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Pétrus Borel (Traducteur)Jean-Pierre Naugrette (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253161152
Éditeur : Le Livre de Poche (01/12/2003)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.7/5 (sur 1111 notes)
Résumé :
Après quelques premières expéditions, Robinson Crusoé, marin d'York, s'embarque pour la Guinée le 1er septembre 1659. Mais le bateau essuie une si forte tempête qu'il dérive pendant plusieurs jours et finalement fait naufrage au nord du Brésil. Seul survivant, Robinson parvient à gagner une île située au large de l'Orénoque où il va peu à peu s'assurer une subsistance convenable : il y restera près de vingt-huit ans, d'abord seul, puis accompagné d'un fidèle indigèn... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
KrisPy
29 mai 2016
De la légendaire histoire de Robinson Crusoe, je ne connaissais que la lumineuse version de Michel Tournier « Vendredi ou les limbes du Pacifique », et me restait aussi des bribes éparses d'images de vieux films, du genre « L'ile mystérieuse ».
J'ai enfin comblé cette lacune en lisant l'original, le seul, l'unique : Robinson Crusoé de Daniel Defoe, dont on connait tous l'histoire en résumé.
Le livre se découpe en trois parties inégales : la vie de Crusoé de sa naissance à sa vie d'homme, devenu propriétaire de nombreuses terres agricoles au Brésil ; le naufrage et les années sur l'ile ; le retour à la civilisation.
Robinson Crusoé n'était pas une très bonne personne avant son naufrage ; il n'était ni croyant, ni altruiste, ni vraiment mauvais d'ailleurs. Il était un homme de son temps - le 17ème siècle - pressé de faire des affaires et d'agrandir son patrimoine. Pas très différent de tout homme d'affaire actuel.
Mais ce qui causera sa perte, pour son salut ironiquement, sera de vouloir encore augmenter son capital par l'entremise de traite d'esclaves… Il est déjà amusant de voir à l'oeuvre la morale religieuse.
Car ce livre, bien que terriblement attachant et distrayant par son côté historique et vieillot, se veut manichéen à souhait, et mine de rien, d'un grand prosélytisme religieux.
Car comment qualifier autrement la sainte exultation de Robinson quand il prend conscience qu'il est béni de Dieu… ? Une pénitence qui durera 26 ans… Une leçon doublement assénée ; la solitude salvatrice, rédemptrice, puis l'accueil de Vendredi, le bon sauvage à évangéliser. Et pour finir, ce retournement de Crusoé, qui préférera rester en Angleterre, après avoir distribué ses largesses en réparation de son passé, plutôt que de retourner au Brésil, pays de papistes, afin de n'avoir pas à abdiquer… L'argent comme moyen de rédemption. Hum. La bonne conscience à bon prix. Ce n'est pas joli-joli tout ça…
Ceci dit, allez, je vais aussi jouer à être manichéenne, si les préceptes moraux et religieux de Defoe avaient eu autant de succès que le sensationnalisme de l'histoire, on n'en serait peut-être pas là… ceci dit aussi, il a peut-être participer à la prise de conscience du peuple sur l'énormité de l'esclavage… ? Mais j'en doute.
Il n'en reste pas moins que ce Robinson Crusoé de Defoe fut une lecture très plaisante, et maintenant, je connais enfin le récit original qui a inspiré tellement d'écrivains et de cinéastes.
note : la version que j'ai lu est celle annotée et revue par Jean-Pierre Naugrette, à partir d'une traduction de Petrus Borel. J'ai trouvé parfois pénibles les annotations de bas de pages, surtout quand elles expliquent des mots ou expressions relativement connues... mais parfois utile.
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ahasverus
26 décembre 2015
Alexandre Selkirk était un marin écossais à fort caractère. S'étant querellé avec son commandant, il demanda à être débarqué dans une île déserte des mers du Sud où il vécu seul de 1704 à 1708. On pense que Daniel Defoé s'est inspiré de son histoire pour écrire Robinson Crusoé en 1719.
