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EAN : 978B003X7C3ES
Éditeur : Hachette (30/11/-1)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Pas de quatrième de couverture, si ce n'est une liste des ouvrages étrangers disponibles dans cette collection au moment de la publication de l'ouvrage, c'est à dire en 1929.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Zebra
  25 mars 2013
Jack London, né le 12 janvier 1876 à San Francisco, est comme chacun sait un écrivain américain. Ses thèmes de prédilection sont l'aventure et la nature sauvage. Il a utilisé son expérience du Grand Nord canadien, lors de la ruée vers l'or au Klondike, dans ses livres les plus célèbres tels L'Appel de la forêt (1903) et Croc-Blanc (1906). Jack London connaît bien le Klondike. A 21 ans, Jack embarque à bord du SS Umatilla à destination du Grand Nord, accompagné de son beau-frère âgé de 60 ans. Ils ont chacun une tonne de vivre pour tenir une année, mais le beau-frère quitte l'aventure au bout de quelques semaines, découragé par le redoutable col de la Chilkoot Pass. Arrivé à Whitehorse, Jack ne prospecte presque pas : il passe beaucoup de temps dans les saloons et les cabarets où les prospecteurs lui racontent leurs histoires. Atteint du scorbut, Jack est rapatrié par le fleuve Yukon sur un millier de kilomètres . Il rejoint la mer, d'où il embarque en juin 1898 pour San Francisco. Au Klondike, ce n'est pas de l'or que Jack London a trouvé mais une foule de sujets qu'il saura utiliser au gré de ses romans.
Jack London a écrit le cycle Belliou la Fumée (« Smoke Bellew ») en 1912. Les ouvrages qui composent ce cycle sont constitués d'une suite d'anecdotes qui peuvent se lire indépendamment l'une de l'autre. Belliou et le Courtaud (« Smoke and Shorty ») fait partie du cycle Belliou la Fumée. L'ouvrage qui fait 248 pages est divisé en 6 chapitres : « le petit homme », « La pendaison de Cultus George », « Un rebut de la création », La rafle des oeufs », « le lotissement de Tra-Lee » et « La merveille de la Femme », ce chapitre « pesant » à lui seul près de 80 pages. le lecteur est dès les premières pages plongé dans le Klondike de la fin du 19ème siècle, en pleine ruée vers l'or : il découvre au fil des pages notre jeune héros (Belliou) glissant dans une crevasse, puis Belliou et le Courtaud rencontrant des Indiens affamés, puis un saloon dans lequel des Blancs alcoolisés manquent de pendre un Indien qui refuse de porter secours à des gens perdus dans le blizzard, puis des végétariens gagnés par le scorbut, réduits à boire de la tisane de bourgeons de sapin et à avaler du jus de pomme de terre crue, puis une danseuse qui convaincra Belliou et le Courtaud de se livrer à une rafle sur les oeufs crus de la région avec le secret espoir d'en tirer pour elle-même un bénéfice incroyable, puis un vieil homme solitaire auquel Belliou et le Courtaud achètent un lotissement deux fois son prix marché, faisant ainsi croire à tous qu'ils sont tous deux tombés sur une mine d'or, et enfin un campement Indien dont le chef possède une des plus belles filles du Grand Nord canadien, Labiskwee, jeune femme dont Belliou, pourtant farouche célibataire, finira par tomber amoureux !
Dans Belliou et le Courtaud, Jack London nous livre une vision pittoresque, assez authentique (autant qu'on puisse en juger avec le recul) et optimiste de la ruée vers l'or. Maitrisant son sujet, les lieux, les caractères et les petits faits qui constituaient le quotidien de la vie de cette époque dans le Klondike, l'auteur témoigne, même si ce témoignage est agrémenté d'histoires récoltées auprès des prospecteurs du moment. Dans un style plutôt visuel, naïf, direct et au premier degré (il n'y a pas beaucoup de profondeur d'analyse dans cet ouvrage), qui plaisait probablement aux enfants du milieu du 20ème siècle, Jack London nous conte de vraies aventures, bien comme il faut. L'observation des paysages et des bêtes n'est pas aussi aboutie qu'elle peut l'être avec James Curwood, autre grand maître des récits du Grand Nord, dont l'ouvrage Grizzly King (1916) a été adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud sous le titre de L′Ours, mais le lecteur se plaira à y croire, au moins pour le temps de sa lecture. Il aimera peut être Belliou, qui avance toujours et s'en sort tout le temps ; ce héros déroutant et attachant qui ne rechigne pas à aider son prochain paraît être un modèle d'humanisme, de générosité et d'intelligence. Il appréciera peut être le Courtaud, qui, aux antipodes de Belliou, est pessimiste, doté d'une grande sensibilité envers ses chiens-loups et capable de se servir de ses poings pour faire entendre sa vérité. Il ne sera peut être pas insensible devant le charme de la jolie Joy Gastell. Mais les autres personnages valent également le détour, qu'il s'agisse de Carson, qui tire Belliou de sa crevasse, de Cultus George, qui obstinément se refuse à sauver les siens s'il n'y gagne pas quelque menue pépite, Wentworth, qui se nourrit en cachette de pomme de terre crue pour ne pas attraper le scorbut, Wild Water et Gantereaux qui jouent un tour de cochon à nos deux héros, Dwight Sanderson qui vit dans un lotissement perché en haut d'une falaise, Snass, Mac Can et bien d'autres, sans oublier la toute belle Labiskwee !
