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Gaston Renondeau (Autre)
EAN : 9782070371471
192 pages
Éditeur : Gallimard (14/11/1979)
3.86/5   215 notes
Résumé :
Noboru, garçon de treize ans, surprend les amours de sa mère, jeune veuve qui dirige une boutique de confection élégante à Yokohama, avec un officier de marine marchande, Ryûji. Noboru fait partie d'une bande de garçons de son âge qui se veulent des "durs".

D'abord admirateur , ainsi que toute la bande, de ce marin qui va être son beau-père, Noboru, sous l'influence du chef de bande, ne tarde pas à découvrir que celui dont il faisait un héros n'est ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
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sur 215 notes
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andman
  27 mars 2013
Dans le port de Yokohama y a un marin qui ne boit pas mais qui économise.
Dans le port de Yokohama y a un marin qui ne pense pas aux dames mais qui espère rencontrer un jour la femme de ses rêves.
Officier trentenaire sur le Rakuyo, Ryûji croit en sa bonne étoile.
Un jour qu'il fait visiter son bateau à un adolescent de treize ans, Noboru, il croise le regard de la jolie femme qui accompagne son fils et sait immédiatement que c'est elle…
Veuve depuis deux ans, Fusako, dirige depuis la mort de son mari un magasin réputé d'articles de confection importés. Elle aussi a immédiatement le coup de foudre pour le beau capitaine Ryûji.
Lorsqu'ils se retrouvent deux jours plus tard, brûlants de désir, dans la chambre de Fusako, l'oeil scrutateur de Noboru les observe par un petit trou dans la cloison.
Noboru, bien qu'avenant, est le numéro trois d'une bande de six copains très hiérarchisée qui abhorre les adultes et se délecte d'atrocités sur les animaux.
« le marin rejeté par la mer » est sans doute un excellent ticket d'entrée dans l'oeuvre de Mishima. L'écriture de ce court roman est de toute beauté, la psychologie des personnages étudiée au plus près et l'histoire terriblement captivante et féroce.
Dans le port de Yokohama
Aux premières lueurs,
Avec Yukio Mishima
On nage dans le bonheur.
Dans le port de Yokohama
Aux dernières lueurs,
Avec Yukio Mishima
On baigne dans l'horreur.
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Osmanthe
  13 août 2014
Roman glaçant et coupant, le dénouement arrive de loin, inexorable, implacable, tragique et monstrueux.
Le jeune Noboru, treize ans, a pris l'habitude d'observer en cachette sa mère, Fusako, jeune veuve, dans ses moments d'intimité physique avec Ryuji, son nouvel amour, marin au long cours. Au début, il le perçoit comme un héros, un aventurier glorieux...mais lorsque Ryuji fait finalement le choix d'abandonner la mer pour s'engager avec Fusako (ils se préparent à se marier), le roi est nu, il devient un être fade, vulgaire, sans personnalité, un père, insulte suprême aux yeux de Noboru. Celui-ci sous ses dehors d'enfant sage et réservé fait partie d'un groupe de six jeunes de son âge décidés à lutter contre le vide et la médiocrité de l'existence et des hommes. Ils sont prêts à tout pour arriver à leurs fins. Au fil des observations de Noboru, le comportement de Ryuji est scruté, critiqué impitoyablement...Lorsque Ryuji, appelé un soir par Fusako à punir Noboro surpris dans l'espionnage de leurs ébats, fait preuve de mansuétude et de tolérance...il scelle son sort funeste. Les jeunes décideront de l'élimination de cet être sans consistance qui déshonore les hommes. Après s'être fait la main sur un chat, le groupe va entraîner Ryuji dans un piège, vers son Destin...
Ce roman est magistral. La progression est impressionnante, à l'image d'une tragédie grecque. Il est aussi obscur et inquiétant : il soulève beaucoup de questions sur la pensée de Mishima. Les comportements intolérants de ces jeunes, le culte de l'esthétisme, de l'héroïsme, font s'interroger quand on sait les idées politiques flirtant avec l'extrêmisme de l'auteur. Fascinante ambivalence chez lui entre le culte des valeurs du Japon éternel et l'intégration d'une modernité empruntée au monde occidental.
On ajoutera une écriture d'une rare beauté, s'exprimant particulièrement dans la description des cieux et ambiances portuaires de Yokohama à l'aube et au crépuscule, avec tout ce qu'on sait des regrettables déperditions liées à la traduction.
