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ISBN : 2818014174
Éditeur : P.O.L. (05/01/2012)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 212 notes)
Résumé :
La stagiaire entre dans le bureau de Robert Dubois, l'éditeur, et lui tend une tablette électronique, une liseuse.
Il la regarde, il la soupèse, l'allume et sa vie bascule. Pour la première fois depuis Gutenberg, le texte et le papier se séparent et c'est comme si son coeur se fendait en deux.

Présentation de l'éditeur (P.O.L.):

Depuis 1452 et la parution de la Bible à 32 lignes de Gutenberg, le texte et le livre ont partie liée... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (77) Voir plus Ajouter une critique
canel
  30 juin 2013
S'il vous reste quelques illusions sur le monde merveilleux de l'édition, vous n'allez pas les garder. Ou alors vous trouverez cet ouvrage excessif et refuserez d'y croire. Ancien éditeur, Paul Fournel évoque ici ce qu'il connaît du milieu littéraire actuel, qui est surtout affaire de business : copinage, népotisme, clonage de best-sellers, reprise de sujets qui font recette, pseudo prix littéraires, marchandage entre éditeurs sur auteurs et ouvrages, marketing bien sûr (TV, presse, salons, séances de dédicaces), scénario vendu à des réalisateurs avant même que le livre soit publié. J'en passe. Rien sur les 'écrivains fantômes' (dits 'nègres'), n'en jetez plus, le lecteur est déjà assez écoeuré par toutes les magouilles citées ici. Un rappel intéressant qui adoucit ce triste tableau : une maison d'édition peut publier des 'petits auteurs' à condition qu'elle vende aussi des best-sellers.
Un autre aspect de l'édition est abordé : son avenir, à l'heure du développement de la liseuse et des publications en ligne. Loin d'être pessimiste, Fournel voit au contraire dans ce nouveau support un formidable potentiel pour un autre rapport à la lecture et à l'écriture (qui n'évince pas le précédent), pour découvrir de nouveaux talents et jouer avec la littérature et les mots - ce n'est pas le président de l'Oulipo qui pourrait rejeter de si belles perspectives !
Très bon moment de lecture avec ce savoureux roman qui fait grincer des dents et sourire, l'auteur excelle dans ces deux registres.
--- la couv de l'édition Folio ne me semble refléter ni le propos, ni l'humour caustique de l'auteur
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cicou45
  01 février 2012
Sachant que je suis un peu réticente à toute sorte de liseuse, I-Pad...et que pour moi, rien ne remplacera jamais le livre papier, mon mari, en lisant la quatrième de couverture, n'a pas résisté à m'offrir ce livre et je l'en remercie même si je n'ai toujours pas changé d'avis.
L'histoire est celle d'un éditeur, Robert Dubois, dont la maison d'édition pour laquelle il travaille porte son nom puisque ses ancêtres en sont les créateurs. C'est une vieille maison d'édition indépendante comme on en trouve de plus rarement de nos jours qui a ses auteurs attitrés mais qui est toujours en quête de nouveaux talents. Sa vie va être perturbée le jour où il fait la connaissance de Valentine, une jeune stagiaire, employés par sa propre maison, qui lui apporte son nouvel outil de travail : La Liseuse, instrument complètement révolutionnaire selon elle puisque cette tablette de 730 grammes est capable de contenir une quantité inimaginable de manuscrits. Réticent au départ, la narrateur va finalement se familiariser avec cette dernière, allant même à imaginer avec une bande de stagiaires, complètement déjantée dont fait partie Valentine, à créer une nouvelle boîte entièrement basée sur l'édition numérique.
