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ISBN : 2729119566
Éditeur : Editions de La Différence (10/11/2011)

Note moyenne : 3.35/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Comment devient-on stagiaire dans une célèbre maison d’édition ? Qu’est-ce qu’on y fait ? Quelles sont les relations avec les éditeurs en titre ? Sur quels critères sont retenus les manuscrits et comment se manifestent les relations de pouvoir dans ce monde à part, chargé d’un passé littéraire glorieux ? L’histoire de la maison ne pèse-t-elle pas sur les esprits de ceux qui y travaillent au point de leur donner la certitude ou l’illusion d’appartenir à une aristocra... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Cylhis
  16 juillet 2013
Il s'agit du récit d'un homme d'une quarantaine d'années qui, travaillant dans le domaine scientifique et désireux de connaître le monde de l'édition, voit son voeu exaucé en devenant le stagiaire d'une grande maison parisienne. Il en ressortira nourri d'une nouvelle vision sur le livre, sur la manière dont il est perçu par ceux-là mêmes qui le mettent aux mains du lecteur, sur le difficile chemin qui va du manuscrit à la librairie. Car pour accéder au Saint-Graal de la parution, il faut connaître les codes qui régissent ce monde, et avoir déjà un pied dans ce cercle si étroit. Essentiellement cantonné à la lecture des manuscrits reçus quotidiennement et en quantité astronomique par la maison d'édition, le narrateur se frotte à une médiocrité dont il ne soupçonnait pas l'étendue. Les allées et venues des différents acteurs de ce "cercle" s'ajoutent au spectacle de ce monde si particulier, pétri de paradoxe puisque se proclamant artiste et ouvert, tout en suivant des règles bien strictes, implicites, que tout le monde connaît et finalement défend. Comme tout domaine, il faut en connaître le fonctionnement pour y naviguer.
Le regard du narrateur, qui n'est pas celui d'un "jeune" stagiaire démuni de toute expérience, tant professionnelle que privée, est riche de ses observations d'étranger, de son recul certain sur ce monde, mettant le doigt sur des choses qui pourraient sembler anodines, mais qui forment mises bout à bout, un tableau assez fidèle de ses "vieilles" maisons d'édition parisiennes.
À lire pour y découvrir un monde à part, et pour avoir une autre vision sur les livres que ces maisons publient.
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Melopee
  18 août 2012
Ce journal de stage est celui fait par l'auteur, Bruno Migdal, lors d'un passage très instructif chez un gros éditeur parisien. Ce qui m'a intéressé c'est cette incursion par un homme tout à fait néophyte, déjà installé dans sa vie et qui aurait donc bien peu de choses à faire parmi les jeunes recrues, les nombreux stagiaires et autres CDD longue durée. Car l'édition semble bien, à travers son regard, un milieu relativement instable où chacun doit défendre sa place, se montrer efficace et égrener les piles de manuscrits "plus vite que son ombre".
Je dois bien avouer être tout à fait intriguée par les rouages de l'édition et, même si ce carnet de notes est bref, il n'en dévoile pas moins certains travers : la surexploitation des stagiaires et autres contrats précaires, le très faible ratio entre quantité d'oeuvres reçues et publication effective. C'est cet envers du décors qu'il me plaisait de voir de l'intérieur. Tout en me doutant des conditions de travail, de la rigueur demandée, j'ai tout de même été surprise par ce rythme incessant et qui s'infiltre même à l'extérieur (combien sont-ils ceux qui prennent pour leur chevet des copies à lire, pour le soir et le week-end?).
On en vient à s'interroger sur les critères de sélection des lecteurs formés sur le tas, sur le toujours très grand nombre de prétendants à la publication et sur le rythme des castes qui oeuvrent en haut, celles qui ont les pleins pouvoirs de faire "quelqu'un". Il y a bien sûr une observation des copinages qui révèle certains laissez-passer et autres invitations peu chèrement gagnées. Il y a aussi les repas, formels et confinés, mais qui semblent être le moment pour s'intégrer aux autres. Bien entendu, il va sans dire que les écrivains sont eux aussi présents, dans ce rapport de stage, et le moins qu'on puisse c'est qu'ils sont froids et hautains lorsqu'ils n'ont pas affaire à quelqu'un de la maison (le stagiaire n'est bien évidemment pas l'interlocuteur attendu).
