AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782226450289
288 pages
Albin Michel (31/03/2021)
  Existe en édition audio
4.1/5   124 notes
Résumé :
Sur les pentes abruptes du mont Kujira-yama, au milieu d'un immense jardin, se dresse une cabine téléphonique : le Téléphone du vent. Chaque année, des milliers de personnes décrochent le combiné pour confier au vent des messages à destination de leurs proches disparus.
En perdant sa mère et sa fille, emportées par le tsunami de 2011, Yui a perdu le sens de sa vie. C'est pour leur exprimer sa peine qu'elle se rend au mont Kujira-yama, où elle rencontre Takes... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
4,1

sur 124 notes
5
40 avis
4
22 avis
3
3 avis
2
2 avis
1
0 avis

alexb27
  31 octobre 2021
« Yui lui avait appris que demain, par principe, n'existe pas. »
Yui le sait bien elle qui a perdu sa mère et sa fille dans le terrible tsunami du 11 mars 2011. Et rien ne peut atténuer sa culpabilité d'être toujours vivante et sa difficulté à surmonter ce deuil, à vivre sans elles. Quand elle découvre l'existence d'une cabine téléphonique battue par les vents où il est possible de s'épancher auprès de ceux qui sont partis, elle s' y rend et rencontre Takeshi, père d'une petite fille, endeuillé par le décès de sa femme. Une rencontre décisive. Désormais le voyage dans ce lieu de confession se fera à deux…
Un très beau roman sur le deuil, la résilience, la reconstruction, l'acceptation d'aimer à nouveau. C'est doux, poétique, pudique, émouvant. Une très belle lecture.
Commenter  J’apprécie          431
Pat0212
  01 décembre 2021
J'ai beaucoup aimé ce magnifique roman lu par Clara Brajtman avec le ton juste et une voix douce qui donne vie à Yui, une animatrice de radio qui a perdu sa mère et sa petite fille de trois ans lors du tsunami du 11 mars 2011 et qui ne s'en remet pas. Trois plus tard, alors qu'elle présente une émission sur le deuil, un auditeur parle du téléphone du vent, installé dans un grand jardin. Il n'est pas branché et les gens viennent y parler à leurs proches décédés. Yui décide alors de s'y rendre. Elle ne peut franchir le pas et parler à ses disparus lors de ce premier voyage, mais elle rencontre Takeshi, un chirurgien qui a perdu sa femme et dont la petite fille de six ans ne parle plus depuis lors. Ils reviennent chaque mois dans le jardin et rencontrent d'autres personnes endeuillées, partagent leurs histoires et s'entraident de leur mieux. Peu à peu Yui et Takeshi se lient d'amitié, apprennent à se connaître. La vie reprend ses droits petit à petit, ils osent aspirer au bonheur et à l'amour retrouvé. Cette nouvelle étape de leur vie n'est pas simple pour la jeune femme qui a beaucoup de peine à se donner le droit d'aimer de nouveau et se pose beaucoup de questions sur ce que sera sa relation avec Hanna lorsqu'elle sera adolescente, arrivera-t'elle à l'aimer vraiment et supporter un conflit probable ?
Ce roman est très touchant, tout en délicatesse et en poésie, les sentiments blessés des héros sont décrits avec une grande pudeur. L'auteure y parle des différentes étapes du deuil et aussi de différents deuils. Certaines personnes sont encore en vie, mais tellement atteinte dans leur intégrité que leurs proches sont en deuil, comme le fils de ce pêcheur, survivant du tsunami mais qui y a laissé sa raison, il lui faudra de nombreuses rencontres avant de pouvoir raconté son histoire à ses amis. La petite Hanna ne retrouvera la parole qu'après avoir parlé à sa mère dans le téléphone du vent. Ce téléphone existe vraiment et aide de nombreuses personnes à avancer dans leur processus de deuil, afin que la vie puisse reprendre le dessus. Venant d'une culture où le fait de parler aux morts est un tabou absolu, j'avoue que cette pratique m'étonne.
