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EAN : 9782491521042
256 pages
Éditeur : Les Avrils (06/01/2021)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Esther attend ses quatre enfants, Vanessa, Bruno, Alexandre et Carole, pour un déjeuner familial. Toutefois ses espoirs de réunir la fratrie sont déçus car certains sont en retard, tandis que d'autres ne viennent pas. Les rancoeurs et les querelles anciennes ressurgissent, mais aussi les souvenirs des jours heureux.
Premier roman.
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
Cancie
  22 décembre 2020
Dans Les Grandes Occasions, son premier roman, Alexandra Matine nous dépeint Esther, l'épouse de Reza, qui par un jour de canicule, a dressé une grande table sur la terrasse de leur appartement et attend ses enfants pour le déjeuner. Cela fait des années qu'ils n'ont pas été rassemblés ici. Mais l'heure tourne et il paraît de plus en plus improbable que la famille soit réunie autour de la table.
On serait tenté de dire, mais qu'est-ce que je vais m'ennuyer à rester avec cette femme à attendre et encore attendre, avec une température et une atmosphère aussi étouffantes ? Que nenni, car Esther, tout en restant chez elle, se déplaçant seulement de la cuisine à la terrasse, va nous emmener dans sa mémoire, et alors quel voyage !
Elle repense à sa vie de jeune femme infirmière puis à sa rencontre avec Reza, ce jeune étudiant médecin venu d'Iran car dit-il « En Iran, il avait faim, en Iran, même les médecins ont faim.»
Elle évoque ensuite la naissance de leurs quatre enfants Carole, Alexandre, Bruno et Vanessa, Vanessa, la petite dernière, qui, lorsqu'elle part, laisse derrière elle le grand vide. Car, depuis son départ, s'ils reçoivent des voisins ou amis, ce ne sont en fait que les patients de Reza, dont celui-ci aime s'entourer pour les entendre le louer, l'admirer, le remercier. Esther aimerait bien aussi parler d'elle, ou parler des enfants. Mais quand elle en parle, « c'est comme si Reza disparaissait, il se soustrait.»
C'est un récit extraordinairement vivant et envoûtant qui nous est donné à lire. le récit d'une famille où l'on sait ni se parler ni s'écouter. Chacun des personnages, que ce soient les parents ou les enfants reste à distance et n'arrive pas à montrer ses sentiments.
Les trop nombreux silences et non-dits les ont conduits à une complète incompréhension, impossible à briser. Entre eux, une tension permanente persiste.
Le tyrannisme du père traumatisé par son enfance en Iran, le conflit entre les frères, l'angoisse pour la mère en voyant s'éloigner ses enfants nous montrent comment des liens familiaux que l'on dit souvent indéfectibles peuvent se briser. Cela fait également écho à cette belle chanson de Maxime le Forestier « Né quelque part » dont les premières paroles sont : « On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille. »
L'auteure démontre avec ce premier roman fort réussi que les relations familiales peuvent facilement se détériorer sur une accumulation de silences et de non-dits.
Si, à mon avis, l'écrivaine a peut-être un peu forcé la dose en dépeignant cette désunion et en choisissant des cas sans doute exagérés, néanmoins, elle met en avant ce qui est certainement commun au sein de nombreuses familles, à savoir les secrets et les incompréhensions.
Ce que j'ai particulièrement aimé dans ce roman, c'est la manière dont Esther conçoit la famille, la comparaison avec une tapisserie dont elle tisserait les fils de soie colorés année après année : « Des milliers de petits noeuds délicats dont parfois un, malgré elle, se brisait. » L'épouse d'Alexandre s'appelle curieusement Pénélope… L'auteure sous-entendrait-elle que ce sont principalement les femmes qui tissent les liens familiaux ?
Je remercie les éditions Les Avrils - Une nouvelle collection de littérature au sein du groupe Delcourt, ainsi que Babelio pour m'avoir donné l'opportunité de découvrir ce beau roman.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Ptitgateau
  14 février 2021
Elle gît aujourd'hui sur un lit d'hôpital,
Esther qui ne demandait qu'à être aimée, qui avait rencontré, croit-elle, l'amour de sa vie, qui laissera son métier d'infirmière pour se consacrer à ses enfants, une femme qui, telle Pénélope va tisser la toile de sa vie, car ce tapis imaginaire qu'elle composera noeuds après noeud ne sera autre chose qu'une toile propre à retenir la progéniture, à la garder pour elle, femme en mal de reconnaissance qui subira bien des affronts de la part de son mari comme de ses enfants.
68 premières fois
Challenge Multi-défis
Alors elle attend, elle attend les grandes occasions ... la richesse qu'elle espère, c'est de voir encore une fois, rien qu'une fois, sa famille réunie...

Ce roman est le roman d'une attente, de l'espérance d'une vie, une vie racontée durant cette longue attente, une vie ... de famille ? Peut-être...

