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EAN : 9782810006519
312 pages
Éditeur : Editions du Toucan (23/09/2015)

Note moyenne : 3.23/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Pour ses voisins de Turner's Grove, charmante banlieue bourgeoise de Baltimore, Héloïse Lewis est juste une jeune femme dynamique et méritante. Veuve avant même la naissance de son enfant, elle est devenue l'une des lobbystes les plus efficaces de l'état tout en réussissant à être une mère attentive, présente aux réunions de parents d'élèves et aux matchs de foot de son fils .Mais pour certains hommes riches et discrets, elle est aussi celle qui peut leur fournir to... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  24 novembre 2019
Pour les puristes de la classification, les romans de Laura Lippman représentent une difficulté, car ils débordent largement des cases réductrices proposées par de nombreux éditeurs : Polar ? Thriller ? Psychologique ? Roman noir ? Noir foncé ou noir clair ? Quoi qu'il en soit, Corps coupable est un excellent roman qui aborde un thème peu usité car propice aux dérapages sexistes et idélogiques. L'auteure donne en effet la parole à Héloïse qui est officiellement lobbyiste de l'Etat du Maryland, au cas où quelqu'un chercherait à vérifier, et qui officieusement a créé une petite entreprise qui ne connaît pas la crise, baptisée Réseau de plein Emploi des Femmes, dont l'appellation féministe censée promouvoir l'égalité des salaires, cache une officine de call-girls. Héloïse est donc une mère maquerelle, qui n'hésite pas elle aussi, à mettre la main à la pâte, si j'ose dire...

Mais avant de devenir Héloïse, la femme d'affaires a été Hélène, dont le lecteur découvre peu à peu les débuts difficiles dans la vie au sein d'une famille dysfonctionnelle, avant qu'elle s'en échappe pour tomber sous la coupe d'hommes toujours gentils avec elle au début, puis de devenir, à la force du poignet (c'est une image), une femme respectée par tout ce que Baltimore compte de notables, hommes politiques ou avocats influents. Au sommet de sa gloire et de sa beauté, Héloïse se moque désormais de ce que les autres pensent qu'elle vaut, puisque c'est elle qui fixe les prix. Elle a deux buts, ne pas se faire pincer par le fisc qui a fait tomber Al Capone avant elle, et protéger son fils Scott, né de ses amours tumultueuses sinon violentes, avec Val, maquereau-dealer embastillé pour meurtre.

Corps coupable est un roman lent, qui prend le temps de décrire par le menu la vie quotidienne de femmes prostituées avec un tel réalisme dans les détails, jamais sordides ou voyeuristes, que rien ne semble avoir été inventé, qu'il s'agisse de leur sécurité, de leur protection contre les maladies, de leur couverture sociale ou médicale, de leur anonymat rendu nécessaire par l'illégalité de leurs activités, de leurs liens poreux avec la politique ou la police. Laura Lippman ne s'est pas contentée de créer un roman prenant, intéressant, bien écrit et très bien construit. Elle enrichit son récit de questions importantes qui obligent le lecteur à se dévoiler la face : le travail du sexe est-il un travail comme les autres qu'il convient de légaliser ? Auquel il faut donner un cadre juridique et des statuts ? Un travailleur du sexe contaminé par un client peut-il bénéficier d'une reconnaissance de maladie professionnelle (ce qui a été refusé par les tribunaux américains aux acteurs de films pornos) ? Peut-on être une personne propre dans un sale milieu ? Voilà de quoi réfléchir à l'hypocrisie de nombreuses sociétés, à la fois puritaines et moralisatrices et pourtant... accommodantes.
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clairesalander
  10 mars 2017
J'ai lu tous les livres de Laura Lippman, et si certains m'ont totalement emballé, d'autres m'ont terriblement déçue. Je ne savais pas trop donc à quoi m'attendre en ouvrant cet opus.
Et bien, j'ai adoré ; l'on suit l'histoire d'Héloïse, avec ses flash backs en alternance du présent. Je l'ai lu d'une traite, tant je voulais savoir ce qui lui était arrivé, tant je voulais savoir ce qui allait lui arriver.
Un thriller psychologique impeccable.
Lien : https://clairesalander.wordp..