Une certitude pour moi en tout cas, cet écrivain est un géant de la littérature mondiale et je m'en vais découvrir plus avant son oeuvre immense !
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palamede
  03 janvier 2016
Noboru, un jeune garçon dont le père est mort, repère par hasard un trou aménagé dans le fond d’une commode par lequel il peut observer sa mère dans sa chambre. Il assiste aux amours de celle-ci avec un marin qu’il découvre être un homme simple et brave après l’avoir pris pour un héros. Déçu, il en parle à son groupe d’amis dont le chef, un garçon cruel et manipulateur, scelle le sort du futur beau-père de Noboru de la plus horrible manière.
Un roman glaçant qui parle du rejet du père, d’êtres supérieurs, gardiens de l’ordre du monde, qui doivent procéder au sacrifice de leurs pères pour ne pas leur ressembler ; une idéologie extrême qui n’est pas sans rappeler les idées nationalistes de Mishima. Une oeuvre magnifique marquée par sa fascination de la mort et par les difficultés relationnelles avec son père qui refusait son homosexualité.
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Stockard
  18 février 2020
Ryûji est marin.
Problème : il n'aime pas trop la mer.
Explication : il déteste encore plus la terre.
Alors des deux maux, il choisit le moindre et continue à arpenter les mers, sans attaches, sans but et sans gloire. Jusqu'à sa rencontre avec Fusako. Bien évidemment elle vit à terre, avec son fils Noburu. Vendeuse de son état, elle traîne à sa suite son mal-être de jeune veuve.
Ils font connaissance, passent la nuit ensemble et prévoient de se revoir (♪ Well, all you need is love and understanding ♫). D'ailleurs, preuve que ce n'est pas juste un one night stand, Fusako ne tarde pas à présenter Noburu à son amoureux de marin. Une découverte pour Ryûji mais pas pour le jeune ado qui connaissait déjà l'existence du matelot transi d'amour pour avoir espionné ses ébats avec sa mère par un trou dans le mur reliant leurs deux chambres. Et Noburu – coup de bol – adore la mer, rêve de se faire moussaillon et voit en Ryûji le possible modèle paternel qui semblait manquer à sa vie.
Oui mais voilà, l'attitude de Ryûji le déçoit, prêt à abandonner les flots pour une histoire de coeur. La déchéance ! Sans compter, et ça Noburu ne l'encaisse pas, qu'un jour en croisant Ryûji dans un parc, ce dernier pas habillé impeccablement et usant d'un langage familier aux oreilles du garçon, lui a foutu la honte devant sa bande de copains.
Sa bande de copains, parlons-en. Des ados s'entraînant à nier toute émotion, torturant et tuant d'inoffensifs animaux jusqu'à ne plus ressentir la moindre humanité, avec à sa tête un petit caïd, genre de mini-leader charismatique qui décide d'un seul coup que ce serait plutôt chiadé de tuer quelqu'un, non ? Et pourquoi pas Ryûji ? Après tout, ce marin d'eau douce qui risque, par sa liaison amoureuse, de finir en beau-père de Noburu qui à la réflexion n'en veut pas, autant s'en débarrasser. Et puis d'ailleurs, quel genre de pauvre type peut préférer l'amour d'une femme à l'amour de la mer ? Faut vraiment être faiblard.
Et le plan diabolique de ces lardons se met en place en parallèle de la chute de Ryûji dans l'estime de Noburu, en quête inconsciente d'un héros qui n'existe que dans le fantasme qu'il entretient de la figure paternelle qu'il n'a jamais connu.
Pas à dire, Yukio Mishima sait comment instiller le poison du malaise.
Pour un auteur dont personnellement j'attends toujours beaucoup (ce qui ne me semble pas trop demander pour une pointure pareille) j'avoue un poil de déception à la lecture de ce marin rejeté par la mer.
L'écriture est toujours belle, sachant se faire tendre ou tranchante à l'envi, sur elle rien à redire mais l'histoire franchement moyenne et limite crédible m'a fait considérer cette oeuvre comme plutôt mineure dans la bibliographie de ce conteur hors pair.
