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ISBN : 2070148483
Éditeur : Verticales (05/03/2015)

Note moyenne : 2.72/5 (sur 47 notes)
Résumé :
"La Voix du Nord demande si les deux auteurs se sentent particulièrement concernés par le thème de ce soir, Ecrire la vie.
Nous nous sentons particulièrement concernés. Nous ne voyons pas ce que nous pourrions écrire d'autre.
En poussant un peu, nous pourrions démontrer qu'écrire la vie est un pléonasme.
- Mais est-ce que n'est pas voué à l'échec ?
Nous pensons que si. Nous persistons néanmoins dans cette gageure. Nous serons bientôt au S... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
carre
  07 avril 2015
Tour à tour caustique, espiègle, moqueur, François Bégaudeau brosse un milieu qui semble s'intéresser à tout sauf … aux livres et aux écrivains.
Emissions télé ou radio, salons, foires du livre, rencontres en médiathèque, le parcours de notre écrivain connu (bien moins que Foenkinos ou Carrère !) devient franchement désespérant et vain. Cette grande messe médiatiquo, pseudo intello est sous la plume de Bégaudeau franchement affligeante mais surtout férocement drôle. Les deux premières parties sont à ce titre, très réussit, l'auteur d »Entre les murs » s'en donne à coeur joie. C'est sur la troisième partie que j'émets un bémol, mais il vient de moi uniquement. Bégaudeau choisit de nous plonger en 2022 dans une société ou le citoyen à repris la main, on imagine le plaisir de l'auteur à partir dans ce délire rêvé par beaucoup. Et si son imagination fertile fait merveille, elle a eu pour conséquence de me perdre en route. Pas trop grave tant je me suis régalé sur les deux premières. 3.5
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Bookycooky
  06 avril 2015
"La politesse ou l'Art d'écrire pour ne rien dire".Begaudeau excelle dans ce livre dans la vanité et la vacuité d'écrire pour ne rien dire, 293 pages,il faut le faire.
Pour moi,une grosse déception,ayant bien aimé "Entre les murs" et un peu moins "Dans la diagonale".Avec un style décousu et répétitif,des phrases sans queue ni tête,il raconte l'errance d'un écrivain sans succès , dans des Salons du Livre,des librairies vides,des gymnases de province,des salles de classe aux élèves indifférents à la matière littéraire.....pour promouvoir ses livres.Ca vole vraiment bas si les coulisses de l'édition et de ses mécanismes de promotion sont telles qu'il le raconte.Le livre est criblé de phrases ironiques à l'humour douteux voir de mauvais goût,d'autres bizarres("J'ai quinze ans de plus qu'il y a quinze ans",p.57."J'ai vingt ans de plus qu'il y a vingt ans"p.137).Dans la troisiéme partie,il bascule dans l'absurde,non moins ennuyant.
L'unique étoile que je donnerais est pour l'unique passage truculent de ce livre,p.179-182,où une femme rencontrée lors d'une dédicace l'invite chez elle.Séduit,il la suit,mais Surprise!,elle veut lui lire un passage d'un texte qu'elle a écrit et voudrait avoir son opinion.Elle lit,son verdict à lui est super négatif(maladroit,brouillon,le talent ca ne vient pas du premier coup...),pour faire bref,elle l'a piégé,c'est un texte de Robert Walser!
Pour conclure,un livre déconseillé aux amoureux de la Littérature !
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sroul
  15 août 2015
Il y a un fossé sidérant entre ce qu'est La politesse, de François Bégaudeau, et ce qu'on en dit dans la presse. C'est effroyable et en même temps amusant, parce que la façon dont il a été traité est la preuve de la justesse du constat que l'auteur y fait. Une parfaite démonstration par l'exemple.
Le champ littéraire et la société dans laquelle il s'inscrit sont malades et moribonds. On y souffre. le livre est poli parce qu'il fait rire de ce constat désespérant, mais pas que. «7. critiquer une époque en déniant à ceux qui la vivent toute capacité à la déjouer est impoli ». Et l'auteur fait ce qu'il dit.
Pour moi, l'enjeu du livre est là : raconter des révolutions. Des prises de Bastille personnelle, littéraire, politique, et sociétale.
