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Gaston Renondeau (Autre)
ISBN : 2070371476
Éditeur : Gallimard (14/11/1979)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 147 notes)
Résumé :
Noboru, garçon de treize ans, surprend les amours de sa mère, jeune veuve qui dirige une boutique de confection élégante à Yokohama, avec un officier de marine marchande, Ryûji. Noboru fait partie d'une bande de garçons de son âge qui se veulent des "durs".

D'abord admirateur , ainsi que toute la bande, de ce marin qui va être son beau-père, Noboru, sous l'influence du chef de bande, ne tarde pas à découvrir que celui dont il faisait un héros n'est ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
andman
  27 mars 2013
Dans le port de Yokohama y a un marin qui ne boit pas mais qui économise.
Dans le port de Yokohama y a un marin qui ne pense pas aux dames mais qui espère rencontrer un jour la femme de ses rêves.
Officier trentenaire sur le Rakuyo, Ryûji croit en sa bonne étoile.
Un jour qu'il fait visiter son bateau à un adolescent de treize ans, Noboru, il croise le regard de la jolie femme qui accompagne son fils et sait immédiatement que c'est elle…
Veuve depuis deux ans, Fusako, dirige depuis la mort de son mari un magasin réputé d'articles de confection importés. Elle aussi a immédiatement le coup de foudre pour le beau capitaine Ryûji.
Lorsqu'ils se retrouvent deux jours plus tard, brûlants de désir, dans la chambre de Fusako, l'oeil scrutateur de Noboru les observe par un petit trou dans la cloison.
Noboru, bien qu'avenant, est le numéro trois d'une bande de six copains très hiérarchisée qui abhorre les adultes et se délecte d'atrocités sur les animaux.
« le marin rejeté par la mer » est sans doute un excellent ticket d'entrée dans l'oeuvre de Mishima. L'écriture de ce court roman est de toute beauté, la psychologie des personnages étudiée au plus près et l'histoire terriblement captivante et féroce.
Dans le port de Yokohama
Aux premières lueurs,
Avec Yukio Mishima
On nage dans le bonheur.
Dans le port de Yokohama
Aux dernières lueurs,
Avec Yukio Mishima
On baigne dans l'horreur.
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Commenter  J’apprécie          490
palamede
  03 janvier 2016
Noboru, un jeune garçon dont le père est mort, repère par hasard un trou aménagé dans le fond d’une commode par lequel il peut observer sa mère dans sa chambre. Il assiste aux amours de celle-ci avec un marin qu’il découvre être un homme simple et brave après l’avoir pris pour un héros. Déçu, il en parle à son groupe d’amis dont le chef, un garçon cruel et manipulateur, scelle le sort du futur beau-père de Noboru de la plus horrible manière.
Un roman glaçant qui parle du rejet du père, d’êtres supérieurs, gardiens de l’ordre du monde, qui doivent procéder au sacrifice de leurs pères pour ne pas leur ressembler ; une idéologie extrême qui n’est pas sans rappeler les idées nationalistes de Mishima. Une oeuvre magnifique marquée par sa fascination de la mort et par les difficultés relationnelles avec son père qui refusait son homosexualité.
Commenter  J’apprécie          450
Osmanthe
  13 août 2014
Roman glaçant et coupant, le dénouement arrive de loin, inexorable, implacable, tragique et monstrueux.
Le jeune Noboru, treize ans, a pris l'habitude d'observer en cachette sa mère, Fusako, jeune veuve, dans ses moments d'intimité physique avec Ryuji, son nouvel amour, marin au long cours. Au début, il le perçoit comme un héros, un aventurier glorieux...mais lorsque Ryuji fait finalement le choix d'abandonner la mer pour s'engager avec Fusako (ils se préparent à se marier), le roi est nu, il devient un être fade, vulgaire, sans personnalité, un père, insulte suprême aux yeux de Noboru. Celui-ci sous ses dehors d'enfant sage et réservé fait partie d'un groupe de six jeunes de son âge décidés à lutter contre le vide et la médiocrité de l'existence et des hommes. Ils sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. Au fil des observations de Noboru, le comportement de Ryuji est scruté, critiqué impitoyablement...Lorsque Ryuji, appelé un soir par Fusako à punir Noboro surpris dans l'espionnage de leurs ébats, fait preuve de mansuétude et de tolérance...il scelle son sort funeste. Les jeunes décideront de l'élimination de cet être sans consistance qui déshonore les hommes. Après s'être fait la main sur un chat, le groupe va entraîner Ryuji dans un piège, vers son Destin...
