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Suzanne Rosset (Traducteur)
ISBN : 2234054265
Éditeur : Stock (03/10/2001)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Cet homme qui a enfoui sa tête et le haut de son corps dans une boîte en carton n'est pas un Diogène cynique réfugié dans un tonneau par mépris de l'humanité.
Tourmenté et solitaire, c'est un anti-héros, un être mythique dont le mal profond est l'impuissance, et pour qui la boîte, à la fois sécurisante et protectrice, est un écran placé entre lui et les autres, destiné à le protéger des contraintes de la société... Ecrit dans une langue dense, drue, dépourvue... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
colimasson
  27 décembre 2012
Imaginons l'existence d'un fait de société qui n'en est pas un… celui des « hommes-boîtes ». Alors, le roman de Kôbo Abé constituerait une sorte de témoignage documentaire sur ce phénomène improbable… un témoignage à la première personne, qui donnerait la parole à un de ces fameux « hommes-boîtes ». Leur idée peut sembler ridicule et grotesque : ces fanfarons, amis du carton, ont décidé de vivre cachés sous une grande boîte à l'intérieur de laquelle ils entassent leurs biens de première nécessité. En vérité, ce n'est peut-être pas plus bête que de se développer une névrose incurable –en tout cas, on sent bien que les deux phénomènes sont liés puisque, dans les deux cas, une inadaptation de l'homme à son environnement provoque ces réactions saugrenues et ponctuelles.

Dans une sorte de détachement, paradoxalement très travaillé, Kôbo Abé revient sur la genèse de ces hommes-boîtes. le ton se veut maussade et déprimé. Kôbo Abé n'hésite pas à rajouter des couches de résignation et de passivité, mais on sent qu'il cherche avant tout à donner un genre et une tournure à son roman, plus qu'il ne souhaite véritablement se glisser dans la peau de ces hommes-boîtes finalement bien ennuyeux.