Et ce livre est révolutionnaire : il explique comment sortir des quatre murs de la survie et de la misère relationnelle qu'elle impose.
Se promener, écouter, ouvrir les yeux, attraper les signes avant-coureurs : la révolution est déjà en marche (Partie II). Il ne faut « pas résister, mais s'écarter. »
François Bégaudeau ne dit pas je sais bande d'ignares, il raconte comment il fait comme il peut, comment lui, progressivement, s'est compris et a fait un pas de côté.
On m'objectera peut-être qu'on l'a lu, qu'on n'a pas vu. C'est qu'il faut se concentrer. Il faut faire « l'effort d'appréhender des oeuvres exogènes à (notre) périmètre de référence ». Et accepter de ne pas tout comprendre : « Tiens voilà encore de l'énergie à recueillir : celle dégagée par quelqu'un qui comprend assez pour comprendre qu'il ne comprend pas tout. »
Il faut aussi aimer jouer. Être malin comme le singe que l'auteur est, et joyeux comme l'enfance. Il faut être Alice et suivre les cailloux semés.
Puis tracer son chemin.
C'est ainsi que j'ai relu le livre, que j'ai dessiné ma carte aux trésors littéraires par exemple.
J'aimerais que La politesse fasse du bien à ceux qui ont un réel d'avance. Les réconforte au besoin de ceux qui, encore ricanants, leur foutent la paix à peu près tant qu'ils ne nuisent pas à leurs intérêts, sortent toutes les artilleries dans le cas contraire. Je pense aussi à Flavia, qui a choisi de vivre en camion, négocie son départ de la Poste et va s'installer sur son petit paradis de terrain où il y a l'essentiel – un étang, des arbres, la beauté – et où il faut tout construire, pour être auto-suffisante.
Dernière chose et puis j'arrête parce que je ne veux pas être trop longue : outre ce que je viens d'écrire, qui suffirait à en faire un livre à mettre en circulation sur le champ, La politesse est un enchantement pour qui aime la langue, les jeux avec les mots et la poésie. Derrière chaque blague, chaque torsion linguistique, il y a du fond. Je déflore un peu le livre mais il y en a tellement que je ne spoile pas beaucoup, j'en cite trois :
« Son père l'avait tailladé en châtiment d'une punition » (p17) ; « la libération sexuelle, d'accord, mais sans les repères éducatifs c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres » (p187) ; et les cascades surréalistes de bleus, bleu espadon, bleu douche, bleu scooter, bleu moquette, bleu valise, bleu harpe, bleu turquoise, bleu vache, bleu noix, bleu poisson, bleu ours, bleu fauteuil, bleu lézard, dans un livre où il y a peu de couleurs.(j'ai cherché d'ailleurs l'arc-en-ciel, mais le violet n'apparaît pas).
Le chapitre 20 de la partie II est mon préféré.
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laplumedeflavie
  03 juin 2015
Attention un peu spoiler
La politesse de François Bégaudeau ou comme une petite envie de meurtres entre amis. Lecture désopilante, en tous cas au début.
L'auteur brosse un portrait sans concession du monde littéraire français et régle sans doute des comptes personnels au passage.
C'est un roman construit en trois parties chronologiques avec en guise d'introduction à l'ensemble une lettre post-apocalyptique (procédé dont le caractère artificiel dérange un peu tout de même) entre le narrateur et sa nièce aspirante écrivain qui lui demande en substance "alors tonton raconte comment c'était avant".
En première partie, l'auteur narre son tour de France littéraire et nous dépeint des salons littéraires à périr d'ennui et des interventions en ZEP à dégouter quiconque d'entrer en littérature. Plongé dans ce grand bain sans aucun contrôle des événements et des réactions de ses contemporains, l'auteur essuie poliment les affronts et ravale sa fierté magré les marques d'indifférence qu'il reçoit sans cesse. A force de "prendre sur lui", il se bloque le dos. Je l'ai lu comme une peinture du monde réel de l'auteur où sans cesse s'affronte la réalité de ce qu'il vit, la passivité polie de ses réponses et de ses réactions, tandis qu'en voix off, sa conscience de soi analyse les événements avec un temps de retard et se désole de son piteux être au monde. le texte est brillant, parsemé de remarques incisives et désabusées. Cette première partie se boit comme du petit lait.
