AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

René de Ceccatty (Traducteur)Ryôji Nakamura (Traducteur)
ISBN : 2070388530
Éditeur : Gallimard (15/03/1994)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 129 notes)
Résumé :
Un vieil écrivain, Shunsuké, est fasciné par la beauté exceptionnelle de Yüichi, un jeune homosexuel. Shunsuké, dont l'oeuvre est connue, mais déjà achevée, a consacré toute sa vie à l'esprit et à la création.

En Yüichi, c'est la liberté du corps, l'esthétique réduite à sa pure apparence physique et à la jouissance immédiate, que le romancier découvre. Yüichi, conscient de sa sexualité, hésite à épouser Yasuko, dont l'écrivain est amoureux. Il se con... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Iansougourmer
  23 août 2013
Je profite de la restauration de ma ligne internet pour clamer ma stupéfaction. Stupéfaction devant un tel chef d'oeuvre que sont Les amours interdites, du génial Yukio Mishima, qui s'impose par ce livre comme mon romancier préféré !
Shunsuke est un vieil écrivain sur le déclin et aigri, car en dépit des honneurs de la célébrité il perçoit le caractère intrinsèquement faux de son oeuvre mais aussi il en veut aux femmes avec lesquelles il n'a pu nouer de relations sentimentales viables. La rencontre avec Yuichi, un magnifique jeune homme, véritable adonis, va lui faire concevoir un plan machiavélique : Shunsuke va se venger des femmes qui l'ont fait souffrir en les jetant dans les bras de Yuichi pour qu'elles connaissent l'amertume et la honte d'une relation impossible, car Yuichi est homosexuel. Toutefois, notre manipulateur a sous estimé le pouvoir d'attraction du jeune homme qui le prend à son propre piège et surtout Yuichi va se lasser de son rôle de pantin et manipuler ses victimes pour son propre compte...
Tout d'abord, Les amours interdites peuvent se lire juste pour goûter au style divin de Mishima. Aucun mot ne semble superflu et tout trouve sa place dans une harmonie incroyable. Les descriptions sont poétiques et d'un classicisme de cristal, les scènes de sexe jamais ni trop crues ni trop prudes, les dialogues sonnent juste et certains passages nous livrent des réflexions très intellectuelles de l'auteur sur le plan esthétique sans pour autant donner dans la pédanterie ou le superflu.
Ce qui est également admirable est la dimension psychologique très complexe et captivante introduite par Mishima dans ce roman. Derrière le vernis des conventions les personnages cachent mal des sentiments éruptifs qui ne manquent pas de surgir.
Cette complexité est d'ailleurs très difficile a traduire, c'est pourquoi je vous prie de m'excuser si les lignes qui vont suivre paraissent maladroites ...
Ce qui est captivant dans ce livre c'est le fait que l'on suive le personnage de Yuichi pendant 600 pages et qu'à la fin du livre on ne puisse pas répondre à des questions simples : Yuichi est il bon ou mauvais ? ( peut être suis-je trop simpliste ? ) Que recherche t-il vraiment ? Les autres changent t-ils Yuichi est-ce lui qui les influence ?
En effet Yuichi n'a pas au début de conscience de sa beauté, mais les autres le pervertissent et celui-ci devient un narcisse qui se sert de son physique pour perdre les autres et les attirer ; à la fin du roman il va comprendre la vanité de son physique sans pour autant parvenir à s'en détacher sous l'influence de la naissance de son enfant. En ce sens, Yuichi voit sa pureté corrompue par le monde extérieur. Toutefois, aucun des personnages n'arrive à s'attirer l'amour intellectuel du jeune homme qui les fascine par son physique et les rend dépendants de lui. En ce sens là, c'est Yuichi qui agit sur le monde... Cela renvoie au thème cher à Mishima, celui de l'illusion : aucun des personnages n'est libre de son destin pourtant il pensent tous gérer leur univers personnel. C'est le monde qui leur apprendra cruellement la vérité, en l'occurrence par Yuichi et son physique.
Que recherche Yuichi ? Difficile de trouver tant ce personnage est riche mais aussi paradoxal, à la fois hors du monde du fait de sa beauté hors normes mais aussi tellement vulnérable du fait de cette beauté...
