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ISBN : 226404800X
Éditeur : 10-18 (22/05/2008)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 130 notes)
Résumé :
Lauréate du prestigieux Prix Pulitzer (équivalent du prix Goncourt) avec son roman Beloved, Toni Morrison est l'une des plus fortes voix afro-américaines à être apparue dans la littérature américaine des années 80 et 90.

Lié à son histoire personnelle, celle de sa famille et de la communauté noire américaine, ce roman se déroule dans le Harlem des années 20, haut lieu de la bourgeoisie noire et des débuts du jazz.


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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
IreneAdler
  11 décembre 2013
Challenge Nobel 2013/2014
6/15
Voila voila... Je l'ai lu, je n'ai pas tout compris, je dois bien l'avouer. Je ne sais pas s'il s'agit d'un problème de traduction, mais certaines phrases m'ont semblé incompréhensibles. Il semble y avoir des parallèles avec un passé parfois très lointain, mais lesquels exactement ? Certaines situations m'ont semblé être tirées par les cheveux. Les personnages principaux ont surmonté, difficilement, la folie de leurs origines, pour finalement être aliénés par la Ville. Folie inévitable ?
Peut-être aussi que je ne connais pas assez le jazz pour apprécier le rythme syncopé de la narration.
Bref, je ne sais pas, ça fait beaucoup de flou autour d'une intrigue assez intéressante, même si assez classique. Après Home, c'est un peu la douche froide.
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lacazavent
  06 mai 2012
Je poursuit ma découverte de cet auteur que l'on dit incontournable avec ce roman musical, je ne suis pas encore tout à fait convaincue mais il ne manque plus grand chose ! J'apprend progressivement à apprécier Toni Morrison, de mieux en mieux, et la prochaine fois, je pense que je vais opté pour l'un des livres suggéré par Mousseline « le chant de Salomon » ou « Beloved » histoire de poursuivre en beauté …
Attention pour les lecteurs potentiels ce livre exige une grande concentration, un silence absolu, un esprit entièrement consacré à l'histoire. La plus grande difficulté pour moi va être d'essayer de bien vous rendre l'atmosphère de ce texte. Alors désolé ,mais je devoir vous faire travailler, mais le mieux est que vous vous imaginiez regardant un tableau de Paul Signac ou de Georges Seurat, un air de Coltrane ou de Djongo Reinhardt flottant dans l'air.
Au délà de tous les résumé ou analyse c'est de loin la meilleur méthode pour vous rendre au mieux ce livre...
Toni Morrison abolit les codes et m'a entrainé pauvre lectrice dans son processus de démolition. J'ai apprécié cette écriture bouillonnante, foisonnante, rapide. J'aime sa façon particulières qu'elle a de nous brosser les portraits de ces personnages en les replongeant dans leur passé et leurs souvenirs. le point de départ de l'histoire n'est finalement qu'un simple prétexte à mener une introspection au plus profond de l'âme de ses personnages, une analyse des répercutions entre les actes passés et les présents.
Et même si parfois, tout comme dans Love d'ailleurs, je ne savais plus trop qui parler finalement cela ne me gênais même plus, l'histoire se déroulait sans avoir besoin de plus de précision.
Toni Morrison joue sans aucun complexe avec la langue, elle varie les rythmes, les styles, les narrateurs. Elle a crée une sorte d'objet littéraire autonome, vous allez me croire folle si je vous le dis mais tant pis, j' ai eu comme l'impression que ce n'est pas moi aimé ce livre mais lui qui a bien voulu se laisser aimer de moi. Complexe Non ...! ? Ce livre a du déteindre sur moi !
