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EAN : 9782264048004
256 pages
10-18 (22/05/2008)
3.55/5   190 notes
Résumé :
Lauréate du prestigieux Prix Pulitzer (équivalent du prix Goncourt) avec son roman Beloved, Toni Morrison est l'une des plus fortes voix afro-américaines à être apparue dans la littérature américaine des années 80 et 90.

Lié à son histoire personnelle, celle de sa famille et de la communauté noire américaine, ce roman se déroule dans le Harlem des années 20, haut lieu de la bourgeoisie noire et des débuts du jazz.


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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
3,55

sur 190 notes

MELANYA
  14 juin 2022
« Jazz » est un roman écrit en 1992 par l'auteure américaine Toni Morrison.
Ce roman constitue la seconde partie de la trilogie de Toni Morrison sur l'histoire des Afro-Américains, qui commence avec Beloved et finit avec Paradis.
« Passion, jalousie, violence et musique ».
En 1926, à Harlem, Joe, homme marié d'une cinquantaine d'années, assassine sa jeune maîtresse de 18 ans. Sa femme, Violette, dans un accès de jalousie et de désespoir, se jette sur le corps de cette jeune maîtresse le jour de son enterrement pour la défigurer. Bouleversés par la violence et l'horreur de leurs gestes, les deux époux vont fouiller dans leur passé pour comprendre leur terrible présent.
L'écriture de Toni Morrison joue sur les rythmes de la langue et elle est ponctuée d'envolées lyriques ce qui nécessite une bonne concentration. Les phrases sont longues - les paragraphes compacts - et l'approche qu'on pourrait qualifier de pointilliste de l'écriture peut sembler étouffante au point et le lecteur risque d'avoir besoin un peu de temps pour s'habituer au style.
On apprécie, au fil des pages l'histoire ainsi que la construction du récit. L'histoire prend son temps, se construit sur un rythme de jazz. le récit fait des aller-retours permanents entre leur passé de paysans dans le sud et leur vie en ville, dans la Ville.
Tous les sentiments humains sont enchevêtrés dans cette histoire sombre et envoûtante, avec en toile de fond l'Amérique post-esclavagiste tourmentée et en plein changement.
Histoire bouleversante et métaphorique, « Jazz » est l'occasion pour Toni Morrison de traiter plus globalement du thème du peuple noir dans une Amérique toujours raciste. Elle nous fait passer ses convictions, ses idées, sur la société américaine ainsi que sur la Ville, et ses descriptions sont réussies.
Une lecture enrichissante – pas forcément facile – mais un livre de Toni Morrison a toujours été un événement. de plus, celui-ci peut aussi être qualifié de roman historique.
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IreneAdler
  11 décembre 2013
Challenge Nobel 2013/2014
6/15
Voila voila... Je l'ai lu, je n'ai pas tout compris, je dois bien l'avouer. Je ne sais pas s'il s'agit d'un problème de traduction, mais certaines phrases m'ont semblé incompréhensibles. Il semble y avoir des parallèles avec un passé parfois très lointain, mais lesquels exactement ? Certaines situations m'ont semblé être tirées par les cheveux. Les personnages principaux ont surmonté, difficilement, la folie de leurs origines, pour finalement être aliénés par la Ville. Folie inévitable ?
Peut-être aussi que je ne connais pas assez le jazz pour apprécier le rythme syncopé de la narration.
Bref, je ne sais pas, ça fait beaucoup de flou autour d'une intrigue assez intéressante, même si assez classique. Après Home, c'est un peu la douche froide.
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Thyuig
  16 octobre 2012
Difficile roman. Une première partie époustouflante, pleine de bruit et de fureur. Et qui happe son lecteur, le malaxe durement dans cette Amérique des années vingt. Un crime parfaitement idiot, une jeune délurée - ou bien est-elle seulement libre ? - , un couple qui vieillit doucement ensemble, ils s'éloignent, Violette et Joe Trace. La faute à personne. Pas vraiment à cause de la grande ville. C'est juste comme ça. Et si Joe Trace tue cette gamine, c'est juste parce qu'il l'aimait trop, il "éprouvait un de ces amours tordus, profonds, qui le rendait si triste et si heureux qu'il l'a tuée juste pour garder cette sensation".
Une seconde partie moins intuitive, plus explicative. Toni Morrison tente de justifier, non, d'expliquer les raisons qui prédominaient le comportement de ses personnages. Inutile. Pas seulement parce qu'elle leur enlève un peu de beauté en agissant comme ça, mais surtout parce que leur attitude justifiait à elle seule le titre - Jazz - du roman. C'est un jazz qui prend au corps, qui se dirige à l'instinct, secoue les corps enfin presque libres d'un peuple noir urbain depuis peu. Cette musique les transcende, imprime la liberté de mouvement, de pensée, défait et refait les couples. Toni Morrison essaye de justifier ça. C'est inutile. Joe Trace et Violette s'en passent largement dans la première partie qui souffle et tempête autant qu'un choeur gospel enfin libéré de l'Eglise, qui éructe comme sait si bien le faire une trompette affranchie de sa partition. Jazz raconte cela dans cette première partie, un peu moins dans sa seconde. On se souviendra surtout du début.
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lacazavent
  06 mai 2012
Je poursuit ma découverte de cet auteur que l'on dit incontournable avec ce roman musical, je ne suis pas encore tout à fait convaincue mais il ne manque plus grand chose ! J'apprend progressivement à apprécier Toni Morrison, de mieux en mieux, et la prochaine fois, je pense que je vais opté pour l'un des livres suggéré par Mousseline « le chant de Salomon » ou « Beloved » histoire de poursuivre en beauté …