A l'âge de 59 ans, après une vie aventureuse d'espion, de commerçant, et de pamphlétaire condamné au pilori, l'Anglais Daniel Defoe présente au public le roman qui le fait entrer dans la postérité : "La Vie et les aventures étranges et surprenantes de Robinson Crusoé de York, marin, qui vécut 28 ans sur une île déserte sur la côte de l'Amérique, près de l'embouchure du grand fleuve Orénoque, à la suite d'un naufrage où tous périrent à l'exception de lui-même, et comment il fut délivré d'une manière tout aussi étrange par des pirates."
Si l'on a oublié le titre original, Robinson Crusoé s'est lui gravé dans notre patrimoine culturel . Sans l'avoir lu, nous savons tous que ce marin échoue sur une île déserte où il finit par rencontrer Vendredi, un insulaire.
Mais Robinson Crusoé c'est un peu plus que cela. Tellement plus que c'est un peu confus selon l'édition que vous consultez, selon ce que j'ai pu voir chez les distributeurs.
Allez, suivez moi, je vous explique...
Defoé publie en 1719 son livre au titre interminable, qui va de la jeunesse de Robinson à son retour en Angleterre 35 ans après l'avoir quittée. C'est parfois ce qu'on trouve sous le titre "Robinson Crusoé", voire "Robinson Crusoé partie 1"
Quelques mois après la parution de ce premier volume, Daniel Defoé publie "Les Nouvelles Aventures de Robinson Crusoé", jugées moins intéressantes par la plupart des critiques : Robinson retourne sur son île et apprend ce qu'il est advenu de la colonie. Après de multiples péripéties dans lesquelles Vendredi perd la vie, il revient en Angleterre, en passant par la Chine et la Russie, à l'âge de 72 ans. On trouve généralement cette suite sous le titre "Robinson Crusoé partie 2", cependant toutes les éditions n'assurent pas le même découpage.
Enfin,vers 1720-1721, Defoé écrit ses "Réflexions Morales de Robinson Crusoé" aussi traduites en "Réflexions sérieuses de Robinson Crusoé". Réputées ennuyeuses et dispensables, elles sont difficiles à trouver. Vous pouvez acquérir l'intégrale chez Gallimard, La Pleiade. Quant à moi, je vous recommande l'édition Rencontre Lausanne, de 1967, qu'on découvre facilement d'occasion à des tarifs abordables. Elle contient les deux premières parties des aventures de Robinson.
Réflexions morales ou pas, Robinson Crusoé est un livre qui fait un grand cas de l'obéissance au père, de la foi, et de la rédemption, s'inscrivant dans les valeurs de son époque colonialiste.
L'édition que j'ai pu lire a donc l'avantage de présenter ces deux premières parties dans leur traduction la plus prestigieuse, celle de Petrus Borel (1809-1859). Bien que la seconde partie des aventures de notre héros comporte quelques longueurs - les interminables sermons sur le mariage - les deux forment un tout et méritent d'être lues. Il existe cependant une très récente traduction en poche par Françoise du Sorbier qui semble avoir bonne réputation et se rapprocher du style original.
Pour vous orienter dans le choix de votre Robinson Crusoé, s'il se termine par (traduction Petrus Borel) : "de mes nouvelles aventures durant encore dix années, je donnerai une relation plus circonstanciée ci-après", c'est que vous avez sous les yeux la première des trois parties. Ce n'est malheureusement pas expliqué par tous les éditeurs.
Daniel Defoé a incarné en Robinson Crusoé, un mythe moderne du retour à la nature. Son écriture n'est pas destinée aux enfants. Sa méthode - avec notamment des inventaires détaillés des biens du naufragé, son journal, des descriptions de lieux ou de coutumes - rappelle fortement les relations de voyages des grands découvreurs (Bougainville, La Pérouse - au fait, quelqu'un a des ses nouvelles ?-, Cook, Darwin) et donne au récit l'apparence générale de la crédibilité. Les préfaces des deux parties laissent d'ailleurs planer le doute sur la nature de l'oeuvre, "narration exacte des faits" sans "aucune apparence de fiction".
