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ISBN : 2714459439
Éditeur : Belfond (13/08/2015)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 217 notes)
Résumé :
En détention on l'appelle la Barbare ; elle a vingt ans et a grandi dans l'abattoir bétonné de la banlieue. L'irréparable, elle l'a commis en détournant les yeux . Elle est belle, elle aime les talons aiguilles et les robes qui brillent, les shots de vodka et les livres pour échapper à l'ennui. Avant, les hommes tombaient
comme des mouches et elle avait de l'argent facile. En prison, elle écrit le parcours d'exclusion et sa rage de survivre, et tente un pas d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (98) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  13 août 2015
Je sors complètement sonnée de cette lecture qui pour avoir été brève n'en fut pas moins fulgurante. Pour un récit "uppercut", c'est indéniablement percutant.
J'ai tout d'abord été déstabilisée par la belle couverture hypnotique du roman. Premier regard, je crois voir deux mains griffues grossièrement esquissées. Des mains haineuses, sombres et menaçantes. Illusion d'optique. Second regard, une dose de neurones, il s'agit en réalité du visage de la "petite barbare", un visage de jeune femme.
La "petite barbare", pseudo de taule, nous ne connaîtrons pas son prénom. C'est elle qui parle ou plutôt qui écrit. Emprisonnée pour complicité d'homicide, elle écrit sa haine, une "déferlante de haine en apnée", de quoi mettre KO les lecteurs les plus éprouvés. Chienne de vie. Pas de passé, pas de présent, pas d'avenir. Pas d'avenir ? A voir. La vie dans la cité, la prostitution, la pornographie, la dope, la délinquance, le fric facile, la pauvreté, la misère sociale, l'absence de rêves, de projets et même d'illusions. La vie de la "petite barbare".
Je vous le dis tout de suite, si, été oblige, vous êtes dans un état d'esprit "plage, légèreté et marshmallows", alors passez vite votre chemin et attendez la rentrée littéraire où j'espère que ce petit livre saura se tailler une large place. Astrid Manfredi livre ici une littérature noire mais réaliste ; noire parce que réaliste. J'ai eu quelques craintes en début de lecture mais l'auteur a su les faire s'évaporer très rapidement par son style sans concession très affirmé où la poésie naît de la boue et où le crime engendre l'humanité. Quel courage de choisir de tels thèmes pour son premier roman ! Courage ou audace ? L'avenir, paraît-il, appartient aux audacieux.
Un premier roman dangereusement convaincant.

Challenge PETITS PLAISIRS 2014 - 2015
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palamede
  24 avril 2017
Elle est née du mauvais côté du périphérique, dans un monde où la prison à vingt ans est terriblement banale, où misère sociale et misère intellectuelle conduisent plus surement sur le banc d'un cachot que sur ceux de la faculté.
Sauf que là le crime est atroce, la France entière a été traumatisée par les agissements de ceux qui se nommaient eux-mêmes le gang des barbares. Elle, celle que ses codétenues appellent la petite barbare, les a suivis. Elle a servi d'appât pour piéger un garçon de son âge qui a eu comme seul tort de la trouver belle.
Qui est-elle celle qui a assisté à son calvaire sans aucun sentiment ? Un monstre, une jeune fille à la dérive ? Pendant son procès, les juges lui trouvent des circonstances atténuantes. En prison, elle rencontre des psychologues à qui elle parle. Elle semble disciplinée, mais avant de retrouver la liberté, elle prend dans ses rets d'autres hommes au-dessus de tous soupçons.
Astrid Manfredi s'est admirablement mise dans la tête de cette jeune délinquante. le ton est percutant pour raconter son parcours, et des faits et leur presque gratuité qui font froid dans le dos. On comprend la haine qui anime des jeunes sans éducation, sans avenir, mais on n'excuse pas leur barbarie.
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Ziliz
  14 août 2015
"La petite barbare" était la fille d'un gang, celle qui rabattait les proies. Elle a commencé à sucer des garçons du collège à treize ans pour le compte d'Esba, "son ami", un "prince noir", doux avec elle mais dont l'autorité ne se contestait pas. Le gang s'est agrandi, deux autres types les ont rejoints, ils ont ramassé beaucoup de fric, vendant de la came et dépouillant ceux qui se laissaient séduire par la fille. Ils menaient grand train - grosse voiture allemande, fête, poudre, champ', les Champs et ses boutiques de luxe. Leur jeu est allé trop loin, jusqu'au meurtre.