Attention pour les lecteurs potentiels ce livre exige une grande concentration, un silence absolu, un esprit entièrement consacré à l'histoire. La plus grande difficulté pour moi va être d'essayer de bien vous rendre l'atmosphère de ce texte. Alors désolé ,mais je devoir vous faire travailler, mais le mieux est que vous vous imaginiez regardant un tableau de Paul Signac ou de Georges Seurat, un air de Coltrane ou de Djongo Reinhardt flottant dans l'air.
Au délà de tous les résumé ou analyse c'est de loin la meilleur méthode pour vous rendre au mieux ce livre...
Toni Morrison abolit les codes et m'a entrainé pauvre lectrice dans son processus de démolition. J'ai apprécié cette écriture bouillonnante, foisonnante, rapide. J'aime sa façon particulières qu'elle a de nous brosser les portraits de ces personnages en les replongeant dans leur passé et leurs souvenirs. le point de départ de l'histoire n'est finalement qu'un simple prétexte à mener une introspection au plus profond de l'âme de ses personnages, une analyse des répercutions entre les actes passés et les présents.
Et même si parfois, tout comme dans Love d'ailleurs, je ne savais plus trop qui parler finalement cela ne me gênais même plus, l'histoire se déroulait sans avoir besoin de plus de précision.
Toni Morrison joue sans aucun complexe avec la langue, elle varie les rythmes, les styles, les narrateurs. Elle a crée une sorte d'objet littéraire autonome, vous allez me croire folle si je vous le dis mais tant pis, j' ai eu comme l'impression que ce n'est pas moi aimé ce livre mais lui qui a bien voulu se laisser aimer de moi. Complexe Non ...! ? Ce livre a du déteindre sur moi !
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Bouteyalamer
  27 mars 2020
Pas de jazz dans ce roman, sinon les échos lointains d'une procession à l'issue tragique et deux mentions d'un disque d'Okeh — même pas un musicien, un label. À se demander si l'auteur de la quatrième de couverture a lu le livre. Morrison cultive dans Jazz une obscurité qui s'inspire de Faulkner, mais chez Faulkner elle s'installe et se dévoile par grands pans au fil du roman. Ici elle est présente à l'échelle de la page : « Au printemps 1926, un après-midi pluvieux, quelqu'un passant dans la ruelle longeant certain immeuble de Lenox aurait pu lever les yeux et voir non un enfant mais le visage d'un adulte qui pleurait en même temps que la vitre. Vision étrange et rare : des hommes qui pleurent ouvertement. C'est pas leur truc » (p 134). Précision trompeuse du temps et du lieu, articles indéfinis, puissante et mystérieuse image des pleurs et de la pluie, généralisation dédaigneuse. Une grande auteure, maitresse de sa narration, mais frustrante. Des passages superbes, mythologiques pour exprimer le désir : « Je t'ai encore dit que c'était à cause de toi qu'Adam a mangé la pomme et le trognon. Que, quand il a quitté l'Éden, il se sentait riche. Non seulement il avait Ève, mais il aurait toute sa vie dans sa bouche le goût de la première pomme du monde. le tout premier à savoir comment c'était. La mordre, enlever le morceau. L'entendre crisser et laisser l'épluchure rouge lui briser le coeur » (p 151). Méprisante ailleurs : « Trois filles déboulent du wagon et font clic-clac en descendant les marches gelées. Trois hommes les accueillent et ils partent par couple. Il fait un froid mordant. Les filles ont des lèvres rouges et leurs jambes chuchotent l'une à l'autre dans leur bas de soie. Les lèvres rouges et le pouvoir d'un éclair soyeux. le pouvoir qu'elles échangeront pour le droit d'être dominées, pénétrées. Les hommes à leur côté l'adorent, parce qu'à la fin ils vont l'atteindre, s'étendre, passer par-derrière ce pouvoir, le prendre et le faire taire » (p 202). Féministe, Morrison ?
Bref j'ai admiré l'écriture sans aimer le roman, alors que j'attendais une lecture de choix après Sula, Beloved ou Home. L'impatience du confinement
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   18 mai 2015
Vingt ans après que Joe et Violette eurent dansé le train en Ville, ils étaient toujours en couple mais se parlaient à peine, sans plus jamais rire ensemble ou faire comme si le sol était une piste de danse. Convaincu qu'il est seul à se rappeler cette époque et à vouloir la retrouver, conscient de ce à quoi ça ressemblait mais pas du tout de ce qu'on ressentait, il s'est accouplé ailleurs. Il a loué une chambre à une voisine qui sait le prix exact de sa discrétion. Achetée six heures par semaine. Le temps pour le ciel de ville de passer d'un mince bleu glacé au pourpre à cœur d'or. Assez de temps, quand le soleil plonge, pour dire à son nouvel amour des choses jamais dites à sa femme.
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ThyuigThyuig   14 octobre 2012
Tst, je connais cette femme. Elle vivait avec une troupe d'oiseaux sur l'Avenue Lenox. Connais son mari, en plus. Il est tombé pour une fille de dix-huit ans avec un de ces amours tordus, profonds, qui le rendait si triste et si heureux qu'il l'a tuée juste pour garder cette sensation. Quand la femme, elle s'appelle Violette, est allée à l'enterrement pour voir la fille et lui tallaider son visage mort, on l'a jetée par terre et hors de l'église. Alors elle a couru, dans toute cette neige, et quand elle est rentrée à la maison, elle a sorti les oiseaux de leurs cages et les a posés derrière la fenêtre pour qu'ils gèlent ou qu'ils volent, y compris le perroquet qui disait : "Je t'aime;"
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Anthony-PAnthony-P   19 septembre 2014
/!\attention, dernière page du livre./!\


