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EAN : 9782070366262
498 pages
Éditeur : Gallimard (09/12/1974)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 56 notes)
Résumé :
" Intrigrant ! Faux-jeton ! Traître ! Salopard ! Voilà comment tu tiens tes promesses ! Voilà comment tu respectes les pactes ! " Rico, metteur en scène en panne d'inspiration, paraît bien décidé à se révolter contre le tyran qui le tient depuis si longtemps en esclavage : son pénis.
Il s'ensuit un dialogue dont l'humour et la sincérité n'ont d'égal que l'habileté diabolique avec laquelle Alberto Moravia met en scène la toute puissance du désir et s'interroge... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Ode
  04 juin 2013
"Moi et lui" n'est pas une impolitesse de Moravia, mais simplement un ordre de priorité lorsqu'on sait que "lui" est le... sexe (!) du narrateur.
Ce dialogue à bâtons rompus entre Federico et son pénis oppose la "sublimation" de la création artistique, en l'occurrence l'écriture de scénarios pour le cinéma, à la trivialité de la chair, ou "dé-sublimation". Quand Rico obéit à son sexe, cela lui coupe l'inspiration. Et vice versa... si je puis dire.
Alberto Moravia, universellement connu pour "Le mépris", met ici en lumière l'altérité du corps et de l'esprit, le combat freudien du "ça" contre le "moi", dans un récit à la fois cocasse et profond. Cette manière d'illustrer une réflexion quasi philosophique par des situations de la vie courante n'est pas sans rappeler le grand Kundera. Ce roman publié en 1971 garde ainsi son originalité, même s'il n'est pas forcément à mettre entre toutes les mains, vous l'aurez deviné. « Non, Belle-maman, ça c'est l'histoire d'un type qui parle à son.... pigeon, aucun intérêt, vous n'allez pas aimer ! »
Une lecture à redécouvrir en ces temps où l'on parle beaucoup d'addiction sexuelle. Rien de nouveau sous le soleil...
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lafilledepassage
  29 septembre 2017
Long dialogue imaginaire entre le protagoniste et son sexe, qui lui empoisonne la vie depuis l'adolescence et l'empêche d'atteindre la nécessaire « sublimation », prérequis à toute création artistique. le désir sexuel du héros n'a de cesse de le ramener à des préoccupations bassement matérielles et sexuelles.
Beaucoup de répétitions, sous lesquelles transparaissent parfois les thèmes chers à Moravia : critique du monde du cinéma – que l'on peut bien sûr étendre à tous les domaines culturels – où il est plus question de divertissement, de technique et surtout de gros sous, dénonciation de la bourgeoisie italienne catholique de l'après-guerre, engoncée dans ses bonnes manières et éprouvant une certaine nostalgie pour la période d'avant-guerre. Et une scène kafkaïenne et désopilante de procès politique avec autocritique du protagoniste et applaudissements sur commande des « camarades », tous de jeunes fils à papa issus de la bourgeoisie et complétement endoctrinés.
Malgré ces passages, j'ai trouvé ce roman de Moravia d'un intérêt limité.
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bioki
  07 avril 2012
Durant près de cinq cents pages, un homme dialogue et se dispute crûment avec son sexe. C'est l'esprit rappelé à l'ordre par la chair.Beaucoup d'humour et très interessant pour les jeunes adultes.
Un livre que je conseille vivement .
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frenchblues
  05 avril 2014
Un postulat trivial comme point de départ d'une analyse approfondie et cruelle de la psychologie masculine. C'est aussi une réflexion, et critique acerbe, de la société pseudo-libertaire du début des années 70. Un grand Moravia.
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Wyoming
  01 août 2018
Dialogue très long d'un homme avec son sexe; on peut y voir une analyse humoristique de la sexualité de l'homme avec des moments sérieux sur le sujet. C'est bien écrit, envoyé assez crûment, intellectuellement original, avec des références psychologiques intéressantes et, bien sûr, d'autres artistiques .