Kôbo Abé connaît-il vraiment si bien ce phénomène dont il s'est fait l'initiateur ? Il manque un peu de vécu dans son témoignage…ce qu'on comprend sans mal… Mais la solitude dans la vie quotidienne, l'anonymat dans les métropoles, la perte du sens…sont des expériences dont chacun peut légitimement se revendiquer. Il suffit de cela pour s'ouvrir à la compréhension des hommes-boîtes.
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ericbo
  28 février 2017
Le premier livre, je crois, que j'ai lu d'Abe Kobo, il y a déjà pas mal de temps. Ce fut pour moi une véritable révélation. Révélation de l'absurde, du mal de vivre, d'une société où l'individu n'existe plus, surtout au Japon.
Dans les années 80, il n'était pas rare de voir à Tokyo des clochards balayer consenscieusement devant leur refuge (boite ?) en carton, leur seule demeure. Il me semble donc que Abe Kobo part d'une réalite très concrète, à savoir que des gens vivent dans une boite en carton, leur seul bien. De là, l'extrapolation nous mène à un semblant d'intrigue plus ou moins rocambolesque. Que voit-on de la vie, de la ville, de la fente creusée dans un carton ? Comment peut-on aimer, ressentir des émotions... ?
Pour l'apprécier, il faut vraiment replacer ce roman dans la réalite sociale japonaise où l'individu doit se plier, voire s'abstraire dans la communaute.
C'est donc une métaphore de l'existence que nous offre Abe Kobo. Avec son extravagance et son sens de l'absurde habituel.
Toute l'oeuvre de cet ecrivain, à mon sens, s'inscrit dans cette perception. J'y vois egalement beaucoup d'humour, ce qui aide a faire passer le tragique.
Un de mes livres préférés.
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jfponge
  08 mars 2015
Le mythe de la caverne de Platon revisité. Mettez-vous une boîte en carton sur la tête et le haut du corps, avec une mince fente pour les yeux et une visière en plastique, et promenez-vous ainsi dans les rues de Tokyo. Kōbō Abe décrit les avatars de cette drôle de machine à voir le monde tout en étant en lui mais extérieur à lui. Bref, un roman philosophique sur la perte d'identité, mais sans l'humour d'un Franz Kafka ("La métamorphose") ou la férocité d'un Gunther Grass ("Le tambour"). On s'y perd un peu, entre les vrais, les faux, les vrais-faux et les faux-vrais hommes-boîtes. Au final, quel est le vrai, quel est le faux ? C'est peut-être le message que voulait délivrer l'auteur au bout de ses 271 pages, mais j'avoue que je me suis sérieusement ennuyé. Tout le monde ne peut pas être prof de philo...
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tomgus
  08 octobre 2016
L'homme vit dans une boite ce qui lui permet d'observer sans être vu. Roman lassant. Sur le voyeurisme et l'écriture avec ce titre d'un chapitre :
« Au sujet des rapports déplaisants entre le moi qui écrit et le moi au sujet duquel on écrit.
Ce roman, décevant, place le personnage dans une situation particulière, comme dans « la femme des sables » mais il est loin d'être aussi génial.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
uchronieuchronie   12 septembre 2017
Une nudité infiniment plus émouvante que je ne l'avais imaginée. C'était naturel : comment atteindre, en imagination, sa nudité réelle ? Cette nudité existait seulement pendant que j'étais en train de la regarder : alors mon désir de regarder devenait inimaginable. A la minute où je cessais de la regarder... elle disparaîtrait... je devais la photographier... ou la fixer sur une toile. Un corps nu et un corps sont différents. Le corps nu utilise le corps de chair comme matériau, c'est une oeuvre d'art... faite avec des doigts en forme d'yeux. Son corps physique lui appartenait, bien sûr, mais pour ce qui était du droit de sa propriété de la nudité, je n'avais nullement l'intention de me retirer en impuissant.
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colimassoncolimasson   06 avril 2011
La seule erreur de A. était d’être plus conscient qu’un autre de sa condition d’homme-boîte. Vous ne pouvez pas vous moquer de lui. Si vous êtes un de ceux qui ont imaginé dans leurs pensées, même une fois, une ville anonyme qui existerait seulement pour les habitants anonymes, une ville où ce qu’on appelle les portes seraient ouvertes à tous sans discrimination, une ville où, parmi ceux qui vous sont étrangers, vous n’auriez pas besoin d’être sur la défensive, où vous pourriez marcher sur la tête ou dormir dans la rue sans qu’on vous dise rien, où vous pourriez chanter si vous êtes fier de votre talent, et où, quand vous avez fait tout cela, vous pourriez, si vous le désiriez, vous mélanger à la foule anonyme –alors, vous ne devriez pas être indifférent, car vous pouvez toujours être exposé aux mêmes dangers que lui. C’est pourquoi, il ne faut jamais pointer un fusil devant un homme-boîte.
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colimassoncolimasson   06 avril 2011
Il est certain que l’homme-boîte ne se remarque pas facilement. Il est comme une ordure qui aurait été jetée sous un pont ou bien entre une palissade et des v-c publics. Mais il y a une différence entre ne pas être visible et ne pas être remarqué. Comme il ne s’agit pas d’un être particulièrement remarquable, il y a toutes les chances que tu aies eu l’occasion d’en apercevoir un. Toi, par exemple, il t’a sûrement sauté aux yeux. Mais je conçois bien que, par ton attitude, tu aies refusé de le reconnaître. Tu n’es pas la seule personne à le regarder sans le voir ; tu détournes les yeux instinctivement. C’est comme si, la nuit, tu portais des lunettes très sombres ou un masque, tu ne pourrais éviter que l’on te prenne pour une créature très timide, ou pour quelqu’un qui mijote un mauvais coup.

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uchronieuchronie   12 septembre 2017
La maladie spécifique de l'homme-boîte est la paralysie du sens de l'orientation du cœur. L'axe de la terre oscille et on éprouve une pénible sensation de nausée qui ressemble au mal de mer, mais - pour je ne sais quelle raison - cela n'a pas de rapport avec le fait de se sentir un rebut de la société. Je n'ai jamais eu l'impression d'être coupable à cause de cette boîte. J'ai plutôt le sentiment que la boîte n'est pas une impasse, mais un débouché vers un autre monde... Vers où ?... Je ne sais pas au juste mais, en tout cas, vers un autre monde, à part.
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uchronieuchronie   12 septembre 2017
Les gens écoutent les nouvelles seulement pour se tranquilliser. Aussi importante que soit la nouvelle qu'on leur fait entendre, ils l'écoutent et restent parfaitement vivants. La véritable grande nouvelle, c'est l'annonce de la fin du monde... Je crois que c'est l'ultime nouvelle. Bien entendu, tout le monde désire l'entendre. Car l'homme, alors, ne sera pas seul à quitter le monde.
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Vidéo de Kôbô Abe
Rendez-vous secret Marque-page 23-06-2011
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