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EAN : 9782709668644
300 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (18/08/2021)
4/5   140 notes
Résumé :
Anna Gauthier mène une existence à l’abri des tourments entre sa pharmacie, sa villa surplombant la mer et sa famille soudée.
Dans un climat social inflammable, un incident survient et son fils Léo, lycéen sans histoire, se retrouve aux prises avec la justice. Anna assiste impuissante à l’écroulement de son monde, bâti brique après brique, après avoir mesuré chacun de ses actes pour en garder le contrôle.
Qu’advient-il lorsqu’un grain de sable vient en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
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Ladybirdy
  07 septembre 2021
Il y a dans ce roman une tangente paradoxale tout à fait pertinente et palpitante entre le silence et la violence.
C'en est terrible. Car progressivement, on fait corps, on jumelle avec cette mère de famille qu'est Anna.
Imaginez la souffrance muselée à l'intérieur depuis des années, personne pour voir, personne à serrer dans ses bras, pas de baume pour colmater, pas de résilience, imaginez donc comme celle-ci doit être rouge et vive.
Le début de cette histoire m'a laissée perplexe. Une narration clinique, détachée, très peu servie en émotions, ce n'est pas ce que je préfère. J'aime ce qui est clair et crie et vibre. Rien de tel ici et pourtant… Plus j'avançais dans cette histoire plus cette violence m'a happée, abasourdie, je me suis frappée à ce silence qui crie aux barreaux.
Anna s'est construit une vie idéale afin d'échapper à ses origines modestes et à une enfance malheureuse et étriquée. Avec Hughes, elle forme un joli couple solide dans sa villa au bord de mer. Sa routine est mise à mal quand son fils unique, Léo, dix huit ans est arrêté et incarcéré.
Anna va cogiter, ressasser, se battre aussi pour son fils mais quand tout part à vau-l'eau ce sont les souvenirs cauchemardes d'Anna qui viendront la noyer peu à peu. Les démons de son enfance vont péricliter sa sûreté mentale mise à mal avec l'arrestation de son fils.
Progressivement on assiste avec effroi à l'émergence d'une violence refoulée depuis trop longtemps. Une violence sourde, discrète qui voudrait hurler mais Anna est une femme modèle, une poupée qu'on a modelée à rester digne et droite.
Anna m'a beaucoup parlé, je l'ai comprise page après page avec beaucoup d'émotions.
À force de non-dits, de silences étouffants, de traumas non cicatrisés, on finit par devenir sa propre victime. On flirte dans un no man's land proche de la folie, de la confusion. Cette approche littéraire des traumatismes de l'enfance m'a beaucoup parlé. L'auteure explore très bien les dommages collatéraux et funestes d'une enfance manquée.
Le cataclysme est ici interne, sérieux, réaliste, ce qui rend ce livre des plus troublants.
Un roman que j'ai appris progressivement à apprécier, à deviner et à apprivoiser. Jusqu'à cette fin qui est en tout point, remarquable et réussie.
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alexb27
  04 septembre 2021
L'écriture de Valérie Tong Cuong, clinique, distanciée m'a parfois déstabilisée sur certains de ses ouvrages. Mais pour ce dernier roman, cette plume est parfaite. Impeccable. Implacable. Pour raconter l'implosion d'une famille bien sous tous rapports après l'arrestation du fils.
Pour narrer les traumatismes de l'enfance .
Pour faire ressentir l'urgence. L'effroi. La culpabilité.
Pour dresser enfin le portrait d'une femme qui doute, se bat et se débat.
Un conseil : Prévoyez un peu de temps avant de commencer ce roman.
En effet, une fois entamé, impossible de s'arrêter avant la dernière page.
Implacable là aussi.
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Litteraflure
  24 août 2021
Valérie Tong Cuong perçoit ce que les autres ne voient pas, ou ne veulent pas voir. Elle me rappelle ce dîner d'adultes, quand j'étais adolescente et mal dans ma peau martyrisée par l'acné. Ça buvait, fumait, riait, hurlait, planait à mille mètres au-dessus de mes angoisses. Une femme m'observait. À la fin du dîner, elle s'approche de moi et me dit : « viens, on va parler toutes les deux, tu vas me dire ce qui ne va pas ».
Un art et un don : savoir accueillir la fragilité de l'autre.
Parlons d'Anna, l'héroïne. Sa vie bascule le jour où les gendarmes embarquent son grand garçon. Toutes les familles sont suspendues à des fils ténus qui s'effilochent au moindre tiraillement. L'auteure en est l'observatrice attentive.
Anna porte ses origines modestes comme un fardeau, une cause de déterminisme, une tache indélébile. le poids du contrat social est souvent évoqué (p40, p68, p115, p131) dans le roman jusqu'à ces deux phrases, définitives : « l'homme a t-il par, son action, le pouvoir de changer sa destinée ? » et « la vie ne prête qu'aux riches et pour les autres, c'est Sisyphe ».