Le ton de Bruno Migdal est tantôt descriptif, tantôt aiguisé et fin, pointant avec intransigeance ceux qui l'entourent. Il n'est pas dénué d'humour et prend sa tâche au sérieux, tout à fait conscient de la chance d'être là. Je dois bien avouer que j'aurais aimé une telle initiation, quitte à être amère ou interloquée car la vie de ces grandes maisons nous garantissent bien souvent les plaisirs de lecture de demain. Alors pourquoi se priver d'une telle expérience? Bruno Migdal l'a bien compris et nous offre un portrait sans concession de la grande boîte dans laquelle il a oeuvré quelques temps.
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keisha
  30 mars 2012
Particulièrement depuis que je tiens ce blog et que je reçois quelques livres (pas tant que cela, d'ailleurs, moi aussi je trie pas mal) d'adresses parisiennes, je rêve de découvrir l'envers du décor des maisons d'éditions. J'imagine de belles salles aux parquets luisants baignés de soleil, aux murs couverts de livres, les manuscrits s'entassant sur les bureaux et envahissant même le sol. Les cris de joie des lecteurs maison à découvrir une oeuvre superbe... N'étant pas naïve à ce point quand même, la découverte du petit opus de Bruno Migdal ne m'a pas trop traumatisée.

Bruno Migdal "travaille dans un établissement scientifique en région parisienne" et a décroché à la fois un congé du-dit établissement et un stage de trois mois (non rémunéré) chez un éditeur, rue des Saints Pères. Ne vérifiez pas, c'est Grasset.

Portant sur cette petite fourmilière un regard amusé, bienveillant et décontracté, il croque le portrait des habitués de la maison, éditeurs et auteurs, que l'on reconnaîtra aisément, réduits à des initiales (de ma petite province non germanopratine, je les ai reconnus, c'est dire!), dévoile quelques habitudes, raconte son quotidien de lecteur et rédacteur de fiches, sans grand pouvoir décisionnaire. Les manuscrits sont souvent médiocres, un auteur anonyme sans espoir d'être édité fait une apparition pathétique, un manuscrit sortant du lot est cependant refusé.

C'est court, agréable à lire, amusant et instructif. Coïncidence, j'ai lu en gros au même moment La liseuse de Paul Fournel, qui se déroule dans le même milieu éditorial.

"Étrange regard que celui d'un premier lecteur sur un texte sur lequel ne s'est jamais posé et ne s'en posera guère d'autres. regard qui, avant cette expérience, s'inscrivait toujours dans le cadre préalablement disposé, composé, modelé, par des paysagistes: ici, le défricheur c'est précisément vous, vous seul, ce qui oblige à réajuster et redéfinir votre champ de vision.Un texte publié, même médiocre, répond toujours à des critères formels qui, même poussés dans leurs retranchements, assurent sa lisibilité ou plus exactement l'adéquation entre son projet et son résultat; un manuscrit, lui, n'obéit plus nécessairement à une norme d'intelligibilité, ce peut être une jungle asphyxiante un désert minéral ou un tracé d'autoroute sans aire de repos ni destination, qu'il faut tenter d'imaginer ramené aux exigences d'un paysage plus hospitalier.
Fruit d'un labeur acharné, reflet d'un investissement névrotique et d'une expérience subjective unique, ce texte, parfois conséquent, lourd de centaines de feuillets, peut dès les premières lignes receler un vide structurel qui le rend aussitôt impraticable, ruine sa viabilité, son auteur ayant d'emblée négligé quelques règles fondamentales d'architecture : les yeux rivés sur l'exécution des moulures, sur le jointoiement des lés de tapisserie, il a omis d'y prévoir fenêtres ou escalier, les murs prennent de l'angle dès les soubassements, on n'ose y faire un pas de plus : l'édifice est irrécupérable, voué à la démolition, bien peu ayant la folie créatrice et jusqu'au boutiste du facteur Cheval."
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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Lybertaire
  25 août 2013
Bruno Migdal est entré dans l'édition par la petite porte (la seule qui semble aujourd'hui possible même avec le piston) : durant trois mois, il a été stagiaire dans une maison d'édition. Sauf que l'auteur, qui nous livre son journal de stage, jour après jour, a plus de quarante ans et exerçait auparavant un métier tout à fait différent.