Malgré ses trois cents ans, Robinson Crusoé se porte bien ! Rousseau voyait en lui le seul ouvrage propre à éduquer Emile, et il a ouvert la voie à toutes sortes de "Robinsonnades", dont l'énumération serait fastidieuse, mais dont le dernier spécimen qui me vient à l'esprit est l'excellent Lost on Mars de Ridley Scott. Il est aussi intéressant de voir ce que cette matière brute a donné sous la plume de quelques écrivains, et je pense particulièrement à Michel Tournier et ses deux Vendredi.
Enfin, puisqu'il faut bien en terminer avec ce Robinson-là, sachez qu'il existe au Chili une île Robinson Crusoé, dont la légende veut qu'elle soit celle de Selkirk, vous vous souvenez ? L’irascible naufragé volontaire du début de l'histoire.
Si ça ce n'est pas ce qu'on appelle la postérité...
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brumaire
09 février 2017
Cela ne m'étonne guère que le roman de Daniel Defoë destiné à la jeunesse aie été souvent édulcoré, tronqué,passé à la moulinette d'un moralisme bêtifiant. Je viens de terminer le texte intégral dans une vieille édition Marabout, celle traduite par Pétrus Borel. Nonobstant le style un peu archaïque de la traduction on découvre un héro bien éloigné du preux écologiste avant l'heure qui recueille Vendredi pour en faire un ami le tout dans un décor de rêve où la "nature" ne peut qu'être bonne. Daniel Defoë était un homme de son temps et Robinson porte certainement sa "vision" du monde. Dans l'essor fantastique de l'Angleterre de la fin du 17e siècle son héros ne pouvait être qu'un négociant et un marin. Ce qu'on ne dit pas aux petits enfants qui lisent "Robinson Crusoë" dans une édition pour la jeunesse c'est que Robinson était aussi un vil esclavagiste , c'est d'ailleurs la raison pour laquelle il fit naufrage puisqu'il allait chercher sur les côtes de Guinée quelques esclaves pour sa plantation du Brésil (et ceci en fraude car le Portugal avait paraît-il un monopole sur la traite des esclaves). Alors non seulement il s'adonnait à la "traite" , ce qui est un point Goldwin de discussions de fin de soirée, mais , en plus , il tuait les bébés animaux !
"(......) je tuai une bique qui avait auprès d'elle un petit cabri qu'elle nourrissait, ce qui me fit beaucoup de peine.Quand la mère fut tombée, le petit chevreau, non seulement resta auprès d'elle jusqu'à ce que j'allasse la ramasser, mais encore quand je l'emportai sur mes épaules, il me suivit jusqu'à mon enclos. Arrivé là, je la déposai par terre, et prenant le biquet dans mes bras, je le passai par dessus la palissade dans l'espérance de l'apprivoiser. Mais il ne voulu point manger, et je fus donc obligé de le tuer et de le manger moi-même".
Sincèrement peut-on laisser lire cela à ses enfants (mes petits enfants pour mon compte...) eux qui versent une larme quand la maman de Bambi est cernée par un incendie et que Marguerite , la vache de Fernandel dans la Vache et le prisonnier, est abandonnée dans un pré allemand alors que le dit Fernandel prend le train pour la France !
Vous l'aurez compris j'ai chargé la mule. Ce que je veux dire c'est que la sensibilité des lecteurs de l'époque n'a rien de commun avec la nôtre. Nous nous offusquons que des hommes aient pu vendre et acheter d'autres hommes mais toute l'économie et le commerce hors Europe était fondé sur le commerce triangulaire. D'ailleurs lorsque Robinson, au début de l'ouvrage lors de ses premiers voyages comme négociant , fait naufrage et est capturé comme esclave par les Maures, il ne se rebelle pas, n'invoque pas "Les Droits de l'Homme". Il ne pense qu'a s'échapper. Pragmatisme anglo-saxon peut-être...