Belliou et le Courtaud (« Smoke and Shorty ») est un hommage à la ruée vers l'or, « un chemin initiatique grâce auquel Belliou deviendra un homme sans cesser de rester ouvert, généreux et optimiste ». Voilà un livre qui glorifie toute vie fondée sur l'effort, la solidarité et le sourire. A redécouvrir.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ZebraZebra   27 mars 2013
page 212
[...] Belliou se réveilla doucement, sans bouger. De petits doigts tièdes touchèrent sa joue et glissèrent jusqu'à ses lèvres pour une tendre pression. Puis une fourrure, imprégnée du froid de l'extérieur, caressa sa chair et son oreille perçut le murmure d'un seul mot : Venez !
Il s'assit avec précaution et prêta l'oreille. La multitude des chiens-loups du camp avait commencé son concert nocturne, mais, malgré le bruit, il pouvait, très près de lui, percevoir la respiration légère et rythmée de Snass.
Labiskwee le tira brusquement par la manche, et il comprit qu'elle l'invitait à la suivre. Il prit ses chaussures et ses bas et sortit sur la neige en mocassins de nuit. En dehors de la lueur du feu mourant, elle lui fit signe de se vêtir complètement et, pendant qu'il obéissait, elle rentra sous la tente où dormait Snass.
Palpant du bout des doigts les aiguilles de sa montre, Belliou se rendit compte qu'il était une heure du matin. La température, qu'il évalua à dix degrés au-dessous de zéro, était relativement douce. [...]
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Videos de Jack London (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack London
Jack London : Faire un feu (France Culture / Samedi noir). Émission “Samedi noir” diffusée sur France Culture le 12 novembre 2016. Production : Blandine Masson. Image : dessin de Patrick Chabouté pour son adaptation en bande dessinée de la nouvelle “Constuire un feu” de Jack London. Un homme qui voyage seul dans le Yukon confronté au plus destructeur de ses ennemis : le froid. Traduit par Marc Chénetier. Réalisation : Christophe Hocké. En direct du studio 110, de la Maison de la radio. Lecture Carlo Brandt. Musique composée par John Greaves. À l’occasion de la parution dans La Pléiade des “Romans, récits et nouvelles” de Jack London en octobre 2016, édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski. “Faire un feu” (paru en août 1908 sous le titre “To build a fire” dans le Century Magazine) est “le compte rendu” terrible et tragique " (pour reprendre le titre de l'essai de London sur les thèmes et les ressorts de la grande littérature), minutieusement agencé, d'une inexorable descente dans l'enfer du froid, la plus brutale description, et littérairement la plus parfaite, de la rencontre meurtrière du chétif corps humain, minuscule atome de vie perdu dans un infini de la blancheur, avec le plus immatériel et le plus destructeur de ses ennemis. Le récit n'est nulle part ailleurs chez London aussi dépouillé et concentré que dans ces pages. Comme dans bien d'autres nouvelles, ce n'est pas une intrigue qu'il déploie ou qu'il développe, mais une situation d'affrontement, un état de tension, qu'il mène, degré par degré, jusqu'au point de rupture. […] Dans un silence jamais rompu par aucune parole directement prononcée se déroule, rythmée par le passage des heures, la tragédie de la lente détérioration du corps, en même temps que s'amenuise l'espoir de survie. […] Marc Chénetier. Note publiée dans La Pléiade, extraits. Musiciens : John Greaves, Piano, chant Laurent Valero, Alto, violon, flûte, bandonéon Scott Taylor, Accordéon, kalimba, percus, cuivres Assistant à la réalisation : Pablo Valero Source : France Culture
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