J'ai beaucoup aimé le personnage de Yui, qui a toujours le bon ton. Elle parle de ses sentiments avec pudeur et on suit ses lents progrès sur le chemin du retour à la vie. Son questionnement sonne juste, elle ne se lance pas tête baissée dans sa nouvelle vie. Entre les chapitres, il y a des listes diverses, concernant les personnages. Elles disent l'importance des petites choses de la vie et du moment présent, du fait qu'il faut savourer le bonheur quand il est là. Yui avait acheté plusieurs cadeaux et vêtements pour sa fille d'avance et n'a jamais pu les lui donner, elle décide alors d'offrir tout de suite ce qu'elle prévoit. Elle se demande si le risque d'être rejetée durant l'adolescence d'Hanna, dans dix ans, vaut la peine d'être pris. Finalement ce rejet n'est pas une certitude et tout peut bien se passer, Yui ose alors aller de l'avant. On ne sait pas ce que l'avenir nous réserve et il ne faut pas se priver d'un bonheur présent à cause de problèmes qui ne se poseront peut-être même pas. Je pense que toutes les femmes qui tombent amoureuse d'un père de famille se posent ces questions-là.
Ce livre est un magnifique hymne à la vie et à la résilience, il nous parle de la douleur universelle de la perte. Mais l'espoir existe et avec le temps, la vie continue grâce à l'amour et à l'amitié. On n'oublie pas les défunts, mais on accepte que notre vie ne finisse pas avec la leur. Un grand merci à Audiolib et Netgalley pour ce coup de coeur. La couverture est aussi très belle et sa
Lien : https://patpolar48361071.wor..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
lemurmuredesameslivres
  07 avril 2022
Il existe au Japon, dans le vaste jardin de Bell Gardia, un endroit fantastique où les vivants peuvent parler à leurs proches décédés. A dire vrai, ce n'est pas vraiment un endroit mais une cabine téléphonique, poétiquement nommée le "Téléphone du Vent". Pour l'utiliser, rien de plus simple, il suffit de décrocher le combiné et de parler. Dans un pays qui pleure encore ses morts suite au tsunami dévastateur de 2011, nombreux sont ceux qui se rendent sur le mont Kujira-yama, pour soulager un peu leur peine en contactant des êtres disparus. C'est le cas de Yui, animatrice de radio, qui a perdu sa mère et sa fille. Régulièrement, elle se rend sur la colline pour décrocher le fameux combiné, mais chaque fois, ses forces l'abandonnent. Alors elle se contente de contempler les jardins alentours, jusqu'au jour où elle fait la connaissance de Takeshi, un jeune veuf venu de Tokyo. Deux protagonistes essentiels, autour desquels le roman va prendre forme.
.
D'aucuns disent que le temps guérit toutes les blessures. Si rien n'est moins subjectif, le temps a pourtant bien son importance dans ces pages. Malgré les courts chapitres qui composent le roman, ce dernier semble déployer ses ailes avec lenteur, enveloppant avec bienveillance tous les personnages de cette histoire. Il les accompagne, jour après jour, jusqu'à la résilience. le "Téléphone du Vent", quant à lui, est bien plus qu'un objet ou une destination de pèlerinage. C'est un symbole, qui console les âmes et porte en lui le pouvoir de guérison. L'autrice explore avec pudeur la psychologie et les sentiments. Il y a dans ses mots une forme de respect et de délicatesse, qui confère à ses personnages une grâce singulière.
.
Monsieur Suzuki, le gardien, contribue à apaiser les êtres, toujours avec discrétion et humilité. Grâce à lui, Bell Gardia est un lieu d'échanges et de rencontres. Car si tous portent en eux le deuil, ils sont, pour la plupart, avides de souvenirs, de paroles et de sourires. Il y a cet homme, qui cache derrière ses mots emportés, la mort de son fils. Car « On reste parents, même quand nos enfants ne sont plus. » Ou encore cet adolescent, qui vient confier au vent tout l'amour qu'il éprouve pour ce père éteint. Tous apportent une belle consistance au roman. J'ai particulièrement aimé suivre Yui dans son chemin vers la sérénité, prendre part à ses doutes, affronter ses inquiétudes. Elle qui tente de retrouver, grâce aux petits bonheurs quotidiens, le goût sucré de la vie. J'ai encore en tête sa théorie de la dissociation corporelle, qui m'a à la fois amusée et touchée. Pourtant, ce ne sont pas tant les personnages qui m'ont plu, que la façon dont l'autrice raconte leur histoire.
.
Dans Ce que nous confions au vent, Laura Imai Messina évoque le deuil, l'amour et la reconstruction, avec une grande délicatesse. Jamais elle ne sombre dans le pathos, et c'est l'une des raisons pour laquelle j'ai trouvé ce roman si beau. (A propos de la version audio) Par ailleurs, comme en parfaite harmonie, Clara Brajtman offre une interprétation magistrale. Lors de cette relecture, j'ai à nouveau été bouleversée par les émotions, admirative de sa diction, de sa voix rafraîchissante et de son accent impeccable. Tout comme Clara Ysé avec Mise à feu, je ne conçois pas Ce que nous confions au vent autrement qu'en version audio. J'ai trouvé l'ensemble magnifique et lumineux !