Le séjour sur l'île (que j'étais sûr de situer dans le Pacifique...alors qu'elle se situe dans les Caraïbes) ne dure qu'une petite centaine de pages (sur 630). le reste du livre raconte les multiples aventures du héros. Car il a la bougeotte Robinson. Alors qu'une opportunité lui permet de retrouver son pays le revoilà naviguant sur un navire commandé par son neveu. Il revient dans "son"île où prospère une petite communauté sur laquelle il entend bien régner . Là se situent une bonne cinquantaine de pages moralisatrices et moralisantes (dé....)qui ont dû barber pas mal de lecteurs ! Constatant que ses "colons" vivent avec des femmes indigènes (des sauvages de peuplades cannibales) sans être passé par les sacrements du mariage , Daniel Defoë nous inflige un pensum indigeste où l'on voit Robinson dialoguer avec un prêtre français (donc papiste) sur la meilleure façon de ramener dans le droit chemin ces âmes perdues....). Car, époque oblige, Dieu et la Providence sont constamment présents dans l'histoire. La Providence toujours invoquée par Robinson pour justifier le hasard des circonstances....
Loin d'un manichéisme qui semble évident si l'on ne prend pas en compte le contexte (l'époque) j'ai trouvé dans le livre des accents précurseurs des Lumières (qui comme on sait doivent beaucoup à la chrétienté). Robinson , toujours très bavard..., ne manque jamais une occasion de mettre en avant son "humanité" : lors des batailles contre les sauvages cannibales qui envahissent "son" île, lors des nombreuses aventures en mer (batailles encore...),et même lors de ses transactions commerciales (là on a du mal à le croire...).
"(....) car je souffrais de voir tuer de pareils pauvres misérables sauvages,même en cas de défense personnelle, dans la persuasion où j'étais qu'ils croyaient ne faire rien que de juste, et n'en savaient pas plus long. Et, bien que ce meurtre pût être justifiable parce qu'il avait été nécessaire et qu'il n'y a point de crime nécessaire dans la nature, et je n'en pensais pas moins que c'est là une triste vie que celle où il nous faut sans cesse tuer nos semblables pour notre propre conservation, et, de fait, je pense ainsi toujours ; même aujourd'hui j'aimerai mieux souffrir beaucoup que d'ôter la vie à l'être le plus vil qui m'outragerait."
Autre passage prémonitoire : Robinson fait escale à Madagascar. Il y a une embrouille (un marin viole une native). Les indigènes tuent deux marins en représailles. Pendant la nuit l'équipage part incendier le village et massacrer la population. Nous sommes blasés . Algérie, Vietnam....et combien d'autres avant. Ce qui est remarquable c'est que Robinson prend ses distances avec le pogrom ; général de la Bollardiere avant l'heure.
Sinon les aventures continuent : l'Inde,le détroit de Mallaca,la Chine, retour par la terre ferme , enfin, dans son Angleterre natale pour y finir sa vie.
Et nous les babas cools soixante-huitards qui frimions devant les nanas pour avoir fait Paris-Kaboul en deuche (Aller-retour quand même...).


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Adrienne
27 septembre 2012
Oubliez tout ce que vous croyez savoir sur Robinson, le naufrage, l'île, Vendredi... Oubliez l'image que vous en avez reçue au travers de lectures d'enfance, de films ou de séries télévisées... Si vous n'êtes pas de ceux qui ont lu la version originale, vous serez sans doute aussi surpris que moi de constater que de toutes ces images d'Epinal, il ne restera pas grand-chose après la lecture de la nouvelle traduction de Françoise du Sorbier, dont je parlais déjà ici: http://adrienne.skynetblogs.be/archive/2012/01/22/tradutt...
Mais ce que je ne comprends absolument pas, c'est ce que Rousseau, oui en effet celui de l'Emile, a bien pu lui trouver pour l'ériger en bible de l'éducation. Ou alors il faudra que je revoie encore une fois mon opinion sur Rousseau - qui n'est déjà pas des plus favorables Langue tirée - car personnellement ce que j'ai trouvé dans cette version complète de Robinson Crusoé, c'est surtout un hymne à la suprématie de l'homme blanc.
Celui qui considère qu'une terre est sienne dès qu'il a posé le pied dessus.
