacle, absorbait progressivement la rêverie du passager lecteur et la transformait soudain en claire consigne de destination. Le Géranium était si bon client qu’une fois installé sur la banquette arrière, il se contentait de clamer : "Les Hauts de Hurlevent" ou
bien "Immédiatement" ou encore "Lord Jim" et la voiture démarrait en trombe, plus alerte que jamais en compagnie des vieux livres, des livres qui durent de longues semaines et valent bien le confort d’un intérieur de cuir capitonné, d’une douce teinte havane. Des livres que le Géranium ne dédaignait pas de relire, poussant parfois le raffinement jusqu’à bloquer
une rue entière pendant dix minutes d’affilée envahies par les coups de klaxon quand il lui prenait soudain l’envie de ne plus reconnaître tel ou tel
passage ou, pour être exact, quand il cédait à la tentation de lui prêter un sens radicalement nouveau, délicieusement étranger à ce qu’il avait toujours cru. Les détectives n’obtinrent aucune information des chauffeurs. Pourquoi ces bougres garderaient-ils la moindre mémoire de leurs clients ? Seules leur importent leurs pensées. Seule leur joie de lire les fait démarrer au quart de tour ; seule cette impatience, reconnaissable entre toutes, est capable d’imprimer à leurs épaules dociles le puissant mouvement des vagues marémotrices d’où naîtra cette délicieuse petite secousse qui marque l’heure des grands départs.
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Yoo19Yoo19   05 février 2019
Peut-être éprouvait-il l’envie bien compréhensible de pénétrer, lui-même, à la suite du jeune homme dans un lieu qu’il pressentait du meilleur goût. Peut-être ne faisait-il que rêver d’une authentique tasse de thé à prendre à petites gorgées sous les lustres rutilants du salon, histoire de se rappeler l’effet d’un délice véritable. Ou désirait-il simplement « essayer » l’un des fauteuils profonds, assez profonds pour lui faire sentir à quel point il peut être merveilleux parfois d’être fatigué, harassé, friand d’oubli et de
repos ? Hélas ! Il était loin de pouvoir savourer ces sensations humaines si familières à son souvenir... Qu’aurait-il donné pour les éprouver, ne fût-ce
qu’un bref instant ? D’ailleurs tout cela, la tasse de thé, le fauteuil profond et le va-et-vient feutré du personnel ne formaient que le décor immuable au
fond duquel il caressait un désir plus secret : lire, lire à volonté des heures et des heures pour ainsi dire à perte de vue. Encore eût-il fallu, pour goûter
un bonheur aussi simple, s’être décidé à pousser la porte qui l’en séparait, cette porte qui tournait encore sur elle-même comme sous l’effet du passage décousu et inlassable d’entrées et de sorties devenues invisibles quand il remarqua que c’étaient les pages géantes d’un livre qui en constituaient les battants innombrables et tournaient ainsi, couvertes de caractères imprimés, comme si elles avaient été effectivement lues mais par qui, par quelle puissance capable de les élever à un tel degré de réalité ?
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