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Thyuig
  16 octobre 2012
Difficile roman. Une première partie époustouflante, pleine de bruit et de fureur. Et qui happe son lecteur, le malaxe durement dans cette Amérique des années vingt. Un crime parfaitement idiot, une jeune délurée - ou bien est-elle seulement libre ? - , un couple qui vieillit doucement ensemble, ils s'éloignent, Violette et Joe Trace. La faute à personne. Pas vraiment à cause de la grande ville. C'est juste comme ça. Et si Joe Trace tue cette gamine, c'est juste parce qu'il l'aimait trop, il "éprouvait un de ces amours tordus, profonds, qui le rendait si triste et si heureux qu'il l'a tuée juste pour garder cette sensation".
Une seconde partie moins intuitive, plus explicative. Toni Morrison tente de justifier, non, d'expliquer les raisons qui prédominaient le comportement de ses personnages. Inutile. Pas seulement parce qu'elle leur enlève un peu de beauté en agissant comme ça, mais surtout parce que leur attitude justifiait à elle seule le titre - Jazz - du roman. C'est un jazz qui prend au corps, qui se dirige à l'instinct, secoue les corps enfin presque libres d'un peuple noir urbain depuis peu. Cette musique les transcende, imprime la liberté de mouvement, de pensée, défait et refait les couples. Toni Morrison essaye de justifier ça. C'est inutile. Joe Trace et Violette s'en passent largement dans la première partie qui souffle et tempête autant qu'un choeur gospel enfin libéré de l'Eglise, qui éructe comme sait si bien le faire une trompette affranchie de sa partition. Jazz raconte cela dans cette première partie, un peu moins dans sa seconde. On se souviendra surtout du début.
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Bruno_Cm
  26 mars 2019
Il est des livres que j'ai vraiment du mal à comprendre. Je me perds dans les personnages, les confonds voire inverse (peut-être) tous leurs actes ou leurs propos. Des livres dont je saisis à peine, vague-ment, l'intrigue.
Mais qui m'éclabousse par leur style, par une langue qui sans être tout à fait 'autre', subjugue par sa délicieuse étrangeté (la traduction française est (sans doute) géniale).
Comme cette période pas si éloignée de la guerre de Sécession dont traite le roman. Où vivent Noirs et Blancs.
Il s'agit d'un meurtre.
Il s'agit de filiation.
Il s'agit de racisme.
Il s'agit d'un pays.
Il s'agit de femmes et d'hommes.
Il s'agit d'humains.
Bien évidemment, ce livre a des échos très actuels.
"Jazz", un très bon titre, puisque cette "musique de Noirs", que les Blancs tentent d'investir, est musique folle, complexe, décomplexée, et dé-réglée ou trop réglée, incompréhensible, faussement répétitive par moments, faussement bouclée... Aussi difficile pour moi à expliciter-définir que ce livre. Sortir de ses trous...
Je ne mets pas cinq étoiles, parce que je n'ai quand même pas compris grand chose, ou bien je n'ai compris que l'essentiel (disons plutôt ça pour se réconforter). Mais mais mais.
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bgbg
  24 août 2018
Toni Morrison, c'est un style, une écriture, une atmosphère. C'est aussi un respect particulier du lecteur qui doit s'accrocher pour suivre ou pour le dire autrement, lire “activement“. de nombreux passages paraissent hermétiques au premier abord, nécessitant des éclaircissements qui viendront plus loin si l'on est attentif.
Jazz, qui appartient à une trilogie sur l'histoire des Afro-Américains, a une histoire, mais s'articule également autour de la généalogie de quelques personnages. Commençons par Dorcas, une très jeune fille noire, deux fois tuée, d'abord par Joe Trace son amant, puis par Violette l'épouse de celui-ci, qui a lacéré au couteau son beau visage alors qu'elle reposait dans son cercueil avant d'être inhumée. Dorcas vivait avec sa tante Alice depuis la mort de ses parents au cours d'émeutes en 1917, alors qu'eux-mêmes n'étaient pas vraiment émeutiers. Alice n'a pas pardonné le meurtre à Joe, mais ne l'a pas poursuivi en justice. Par contre, elle reçoit volontiers Violette, elles boivent le thé ensemble, discutent. Alice est quelque peu condescendante avec sa cadette.
