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ISBN : 2330113668
Éditeur : Actes Sud (17/10/2018)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Dans le dessein de dépasser la douloureuse expérience qui fut la sienne lorsqu’il lui fallut remettre définitivement en caisses la bibliothèque constituée des trente-cinq mille volumes qu’il s’était, toute sa vie, employé à amasser patiemment, ardemment et amoureusement, Alberto Manguel nous raconte ce qu’il lui en coûta de quitter son presbytère du xviie siècle au cœur de la vallée de la Loire pour déménager à New York puis, finalement, à Buenos Aires, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
fanfanouche24
  28 novembre 2018
Une lecture jubilatoire... très riche, comme tous les ouvrages de Alberto Manguel, ce célèbre féru de l'Ecrit , des livres, de la lecture et des bibliothèques...
"Parce que si toute bibliothèque est autobiographique, son remballage semble avoir quelque chose d'un auto-éloge funèbre. Peut-être ces questions sont-elles le sujet véritable de cette élégie. "(p. 58)
Texte prolixe qui aborde moult sujets, exigeant à mon sens une seconde lecture... pour en apprécier toutes les facettes...
Je démarre cette chronique avec une citation introductive . cette dernière en dit déjà beaucoup du caractère possessif, exclusif de l'auteur vis à vis des livres et de ses bibliothèques successives, s'étant beaucoup déplacé, sa vie durant, à travers le monde !
"J'ai toujours aimé les bibliothèques publiques, mais je dois avouer un paradoxe : je ne m'y sens pas bien pour travailler. (...) Je n'aime pas l'interdiction d'écrire dans les marges des livres que j'emprunte. Je n'aime pas avoir à rendre les livres si je découvre en eux quelque chose de surprenant ou de précieux. Tel un pillard avide, je veux que les livres que je lis m'appartiennent." (p. 21)
Cet érudit du Livre et des bibliothèques [ nommé Directeur de la Bibliothèque Nationale d'Argentine entre 2015 et 2018 ], nous fait part de ses pérégrinations et de celles de ses collections de livres... Ayant vécu plus d'une quinzaine d'années en France,.... il a dû repartir aux Etats Unis puis en Argentine...
Des tas de réflexions passionnantes alternant avec des digressions sur des auteurs,des textes classiques ou non, sur les religions, la philosophie... sur son déchirement de "remballer" , de ré-enfermer sa bibliothèque dans des cartons...un temps indéterminé... pour déménager une einième fois très loin, sur un autre continent... L'occasion d'aborder mille facettes de son amour multiforme pour ses livres, et les Livres, en général...
En dehors de ses ressentis envers "ses multiples enfants-papier ", Alberto Manguel alterne avec diverses digressions sur la Littérature, le Savoir, certains de ses innombrables écrivains préférés [tel Shakespeare, Cervantès, etc], son amour total des dictionnaires, ses missions de Directeur de la Bibliothèque Nationale d'Argentine [ Buenos-Aires ]... et la plus belle histoire de cet opus... reste la magique TRANSMISSION... chaîne du livre, quand on apprend qu'après près de 50 années, Alberto Manguel est revenu , en tant que Directeur, dans la bibliothèque de sa jeunesse, cette fameuse Bibliothèque Nationale où il venait , gamin, chercher le directeur de l'époque, l'écrivain Borges.... Je trouve cette histoire extraordinaire :
"La Bibliothèque nationale que j'avais connue dans les années 1960 était très différente. (...) Borges y avait son bureau au premier étage, après en avoir été nommé directeur en 1955, lorsque "l'ironie de Dieu", comme il disait, lui avait accordé simultanément "les livres et la nuit" : Borges était le quatrième directeur aveugle de la bibliothèque ( une malédiction que j'ai bien l'intention d'éviter ). C'était dans ce bâtiment que pendant plusieurs années j'avais retrouvé Borges en sortant de l'école pour le raccompagner à pied jusque chez lui, où je lui lisais des histoires de Kipling, Henry James, Stevenson. J'associe cette bibliothèque et ces histoires. "(p. 131)
Un très passionnante lecture qui aborde non seulement l'attachement d'Alberto Manguel à sa colossale bibliothèque, aux bibliothèques publiques mais aussi les sujets des religions, de la Perte (sous toutes ses formes), la philosophie, le politique, les devoirs des gouvernements "éclairés"quant au patrimoine écrit universel, aux Droits des Hommes, etc.