Que toute activité doit servir à augmenter ses biens et à s'enrichir.
Qu'on peut voler à un mort. Et pourtant des pièces d'or ne sont d'aucune utilité sur une île déserte.
Que la fin justifie les moyens. Lisez et voyez ce qui arrive au jeune Xury.
Que "le bon sauvage" est avant tout un bon esclave, qui doit oublier sa langue et sa culture propres pour adopter la langue et la religion de son maître.
Et que donner un nom à une chose, c'est une façon de se l'approprier:
"Tout d'abord, je lui fis savoir que son nom serait Vendredi, car c'était le jour où je lui avais sauvé la vie. Je le nommai ainsi en mémoire de ce jour, et lui appris également à dire "Maître", puis lui fis comprendre qu'il devait m'appeler ainsi." (page 267)
Robinson finit par se sentir tout à fait roi de son île le jour où elle compte quatre habitants:
"Mon île était maintenant peuplée, et je m'estimais très riche en sujets. Je me fis alors souvent la plaisante réflexion que je ressemblais beaucoup à un roi. D'abord, tout le pays était ma propriété, si bien que j'avais une autorité souveraine et indiscutable; ensuite, mon peuple m'était totalement soumis: j'étais seigneur et législateur absolu (...)" (page 310)
Ce qui m'a fait sourire, c'est la fierté naïve de Robinson quand il montre à Vendredi comment tremper sa galette dans le lait de chèvre. Il ne semble pas imaginer un instant que cet homme connaît sans aucun doute toutes les ressources de l'île, étant natif du coin, et que peut-être c'est lui qui pourrait lui faire découvrir une plante ou un fruit ou comment accommoder un mets "local".
***
1719, c'est l'année de parution de Robinson Crusoé. L'esclavagisme et le commerce triangulaire sont en plein essor. Il en est question dans Robinson: c'est pour partir à la recherche d'esclaves sur les côtes de Guinée qu'il s'embarque et quitte sa plantation brésilienne.
1762, c'est l'année de parution de l'Emile de Jean-Jacques Rousseau, qui, comme le dit la traductrice dans sa postface, "voit en Robinson "le plus heureux traité d'éducation naturelle", et le seul ouvrage digne de la bibliothèque de son Emile" (page 393). Il me semble pourtant que Defoe est loin des idées des Lumières ou des pré-romantiques.
Et entre les deux, en 1748, Montesquieu, L'Esprit des Lois, XV, chapitre 5: "Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais...", inégalable pamphlet contre l'esclavage et son inhumanité. Rousseau n'en aurait-il pas eu connaissance?
***
Merci à News Book http://newsbook.fr/ en partenariat avec les éditions Albin Michel http://www.albin-michel.fr/ pour cette très instructive relecture d'un des grands mythes de notre littérature mondiale. En effet, Françoise du Sorbier l'a joliment dépoussiéré ;-)
"Pourquoi retraduire Robinson Crusoé?" demandait-elle page 393.
Pour nous donner enfin la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Je le jure :-)
Lien : http://adrienne.skynetblogs...
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Aaliz
06 juin 2015
Dès notre plus tendre enfance, notre imaginaire est nourri de contes, légendes et histoires dont on a parfois du mal à connaître l'origine mais qui finissent par nous être si familières qu'on se retrouve tout étonné, lorsque parvenus à l'âge adulte, nous redécouvrons ces personnages et aventures fabuleuses et que nous nous apercevons à quel point ces petites histoires que l'on croyait enfantines sont riches en enseignement et bien plus complexes qu'elles ne le laissent paraître.
Robinson Crusoé fait partie de ces mythes littéraires qui font la richesse de notre patrimoine culturel mondial. Précurseur d'un genre , la vie de cet aventurier fictif créé par Daniel de Foe a inspiré par la suite nombre d'autres récits, films et oeuvres en tout genre que l'on a coutume de désigner sous le nom explicite de « Robinsonnades ». Les exemples sont légion mais parmi les plus célèbres on peut citer le Robinson Suisse de Johann David Wyss, Sa Majesté des Mouches de William Golding, L'Île mystérieuse de Jules Verne et la célèbre réécriture Vendredi ou les limbes du Pacifique par Michel Tournier.