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
OdeOde   09 juin 2013
Que m'arrive-t-il ? Quelque chose vient de se débloquer dans mon intérieur. Quelque chose qui monte jusqu'à ma tête. Comme un serpent, comme le serpent de l'énergie créatrice qui de la base des reins grimpe le long de l'épine dorsale jusqu'à la nuque, jusqu'au coin du cerveau où se forment les pensées. Serait-ce la sublimation ? Je me sens transporté dans une autre dimension, plus légère, plus libre, plus vaste.
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OdeOde   06 juin 2013
« Pour moi la vie, c'est la sublimation et la mort, c'est la dé-sublimation. En atteignant la sublimation, je suis certain de vivre en homme digne de ce nom. Si je n'y arrive pas, je mourrai à mon humanité puisque je serai un dé-sublimé, c'est-à-dire un être inférieur, un incapable, un malheureux, un faible, tout en sexe et sans âme. Je ferai irrémédiablement partie de la race des "sujets" qui existe dans le monde entier, dans les pays riches comme dans les pauvres, qui n'est pas caractérisée par une couleur de peau ou des qualités somatiques, mais par son incapacité congénitale à atteindre la sublimation. »
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OdeOde   04 juin 2013
– Tu t'es mis dans la tête que la faculté de procréer et que la création artistique sont deux robinets alimentés par la même source et que si tu ouvres l'un, l'autre cesse de couler, et vice versa.
– Qui t'a dit ça ?
– Mais c'est toi. Tu ne t'en souviens plus ?
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lafilledepassagelafilledepassage   29 septembre 2017
Non, il ne parle pas, il ne parlera pas. Il ne bouge pas non plus. On le dirait en proie à un malaise profond et paralysant. Puis, d’un seul coup, il tremble tout entier ; et tout de suite après une grosse goutte blanchâtre, épaisse, opaque, sourd à la pointe extrême de son sommet, hésite, puis, entraînée par son propre poids, tombe. Nouveau soubresaut, nouvelle goutte. Puis un troisième plus violent, et un jet abondant jaillit à plusieurs reprises et s’épanche en coulant comme de petites rigoles, séparées les unes des autres. Je pense à l’éruption d’un volcan, mais, dans cette pénombre, plus terrifiante parce que tout se passe sans bruit. Le flot blanc continue de jaillir. Il coule sur le fauteuil, s’y accroche par bribes avant d’atteindre le sol qu’il envahit. Maintenant, la chambre tout entière est submergée. En même temps, mais c’est incroyable ! d’étranges fleurs de toutes les couleurs percent au milieu de cette blancheur compacte. Ces fleurs sont assez petites ; ce sont plutôt des boutons de fleurs, mais voilà que ces boutons s’ouvrent et deviennent de plus en plus grands et de plus en plus beaux. Les fleurs sont maintenant entourées de feuillage vert et brillant, puis fleurs et feuilles émergent complétement de la marée blanche, montent, montent, deviennent des arbustes, des arbres. Ces arbustes et ces arbres se couvrent de myriades de fleurs.
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lafilledepassagelafilledepassage   07 octobre 2017
Chaque fois que j’entends parler de choses d’art de cette manière, une fureur indescriptible s’empare de moi. L’art est la forme la plus haute produite par la sublimation. Pour l’atteindre, je suis en train, moi, de faire une expérience qui bouleverse toute ma vie. Et cette conjuration de cancaniers, de parasites, de salopards, parle devant moi de l’art comme d’un produit de consommation ! Nous nageons en pleine désublimation inconsciente, automatique, absurde. Tant qu’il y aura des individus de cette sorte, aucun espoir pour le cinéma. Je tends l’oreille et naturellement, tout de suite après le discours sur les bénéfices, voici celui sur la technique. Suite logique, du reste : les bénéfices au cinéma naissent de la technique car – ce sont eux qui parlent – l’art n’est qu’une technique comme une autre. La technique ! Parlons-en de la technique ! La grande excuse du dé-sublimé ! Le grand alibi ! La grande revanche ! La grande consolation !
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