Si le nom de la maison n'est jamais donné, on le devine bien vite, car Bruno Migdal donne avec malice plein d'éléments dans les trois premières pages, puis en distille d'autres au fur et à mesure (noms d'éditeurs et anecdotes sur les auteurs). Ainsi, chez G., il a travaillé au service éditorial où il s'est vu confié la tâche que les éditeurs refilent toujours aux stagiaires débutants : lire les manuscrits reçus par la poste. Et, il y en a beaucoup, beaucoup. Plusieurs milliers par an pour les plus grandes maisons d'édition, et 5000 pour G. Pourtant, si la tâche est fastidieuse à la longue, elle apprend au futur éditeur son rôle de gatekeeper : maintenir la frontière entre ce qui est publiable et ce qui reste du domaine privé. Sur les traces de Françoise Verny qui, paraît-il, aurait terminé sa carrière au même endroit, à lire des manuscrits et boire du whisky en même temps, Bruno Migdal consacre une grande partie de son rapport à cette problématique passionnante, et par laquelle nous sommes passés si nous avons fait le même genre de stage : comment définit-on le talent ? comment définit-on ce qui mérite d'être lu par tous et ce qui relève de l'écriture personnelle ? et comment répondre aux auteurs ?
[...]
Heureusement, Bruno Migdal a pu apercevoir d'autres pans du service éditorial, à savoir la correction et la relecture d'épreuves. Ce sont des tâches un peu moins fastidieuses : notre Bruno monte en grade, c'est sûr ! Dans un milieu où les éditeurs sont particulièrement attachés à leurs livres et à leurs auteurs, les stagiaires de l'éditorial ont en effet des difficultés à se voir confier des projets importants ; et malgré son âge, Bruno Migdal est traité comme les jeunes stagiaires de vingt ans. D'une manière générale, on a peu de temps à consacrer aux « petites mains », surtout lorsqu'elles occupent le plus bas de l'échelle professionnelle et sociale. Les stagiaires de l'éditorial sont payés - et ce dans la quasi totalité des maisons, grandes ou petites - le minimum légal (avec quelques livres en cadeau tout de même), soit 436,05 € par mois pour l'année 2013. Mais « j'aurais payé pour être là » affirme Bruno. Pourtant certains étudiants, tout aussi passionnés que lui par le livre, refusent de faire de longs stages parce qu'ils doivent enchaîner avec un petit boulot pour payer le loyer. Lire ne nourrit que l'esprit.
Lisez l'intégralité de la critique sur mon blog :
http://www.bibliolingus.fr/petits-bonheurs-de-l-edition-bruno-migdal-a97726083
Lien : http://www.bibliolingus.fr/p..
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kiki23
  25 février 2013
Ce petit livre découvert grâce à un blog m'a beaucoup déçue, même si certaines pages regorgent d'humour.
Comme son sous-titre l'indique, il s'agit du journal rédigé par un stagiaire de 42 ans dans une célèbre maison d'édition parisienne. Sa tache durant trois mois (à 1 euros de l'heure) consiste à lire des manuscrits et à établir des fiches de lecture.
Il va inévitablement croiser des auteurs et acteurs du mon de la littérature, d'où quelques portraits plus ou moins flatteurs.
Je ne suis pas sûre d'avoir compris la dernière phrase de cet ouvrage, et, de façon générale le style de Bruno MIGDAL m'est apparu beaucoup trop alambiqué pour prendre du plaisir à ma lecture.
Et puis, où sont les « petits bonheurs » annoncés dans le titre ? ne serait-ce pas de l'ironie ?
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critiques presse (1)
LeMonde   12 janvier 2012
Ce petit ouvrage dévoile ainsi drôlement l'envers de ce petit théâtre dans un style volontairement naïf. Sans acrimonie mais sans excès d'indulgence non plus, ce "Huron" moderne décrit le quotidien de cette profession qui fait encore parfois rêver, malgré Internet, iPad, Google books, etc. Il excelle à en montrer les traits poussiéreux mais aussi attachants.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
keishakeisha   30 mars 2012
Étrange regard que celui d'un premier lecteur sur un texte sur lequel ne s'est jamais posé et ne s'en posera guère d'autres. regard qui, avant cette expérience, s'inscrivait toujours dans le cadre préalablement disposé, composé, modelé, par des paysagistes: ici, le défricheur c'est précisément vous, vous seul, ce qui oblige à réajuster et redéfinir votre champ de vision.Un texte publié, même médiocre, répond toujours à des critères formels qui, même poussés dans leurs retranchements, assurent sa lisibilité ou plus exactement l'adéquation entre son projet et son résultat; un manuscrit, lui, n'obéit plus nécessairement à une norme d'intelligibilité, ce peut être une jungle asphyxiante un désert minéral ou un tracé d'autoroute sans aire de repos ni destination, qu'il faut tenter d'imaginer ramené aux exigences d'un paysage plus hospitalier.