Ce roman est magistral. La progression est impressionnante, à l'image d'une tragédie grecque. Il est aussi obscur et inquiétant : il soulève beaucoup de questions sur la pensée de Mishima. Les comportements intolérants de ces jeunes, le culte de l'esthétisme, de l'héroïsme, font s'interroger quand on sait les idées politiques flirtant avec l'extrêmisme de l'auteur. Fascinante ambivalence chez lui entre le culte des valeurs du Japon éternel et l'intégration d'une modernité empruntée au monde occidental.
On ajoutera une écriture d'une rare beauté, s'exprimant particulièrement dans la description des cieux et ambiances portuaires de Yokohama à l'aube et au crépuscule, avec tout ce qu'on sait des regrettables déperditions liées à la traduction.
Une certitude pour moi en tout cas, cet écrivain est un géant de la littérature mondiale et je m'en vais découvrir plus avant son oeuvre immense !
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Mimeko
  30 mai 2018
Tout est dit dans la présentation de Babelio...Fusako, jeune veuve depuis cinq ans fréquente Tsukarazi, un officier de marine marchande et pense pouvoir reconstruire sa vie auprès de cet homme solide et fiable, qui pourrait être la figure masculine qui manque à son fils de treize ans. D'abord admiratif de cet homme auréolé du prestige du grand voyageur, le jeune Noboru va assez rapidement rejeter cet homme qu'il méprise. Influencé par une bande d'amis prêt à se défier mutuellement, il va s'enferrer dans une logique de rite sacrificiel, justifiée par des griefs imaginés et fantasmés.
Le marin rejeté par la mer est le récit dérangeant et glaçant, qui met en lumière le manque d'empathie et la psychopathie naissant dans l'esprit d'un jeune garçon influençable, enfermé dans une logique de recherche d'idéal et de pureté jusqu'à perdre pied avec la réalité.
Un conte monstrueux que l'on peut lire grâce à la beauté de l'écriture de Mishima, mais qui reste effrayant.
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araucaria
  21 octobre 2018
Une superbe découverte; je n'avais encore rien lu de cet auteur japonais. Lors d'un voyage, je me souviens avoir acheté ce roman pour son titre "Le marin rejeté par la mer" qui évoque l'aventure, les grands espaces, la solitude...
En m'emparant de cet ouvrage, dans cette bouquinerie de Toulon, j'ai fait preuve d'une très bonne intuition; j'ai eu la main heureuse. Ce roman déconcerte par des passages d'une cruauté extrême, une insensibilité dérangeante, mais derrière le drame qui se profile l'auteur raconte une magnifique et tragique histoire d'amour. de longs passages, très poétiques, sont aussi consacrés à la mer, à ces marins de commerce qui parcourent les océans. Un livre très bien écrit. Un beau roman!
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   24 octobre 2018
Tout en répétant : "N'avez-vous pas froid?", Ryûji ne cessait de s'interroger lui-même : "Vas-tu vraiment abandonner? Le sentiment de l'océan, la sombre ivresse qu'entraîne le roulis incessant, le pathétique des adieux? Les douces larmes que te faisait verser ta chanson favorite! Vas-tu abandonner la situation qui t'a détaché du monde, qui t'a porté aux plus hauts sommets que peut atteindre l'homme que tu es? La nostalgie de la mort qui se cache dans ta poitrine brûlante. La gloire qui est là-bas; la mort qui est là-bas? De toute manière cela a toujours été là-bas, incontestablement là-bas. Vas-tu abandonner tout cela?"
Le coeur torturé par son combat incessant avec la houle sombre, avec la lumière sublime tombant du bord des nuages, arrêté dans des élans mais repartant audacieusement, incapable de faire une distinction entre les sentiments nobles et les sentiments vils, il mettait sur le compte de la mer ses mérites et ses défauts. "Vas-tu abandonner cette liberté lumineuse?"