Violette a été élevée au milieu d'une fratrie de six enfants par Rose Dear qui, mariée avec un militant pour le vote des Noirs, le plus souvent absent, a dû être submergée par la tâche. Sa mère, True Belle, d'une grande vitalité, est venue la seconder mais n'a pas empêché Rose Dear de se jeter dans un puits. Violette est restée très liée à sa grand-mère.
Joe Trace a une filiation plus complexe avec sa mère surnommée la Sauvage qui vit dans la plus grande précarité, dans la nature, dans une sorte de grotte d'accès impossible, et surtout n'a aucun empressement à reconnaître ou à communiquer avec son fils. Celui-ci en conçoit la plus grande honte.
Venons-en à l'intrigue, un meurtre.
En 1906, Joe et Violette arrivent du Sud et s'installent dans un coin du Nord-Est des États-Unis, puis à New-York. Ils se sont connus dans une plantation, et comme beaucoup de Noirs, depuis les années 1870-80, ils fuient massivement vers les villes industrielles, les métropoles, les ports, New-York - jamais nommée, appelée la Ville dans le roman.
Violette s'improvise coiffeuse à domicile et Joe est une sorte de représentant en cosmétiques, la valise toujours bourrée d'échantillons. Joe, lassé de sa vie de couple, plate et monotone, homme mûr bien de sa personne, apprécié de sa clientèle féminine, tombe un jour de 1926 sous le charme de l'insouciante et très jeune Dorcas, qui joue beaucoup avec les garçons et se délecte à papillonner. Ils vivent malgré un grand écart d'âge une forte romance, presqu'au nez de Violette. Mais les passions, ça ne finit pas toujours bien, et dans un accès de jalousie, Joe tue Dorcas. On saura beaucoup plus loin le déroulement de ce geste, dans un passage très fort. Joe se replie sur Violette qu'il aime toujours mais le jour de l'enterrement, celle-ci cherche à tuer sa rivale une seconde fois.
Dans ce roman à plusieurs voix - tous les protagonistes prennent la parole sans jamais s'annoncer, ce qui peut troubler le lecteur -, il faut à la fois se laisser bercer par le rythme et rester très attentif à suivre le fil de l'histoire. En fait, lire et relire. Les faits sont distillés au coin des phrases, rarement de façon explicite. le récit ne semble pas organisé, volontiers laconique, il affecte les dissonances, les ellipses, les décalages et les ruptures, se moque de la chronologie, vagabonde dans le temps, dans l'espace aussi, délaisse les explications de texte, les exégèses, au profit de réminiscences surgies on ne sait d'où mais qui s'éclaireront plus loin dans l'histoire.
Quoi qu'il en soit, Toni Morrison brosse un tableau saisissant de la condition noire au début du XXe siècle, des hommes et des femmes, dont elle sonde avec force l'âme et le passé, anciens esclaves revenus de captivité ou leurs descendants, et qui font à la fois l'expérience de la liberté, de la création (naissance du jazz), mais aussi du déracinement, de l'absence de repères moraux, de multiples formes d'inadaptation sociale.
Avec un style qui peut paraître déroutant mais séduit par une prose finalement charismatique, Toni Morrison livre une histoire d'amour violente et désespérée qui plonge ses racines pour chacun des protagonistes, dans un passé à la fois singulier et tourmenté.
(24 août 2018)
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   18 mai 2015
Vingt ans après que Joe et Violette eurent dansé le train en Ville, ils étaient toujours en couple mais se parlaient à peine, sans plus jamais rire ensemble ou faire comme si le sol était une piste de danse. Convaincu qu'il est seul à se rappeler cette époque et à vouloir la retrouver, conscient de ce à quoi ça ressemblait mais pas du tout de ce qu'on ressentait, il s'est accouplé ailleurs. Il a loué une chambre à une voisine qui sait le prix exact de sa discrétion. Achetée six heures par semaine. Le temps pour le ciel de ville de passer d'un mince bleu glacé au pourpre à cœur d'or. Assez de temps, quand le soleil plonge, pour dire à son nouvel amour des choses jamais dites à sa femme.