Si j'ai apprécié ce roman dans lequel la psychologie tient une part importante, et si je me suis attachée au devenir des personnages, je ne peux pas affirmer que j'ai pleinement apprécié le récit, question de style. J'ai toujours autant de mal avec la façon dont certains auteurs brodent autour du sujet, des phrases courtes, souvent non verbales, qui noient la trame dans une multitude de détails non essentiels, même si je reconnais que dans le présent roman, c'est peut-être nécessaire car ce récit est le fruit d'une pensée et une description détaillée de la psychologie de notre héroïne.
Il n'en demeure pas moins un écrit intéressant et profond.
Lien : https://1001ptitgateau.blogs..
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diablotin0
  13 décembre 2020
La politesse veut que l'on remercie lorsque l'on nous fait un cadeau, mais aujourd'hui mes remerciements vont bien au-delà d'un acte de politesse. C'est un très grand merci à Babelio qui m'a fait, à travers une masse critique privilégiée, connaître le merveilleux livre d'Alexandra Matine "les grandes occasions".
Sans cette masse critique, il y aurait eu peu de chance pour que je découvre ce merveilleux livre. le titre et la couverture ne m'auraient pas attirée. Que cela aurait été dommage ! ce roman est écrit avec une plume tout en finesse et en délicatesse. J'adore ce style qui est d'une efficacité redoutable. L'histoire que je ne vais pas raconter ici, le résumé de la quatrième de couverture est amplement suffisant.
Si je ne mettais pas fait violence, j'aurais recopié la moitié du livre en citation. Chaque page est un moment d'émotion. Ce roman est bouleversant, troublant. Il faut le lire, il ne faut pas le laisser sur les tables des librairies, emportez-le avec vous, vous ne le regretterez pas.
Alexandra Matine, votre premier roman est une pure merveille, vous avez une sensibilité qui m'a touchée, troublée et bouleversée, Merci. Je n'oublie pas également de remercier les éditions Les Avrils. L'envoi de votre catalogue m'a en plus donné l'eau à la bouche, plusieurs titres font désormais partie de mes prochains achats.
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cicou45
  16 décembre 2020
C'est bien connu que l'on ne choisit pas sa famille et que c'est elle qui vous choisit. Avant de débuter cette critique, je voudrais remercier babelio pour cette opération Masse Critique Privilège ainsi que la maison d'édition Les Avrils (que je ne connaissais pas jusqu'alors mais je crois que désormais je vais suivre leurs publications d'un peu plus près).
Esther, la mère, a toujours voulu tisser des fils invisibles certes mais des fils qui maintiendraient une certaine harmonie au sein de sa famille, entre son époux Reza et ses quatre enfants. Au début, l'on se parlait, ou du moins l'on maintenait cette apparence puis les occasions de se réunir tous ensemble sont devenus de plus en plus rares. Les enfants ont grandi et chacun a fait sa vie sans se soucier de la mère qui n'attendait qu'une seule chose : avoir à nouveau chez elle ses quatre enfants réunis avec leurs conjoints et leurs enfants. Mais, devant l'amour désespéré de cette femme, les quatre enfants, Carole, Alexandre, Bruno et Vanessa, il y a eu de plus en plus de distance, et surtout face à l'amour étouffant car toujours dissimulé (par pudeur ?) et non-dit de cette femme qui devient de plus en plus envahissante et qui procure à ses petits-enfants tout l'amour qu'elle n'a pas su leur apporter durant leur enfance à eux. Et puis, il y a eu les conflits, entre les deux frères surtout, sans que le lecteur ne sache de quoi il en retournait exactement. Aussi, 'un veille toujours à ne plus se retrouver dans la même pièce que l'autre depuis ce fameux soir du mariage de Bruno. Il y a eu des mots violents entre les deux frères et ni Esther ni le lecteur n'en saura plus car ceux-ci ont été prononcés tout bas. Mais alors que l'état de santé d'Esther se dégrade et que ses jours sont comptés, les quatre frères et soeurs n'ont pas d'autre choix que de se retrouver réunis de nouveau et, avec le père qui plus est, cet homme à qui l'on n'a jamais vraiment parlé et à qui l'on ne sait quoi dire. Il ne reste plus qu'une seule chose' à faire : de nouveau, faire semblant, semblant afin de sauver les apparences et de montrer que l'on est une famille unie.
Un roman dérangeant car il s'attarde sur des points extrêmement sensibles que sont la famille dans laquelle on vit malgré soi et qui, au fils du temps, l'on ne voit plus que pour les "grandes occasions" et la famille que l'on se construit par a suite. Si l'on choisit la seconde, on n'a pas d'autre choix que de subir la première et cela peut parfois, comme ici, être un véritable fardeau. Un premier roman extrêmement bien écrit et qui ne peut que toucher le lecteur, ou du oins l'amener à réfléchir sur le sens de ce qu'il entend réellement par le mot "famille". A cette époque de l'année où l'on nous déconseille justement de se réunir trop nombreux "en famille", un livre qui se veut malgré lui d'actualité même si ce n'est pas pour les mêmes raisons. A découvrir !
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isabelleisapure
  01 janvier 2021
Si ce livre ne m'avait été offert par Babelio et les Editions Les Avrils que je remercie, il est fort probable que je n'aurais pas dépassé le cinquantième page.