Est-ce l'édition de demain ? Probablement mais l'auteur n'affirme pas non plus que les bonnes vieilles librairies telles que nous les connaissons avec les livres papier sont vouées à disparaître puisque l'éditeur, une fois qu'il se retrouve dans une grande impasse et qu'il a le moral à zéro (je ne vais pas non plus vous dévoiler toute l'intrigue), en revient à ses bons vieux classiques, imprimés e(t au format du livre que nous connaissons aujourd'hui. Cela m'a remonté le moral car, tout comme lui, même si je pense que le monde de l'édition va inévitablement changer, je suis persuadée que les livres papier ne disparaîtront pas. Il y aura toujours des personnes, comme moi d'ailleurs, qui aiment sentir leur livre, le toucher et le conserver précieusement dans une bibliothèque...du moins, je l'espère !
Pour en revenir à l'écriture, j'avoue que celle-ci m'a un peu déroutée au départ car je ne comprenais pas pourquoi l'auteur coupait ses chapitres, parfois en plein milieu d'une phrase, jusqu'à ce que je lise ce qui est expliqué à la fin de l'ouvrage, à savoir que le texte est en réalité une sextine, ce qui est vraiment extrêmement bien mis en oeuvre de la part de l'auteur puisqu'il allie ici deux styles d'écriture. J'avoue cependant que je ne m'en serais jamais rendu compte sans cette explication, mettant simplement cela sur le compte du fantasque de l'auteur. L'écriture en elle-même est fluide et lipide et cet ouvrage se lit en un rien de temps. Pourquoi n'y ai-je pas attribué la note maximale ? Tout simplement parce que j'aurais souhaité qu'il s'attarde un peu plus sur certains passages, et notamment sur la fin que je trouve trop brève et que j'aurais souhaité qu'il creuse un peu plus mais cela n'est qu'une question de goût. A découvrir !
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MicheleP
  06 juillet 2013
Un livre agréable et amusant sur les livres, l'édition, les auteurs et la révolution numérique. Avec comme conclusion « toute ces inventions, c'est bien amusant, mais rien ne vaut un bon mur de bouquins pour se couper de la vie ». Et pourtant, elle est bonne, la vie du côté de Saint-Germain des-Prés. Je vous dis pas les petits bistrots, les petits plats, les grands vins et les jolies stagiaires black. Les auteures gourmandes et un rien nympho. On est chez les beautifull peoples, tout de même ! Bien des soucis pourtant, surtout avec ces directeurs commerciaux qui n'y comprennent pas grand-chose, ces auteurs qui partent chez le concurrent et ces manuscrits dont on ne peut pas savoir s'ils feront un bon ou un mauvais livre. La vie, quoi ! le livre est très alertement écrit, on est Oulipotien et ça se voit. On trouve des « ticheurtes » et des « frileurs », de jolies phrases « Elle est assez décoiffée, me semble-t-il, trouée au jean, colorée au reste » ou « J'aime beaucoup Sabine. Elle est rousse. Pour bien faire, il faudrait une rousse dans chaque entreprise » et des jeux très compliqués sur la forme, de grand rhétoriqueur à l'ancienne.
Je rigole, je rigole, mais c'est plutôt un bon bouquin, et plutôt « sympa ». Peut être pas de ceux qu'on mettra dans le mur qui nous coupera de la vie, mais, pour passer un joli moment à se gausser un peu du monde de l'édition, pourquoi pas ?
(merci à Canel, qui m'a donné envie de lire ce livre)
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caro64
  06 avril 2012
Les temps changent depuis toujours, mais un peu plus ces temps-ci, semble-t-il, où l'on croise de plus en plus de lecteurs sans livre mais avec cordon d'alimentation. Robert Dubois, vieil éditeur germanopratin, découvre cette réalité le jour où une stagiaire pressée lui apporte une "liseuse" (idée de l'actionnaire majoritaire qui sait où mène la modernité) sans réaliser qu'elle fait sonner un étrange glas dans la vie de cet homme entouré de papier. L'objet a de l'allure, il ne sent rien, se range mal dans une poche ou un cartable mais il entre dans le quotidien de notre homme qui en a vu d'autres mais s'interroge néanmoins : quel est ce monde où un texte pourra exister loin du papier ?