Deuxième partie, "la revanche". Même joueur joue encore. le narrateur revit peu ou prou le même périple héxagonal, mais comme dans un rêve de compensation où son inconscient soulagerait ses soupapes, il a décidé de ne plus se laisser faire et de se défouler. Il répond tout haut ce qu'il pensait tout bas, rembarre méchamment les autres et n'a plus jamais mal au dos. Une sorte de relecture de sa journée avec ce qu'il aurait aimé répondre du tac au tac. Nous avons clairement quitté la réalité pour un jubilatoire jeu de massacre intéreur où s'exprime enfin sa volonté de toute puissance horriblement bridée au quotidien par la conscience de sa propre finitude et le manque de considération des autres. C'est jouissif de suivre le narrateur dans cette revanche sur le réel.
La dernière partie, "la belle" dans l'univers des jeux, se trouve être la plus originale, mais aussi la plus inaccessible. le narrateur y dépeint un monde littéraire et social post-apocalyptique où les egos ne s'affrontent plus, où la politesse n'est même plus nécessaire car les individus ne sont plus en concurrence. C'est un morceau de bravoure qui fourmille d'idées loufoques, mais qui déroute et perd le lecteur. Au final, le livre s'essoufle et la tentation est grande de refermer La politesse (sans ménagement) en se disant qu'on en a déjà tiré le meilleur. Il semblerait que la critique ne soit pas nouvelle (les "cent pages de trop" qu'il évoque plusieurs fois). Il semblerait que François Bégaudeau ait décidé de s'asseoir sur ces bons conseils de la critique (il a bien raison si cela lui donne mal au dos) et de ne pas couper dans ce centifolia qui lui est cher, peut être pour les quelques lecteurs qui sont fans de lui au point de goûter chaque page de cet auteur pourvu qu'elle soit de lui, peut être par manque de courage de se relire une fois de plus et de procéder au difficile exercice de l'autocritique. Il semblerait enfin que son éditeur ait décidé de ne pas le vexer et de publier l'oeuvre dans toute sa longueur et dans toutes ses longueurs, se disant sans doute que comme cela ne concerne que la fin du livre, cela ne nuit pas au pouvoir "page -turner" du début. Toujours est-il que cette troisième partie devient vite illisible. Des lectures que j'ai pu faire des autres critiques de ce livre, j'ai cru comprendre que personne n'a pu venir à bout de l'Apocalypse selon Saint Bégaudeau. Dommage car une troisième partie plus courte aurait sans doute rendu l'ensemble du livre plus percutant.
Dernier point dont il fallait parler, le "name dropping" incessant. Certains y verront la volonté de montrer qu'il connait son sujet, à savoir le monde littéraire, d'autres y verront plutôt une galerie de portraits au vitriol pour procéder à un bon réglement de comptes. Pour ma part, je pense que François Bégaudeau est un auteur technique qui pèse ses formules, cisèle ses emplois de figures stylistiques et ne rechigne pas à employer toutes sortes de méthodes et d'outils. Je le soupçonne d'avoir recours au name dropping comme à une sorte d'accélérateur des moteurs de recherche. Imaginez un peu, si tous les gens cités dans ce roman l'achète, le lise et en parle, cela fait déjà un bon début de notoriété. Or comme la nature humaine est ainsi faite que si l'on parle d'une personne, elle s'en souciera forcément, c'est un outil intelligent pour piéger des lecteurs susceptibles de créer le phénomène. de plus, à bien y réfléchir, quand il tape fort, c'est souvent sur des personnages anonymes, il ne faudrait tout de même pas se fâcher avec quelqu'un d'important !