"Une bibliothèque nationale doit garantir la liberté de jouir de ces plaisirs-intellectuel, créatif, empathique- afin que quiconque le souhaite puisse être tenté d'aller au-delà de ce qui est offert, de ce qui est apparent, de ce qu'il est convenu de considérer comme bon. Pour atteindre ce but, beaucoup de choses sont nécessaires. Argent, travail, imagination, et un constant dialogue social, et plus encore d'imagination, plus de travail et plus d'argent. Les gouvernements doivent être amenés à comprendre l'importance du rôle que joue une bibliothèque nationale dans le maintien d'une société sous la forme d'une entité cohérente, interactive et résiliente, et fournir les fonds correspondants. Une bibliothèque nationale peut, je crois, être une sorte d'atelier de création et un endroit où sont conservés des documents où les futurs lecteurs pourront trouver des idées afin d'imaginer des mondes meilleurs. "(p. 148)

Alberto Manguel... nous communique ses très nombreux enthousiasmes dont ceux pour les dictionnaires...ainsi que pour certains classiques, dont le "Don Quichotte" dont il parle si bien !!
"Si les livres sont nos comptes rendus d'expériences et les bibliothèques nos dépôts de souvenirs, un dictionnaire est notre talisman contre l'oubli. Ni un mémorial du langage, ce qui sent la tombe, ni un trésor, ce qui implique quelque chose de fermé et inaccessible. Conçu dans l'intention d'enregistrer et de définir, un dictionnaire est en soi un paradoxe : d'un côté, il accumule tout ce qu'une société crée pour sa propre consommation, avec l'espoir d'une compréhension commune du monde; de l'autre, il assure la circulation de ce qu'il amasse afin que les mots nouveaux ne
soient pas abandonnés dans le froid. (p. 117 )
Et... toujours l'Amour des mots , des Livres qui sont les meilleurs intermédiaires de la Civilisation, du savoir et du lien aussi fraternel que citoyen, entre les personnes !!...
"Certes, la littérature peut n'être pas capable de sauver quiconque de l'injustice, ni des tentations de l'avidité, ni des mystères du pouvoir. Mais elle doit avoir quelque chose de périlleusement efficace si tous les dictateurs, tous les gouvernements totalitaires, tous les personnages officiels menacés tentent de s'en débarrasser en brûlant les livres, en imposant les livres, en ne défendant que du bout des lèvres la cause de l'alphabétisation, en insinuant que la lecture est une activité élitiste." (p. 140)
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Lesliseuses
  27 novembre 2018
J'ai adoré ce livre ! Comme les précédents d'Alberto Manguel. En le lisant, en se sent soudain beaucoup moins obsessionnelle avec les livres... Et même si on sent l'auteur un peu triste d'avour dû, comme il nous l'explique, remballer sa bibliothèque, c'est finalement pour un renouveau, une nouvelle vie imprévue.
Il aborde ses thèmes de prédilection que l'on retrouve avec plaisir (Comment ranger ? ? Plaisir du livre-ami...). Bref, on retrouve l'auteur et ses récits savants autour du livre comme on retrouverait un ami.
Possible d'en lire un peu plus sur ce livre sur mon blog les liseuses (https://les liseuses.com)
Lien : https://lesliseuses.com
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papillon_livres30
  20 novembre 2018
Dans ce livre, l'auteur, collectionneur de livres, raconte son rapport à sa bibliothèque personnelle, aux livres, aux mots, tout en faisant des digressions.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   05 novembre 2018
Le biologiste évolutionniste Marc Hauser a suggéré que tous les humains ont en commun une « grammaire universelle », inscrite dans nos circuits neuronaux et manifeste dans notre création artistique.
Des études scientifiques telles que celles de Hauser ont mené à une conclusion connue depuis longtemps des lecteurs : la littérature, mieux que la vie, offre une éducation morale et permet le développement de l’empathie, essentielle pour participer au contrat social. Peut-être l’art de raconter des histoires s’est-il développé en tant qu’instrument d’assertion de cette qualité humaine, une qualité qui joue un rôle si essentiel dans nos vies intellectuelles et sociales.