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ThyuigThyuig   14 octobre 2012
Tst, je connais cette femme. Elle vivait avec une troupe d'oiseaux sur l'Avenue Lenox. Connais son mari, en plus. Il est tombé pour une fille de dix-huit ans avec un de ces amours tordus, profonds, qui le rendait si triste et si heureux qu'il l'a tuée juste pour garder cette sensation. Quand la femme, elle s'appelle Violette, est allée à l'enterrement pour voir la fille et lui tallaider son visage mort, on l'a jetée par terre et hors de l'église. Alors elle a couru, dans toute cette neige, et quand elle est rentrée à la maison, elle a sorti les oiseaux de leurs cages et les a posés derrière la fenêtre pour qu'ils gèlent ou qu'ils volent, y compris le perroquet qui disait : "Je t'aime;"
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Anthony-PAnthony-P   19 septembre 2014
/!\attention, dernière page du livre./!\


Je leur envie cet amour public. Je ne l'ai moi-même connu qu'en secret, partagé en secret, et brûlé, ah, brûlé d'envie de le voir- de pouvoir dire tout haut ce qu'ils n'ont même pas besoin de dire : Que je n'ai aimé que toi, n'ai abandonné son retour mon être entier qu'à toi et personne d'autre. Que je veux que tu m'aimes et que tu me le montres. Que j'aime la façon dont tu me tiens, dont tu me laisses venir si près de toi. J'aime tes doigts dans tous les sens, qui se dressent et se tournent. J'ai regardé ton visage pendant longtemps, tes yeux me manquaient quand tu te séparais de moi. Te parler et t'écouter répondre-c'est le pied.
Mais je ne peux pas le dire tout haut ; je ne peux dire à personne que j'ai attendu ça toute ma vie et qu'avoir été choisie pour attendre est ce qui m'a permis de le faire. Si je pouvais je le dirais. Dirais fais-moi, refais-moi. Tu es libre de le faire et je suis libre de te laisser parce que regarde, regarde. Regarde où sont tes mains. Maintenant.
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ThyuigThyuig   14 octobre 2012
Je n'ai plus parlé parce que les choses que je ne pouvais pas dire sortaient quand même de ma bouche. Je n'ai plus parlé parce que je ne savais pas ce que mes mains pourraient se mettre à faire après la fin du travail de la journée. Ce qui se passait en moi je trouvais que ça ne me regardait pas et Joe non plus parce qu'il fallait que je continue à le retenir de n'importe quelle façon et à devenir folle je l'aurais perdu.
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foxinthesnowfoxinthesnow   16 juillet 2018
Alors pourquoi est-ce le jeudi que les hommes ont l’air satisfait ? C’est peut-être le rythme artificiel de la semaine – il y a peut-être quelque chose de tellement factice au cycle de sept jours que le corps n’y fait pas attention, préfère les trios, les duos, les quatuors, tout sauf un cycle de sept qu’il faut couper en parties humaines et la coupure tombe le jeudi. Irrésistible. Les attentes exorbitantes et inflexibles du week-end sont nulles le jeudi. Les gens attendent le week-end pour les rencontres, les mises à jour et les séparations même si beaucoup de ces activités s’accompagnent de coups et parfois d’une goutte de sang, car l’excitation est forte vendredi ou samedi. (…) Ainsi les week-ends, destinés à décevoir, sont stridents, maussades, saupoudrés de bleus et de taches de sang. Les choses regrettables, les paroles grossières et aigres, les mots soudain actifs qui font bouillir le cœur – rien de tout ça n’a lieu le jeudi. (p. 61-62)
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