A titre personnel, Yuichi m'évoque le personnage incarné par James Dean dans le film A l'Est d'Eden : semblant indifférent et rejeté par le monde, il arrache tout les obstacles sur sa route à la conquête d'une chose simple et inaccessible : sa liberté. Cette recherche le rend certes égoïste et insensible et donc mauvais mais paradoxalement la pureté d'une telle quête ne peut qu'être concédée car l'objectif en soi est noble...
Le troisième aspect est celui de l'homosexualité, là encore source de paradoxe pour l'auteur cette fois ci : Mishima, homme marié et homosexuel nia toujours une homosexualité qui devient le thème majeur d'un de ses livres les plus illustres. Ce tabou de l,homosexualité dans le Japon des années 60 est très bien rendu dans ce livre ( et peut en grande partie être d'actualité pour le Japon d'aujourd'hui ). les homosexuels forment une communauté invisible avec ses lieux et ses codes, et ce livre a eu le mérite de les exposer au grand jour pour briser ce tabou ( cela créa un véritable scandale ...) Les amours interdites exposent aussi la vision pessimiste que Mishima porte de l'amour homosexuel : il voit des homosexuels obnubiles par le culte du corps et de la jouissance physique incapable d'aimer réellement mais condamnés à rester dans ce milieu par leur nature d'homosexuels. Je ne partage pas entièrement cette vision à titre personnel...
Ainsi, Mishima nous offre un chef d'oeuvre stylistique, narratif et intellectuel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          365
Luniver
  22 novembre 2014
Le célèbre écrivain Shunsuké a toujours aimé les femmes, mais cet amour n'a jamais été réciproque. Sa laideur, classée au patrimoine national, a beaucoup contribué à cet échec sentimental, et ses amours ne lui ont valu que des déceptions, des trahisons et des humiliations.
Il trouve l'instrument parfait de sa vengeance en la personne de Yûichi. Beau comme un dieu, il ne laisse dans son sillage que des regards énamourés. Mais pour le malheur de ces dames, il est secrètement homosexuel. En échange d'une coquette somme d'argent, l'écrivain lui demande de séduire toutes les femmes qui l'ont blessé, avant de les délaisser brutalement. Elles connaîtront ainsi à leur tour cette indifférence teintée de mépris comme seule réponse à leur passion.
Mishima réalise un véritable travail d'orfèvre avec ses personnages. Chacun d'eux est décrit en profondeur, avec leurs multiples peines, leurs espoirs, et les ressorts intimes qui dictent leur comportement. Ainsi, malgré l'immoralité de la proposition initiale de Shunsuké, il est difficile au final de savoir qui est le plus à plaindre, qui mérite notre pitié ou notre dégoût.
L'auteur nous plonge également dans le milieu homosexuel japonais des années 50, inspiré de sa propre expérience. Sa vision n'en était pas très positive : ces hommes devaient se retrouver dans des endroits cachés, tout en veillant à préserver leur respectabilité. Les déclarations d'amour se font généralement dans des endroits sordides, et elles provoquent toujours une part de dégoût ou de mépris chez celui qui la reçoit.
Ce roman est à conseiller aux lecteurs qui apprécient les intrigues tortueuses et les personnages complexes.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
monito
  05 octobre 2009
Parce que cet homme laid qu'est Shunsuke réussit dans les dernières phrases de ce roman à rendre intelligible la suprématie du beau, alors ce roman au fondement immoral prend toute sa puissance.
Non qu'il soit immoral parce qu'il met en scène un homme jeune, de 22 ans, d'une beauté absolue découvrant les plaisirs homosexuels, Yuchan est, pour l'essentiel, un instrument au service d'une vengeance, celle de Shunsuke contre les femmes, celle de cet homme lait que les femmes ont fait souffrir et dont lui-même a souffert de ne pas savoir bien les aimer, c'est là que se situe l'immoralité.
Il y a tout un montage assez machiavélique utilisant d'abord le mal-être de Yuichy, une somme de stratagèmes, permettant à ce dernier de s'assumer au mieux tout en concourant à la revanche du vieillard…Puis l'élève se détache du maître, ce dernier devenant l'esclave d'un amour qu'il ne croyait possible et finalement, ces amours interdites sont le retournement de nombre de certitudes et d'évidences que Mishima, franchement pessimiste, essaie de nous présenter comme le chemin du dépassement de soi auquel chacun aspire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
sedgewick
  12 décembre 2010