Ils avaient la haine dans leur cité, témoins de la vie étriquée de parents au chômage et/ou exploités et/ou alcooliques, pas envie de suivre leur trace vers le néant. Ça résume tout, ça explique beaucoup, même si ça n'excuse rien.
Aujourd'hui, "la petite barbare" est en prison. Elles sont solidaires entre détenues. Elle lit beaucoup, elle écrit, elle rêve d'un amant indochinois comme celui de Marguerite (Duras), d'une robe blanche de jeune fille qu'il lui enlèverait délicatement, de douceur, d'amour - elle n'a encore rien connu de tel avec les hommes...
Elle m'a longtemps agacée, cette jeune femme avec sa "déferlante de haine en apnée", même si son rejet de tout (hommes, société, vie modeste) me semblait légitime eu égard à son environnement social. J'ai aimé la voir s'assagir et s'adoucir au contact de quelques "gens bien", prendre conscience à l'approche de sa sortie de prison qu'il lui appartenait de ne pas se résigner à la médiocrité. A elle de faire le mieux possible dans un monde pourri, sans pour autant entrer dans le moule qu'elle abhorre : "La vie des gens est toujours ce même enchaînement de maisons en kit, d'enfants mal élevés et de fins de mois difficiles. [...] Comment font-ils pour continuer ? Où vont-ils chercher la ressource pour se lever chaque matin, débiter les mêmes conneries et recommencer le jour d'après ?"
Astrid Manfredi exprime très bien cette hargne avec un style percutant, des phrases choc, parfois à double sens en jouant avec les mots, sur lesquelles on revient. Le récit est vif, entre les souvenirs de la jeune femme et sa vie en prison. Un seul regret : ma lecture a été parasitée par d'autres récentes sur ces thèmes de la colère des "enfants des cités", du rejet de la société, des gangs, de l'univers carcéral : quelques romans de Virginie Despentes, 'Meurtres pour Rédemption' de Karine Giebel, 'Tout, tout de suite' de Morgan Sportes...
J'aime beaucoup la couverture sur laquelle je vois tantôt un visage, tantôt deux traces de mains sanglantes qui auraient glissé le long d'un mur (enfermement) ou d'une vitre (regard vers l'extérieur, vers l'avenir)...
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jeunejane
  05 février 2016
En lisant ce livre, une question me venait sans cesse en tête. Mais où l'auteure a-t-elle pu trouver le personnage de la petite barbare. Est-ce possible?
En relisant la critique de Bazart, j'ai la réponse.
Les faits sont tirés d'un meurtre qui a été commis il y a une dizaine d'années auquel a participé la jeune fille.
Astrid Manfredi construit très bien le personnage à partir de son enfance morne, pauvre , sans modèle d'éducation , sans joie, dans une tour de béton.
A partir de la petite adolescence, elle n'a qu'une chose en tête, avoir de l'argent. Elle se prostitue et c'est l'escalade avec son comparse jusqu'au meurtre.
Elle passe derrière les barreaux et a une relation sordide avec le directeur de la prison.
Elle retrouve la liberté mais a-t-elle une chance de se construire ?
L'écriture de l'auteure est à la mesure du personnage : très crue bien qu'imagée et bien tournée : un style très particulier qui rentre bien dans l'oreille mais fait très froid dans le dos.
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Yassleo
  22 octobre 2016
Ecriture redoutable d'efficacité. Brute. Directe. Foudroyante.
Ecriture à l'image de cette petite barbare (librement inspirée de la terrifiante affaire Halimi). De celle qui a séduit sa victime pour la laisser en patûre à ses bourreaux, sans trembler, sans regret, sans pitié.
Pas de prénom pour cette jeune fille. Ça me plaît. Dépersonnalisons la cruauté. Assez logiquement, je n'ai pas perçu le moindre soupçon d'empathie poindre le bout de son nez à cette lecture. Pas même un moment de doute ni de tentative de compréhension de ce geste gratuit. Mon sentiment n'est que mépris, aversion et froideur.