La première phrase m'a agacée : « Aujourd'hui, Esther va mourir. Ou demain. Ou dans quelques jours. On ne sait pas. »
J'ai pensé à Camus et à la célèbre phrase d'introduction de « L'étranger » : « Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »
Trop de similitude m'a troublée pour ne pas dire plus.
L'écriture des cinquante premières pages m'a semblée lourde, poussive, sans relief ce qui m'a gênée pour m'imprégner de l'histoire.
Et subitement, dans un nouveau chapitre, miracle, la plume d'Alexandra Matine, se transforme réussissant à trouver le juste milieu pour garder la profondeur nécessaire à son histoire et l'aisance pour me happer dans une histoire de famille lourde de secrets, de non-dits, de jalousie mais avec malgré tout beaucoup d'amour.
J'ai aimé le personnage principal, Esther, la mère, sur qui tout repose.
Elle n'a qu'un but, maintenir l'union de la famille et ce n'est pas une mince tâche.
Lorsqu'elle y parvient, un jour de canicule, tout est prêt sur la terrasse inondée de soleil, la table dressée. Cette réunion sera une réussite, elle n'en doute pas.
Sauf que les enfants annulent l'un après l'autre sous des prétextes peu convaincants.
Pour ne pas sombrer, Esther part dans ses souvenirs : sa jeunesse, sa rencontre avec Reza qui deviendra son mari, son voyage en Iran où elle l'accompagne pour faire la connaissance de sa belle-famille, la naissance des enfants.
En conclusion, malgré des débuts difficiles, Alexandra Matine dépeint avec justesse les relations familiales et fraternelles mais aussi les émotions humaines, la vie en somme. Elle dresse avec beaucoup de finesse le portrait et le parcours de vie de chacun des personnages, leurs blessures et leurs fragilités, tout en révélant les malentendus, les non-dits et les secrets enfouis des uns et des autres, mettant alors petit à petit en lumière les motifs de la discorde.
Une belle et émouvante lecture.
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
gromit33gromit33   23 février 2021
Entre les enfants, il y a le silence, et la violence de ce silence. Avec les petits enfants, le silence est une pudeur. Le silence est une douceur. Il n' a pas besoin de parler. C'est un silence calme. Totalement calme. Un silence qui n'annonce rien. Un silence qui est content d'être là. Un silence qui se vit. Ce n'est pas une anxiété. Pas une appréhension. p192
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   23 février 2021
Quand ils étaient petits, il leur disait toujours : "Je travaille pour vous. Je travaille pour vous offrir des vacances. Pour que vous ne soyez pas moqués à l'école. Pour que vous puissiez partir au ski. Pour que vous n'ayez pas honte d'emmener vos amis à la maison. Pour que vous puissiez faire des études. Les études que vous voudrez. Aussi longtemps que vous voulez. Et je pourrais payer. Je pourrai toujours payer." Il disait : "Je travaille pour que vous n'ayez pas à compter les poux sur votre corps comme j'ai dû le faire. Que vous n'ayez pas à voler des os dans les poubelles des bouchers." Quand il disait ça, les enfants se taisaient. Esther aussi se taisait.
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   23 février 2021
Elle voulait Reza, ses enfants et se réunir le dimanche. Elle pouvait tout supporter pour ça.
Pour les autres elle était perdante, et oui souvent, elle avait perdu. Mais bizarrement elle se sentait victorieuse. Elle avait planté son drapeau sur cette terre hostile et aride. Et de cette terre elle avait juré de faire naître et grandir sa famille. Elle avait gagné parce qu'elle avait continué, malgré les brimades et l'indifférence, à tisser chaque jour, patiemment, sa famille. Tant qu'ils continuaient à se voir. Tant que les enfants continuaient à venir, elle avait vraiment gagné. C'était aussi simple que ça.
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   23 février 2021
À l'image de liberté se substitue une autre image. Celle de Reza. Celle que Reza a construite patient après patient, jusqu'à l'appartement et la terrasse. C'est une image qui lui laisse moins de place. Moins d'air pour respirer ou pour courir. L'image de Reza enfle et pousse son image à elle. Elle devient réalité. Il faut s'y résigner. C'est comme ça qu'elle le voit. C'est son image à lui qui a gagné. Jaunie, les coins émoussés et les pliures profondes, l'image de sa liberté n'existe plus qu'en elle.
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AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   23 février 2021
Elle regarde sa montre. Ils ne devraient pas tarder. Elle regarde la table vide. Et toutes les chaises autour. Aujourd'hui il n'y aura pas de chaise vide, se dit-elle. Ils seront tous là. Dans quelques minutes ils seront là. Ils viendront peupler le silence et le vide. Ajouter leur chaleur à la chaleur de l'air. Et pendant qu'ils parleront, Esther verra se resserrer les fils qu'elle a si patiemment noués et que la vie, injuste et acharnée, a distendus, effilochés, cassés.
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Video de Alexandra Matine (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alexandra Matine
Alexandra Matine a 35 ans. Elle vit à Amsterdam. 'Les Grandes Occasions' est son premier roman. Écriture hypnotique, construction implacable, acuité folle, elle s'empare ici du vaste sujet qu'est la famille. - mis en ligne par les éditions Les Avrils.
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