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jeepax
  26 octobre 2015
Depuis une vingtaine d'années, Laura Lippman a publié bon nombre de romans, dont certains se passent dans le Maryland, aux alentours de Baltimore où elle a grandi. C'est encore le cas de « Corps coupable » qui met en scène un personnage que l'auteure a déjà utilisé dans une précédente nouvelle : une prostituée proxénète de luxe qui dissimule son affaire sous une société de lobbying. Elle apprend que l'une de ses concurrentes s'est suicidée. Un suicide suspect.
L'intérêt de ce polar tient donc à l'originalité de son « héroïne », car la vie des prostituées n'est pas un thème souvent traité, encore moins avec crédibilité. La narration alterne le présent et les flash-back : on suit en parallèle une intrigue qui évolue lentement et le passé d'Hélène – aujourd'hui Héloïse - depuis son adolescence marquée par la soumission de sa mère aux inconstances de son mari et l'absence totale d'amour paternel. Très peu des clichés habituels viennent polluer cette histoire où les personnages ont tous leur part d'ombre, qu'ils soient ou non du côté de la bien-pensance. L'auteure fait preuve d'une grande compréhension – voire d'empathie - envers le milieu de la prostitution et, discrètement, se permet de tacler au passage certaines idées reçues.
Pas de meurtres sanglants à répétition, de moments de tension insupportable, les choses ne s'accélèrent que dans les dernières pages. On suit néanmoins la double vie d'Hélène/Héloïse avec intérêt : une femme a priori bien sous tous rapports, essayant tant bien que mal d'élever un enfant qu'elle dissimule à son père, un criminel proxénète à présent sous les verrous mais qui reste un élément central de l'histoire. On s'attache à cette femme complexe, en quête de discrétion, de normalité pour son fils, qui tente de composer avec un passé encombrant.
On oubliera vite les petites coquilles de traduction et le dénouement assez prévisible. A défaut d'intrigue haletante, on retiendra la crédibilité que Lippman a donné à ses personnages et le sujet atypique qu'elle a choisi.
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pupucing
  22 octobre 2015
Héloïse Lewis, mère célibataire, femme active, lobbyiste parmi les plus importantes du Maryland, n'est pas du tout ce qu'elle parait !
Certes, elle élève seule son fils, parce que le père de ce dernier est en prison depuis plus de dix ans, pour meurtre et ... proxénétisme !!
Car Héloïse, de son vrai prénom Hélène était une de "ses" filles, et même sa favorite, elle a créé sa propre "entreprise", elle est devenue à son tour une Madame Claude.
Tout va être remis en cause, lorsque l'une de "ses" filles contracte le Sida, et qu'une autre Madame Claude sera retrouver morte, la thèse du suicide vite écartée ...
Habituellement je dévore les romans de Laura Lippman qui sont d'une noirceur comme je les aime, mais là, même si la lecture reste sympathique, elle n'est pas prenante, le suspens limite inexistant, et la noirceur, en fait, il n'y en a pas !!
Loin d'être un roman noir, il n'en reste pas moins intéressant surtout les chapitres consacrés au passé de Hél', j'ai vraiment été charmée par eux ! Ceux concernant son présent sont un peu rébarbatif, surtout quand ils abordent les sujets juridiques, lobbyistes ... Pas ma tasse de thé.
Hél reste un personnage qui a son charme, une working girl, mère- poule et poule tout court, sorry pour le mauvais jeu de mot ...
J'ai beaucoup plus aimé le personnage secondaire qu'est Val, derrière ses complexes et les barreaux de sa cellule.
Le final aurait pu être un peu plus fouillé et moins rapide, surtout quand on connait ses autres écrits !
Un livre facilement adaptable au ciné, ceci explique peut-être cela .
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domdu84
  07 octobre 2015
Je remercie Les Éditions du Toucan et Babélio, pour m'avoir permis de lire ce livre. Je n'avais pas encore lu de romans de Laura Lippman, alors, qu'elle en a écris 12 autres, qui ont été traduits en français, deux d'ailleurs depuis la parution en 2012, de « And when she was good » titre original en version américaine.
L'histoire d'une femme qui n'est pas heureuse dans sa jeunesse, son père est violent, sa mère laisse faire, et qui plus tard devient prostituée.