J'ai lu, j'ai écouté, j'ai entendu le parcours servi comme alibi. Un père glandeur, une mère dépassée mais aimante à sa manière, une enfance au milieu du béton. No repère, no perspective d'avenir. Juste des rêves, des livres. Puis la mauvaise rencontre, l'influence du bad boy au pouvoir hypnotique sur une ado déjà fragilisée, la tentation d'un fric facile. Enfin la chute libre jusqu'à l'irréparable : petite délinquance, vols, prostitution, complicité de meurtre. Avec en atout du jeu macabre, les cartes de la jalousie, de la rancoeur, de la colère contre une société jugée corrompue et dégorgeante d'injustices et d'inégalités.
Les mots fusent. En un style qui accroche, qui alpague le lecteur. Et bam : la petite barbare a encore frappé. A nouveau, elle a appâté une victime dans ses filets : moi. Alors j'encaisse les coups portés par des mots enragés, haineux. Par un ton vindicatif et empli de hargne. Des phrases comme des gifles. Les coups portent oui. Mais pas de syndrome de Stockholm à l'horizon : que dépit et écoeurement en sortant des griffes de la donzelle.
Puis essoufflée d'avoir déversé ce trop plein de haine, le calme après la tempête semble se présenter à ce cerveau aussi perturbé qu'épuisé par tant d'animosité. Car la société, celle-là même qu'elle vomissait, dénigrait, décriait, persiflait, lui donnera une seconde chance. Le ton s'adoucit alors, la perspective d'une vie meilleure à construire naît timidement.
Alors? Nouveau leurre ou début de lucidité..?
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critiques presse (1)
Lexpress   28 août 2015
Une grenade dégoupillée, lancée à la face du confort et des habitudes, de l'indifférence et de la résignation.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (92) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   13 août 2015
Y a des regards comme le sien qui ne te rendent jamais ridicule, qui t'ordonnent de te tenir droite car si tu ne le fais pas personne ne le fera pour toi. Il avait le feeling le psy, pas de prêche à la con, pas de mots en trop, simplement deux prunelles qui t'inoculent le sérum de vérité. Avec lui pas de cause perdue puisque de toute façon y a plus de cause. Il ne s'agit pas de retourner ta veste mais de porter le truc qui te donnera du style même si t'as plus de quoi bouffer.
Y en a qui appellent ça la dignité. Même en bas, t'y as droit et ça, personne ne le dit.
(p. 144)
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ZilizZiliz   13 août 2015
J'ai dix-neuf ans. [...] Comme à l'accoutumée, nous sortons la nuit protégés par nos armures logotypées, toutes incisives dehors. Dans notre bolide allemand nous avançons dans le labyrinthe de la cité. Des sifflets fusent. Esba sort sa main par la fenêtre et brandit le majeur, incontestable. Les sifflets cessent et laissent place à une haie d'honneur mutique. [...]
Les maigres reproches de ma mère me parviennent en écho, de loin. Il n'y a plus rien à faire. Le poison de la vie facile s'est installé en moi. Je n'ai pas l'antidote.
(p. 71-72)
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Gwen21Gwen21   26 août 2015
Après la foire d'empoigne, je me retrouve dans une cellule et autour de moi il y a des filles. On dirait des anges avec des cernes bleuis par les emmerdes. L'une me tapote la joue, l'autre brosse mes cheveux, une autre humecte mes lèvres. Son chiffon pue. Je la repousse. Elles rient. Cellule de quatre, la préventive d'avant le procès. Fini les escapades et la robe en lamé sur le dance floor. Pour combien de temps ? Combien de temps ? Je n'en ai aucune idée.
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jeunejanejeunejane   05 février 2016
Je les aime bien les filles. J'ai promis des visites au parloir dans les mois qui suivront ma sortie, des mignonnettes de vodka et du gel douche Sephora. Je ne sais pas si je tiendrai parole. Je dis ça pour mettre un peu de soleil. En dépit de cette lose puante, et de cet avenir cristallisé dans le manque de fric, elles sont nombreuses à être amoureuses, à frémir pour un bad boy la boule à zéro avec grosses baskets qui font le pas de danse.
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ZilizZiliz   02 août 2015
[Mon père] braille qu'à l'ANPE, il n'y a que des fainéants, que la société est un tas de merde, que la politique c'est du spectacle. Que les paillettes ne se collent que sur les mains des riches. Il a la haine mais il reste cloué sur le canapé. [...]
Quand il sort le soir, il rentre et il nous fait son canto rebelle. Le petit doigt en l'air, il commémore son passé d'anarchiste et il dit que plus jamais il ne travaillera, que le système est une dictature. C'est lui le triste facho sans pognon.
(p. 20-21)
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