Ce qui arrive au fils d'Anna exhume un sentiment qu'elle avait enfouie depuis l'adolescence, depuis sa quête d'un horizon meilleur. Un sentiment dangereux, aussi puissant qu'un amour contrarié : l'injustice. Il sera d'autant plus abrasif qu'il se fracassera sur ce monde parallèle, indicible, impitoyable, obéissant à ses propres lois, comme la médecine : la machine judiciaire.
Le combat d'Anna est celui d'une mère prête à tout transgresser, tout risquer, avec pour seule excuse un réflexe immémoriel : « j'ai protégé mon enfant ».
La fin est puissante et cathartique. J'ai presque eu honte de m'en réjouir. À vous de la découvrir.
Bilan : 🌹🌹
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croquemiette
  20 septembre 2021
Connaissons-nous vraiment nos proches ?
Anna vit avec son mari Hugues et son fils Léo dans une belle villa au bord de la mer. Elle est pharmacienne, Hugues travaille aux affaires culturelles du Village. Ils côtoient les bonnes familles du coin, notamment par le biais du tennis que pratique Léo et grâce aux parents aisés d'Hugues, qui leur permettent d'habiter la villa.
Anna cache un passé lourd et violent. Issu d'une famille de petits commerçants pauvres, elle a vécu une enfance douloureuse, marquée par le harcèlement du Serpent, garçon vicelard qui lui a fait vivre l'enfer pendant des années.
Elle s'est construite pas à pas et s'est « élevée » grâce à son mariage avec Hugues, un très bon parti. Elle a tâché de gommer ses origines, de se métamorphoser, pour enterrer pour de bon la Anna d'avant, Anna la pisseuse.
Leur fils est un bon garçon. Il est déjà pris dans l'école de son choix avant même d'avoir le bac, c'est un élève sérieux et appliqué. Vraiment ?
Un matin, la gendarmerie débarque et en moins de quelques minutes, dans un tourbillon de cris et d'incompréhension, ils embarquent Léo, coupable d'avoir attaqué un flic au cours d'une manif, vidéo à l'appui.
Le petit monde d'Anna s'effondre. Elle n'arrive pas à croire que son fils ait fait une chose pareil. Pour elle, la violence et le délit concernent les pauvres, pas les gens comme eux.
Léo se retrouve le héros malgré lui de toute une tranche de la population, un symbole de contestation. Son arrestation a mis le feu au poudre, il est comme pris en otage.
On suit les répercussions de l'inculpation puis de l'incarcération de Léo sur la vie d'Anna. Son instinct maternel se réveille et elle défend son fils, coûte que coûte, quitte à s'éloigner de ses amis et à mettre en danger son couple. Ses visites en prison la plonge dans une autre sphère sociale qui la répugne, l'obligeant en quelques sortes à se confronter à ses origines et à son passé.
Valérie Tong Cuong nous offre, encore une fois, un roman d'une grande finesse et un portrait de femme réaliste et subtile. A l'aide de retours en arrière, les souvenirs d'Anna nous donnent à comprendre celle qu'elle a été et celle qu'elle est devenue, véritable transfuge de classe.
Elle aborde avec intelligence les thèmes de la vie carcérale et de la classe sociale, comment nos origines nous marquent et nous rattrapent toujours.
Son style épuré et délicat apporte de la distance sur les faits et les émotions fortes vécues par les personnages, dans cet été poisseux de canicule, dans la dure réalité du monde de la prison.
Après les guerres intérieures, je retrouve cette auteure avec beaucoup de plaisir. Dévoré en un jour et demi, je recommande chaudement ce livre.
Un roman magnifique !
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bichonbichette
  08 octobre 2021
Empêchement, ce mot marque au fer rouge Anna. Dans une mise sous tension savamment distillée, Valérie Tong Cuong, nous fait peu à peu découvrir qui est Anna.
Empêchement, ce mot Anna l'utilise pour justifier que son fils n'ait pas pu se rendre à l'école prévue après l'obtention du bac, et pour cause, Léo est en prison, et son bac attendra l'année prochaine …
Anna pensait s'être brillamment sortie de sa condition pauvre, de son adolescence de souffrance, elle a colmaté toutes les brèches, toutes les failles, mais un beau matin tout explose lorsque des gendarmes cagoulés déboulent dans sa belle maison avec piscine surplombant la mer, et embarquent son fils menottes aux poignets.
Alors tel un flot irrépressible, Anna va être submergée par ses émotions contenues depuis l'enfance, sa colère, la vraie Anna va remonter à la surface, et plus personne ne pourra l'arrêter à commencer par elle-même, jusqu'au point de non-retour.