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PiatkaPiatka   07 novembre 2018
Tout traducteur sait que passer d’une langue à une autre est moins un acte de reconstruction que de reconversion, au sens le plus profond de changement de notre système de croyances. Aucun auteur français n’inventerait jamais la formule « Être ou ne pas être » pour To be or not to be, pas plus qu’un auteur anglais n’écrirait For a long time I went to bed early pour « Longtemps je me suis couché de bonne heure ». Leur langue, non leur expérience, le leur interdit, parce que bien que l’expérience humaine soit universellement la même, depuis Babel les mots que nous possédons pour nommer cette expérience commune sont différents. Après tout, l’identité des choses dépend des noms que nous leur donnons.
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fanfanouche24fanfanouche24   24 novembre 2018
L'antique grange, dont les pierres portaient les signatures de leurs maçons du XVe siècle, a abrité mes livres pendant près de quinze ans. Sous un plafond de vieilles poutres, j'avais rassemblé les survivants de nombreuses bibliothèques antérieures, de mon enfance au temps présent. (...)
Mais je ne possédais ( et ne possède toujours) ni les fonds ni le savoir nécessaire pour devenir un collectionneur professionnel. Dans ma bibliothèque, de jeunes Penguin luisants côtoyaient , heureux, de sévères patriarches à reliure de cuir. (p. 13)
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   25 novembre 2018
J'ai toujours aimé les bibliothèques publiques, mais je dois avouer un paradoxe : je ne m'y sens pas bien pour travailler. (...)
Je n'aime pas l'interdiction d'écrire dans les marges des livres que j'emprunte. Je n'aime pas avoir à rendre les livres si je découvre en eux quelque chose de surprenant ou de précieux. Tel un pillard avide, je veux que les livres que je lis m'appartiennent. (p. 21)
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fanfanouche24fanfanouche24   26 novembre 2018
Une bibliothèque nationale doit garantir la liberté de jouir de ces plaisirs-intellectuel, créatif, empathique- afin que quiconque le souhaite puisse être tenté d'aller au-delà de ce qui est offert, de ce qui est apparent, de ce qu'il est convenu de considérer comme bon. Pour atteindre ce but, beaucoup de choses sont nécessaires. Argent, travail, imagination, et un constant dialogue social, et plus encore d'imagination, plus de travail et plus d'argent. Les gouvernements doivent être amenés à comprendre l'importance du rôle que joue une bibliothèque nationale dans le maintien d'une société sous la forme d'une entité cohérente, interactive et résiliente, et fournir les fonds correspondants. Une bibliothèque nationale peut, je crois, être une sorte d'atelier de création et un endroit où sont conservés des documents où les futurs lecteurs pourront trouver des idées afin d'imaginer des mondes meilleurs. (p. 148)
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Videos de Alberto Manguel (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alberto Manguel
Exploration virtuelle de 10 des bibliothèques les plus fascinantes au monde, l?exposition La bibliothèque, la nuit est inspirée de l?ouvrage éponyme d?Alberto Manguel, coconcepteur du projet.
Dans son livre, l?écrivain canadien d?origine argentine aborde les dimensions philosophiques, logiques, architecturales ou sociales qui sous-tendent l?existence de toute bibliothèque.
Conçue en partenariat avec la compagnie de création Ex Machina et son metteur en scène, l?artiste multidisciplinaire Robert Lepage, l?exposition La bibliothèque, la nuit propose un fabuleux voyage dans le temps et de par le monde, et fait vivre une aventure immersive et sensorielle faisant appel à l?intelligence et à la mémoire.
La bibliothèque, la nuit trouve sa genèse dans une idée développée à BAnQ. Ce projet hors du commun constitue un des faits saillants des célébrations entourant le 10e anniversaire de la Grande Bibliothèque. Il contribue au rayonnement de ce lieu de beauté, de culture et de savoir qui fait la fierté de tous les citoyens du Québec.
À la Grande Bibliothèque jusqu'au 28 août 2016
Réservations à banq.qc.ca
+ Lire la suite
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