Ni chant du cygne, ni apologie passéiste, La Liseuse est le récit de cette petite révolution dans un univers en ébullition permanente, celui d'un lecteur fou qui oscille entre désabusement permanent (que n'a-t-il du temps pour lire enfin les livres qui valent la peine et réclament du temps) et espoir continu (et s'il allait enfin découvrir un grand écrivain), d'un homme qui passe sa vie penché sur des manuscrits. On reconnaît l'éditeur à son goût du risque et à son assurance que le succès est imprévisible : celui-ci décide de jouer le jeu en confiant à ses stagiaires, une peuplade qui grouille dans le monde de l'édition, le soin d'inventer une maison dont les nouvelles technologies seront le support. Cela va-t-il fonctionner ? Goguenard et attentif, attendri quoique inquiet, il regarde lentement s'effriter ses certitudes en laissant les souvenirs interroger le présent. Paul Fournel n'est pas avare de clins d'oeil, envers ses amis de l'OULIPO notamment (Queneau, le Tellier, Perec viennent faire des apparitions plus ou moins masquées), envers ses livres chéris, et parce qu'il croit depuis longtemps au pouvoir de la contrainte il a composé un roman répondant au principe de la sextine (je lui laisse le soin de vous l'expliquer en dernière page…). Pour le profane, c'est un voyage dans le monde de l'édition, avec toutes ses chapelles, ses rituels, ses ridicules, ses grandeurs, mais c'est avant tout une étonnante réflexion, sous forme narrative, sur ce que devient ce monde qui se croyait à l'abri des changements et qui découvre qu'il va devoir s'adapter.
Esprit, humour, mélancolie surmontée et maîtrise d'écriture ! Ce livre est un délice, où Paul Fournel ne se refuse rien : on aurait tort de s'en priver.
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Malivriotheque
  08 mars 2014
Robert Dubois est éditeur et se voit confier une liseuse pour lui faciliter la tâche de lire des tonnes de manuscrits chez lui le week-end. Mais au lieu de faire docilement son travail, l'objet, qui le laisse toutefois sceptique, lui fait entrevoir de nouvelles possibilités...
C'est un ouvrage divertissant et qui se lit vite. Au détour de noms trafiqués (Magimard pour Gallimard ou Brasset pour Grasset) et d'exemples typiques, Paul Fournel critique sans vergogne le monde de l'édition, avec un brin d'ironie et certainement de lassitude. le style est plaisant, la francisation orthographique des mots anglais rafraîchissante, les personnages sympathiques.
Pourtant, même si j'ai passé un agréable moment et que j'ai apprécié certaines dénonciations du système, le livre ne mène nulle part. La technologie amène à repenser la lecture et la littérature, mais je n'ai pas du tout compris la fin, avec le décès d'Adèle, totalement inattendu et vain pour l'histoire. L'auteur permet certes de ramener son personnage principal aux classiques, mais La liseuse n'est qu'un prétexte à l'écriture, et cette fin rompt complètement avec le reste du livre.
Nous n'assistons au final pas à un grand chef-d'oeuvre, mais on passe quand même un bon moment.

Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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critiques presse (3)
LeMonde   10 février 2012
La Liseuse […] est un roman oulipien qui obéit à certaines contraintes : une sextine de 180 000 signes, variation géante sur une forme poétique du XIIe siècle et une "boule de neige fondante", puisque le monde de Robert Dubois, progressivement, se réduit.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Lexpress   05 janvier 2012
Poétique, satirique, délicat, voici un roman à mettre d'urgence entre toutes les mains.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   04 janvier 2012
L'écrivain a de l'humour, il évite les sanglots et la nostalgie pour parler plutôt du plaisir intense et charnel de la lecture - sous toutes ses formes et sur tous les supports.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
leluezleluez   19 août 2012
Je suis enfin derrière une muraille de livres. Chaque jour je me suis dit : « Il faut que tu lises ça. » « Si j’avais le temps je lirais ça. » « Quand je pense que je n’ai toujours pas lu ça. » « Ils ont de la chance, ceux qui peuvent lire en liberté. » « Si seulement j’avais lu ça, je serais un bien meilleur lecteur… »
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anne_le_bruit_des_vaguesanne_le_bruit_des_vagues   28 septembre 2014
"L'artichaut est un légume de solitude, difficile à manger en face de quelqu'un, divin lorsqu'on est seul. Un légume méditatif, réservé aux bricoleurs et aux gourmets. D'abord du dur, du charnu, puis, peu à peu, du plus mou, du plus fin, du moins vert. Un subtil dégradé jusqu'au beige du foin qu'un dernier chapeau pointu de feuilles violettes dévoile. La vinaigrette qui renouvelle son goût au fil des changements de texture. Un parcours que l'on rythme à sa guise. Rien ne presse dans l'artichaut. On peut sucer une feuille pendant plusieurs minutes, jusqu'à l'amertume, on peu, au contraire, racler des incisives la chair de plusieurs feuilles à la suite pour se donner une bouchée consistante. La seule figure interdite est celle de l'empiffrement. Un légume qui a ses règles d'élégance. Puis vient le moment distrayant de l'arrachage. Saisi entre pouce et couteau, le foin cède en petites touffes nettes, libérant le coeur de toute sa toison en une sorte de saisissant raccourci amoureux. Enfin arrive le moment de la récompense : à la fourchette et au couteau on peut entrer dans le coeur du légume (...). Y a t-il seulement une place digne pour l'artichaut dans la littérature ? Un volume, une page, un paragraphe ? A vérifier dès ce soir".
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leluezleluez   16 août 2012
Celui qui est sous ma joue est un manuscrit d’amour : c’est l’histoire d’un mec qui rencontre une fille mais il est marié et elle a un copain… J’en ai lu sept pages et je le connais déjà par cœur. Rien ne pourra me surprendre. Depuis des lunes, je ne lis plus, je relis. La même vieille bouillie dont on fait des « nouveautés », des saisons, des rentrées « littéraires », des succès, des bides, des bides.
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leluezleluez   17 août 2012
– Tu vois, petit con, lui dit-elle, c’est facile de dire non en trois secondes à un auteur, facile de se moquer même de son travail, mais il faut que tu saches comme c’est long et comme c’est emmerdant de faire un livre. Même un mauvais. Surtout un mauvais.
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miladomilado   24 février 2013
Lorsque j'aurai terminé la lecture du dernier mot de la dernière phrase du dernier livre, je tournerai la dernière page et je déciderai seul si la vie devant moi vaut encore la peine d'être lue.
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Videos de Paul Fournel (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paul Fournel
Paul Fournel le Bel Appétit éditions P.O.L : Où Paul Fournel tente de dire de quoi sont composés les poèmes du "Bel Appétit", et où il est question notamment de la forme et du fond, de blanquette et de fromage, de recettes et de souvenirs, de vélo et de Sancerre, de terine et de rondel, de manger et de faire à manger, de l'OULIPO, de Pierre Gagnaire et de Troisgros, à l'occasion de la parution aux éditions P.O.L, de "Le Bel appétit" à Paris le 27 mai 2015 "La recette de cuisine n?est pas le plat, mais elle est la mémoire du plat et sa potentialité. Entre les deux, s?agite le cuisinier qui respecte ou qui transgresse, qui routine ou qui crée. La forme est la mémoire du poème. Entre les deux, s?escrime le poète qui respecte ou qui transgresse, qui routine ou qui crée. Les poèmes réunis dans le Bel Appétit sont des poèmes de table, des souvenirs de sauces, des parfums de ragoûts, des caresses de fruits. Ils sont improvisés selon les trouvailles du marché ou bien ce sont des recettes anciennes, rondel, villanelle, pantoum, terrine, sonnet, étreinte, ballade, comme autant de légumes dans le pot du Bel Appétit."
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