Puis curieusement, sans chercher à lui attribuer plus d'éloges qu'il ne mérite, je me rends compte que cette lecture remonte à la fin de l'été indien et que, malgré tout, elle revient régulièrement me trotter dans le sinoquet. Pourtant, je le redis, pour moi on est loin du chef-d'oeuvre, mais force est de l'admettre : un Mishima, même modeste, est toujours troublant et s'assure de ne jamais se faire oublier facilement.
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Mimeko
  30 mai 2018
Tout est dit dans la présentation de Babelio...Fusako, jeune veuve depuis cinq ans fréquente Tsukarazi, un officier de marine marchande et pense pouvoir reconstruire sa vie auprès de cet homme solide et fiable, qui pourrait être la figure masculine qui manque à son fils de treize ans. D'abord admiratif de cet homme auréolé du prestige du grand voyageur, le jeune Noboru va assez rapidement rejeter cet homme qu'il méprise. Influencé par une bande d'amis prêt à se défier mutuellement, il va s'enferrer dans une logique de rite sacrificiel, justifiée par des griefs imaginés et fantasmés.
Le marin rejeté par la mer est le récit dérangeant et glaçant, qui met en lumière le manque d'empathie et la psychopathie naissant dans l'esprit d'un jeune garçon influençable, enfermé dans une logique de recherche d'idéal et de pureté jusqu'à perdre pied avec la réalité.
Un conte monstrueux que l'on peut lire grâce à la beauté de l'écriture de Mishima, mais qui reste effrayant.
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   24 octobre 2018
Tout en répétant : "N'avez-vous pas froid?", Ryûji ne cessait de s'interroger lui-même : "Vas-tu vraiment abandonner? Le sentiment de l'océan, la sombre ivresse qu'entraîne le roulis incessant, le pathétique des adieux? Les douces larmes que te faisait verser ta chanson favorite! Vas-tu abandonner la situation qui t'a détaché du monde, qui t'a porté aux plus hauts sommets que peut atteindre l'homme que tu es? La nostalgie de la mort qui se cache dans ta poitrine brûlante. La gloire qui est là-bas; la mort qui est là-bas? De toute manière cela a toujours été là-bas, incontestablement là-bas. Vas-tu abandonner tout cela?"
Le coeur torturé par son combat incessant avec la houle sombre, avec la lumière sublime tombant du bord des nuages, arrêté dans des élans mais repartant audacieusement, incapable de faire une distinction entre les sentiments nobles et les sentiments vils, il mettait sur le compte de la mer ses mérites et ses défauts. "Vas-tu abandonner cette liberté lumineuse?"
Au cours de son voyage de retour, Ryûji avait découvert qu'il avait le dégoût des misères de la vie de marin, et de l'ennui qu'il ressentait. Il avait la conviction qu'il avait tâté de tout, et qu'il ne lui restait plus rien à goûter. Il n'y avait qu'à regarder. Il n'y avait plus de gloire à glaner nulle part au monde. Pas dans l'hémisphère Sud. Même pas sous cette étoile dont rêvent les marins, la Croix du Sud!
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andmanandman   26 mars 2013
La sirène du Rakuyo retentit dans un dernier adieu secouant le port tout entier, se répercutant dans toutes les fenêtres de la ville, assaillant les cuisines où l’on préparait le dîner, les chambres d’hôtel borgnes dont les draps n’étaient jamais changés, les pupitres attendant le retour des enfants à la maison, les courts de tennis et les cimetières, plongeant tout dans un moment de malaise, déchirant sans pitié le cœur de ceux qui n’en pouvaient mais.
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DylouDylou   11 janvier 2013
Les pères!... Parlons-en. Des êtres à vomir ! Ils sont le mal en personne. Ils sont chargés de tout ce qu'il y a de laid dans l'humanité. Il n'existe pas de père correct. C'est parce que le rôle des pères est mauvais. Les pères stricts, les pères doux,les pères modérés, sont tout aussi mauvais les uns que les autres. Ils nous barrent la route dans l'existence en se déchargeant sur nous de leurs complexes d'infériorité, de leurs aspirations non réalisées, de leurs ressentiments, de leurs idéaux, de leurs faiblesses qu'ils n'ont jamais avouées à personne, de leurs fautes, de leurs rêves suaves et des maximes auxquelles ils n'ont jamais eu le courage de se conformer ; ceux qui sont les plus indifférents, comme mon père, ne font pas exception à la règle. Leur conscience les blesse parce qu'ils ne font jamais attention à leurs enfants et finalement ils voudraient que les enfants les comprennent.