Je me souviens qu'en classe de 5ème, ma professeur de français avait choisi de nous faire étudier la version pour enfants du roman de Michel Tournier : Vendredi ou la vie sauvage. Et je me rappelle à quel point j'avais été déçue de ce choix car « je connais déjà l'histoire euh ! Moi je veux lire Fantômette !». Plus de vingt ans après et sur les conseils insistants de mon mari, j'ai voulu revenir à la source et redécouvrir les aventures de Robinson Crusoé par Daniel de Foe.
Je sais qu'il existe une traduction toute récente du roman, néanmoins j'ai lu celle qui faisait foi depuis le XIXème siècle c'est-à-dire la traduction de Petrus Borel que j'ai beaucoup appréciée malgré quelques tournures étonnantes ( apparemment le style de De Foe n'a pas été respecté) et les quelques coquilles que comportait mon édition. A ce propos, j'ai lu une édition poche GF-Flammarion vieille de vingt ans et pourtant le livre est comme neuf, les pages sont toujours d'un blanc éclatant, je ne peux pas en dire autant de mon édition du même âge d'Une vieille maîtresse de Barbey d'Aurevilly chez Folio … ( les éditions GF-Flammarion sont définitivement mes éditions poche préférées !)
Premier constat, je me suis rendue compte que j'ignorais complètement ( ou avait complètement oublié ?) quelle avait été la vie de Robinson avant le naufrage et son arrivée sur l'île c'est-à-dire de quel milieu social il était, quelles étaient les raisons de son voyage en mer et quelles étaient les circonstances du naufrage etc … Et j'ai donc découvert un jeune homme de condition moyenne que son père souhaitait voir prendre le même chemin que lui : celui d'une vie douce et tranquille, certes modeste mais à l'abri des vicissitudes de la pauvreté et de l'ambition. Mais la jeunesse est folle et veut voir le monde, Robinson fait peu de cas des désirs et des avertissements d'un père au discours prophétique et fuit le foyer familial. Ses premiers pas chaotiques sur les ponts des navires sont bien près de le faire revenir à la raison et par là même à la maison. Mais la jeunesse est folle et surtout entêtée. Robinson persiste dans sa voie maritime, traverse moultes péripéties qui sont pour le personnage autant de mauvais présages et pour le lecteur autant d'occasions d'appréhender la mentalité de l'époque ( nous sommes au XVIIème siècle) que de s'en offusquer. Ne serait-ce qu'à travers les raisons qui poussent Robinson à effectuer le voyage au cours duquel il fera naufrage. Seul rescapé de la catastrophe, Robinson nage jusqu'à une île déserte et doit alors organiser sa survie.

Critique très longue donc suite (pour les courageux) sur le blog :
http://cherrylivres.blogspot.fr/2015/06/robinson-crusoe-daniel-de-foe.html
Lien : http://cherrylivres.blogspot..
+ Lire la suite
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Citations & extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
sousweetsousweet14 septembre 2017
La crainte du danger est mille fois plus terrifiante que le danger présent.
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sousweetsousweet14 septembre 2017
Les hommes devraient toujours craindre, alors qu'ils comparent leur situation à d'autres réellement plus fâcheuses, que le ciel les oblige à échanger l'une pour l'autre, et leur prouve par expérience la folie de leurs plaintes précédentes.
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sousweetsousweet14 septembre 2017
Ainsi nous ne voyons jamais le véritable état de notre position avant qu'il n'ait été rendu évident par des fortunes contraires, et nous n'apprécions nos jouissances qu'après que nous les avons perdues.
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sousweetsousweet14 septembre 2017
Tout nos tourments sur ce qui nous manque me semblent procéder du défaut de gratitude pour ce que nous avons.
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sousweetsousweet14 septembre 2017
Le méchant dort rarement d'un sommeil bien profond.
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Daniel DEFOE– Robinson Crusoé, Livre 2 (FR)
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