Au cours de son voyage de retour, Ryûji avait découvert qu'il avait le dégoût des misères de la vie de marin, et de l'ennui qu'il ressentait. Il avait la conviction qu'il avait tâté de tout, et qu'il ne lui restait plus rien à goûter. Il n'y avait qu'à regarder. Il n'y avait plus de gloire à glaner nulle part au monde. Pas dans l'hémisphère Sud. Même pas sous cette étoile dont rêvent les marins, la Croix du Sud!
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andmanandman   26 mars 2013
La sirène du Rakuyo retentit dans un dernier adieu secouant le port tout entier, se répercutant dans toutes les fenêtres de la ville, assaillant les cuisines où l’on préparait le dîner, les chambres d’hôtel borgnes dont les draps n’étaient jamais changés, les pupitres attendant le retour des enfants à la maison, les courts de tennis et les cimetières, plongeant tout dans un moment de malaise, déchirant sans pitié le cœur de ceux qui n’en pouvaient mais.
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DylouDylou   11 janvier 2013
Les pères!... Parlons-en. Des êtres à vomir ! Ils sont le mal en personne. Ils sont chargés de tout ce qu'il y a de laid dans l'humanité. Il n'existe pas de père correct. C'est parce que le rôle des pères est mauvais. Les pères stricts, les pères doux,les pères modérés, sont tout aussi mauvais les uns que les autres. Ils nous barrent la route dans l'existence en se déchargeant sur nous de leurs complexes d'infériorité, de leurs aspirations non réalisées, de leurs ressentiments, de leurs idéaux, de leurs faiblesses qu'ils n'ont jamais avouées à personne, de leurs fautes, de leurs rêves suaves et des maximes auxquelles ils n'ont jamais eu le courage de se conformer ; ceux qui sont les plus indifférents, comme mon père, ne font pas exception à la règle. Leur conscience les blesse parce qu'ils ne font jamais attention à leurs enfants et finalement ils voudraient que les enfants les comprennent.
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andmanandman   29 mars 2013
Depuis la plus haute antiquité les femmes ont répété des paroles d’acceptation résignée du pouvoir de la ligne d’horizon, de vénération aveugle pour cette ligne azurée, des paroles prononcées aussi bien par des femmes à l’orgueil le plus élevé que par les prostituées dans leurs moments de tristesse, d’espérance vaine, d’aspiration à la liberté et qui s’expriment par ces mots : « Tu me quitteras déjà demain ».
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andmanandman   24 mars 2013
Pour un homme constamment enfermé dans un bateau d'acier, la mer qui l'entoure ressemble trop à une femme. Cela est évident quand on connaît ses accalmies et ses tempêtes, ses caprices ou la beauté de sa poitrine reflétant le soleil couchant.
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Videos de Yukio Mishima (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yukio Mishima
Yukio Mishima 4/4 : Pour en finir avec le japonisme (France Culture / La compagnie des auteurs). Par Matthieu Garrigou-Lagrange. Avec la collaboration de Corinne Amar, Didier Pinaud, Anne-Vanessa Prévost. Réalisation : Laurence Millet. Diffusion sur France Culture le 20 avril 2017. Photographie : Yukio Mishima en novembre 1968 lors d'un discours à Tokyo • Crédits : CRÉDITKEN INAMURA / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN -AFP. Le Japon ne peut penser à Mishima sans une forme de gêne. Auteur d’un des premiers romans gay de la littérature, il prédit son suicide dans une de ses nouvelles, geste « pur » du seppuku qu’il réalisera par la suite. René de Ceccatty évoque la place de cet écrivain dans la littérature de son pays.
Invité :
René de Ceccatty, écrivain, traducteur et éditeur, auteur d'un article “Pour en finir avec le japonisme” évoque avec nous l’œuvre de Yukio Mishima et sa place dans la littérature japonaise et mondiale.
Musique générique :
Ouverture : “Panama”, de The Avener(Capitol)
Fin : “Dwaal” de Holy Stays (Something in Construction).
Musique chronique : “Self portrait” de Chilly Gonzales (Gentle threat).
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