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andmanandman   29 mars 2013
Depuis la plus haute antiquité les femmes ont répété des paroles d’acceptation résignée du pouvoir de la ligne d’horizon, de vénération aveugle pour cette ligne azurée, des paroles prononcées aussi bien par des femmes à l’orgueil le plus élevé que par les prostituées dans leurs moments de tristesse, d’espérance vaine, d’aspiration à la liberté et qui s’expriment par ces mots : « Tu me quitteras déjà demain ».
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Xara0523Xara0523   05 juin 2017
Au moment où il se glissa dans le trou, le calme lui revint. Il lui sembla ridicule d'avoir tremblé ; sorti de son mensonge, il se figura même que son travail allait lui entrer aisément dans la tête. Non pas que ce fût important ; pour Noboru c'étaient là les confins du monde. Aussi longtemps qu'il était là, Noboru était en contact avec l'univers nu. Il pouvait s'enfuir aussi loin qu'il voudrait, s'échapper au-delà de ce point était impossible.
Pliant le bras dans l'espace étroit, il commença à lire les mots du lexique, carton après carton à l'aide de sa lampe de poche.
Abandon. Pour lui c'était maintenant un mot connu.
Capacité. Y avait-il une différence avec génie ?
A bord. Encore un mot concernant les bateaux. Il se rappela les appels du haut-parleur sur le pont le jour du départ de Ryûji. Et puis la colossale sirène, pareille à de l'or lançant comme une proclamation de désespoir.
Absence... Absolu...
Il n'éteignit même pas sa lampe de poche, sombrant dans le sommeil.
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Videos de Yukio Mishima (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yukio Mishima
Yukio Mishima (1925-1970), le labyrinthe des masques (Toute une vie / France Culture). Diffusion sur France Culture le 20 février 2021. Un documentaire d'Alain Lewkowicz, réalisé par Marie-Laure Ciboulet. Prise de son, Philippe Mersher ; mixage, Éric Boisset. Archives INA, Sandra Escamez. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France. 25 novembre 1970 : Yukio Mishima, écrivain iconoclaste japonais âgé de 45 ans, met en scène sa propre mort ; alors qu’il s’apprête à quitter le monde, il livre à son éditeur "La mer de la fertilité", véritable testament littéraire et spirituel de cet auteur tourmenté, fasciné par la mort rituelle. Cet homme nostalgique, avec son goût du vertige et de l'absolu, son amour des corps vierges et des âmes chevaleresques, sa quête effrénée des horizons perdus laisse une œuvre considérable qui raconte sans aucun doute la recherche d’une pureté illusoire et la laideur du monde. Lectures de textes (tous écrits par Mishima) : Barbara Carlotti - Textes lus (extraits) : "Patriotisme. Rites d’amour et de mort" (film de et avec Yukio Mishima, 1965. À partir de "Yūkoku", nouvelle parue en 1961) - "Confessions d’un masque" - "Le Lézard noir" - "La Mer de la fertilité". Archives INA : Ivan Morris et Tadao Takemoto - Flash info annonçant la mort de Mishima le 25 novembre 1970. Extraits de films : "Mishima" de Paul Schrader (1985) - "Le Lézard noir" de Kinji Kukasaku (1968) - Extrait du discours de Mishima juste avant son seppuku, le 25 novembre 1970.
Intervenants :
Pierre-François Souyri, professeur honoraire à l’université de Genève spécialiste de l’histoire du Japon Fausto Fasulo, rédacteur en chef des magazines "Mad Movies" et "ATOM" Tadao Takemoto, écrivain, spécialiste et traducteur de Malraux au Japon et vieil ami de Mishima Dominique Palmé, traductrice de Mishima chez Gallimard, spécialiste de littérature japonaise et de littérature comparée Julien Peltier, spécialiste des samouraïs, auteur de plusieurs articles parus sur Internet et dans la presse spécialisée, en particulier les magazines "Guerres & Histoire (Sciences & Vie)" et "Actualité de l'Histoire". Il anime également des conférences consacrées aux grands conflits de l'histoire du Japon Thomas Garcin, Maître de conférences à l’Université Paris 7 - Diderot, spécialiste de Mishima et de littérature japonaise Stéphane du Mesnildot, critique de cinéma, et spécialiste du cinéma japonais
Source : France Culture
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