Fruit d'un labeur acharné, reflet d'un investissement névrotique et d'une expérience subjective unique, ce texte, parfois conséquent, lourd de centaines de feuillets, peut dès les premières lignes receler un vide structurel qui le rend aussitôt impraticable, ruine sa viabilité, son auteur ayant d'emblée négligé quelques règles fondamentales d'architecture : les yeux rivés sur l'exécution des moulures, sur le jointoiement des lés de tapisserie, il a omis d'y prévoir fenêtres ou escalier, les murs prennent de l'angle dès les soubassements, on n'ose y faire un pas de plus : l'édifice est irrécupérable, voué à la démolition, bien peu ayant la folie créatrice et jusqu'au boutiste du facteur Cheval.
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BibaliceBibalice   23 novembre 2011
Je m'étais préparé à devoir argumenter, ergoter sur des manuscrits d'une valeur moyenne : ce n'est pour ainsi dire jamais le cas. La plupart étant navrants l'échelle des critères s'en trouve modifiée, de graduelle et tempérée elle devient convulsive, déréglée, un texte honnête se pare de vertus abusives, l'argumentation développée en sa faveur devient outrée.
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YANCOUYANCOU   10 août 2016
"Je m'étais préparer à devoir argumenter, ergoter sur des manuscrits d'une valeur moyenne : ce n'est pour ainsi dire jamais le cas. La plupart étant navrants, l'échelle des critères s'en trouve modifiée, de graduelle et tempérée elle devient convulsive, déréglée, un texte honnête se pare de vertus abusives, l'argumentation développée en sa faveur devient outrée.
Je mesure cette originalité de l'écriture, probablement l'une des rares expressions artistiques ne relevant d'aucune formation académique, ne requérant ni qualification, ni épreuve probatoire, ni expérience graduée ; cette dispense est clamée, revendiquée : l'écriture ne s'apprend pas ! Si les fondamentaux en sont dispensés durant la scolarité, la seule lecture personnelle est censée développer les dispositions à l'écriture. Les gens lisent, donc se sentent naturellement en droit d'écrire. : imagine-t-on un simple mélomane frapper à la porte d'un orchestre ?
La certitude qu'une plongée introspective remontera à coup sûr son lot de pépites en surface, l'exaltation contemporaine pour la singularité, la fascination pour son nombril, entretiennent plus que jamais cette volonté de participer au concert commun ; et il est vrai que les précédents ne manquent pas, ils s'affichent sur les murs de la cité.
La lecture donc, comme terreau de l'écriture : le résultat, dans le strict domaine de la fiction, peut pourtant s'avérer inversement proportionnel aux masses de lecture qui la nourrissent."
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CaliebibCaliebib   09 novembre 2012
Mais enfin quelle part la vérité historique tient-elle dans ce récit ? Surtout comment agit l'éditeur face à un document de ce type ? Vérifie-t-il un tant soi peu l'authenticité du contenu ? Doit-il lever une armée d'érudits pour enquêter ? Privilégie-t-il la rigueur intellectuelle ou se laisse-t-il porter par ce beau scénario ? Ce malaise ressenti face aux manuscrits romanesques est ici amplifié, l'absence de référence, de glissières de sécurité, déroute. Finalement, lecteur au lieu qu'éditeur, c'est enviable ; ça a aussi du bon, l'innocence.
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MelopeeMelopee   18 août 2012
En peu d'années le terme "manuscrit" est devenu impropre : plus personne ne livre un texte écrit à la main. Non seulement impropre mais contradictoire : aucun manuscrit soumis à un éditeur ne doit être manuscrit, c'est expressément signalé ; exemple de mot dont le processus de fossilisation s'est opéré en une décennie sous nos yeux. Conservons-le le plus longtemps possible : "tapuscrit" arrive. (p. 33)
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Videos de Bruno Migdal (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bruno Migdal
Comment sont choisis les manuscrits ? .Les manuscrits sont-ils vraiment tous lus ? Bruno Migdal a effectué un stage dans une maison d'édition. de cette expérience est sorti un livre : Petits Bonheurs de l'édition. Dans cette vidéo, il nous raconte les coulisses d'une maison d'édition, combien de manuscrits sont reçus par an ? Qui les lit ?
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