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YANCOU
  01 mai 2016
Quand j'ai vu que François Bégaudeau partageait un entretien avec Iegor Gran dans l'Obs' - parce que leurs livres ont en commun la critique du milieu littéraire (ce qui n'est pas tout à fait le cas de la revanche de Kevin de Iegor Gran à vrai dire, c'est plus fin que ça) -, je me suis précipité sur La Promesse. Au fil des presque 300 pages, l'auteur fait la chronique du milieu du livre auquel il prend part, ou essaie de prendre part, s'y perd ou s'en détache tout en y participant pleinement (c'est parfois difficile à savoir ou à comprendre). Il y a des pages radicales, parfois drôles, de beaux passages aussi (notamment sa rencontre avec Edouard Levé), quelques erreurs (il dit écouter Benjamin Biolay mais retranscrit les paroles de la Forêt de Lescop?!?) ; sa prise avec le réel, l'absence de fiction (pour les deux premiers tiers du roman), son cynisme exacerbé laissent peu de place à l'empathie, et parfois conduisent jusqu'au malaise... Au même titre que Despentes et Houellebecq, auquels je préférerais quand même Eric Laurrent (Les découvertes) ou Nicolas Fargues (La ligne de courtoisie), François Bégaudeau est un observateur de son époque (la nôtre), et en cela : vaut la peine d'être lu, même si - bémol -, le livre est pesant sur la longueur. Pourtant, ce livre n'est pas uniquement centré sur le monde du livre (plus que sur le monde littéraire d'ailleurs), il est aussi une bonne réflexion sur le "travail", ses valeurs actuelles. Et puis reste des pages où l'encre est remplacée par de l'acide, ou bien ces quelques passages qui font allusions au revenu de base, qui permettrait à ceux n'ayant pas envie de travailler de ne rien faire, ou faire ce qu'ils veulent (!), discussion autour de ce thème qui battait son plein à la même période, en Suisse ; et j'acquiesce totalement quand Bégaudeau, lucide, déclare (dans l'entretien), au sujet des salons et foires et autres fêtes du sl... livres, pardon : "Dans un autre livre, j'ai appelé ça TSL: tout sauf les livres. On est dans l'apologie du livre comme point de résistance face à la barbarie. Mais le contenu, c'est le grand absent."
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critiques presse (3)
Telerama   06 mai 2015
On n'ose dire que l'on s'est beaucoup amusé à la lecture du dernier Bégaudeau.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   13 avril 2015
À travers de nombreuses saynètes cocasses, chipées au gré des Salons du livre, des signatures en librairie ou des passages radio-télé, François Bégaudeau livre une chronique acide du petit monde des lettres.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeMonde   23 mars 2015
Il faut lire ce roman de François Bégaudeau, qui éclaire si délicatement, et si cruellement, une certaine misère de notre scène littéraire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
YANCOUYANCOU   01 mai 2016
"Dimanche prochain la Suisse organise une votation sur le revenu inconditionnel à vie, autrement appelé
- Long sucré ça va ?
- Oui.
Elle s'assoit à côté pour tromper son ennui. À part cafetière elle ne voit pas à quoi elle sert. C'est fréquent d'être payé à rien branler ou c'est juste elle ?
- C'est fréquent.
Son contrat prévoit trente heures hebdo mais franchement pour ce qu'on lui demande dix suffiraient. Elle aimerait faire de l'antenne, on ne lui proposera rien. Déjà qu'ils virent les anciens, on les voit mal créer des postes pour les bleus. Elle raccompagne à l'ascenceur un quatuor d'éditorialistes surgis du studio roi de France Inter. Pendant une heure ils ont passé en revue l'actualité. Ce sont des observateurs du pouvoir. Ils ne le lâchent jamais des yeux. Quatre d'entre eux publient aussi des romans. S'ils étaient fonctionnaires ils seraient à la retraite. Dimanche prochain la Suisse organise une votation sur le revenu inconditionnel à vie, autrement appelé revenu de base inconditionnel. Ses initiateurs en escomptent qu'il
- Vous lisez le Monde ? Vous avez moins de soixante ans pourtant.
C'est l'animateur. Son ton est assuré, son nom sans particule. Il a lu le même article qu'il trouve abscons.
- Je vous introduis ?
Pourquoi pas. Dans le studio, une CDI à tee-shirt cheap rehaussé par son extraction conclut le flash par l'événement culturel de la semaine, la diffusion sur M6 de la saison 5 de Mad Men. On y sera sans faute, ponctue l'animateur. En off il la félicite pour son bronzage de ski pascal.