Shunsuké est un vieil homme, écrivain, qui se passionne pour un jeune homosexuel au physique exceptionnel. Ebloui, il tente de le façonner à sa manière, comme pour refléter l'image d'un jeune homme qu'il aurait aimé être. Cet homme, Yuichi, est beau, et il aime les hommes. Shunsuké est décrit comme laid, et il ne parvient pas à aimer quelqu'un d'autre qu'une femme.
Les Amours Interdites sonne comme la ballade d'un homme qui, à l'aube de sa mort, est insatisfait de l'existence qu'il a mené. Grisé par ses échecs amoureux, il aspire à quelque chose d'autre qu'il ne peut pas obtenir au vu de son vieil âge.
Mishima nous ouvre ici les portes de l'univers homosexuel japonais, cet univers à l'époque très clandestin et pourtant touchant par sa spontanéité et son envie de vivre. L'écriture de Mishima est douce, fluide. Malgré quelques longueurs, attendues puisque le roman est conséquent, c'est une lecture agréable.
Commenter  J’apprécie          60
kevindio
  02 novembre 2014
L'histoire d'un vieil écrivain qui rencontre un magnifique jeune homme et qui va vouloir le modeler comme sa propre oeuvre d'art, "une oeuvre d'art suprêmement paradoxale, défiant l'esprit au moyen du corps et défiant l'art au moyen de la vie."
Beauté, manipulation, amour, trahison - de l'excellent Mishima.
Commenter  J’apprécie          50
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
andmanandman   27 février 2014
Des bateaux de pêche, hissant leurs voiles, s’éloignaient vers le large. Et, comme si elles étaient conscientes des regards qui se posaient sur elles, les voiles que le vent ne gonflait pas assez, se rabattaient sur les mâts qu’elles enveloppaient d’une langoureuse séduction.
Commenter  J’apprécie          360
littlecatlittlecat   17 janvier 2015
Laissant reposer sa tête sur le dossier du siège, il observa de coté la tête de Yasuko qui ballotait. Ne pouvait-il pas imaginer que c'était un garçon ? Ces sourcils ? Ces yeux ? Ce nez ? Ces lèvres ? Il fit claquer sa langue comme un peintre qui aurait raté plusieurs croquis successifs. Il finit par fermer les yeux et par tenter de se persuader que Yasuko était un homme. Mais cette immoralité de l'imagination transformait la belle jeune fille devant lui en quelque chose de plus difficile à aimer qu'une femme : une image grotesque perdant à mesure tout attrait.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
AustralAustral   28 juin 2012
- Il y a des jours comme ça, quand on est jeune. Des jours où l’on a l’impression que tous les hommes vivent comme des rats. Et où l’on n’a aucune envie de leur ressembler.
- Que faut-il faire dans de tels jours ?
- Il faut absolument ronger le temps comme un rat. Vous finirez par y faire un trou et si vous ne pouvez pas vous échapper, vous pourrez du moins y glisser le museau.
Commenter  J’apprécie          120
IansougourmerIansougourmer   13 avril 2013
Bien qu'il y ait une indéniable gradation dans l'univers homosexuel, aucun homme ne résiste totalement à la force mystérieuse qui l'entraîne malgré lui dans la fange de la sensualité. Personne ne peut rompre avec la proximité de la confrérie. D'autres ont parfois tenté de la fuir. Mais ils finissent à en revenir à ces poignées de mains gluantes, à ces clins d'œil visqueux. Ces hommes qui n'ont fondamentalement aucune des qualités requises pour fondre un foyer doivent, s'ils veulent capter une infime lueur qui évoque ce foyer, la rechercher dans ces regards troubles en disant : " toi aussi, tu es des nôtres. "
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
littlecatlittlecat   22 janvier 2015
Le corps d'un homme est comme le moutonnement d'une plainte lumineuse sur laquelle on a une perspective parfaite. A la différence du corps de la femme , il n'offre pas l'étonnement de découvrir une petite source à chaque promenade, pas plus qu'une mine où, à mesure que l'on s' y enfonce, on aperçoit des cristallisations.
Commenter  J’apprécie          110
Videos de Yukio Mishima (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Yukio Mishima
"le Pavillon d'Or", de Yukio Mishima (Alchimie d'un roman, épisode n°23)
autres livres classés : homosexualitéVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Mishima

Quel est le vrai nom de Yukio Mishima ?

Yukio Mishima évidement !
Kenji Matsuda
Kimitake Hiraoka
Yasunari Kawabata

15 questions
55 lecteurs ont répondu
Thème : Yukio MishimaCréer un quiz sur ce livre