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EAN : 9782842712396
191 pages
Éditeur : La Musardine (01/01/2005)

Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Immoral, licencieux, provocant, sans dieu ni maître depuis ses jeunes années, tel était Honoré Riqueti, comte de Mirabeau. Tels lui ressemblent ses principaux ouvrages érotiques composés à Vincennes, où son père l'avait fait enfermer pendant quarante-deux mois, de 1777 à 1781, pour sa vie déréglée. Avant que nous vous présentions l'Erotika Biblion, voici Ma conversion ou le Libertin de qualité. " C'était la première fois sans doute que l'on faisait un personnage rom... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
MarcelP
  12 octobre 2016

"Puisse cette lecture faire branler tout l'univers !"
Honoré-Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau avant d'être l'orateur que l'on sait, fut un jeune homme que ses frasques menèrent à Vincennes pour près de 4 années de détention. Outre qu'il s'y fit un ennemi mortel de Sade, embastillé dans le même château, il en profita pour rédiger un bijou de roman libertin, un chef d'oeuvre d'impudence et de cynisme.
Ce débauché, "Ami des hommes" (mais surtout des femmes), nous trace le portrait d'un libertin qui ne vit que pour et par le sexe faible : le gigolo ne dédaigne ni la villageoise, ni la dame de Cour, ni la rombière faisandée, ni le bouton de rose. Une seule condition cependant : que cela rapporte! ("Je ne veux plus foutre que pour de l'argent")
Écrit au grand galop, sans laisser le lecteur reprendre son souffle, ce roman à deux voix (un comparse relance le récit de temps à autre) est d'une drôlerie constante. Avec sa galerie de portraits à l'aquatinte et ses tordantes orgies d'une part, son style à la fois haletant et caillouteux d'autre part, Mirabeau se positionne comme l'aïeul en littérature de San-Antonio et de Céline (on pense à "Mort à crédit" et à Ferdinand violé par la grosse Gorloge).
Comment ne pas s'esclaffer quand on lit : "Sacredieu, qu'elle avait d'appas ! Son lit à la turque, de damas jonquille, semblait assorti à son teint (car celui du jour était répandu sur dix mouchoirs qui invoquaient la blanchisseuse), un sourire qu'elle grimace me fait apercevoir qu'elle ne mord point." ou "(...) une bouche énorme et meublée de clous de girofle (...)"... et le reste à l'avenant.
On reste confondu par la violence de certains dialogues et en particulier la diatribe du père Ambroise, type "Protocole des sages de Sion" à la sauce catholique.
Le roman commence par une adresse à "Votre Altesse diabolique" et son final est impressionnant : "(...) jusqu'à ce que rendant dans les bras paternels de M. Satan mon âme célibataire, j'aille foutre chez les morts."
C'est donc toute gorge déployée que l'on referme cet épatant roman, d'une modernité constante et d'un radicalisme gouleyant.
A consommer sans aucune modération...
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
JLM56JLM56   20 avril 2012
extrait :


“Monsieur Satan, vous avez instruit mon adolescence ; c’est à vous que je dois quantité de tours de passe−passe qui m’ont servi dans mes premières années. Vous savez si j’ai suivi vos leçons, si je n’ai pas sué nuit et jour pour agrandir votre empire, vous fournir des sujets nouveaux.
Mais, Monsieur Satan, tout est bien changé dans ce pays ; vous devenez vieux ; vous restez chez vous ; les moines même ne peuvent vous en arracher. Vos diablereaux, pauvres hères ! N’en savent pas autant que des récits infidèles, parce que nos femmes les attrapent et les bernent. Je trouve donc une occasion de m’acquitter envers vous ; je vous offre mon livre. Vous y lirez la gazette de la cour, les nouvelles à la main des filles, des financiers et des dévotes. Vous serez instruit de quelques tours de bissac où, tout fin diable que vous êtes, vous auriez eu un pied de nez. Mais que votre chaste épouse n’y fourre pas le sien ; car aussitôt cornes de licornes s’appliqueraient sur votre front séraphique.
Défiez−vous surtout de ces grandes manches à gros (...), et ne laissez pas aller votre femme en confrérie sans une ceinture. Cependant, que la jalousie ne trouble pas votre repos ; car voyez−vous, Monsieur Satan, si elle le veut, cocu serez, et quand vous la mettriez en poche, s’y foutrait−elle par la boutonnière.
Puissent les tableaux que j’ai l’honneur de mettre sous vos yeux ranimer un peu votre antique paillardise. Puisse cette lecture faire (...) tout l’univers ! Daignez recevoir ces voeux comme un témoignage du profond respect avec lequel je suis, Monsieur Satan, de votre altesse diabolique le très humble, très obéissant et très dévoué serviteur, Con−Désiros.(...)”


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MIRABEAU le Conte De (1749-1791), homme politique français.
Issu de la noblesse, il connut une jeunesse dissolue et fut emprisonné plusieurs fois et dut entrer dans l’armée sur l’injonction de son père. Après une liaison et une fuite aux Pays-Bas, il fut condamné à mort par contumace puis emprisonné au château de Vincennes pendant trois ans. Membre d’une loge maçonnique, il défendit les droits de liberté de la presse, participa à la rédaction de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen et soutint la réquisition des biens du clergé. Il essaya de concilier ses théories avec les principes révolutionnaires en défendant le droit de véto absolu en faveur du pouvoir royal.



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