.
Ma chronique est sur le blog.
Caroline - le murmure des âmes livres
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Didjmix
  28 octobre 2021
Quand je vois les avis dithyrambiques sur ce livre, je dois vraiment être passé à côté : aucune émotion n'en ressort. Quelques belles phrases, mais trop de sujets abordés sans développement suffisant. Je reste sur ma fin (sans mauvais jeu de mot : fin ? deuil ? ok je sors !). Tirée d'une histoire vraie, l'idée peut même être séduisante pour ceux qui ont besoin de parler à leurs "disparu(e)s : au Japon, après le tsunami de 2011, dans son jardin privé, un propriétaire qui a aussi croisé le deuil, a posé une cabine téléphonique pour que chacun puisse venir parler au "vent" : il n'y a rien d'ésoterique, aucun mysticisme ni médiumnité, un défouloir que chacun vit à sa façon. Son succès est considérable, au delà du village. Comme une croisade. Parce qu'il reste toujours au moins un pourquoi, qu'on porte comme une croix !
Commenter  J’apprécie          251
adrianalitdeslivres
  08 septembre 2021
Inspiré d'une véritable histoire, voici "Ce que nous confions au vent" de Laura Imai Messina, un roman sur Yui. Cette dernière, alors qu'elle animait une émission sur le deuil, apprend l'existence d'une vieille cabine téléphonique qu'un homme a installée dans son jardin. Petit à petit, les gens commencent à se rendre à la cabine téléphonique pour parler à leurs proches décédés lors du tsunami au Japon le 11 mars 2011. Yui, mère célibataire, a perdu sa mère et sa fille dans cette tragédie et a passé des années à essayer de continuer sa vie et de faire face à tout ce qui s'est passé, mais elle n'y arrive pas vraiment. Quand elle apprend l'existence de ce "téléphone du vent", elle décide d'y aller.
Bien qu'elle ne soit pas encore capable de décrocher le téléphone, son voyage n'est pas en vain, car elle rencontre un homme nommé Takeshi qui est devenu père célibataire d'une jeune fille après avoir perdu sa femme dans le tsunami également.
Je ne souhaite pas vous dévoiler autre chose car ça sera dommage d'en savoir plus que nécessaire sur cette belle histoire. le récit suit généralement Yui et Takeshi dans leurs voyages avec chagrin, mais en même temps, elle comprend également d'autres histoires qui m'ont beaucoup touchée.
Ce n'est pas un livre à parcourir à la va-vite, mais à découvrir et à apprécier lentement pour ce qu'il est. Comme on peut s'y attendre, il y a une atmosphère définie de mélancolie et de chagrin, mais en même temps, il y a aussi un souffle d'espoir.
Je ne sais pas si ce livre finira par toucher une corde sensible chez tout le monde, mais pour moi, son exploration du deuil était si brute et si pertinente qu'il a fini par me toucher d'une façon beaucoup plus importante que je n'y pensais.
J'ai trouvé très intéressant le fait qu'entre chaque chapitre, il y avait une petite bouchée de vie. Il y avait des listes banales, un objet décrit, une courte conversation entre les personnages. Ils étaient en quelque sorte liés à l'histoire et j'ai adoré la façon dont ils aidaient à donner vie aux personnages un peu plus, montraient à quel point ils étaient "ordinaires".
Certains livres sont trop beaux et trop passionnants pour être capturés avec précision dans une critique. le risque de les "écraser " est trop grand. Ce livre en fait partie.
Ce beau roman raconte une histoire de perte universelle et du pouvoir de l'amour. Il restera gravé dans mon coeur et dans mon esprit pour toujours. En ces temps difficiles auxquels nous sommes confrontés, il aborde des questions que nous pourrions tous avoir - comment se connecter avec ceux que nous avons aimé et perdu et comment nous permettre de vivre et d'aimer à nouveau. Magnifiquement écrit, sensible et évocateur, il brosse le tableau d'un monde intérieur et extérieur qui est imprégné à la fois de tragédie et d'espoir. Il m'a émue aux larmes et m'a donné envie d'exprimer mes propres pensées secrètes dans la cabine téléphonique au bout du monde...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160