Elle est souvent sous l'influence des hommes et l'un d'entre eux la fait devenir chef d'entreprise, mais comme disant Alain Bashung, cette « petite entreprise ne connaît pas la crise ».
Elle a eu un enfant, qu'elle cache à cet homme, et donne à ses voisins une version édulcorée, afin de ne pas subir trop de question. En fait, elle devient solitaire, et pourtant, elle vit bien, mais pas dans a sérénité.
La suite, bien sûr devient plus difficile pour elle, et de nombreux obstacles surviennent, et il faut qu'elle fasse preuve de beaucoup d'abnégation pour essayer de s'en sortir. Victime de chantage.
Y arrivera-t-elle ? Pour cela il faut bien sûr lire cet excellent roman qui laisse découvrir avec intensité une façon de vivre que très peu parmi connaissons, et qui est peu explicité par les médias , d'où le mérite de Laura Lippman d'aborder un tel sujet où le sujet n'est pas l'accusée de toutes les perversités de la terre.
J'ai beaucoup aimé ce roman, j'y ai appris pas mal de choses que j'ignorais et j'ai été pris de compassion pour Hel' (Hélène ou Héloïse?)
Je lirai d'autres romans de Laura Lippman.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   23 novembre 2019
Elle sait que ces femmes sont fatiguées, probablement beaucoup plus qu'elle. Elles n'ont pas assez de temps pour elles. Non, pour être exacte, elles n'ont pas du tout de temps à se consacrer. Si elles travaillent, elles se sentent coupables. Si elles ne travaillent pas, elles se sentent coupables. Si elles travaillent à mi-temps, elles sont persuadées qu'elles sont mauvaises sur les deux plans, à la fois pour s'occuper des enfants et pour s'épanouir dans leur carrière.
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namelessnameless   20 novembre 2019
Quand Héloïse s'était mise à chercher une maison à Turner's Grove, elle s'était amusée de la pièce dénommée "bureau réservé à la mère de famille" qu'elle avait retrouvée dans toutes les maisons. Il s'agissait d'un petit bureau intégré, généralement aménagé dans le couloir qui séparait la cuisine du cellier, où une femme pouvait installer un ordinateur portable et ranger les papiers dans un tiroir dont la taille était déjà adaptée aux formats des documents légaux (les agents immobiliers présentaient toujours cet espace avec une note de triomphe dans la voix, comme si c'était une invention absolument révolutionnaire).
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domdu84domdu84   03 octobre 2015
Du soda ? lui demande sa mère en lui montrant une canette. J’en ai une au citron et citron vert, et une autre à la cerise. Tu m’as prévenue de ta visite au dernier moment, donc je n’ai pas eu le temps d’aller faire des courses.
— Pas de problème. Donne-moi celle dont tu n’as pas envie.
Héloïse se retrouve avec la canette de soda à la cerise, bien qu’elle soit persuadée que c’est le parfum préféré de sa mère, qui ne peut pas s’empêcher de donner à sa fille ce qu’elle pense être le meilleur. Bon sang, la passivité tordue et sans fin des femmes ! Cette incapacité qu’elles ont à dire : « J’ai envie de ça ». Elle dit à sa mère de prendre le soda dont elle a envie. Sa mère pense quelle ment et lui donne donc le soda dont elle a réellement envie, en partant du principe que c’est celui que tout le monde aurait préféré. Alors qu’Héloïse aime davantage celui au citron. C’est épuisant, cette relation…
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namelessnameless   21 novembre 2019
- ... Et ça, c'est bien un truc qui devrait être illégal.
- D'acheter sur Internet ?
- Non, ces pubs qui te suivent et qui s'inspirent de ton historique web. Ca me fout les jetons. Tu écris un e-mail et, bam ! Tu te retrouves avec une pub pour de magnifiques chaussures en haut de la page, exactement celles que tu avais recherchées quelques jours plus tôt. Comme si quelqu'un lisait dans ton esprit.
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namelessnameless   21 novembre 2019
Heureusement, le bibliothécaire était un homme. [...]
- ... En quoi puis-je vous aider ?
- Je voudrais lire de la grande littérature.
- "Grande" selon qui ?
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