- T'étais où ?
- Courche.
- Y avait de l'ambiance aux Caves ?
- Moyen.
Pull moulant boutonné à l'épaule, il habite le neuvième arrondissement. Il ne va pas tarder à prendre la décision personnelle de se laisser pousser la barbe. Il me trasmet une demande de test micro.
- Dimanche prochain la Suisse organise une votation sur le revenu inconditionnel à vie, autrement appelé revenu de base inconditionnel. Ses initiateurs en escomptent qu'il révoque les contrôles avilissants auxquels sont soumis les bénéficiaires d'allocations sociales, et que chacun soit libre de jouir de la brève finitude qui lui est échue. ça ira ?
Derrière la vitre le réalisateur hoche une tête sympa service public. Tiens tant qu'il y pense l'animateur voudrait une adresse pour m'envoyer son premier roman publié en mai.
- Pour une fois je ne fais pas parler les autres mais moi.
En s'allumant l'ampoule rouge lui donne une voix profonde. Il annonce d'emblée une petite surprise pour l'invité du jour. D'un bras il lance un morceau de Green Day, sourire farceur comme s'il exhumait une vidéo caméscope où j'ai pissé au lit. Everybody loves a joke. Il écourte pour ne pas casser les oreilles auditrices habituées aux chansons électrifiées a minima. Lumière rouge.
- C'était une petite madeleine de votre folle jeunesse punk.
- Bien le prendre est poli et lâche. Mal le prendre est impoli et brave.
- Vous avez honte de ces années ?
- J'ai honte pour vous."
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vlg0901vlg0901   22 mars 2015
"Sur le lino traine un valet de trèfle dont l’orientation diagonale pointe la ZAD de Notre-dame-des-Landes. Elle est là à portée de pieds. Un pas de côté et nous y serions. Au lieu de quoi un journaliste régional juste arrivé sollicite une interview. Légère, l’interview, car leur supplément week-end entend éviter les sujets anxiogènes. En l’espèce, anxiogène veut dire compliqué veut dire que nous ne parlerons pas de livres. Il a vu sur Wikipedia que j’avais passé des années à Nantes, quels souvenirs j’en garde ?
-Ceux que j’ai racontés dans mon dernier livre.
-Il s’appelle comment ?
-Parmi vous j’aurai peu joui."
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PigranellePigranelle   27 mai 2015
Un essaim de palabres se laisse porter par l'air chaud. Reprenons ce qu'ils ont volé. Libre de choisir mes semences. L'alphabet dans l'ordre que je veux. Mort aux châtiments, mort à la récompense. Posséder m'a toujours indifféré. La propriété c'est du vol. Le lino est mon meilleur ami. Nous revendiquons le droit à la maladresse. Nous nous arrogeons le droit à l'oubli. Le bonheur est dans les plis. La subversion c'est la complexité. N'insultez pas l'intelligence de la classe ouvrière. Personne n'est expert tout le monde l'est. Le pouvoir n'est rien nous sommes tout. Rien à attendre des dominants. Rien à tirer des inconsistants. Cessons de les regarder ils se dissoudront. Notre indifférence les fera fondre. Nous qui désirons sans fin nous changerons d'échelle. Il n'y aura plus d'Etat il n'y en a jamais eu. Fini les mots d'ordre, vive des mots de désordre. Désaxons-nous. Délions-nous. Voici venu le temps des techniciens. Il ne faut pas lutter il faut se déplacer. Foin d'Histoire vive la géographie. Laissez-moi manger ma banane. O paresse, mère des arts et des nobles vertus. Je suis fier de ne rien faire. J'efface ma dette. Je ne retournerai pas dans les artères toxiques.
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PigranellePigranelle   27 mai 2015
De ce que la population locale ne connaisse pas les auteurs mandés jusqu'à elle résulte une éducation populaire sans peuple que maintiennent sous perfusion les retraités blancs agrégés dans des pavillons à l'écart des barres d'immeubles [...].
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PigranellePigranelle   27 mai 2015
Tant de choses
n'apparaissent insupportables
que lorsqu'on s'autorise
à ne plus les supporter.
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