Le style, la construction sont brillants, les personnages complexes, leurs relations subtilement analysées, tout sonne juste. Valérie Tong Cuong semble avoir eu 1000 vies pour décrire les tourments des protagonistes.
La fin surprenante saisit, on se réjouit, on a envie de dire « enfin », mais Anna ne se mettra pas debout comme semblait lui intimer une pancarte vue au bord de la route, elle se recroquevillera dans un réflexe qu'elle espère encore salvateur, on ne se refait pas si facilement…
Le message de l'auteure est sombre, peut-être vraiment s'extraire de sa condition sociale, accéder à une autre « caste » que la sienne sans dommages ? A quel prix ? quel secret protège chaque personne sous son masque ?
Peut-on vraiment changer alors que nos peurs et souffrances enfantines et adolescentes sont toujours tapies au fond de nous, nous rappelant sans cesse à celui ou celle que nous croyons vraiment être. Qui sommes-nous vraiment, l'adulte épanoui et souriant ou l'enfant apeuré malmené qui n'est pas aimé par ceux sensés lui porter amour et secours ?
J'ai été complètement happée par cette lecture qui s'est avérée addictive, difficile de poser le livre une fois commencé, une très belle découverte de cette auteure !
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critiques presse (1)
LeFigaro   14 octobre 2021
Un roman brûlant sur l’effondrement d’une famille dont le fils est envoyé en prison.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (91) Voir plus Ajouter une citation
nathavhnathavh   20 octobre 2021
N'a-t-il pas toujours su que cette amitié comportait des limites ? N'est-il pas responsable de les avoir ignorées ? A la seconde où ils ont pénétré dans la cour du lycée, il est devenu évident que Tim en serait le roi. Tim était le fils de, Tim possédait l'assurance innée que confère l'argent lorsqu'il coule à flots, autour de lui on se pressait, on cherchait à lui plaire, on espérait être l'élu(e)n la petite amie ou le meilleur ami - et on prétendait être une bande de copains égaux en droits et en devoirs, alors qu'une indéniable et pesante hiérarchie organisait les relations. Lorsque Léo avait décroché cette place de choix, celle du meilleur ami, il était implicite qu'elle comportait une servitude; Implicite aussi qu'il ne serait rien de plus, un simple satellite gravitant autour du soleil, et c'est sûrement pour cela qu'elle lui avait échu, les autres ne se seraient pas contentés de jouer les seconds rôles, mais à lui, cela paraissait correct, il serait le Sam de Frodon, le Robin de Batman. Il avait laissé Tim déguiser son sentiment de supériorité en générosité, usant et abusant du portefeuille parental.
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nathavhnathavh   20 octobre 2021
La vérité, c'est qu'elle s'était faite pour eux. Ce n'était qu'une représentation supplémentaire dans le théâtre de son existence : elle s'appliquait à montrer aux autres ce qu'ils voulaient voir et cela fonctionnait. Il y avait un prix à payer bien sûr, c'était épuisant de se surveiller, de chercher constamment dans l'oeil d'autrui la validation de ses efforts, épuisant de surmonter la crainte lancinante d'être rattrapée par le passé, mais à force de pratique, c'était devenu un état naturel, cette hypervigilance, une ligne de crête qu'elle suivait avec la certitude de servir un enjeu vital.
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nathavhnathavh   20 octobre 2021
Elle sait depuis toujours que chaque être humain porte en lui d'indicibles secrets. Il lui arrive parfois lorsqu'elle marche dans la rue, d'être piquée par cette idée et de ne plus penser qu'à cela, à chaque visage croisé : quel secret portes-tu, toi, et toi aussi, et toi encore. Quelle honte, quel crime, quel mensonge ? ces masques au poids variable, personne ne les ôtait jamais entièrement, elle en était persuadée. Jusqu'à sa mort, chacun conservait sa part d'inavouable, qu'il s'agisse de se protéger ou de protéger autrui, qu'il soit victime ou coupable.
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nathavhnathavh   20 octobre 2021
Anna avait éprouvé l'ivresse de l'alpiniste approchant le sommet de l'Everest et contemplant la courbure de la terre, le corps épuisé mais plus vivant que jamais. Ainsi, quelque vingt-cinq ans après s'être libérée de ses chaînes, poursuivait-elle encore son ascension !
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nathavhnathavh   20 octobre 2021
La porte de l'autre monde vient de s'ouvrir en grand, comme elle s'ouvre à ceux qui savent la puissance des rôles et des masques.
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Vidéo de Valérie Tong Cuong
A l'occasion du "Livre sur la Place" 2021 à Nancy, Valérie Tong Cuong vous présente son ouvrage "Un tesson d'éternité" aux éditions Lattès. Rentrée Littéraire automne 2021.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2550369/valerie-tong-cuong-un-tesson-d-eternite
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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