critiques presse (1)
LaCroix   07 juin 2021
Dans ce roman d’une immense délicatesse, une jeune femme durement frappée par la vie découvre l’existence d’une cabine téléphonique où parler à ses défunts.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
inajiinaji   05 septembre 2021
Tous ceux qui ont vécu un grand deuil se demandent à un moment donné ce qui, d’apprendre ou de désapprendre, est le plus difficile. Longtemps, Yui fut incapable de le déterminer, mais elle n’en doutait plus maintenant : le plus pénible était de désapprendre.
Quand la petite était morte, avec une règle et un feutre, elle avait tracé une diagonale en travers de toutes les pages vierges.
Puis elle s’était efforcée de se dépenser physiquement, pour pouvoir compter sur son corps quand son esprit défaillait. Mais il lui arrivait encore de s’inquiéter machinalement de la date d’un rappel de vaccin ou de penser à un petit cadeau à lui faire, et elle se rendait compte que l’esprit ne renonce pas aisément à ce qu’il a un jour appris.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Nat_85Nat_85   05 septembre 2021
Le bonheur s'enseigne davantage par l'exemple qu'avec des mots et surtout, qu'il faut avoir une bonne dose de joie de vivre pour pouvoir la transmettre à autrui.
Commenter  J’apprécie          110
FuyatingFuyating   17 juin 2021
Il suffit de ne plus parler d'un homme pour l'éliminer à jamais. C'est pourquoi on doit se souvenir des histoires, parler avec les gens, parler des gens ; écouter les gens parler d'autres personnes, et même dialoguer avec les morts s'il le faut.
Commenter  J’apprécie          50
tuicatuica   03 mai 2021
« Mais en écrivant ce livre, j’ai compris ...que le devoir de la littérature est de suggérer de nouvelles façons d’être au monde, de relier l’ici-bas à l’au-delà. À mes yeux le téléphone du vent est essentiellement cela, une métaphore rappelant qu’il est précieux de s’accrocher aussi bien au bonheur qu’ a la peine. Que même face aux pertes que la vie nous impose, nous pouvons nous ouvrir à tous les cadeaux qu’elle nous fait ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
nathavhnathavh   19 juin 2021
Yui comprit que la tristesse conserve toujours des traces de joie ; que nous gardons gravée en nous l'empreinte de ceux qui nous ont appris à aimer, à être tour à tour heureux et malheureux ; de ces personnes rares qui ont su nous montrer comment y voir clair dans nos sentiments, comment repérer les zones hybrides, celles qui nous rendent vulnérables mais aussi différents - uniques et différents.
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Laura Imai Messina (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laura Imai Messina
Extrait du livre audio "Ce que nous confions au vent" de Laura Imai Messina lu par Clara Brajtman. Parution CD et numérique le 15 septembre 2021.
https://www.audiolib.fr/livre/ce-que-nous-confions-au-vent-9791035406967/
autres livres classés : deuilVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura




Quiz Voir plus

Grandes oeuvres littéraires italiennes

Ce roman de Dino Buzzati traite de façon suggestive et poignante de la fuite vaine du temps, de l'attente et de l'échec, sur fond d'un vieux fort militaire isolé à la frontière du « Royaume » et de « l'État du Nord ».

Si c'est un homme
Le mépris
Le désert des Tartares
Six personnages en quête d'auteur
La peau
Le prince
Gomorra
La divine comédie
Décaméron
Le Nom de la rose

10 questions
687 lecteurs ont répondu
Thèmes : italie , littérature italienneCréer un quiz sur ce livre