Je leur envie cet amour public. Je ne l'ai moi-même connu qu'en secret, partagé en secret, et brûlé, ah, brûlé d'envie de le voir- de pouvoir dire tout haut ce qu'ils n'ont même pas besoin de dire : Que je n'ai aimé que toi, n'ai abandonné son retour mon être entier qu'à toi et personne d'autre. Que je veux que tu m'aimes et que tu me le montres. Que j'aime la façon dont tu me tiens, dont tu me laisses venir si près de toi. J'aime tes doigts dans tous les sens, qui se dressent et se tournent. J'ai regardé ton visage pendant longtemps, tes yeux me manquaient quand tu te séparais de moi. Te parler et t'écouter répondre-c'est le pied.
Mais je ne peux pas le dire tout haut ; je ne peux dire à personne que j'ai attendu ça toute ma vie et qu'avoir été choisie pour attendre est ce qui m'a permis de le faire. Si je pouvais je le dirais. Dirais fais-moi, refais-moi. Tu es libre de le faire et je suis libre de te laisser parce que regarde, regarde. Regarde où sont tes mains. Maintenant.
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foxinthesnowfoxinthesnow   16 juillet 2018
Alors pourquoi est-ce le jeudi que les hommes ont l’air satisfait ? C’est peut-être le rythme artificiel de la semaine – il y a peut-être quelque chose de tellement factice au cycle de sept jours que le corps n’y fait pas attention, préfère les trios, les duos, les quatuors, tout sauf un cycle de sept qu’il faut couper en parties humaines et la coupure tombe le jeudi. Irrésistible. Les attentes exorbitantes et inflexibles du week-end sont nulles le jeudi. Les gens attendent le week-end pour les rencontres, les mises à jour et les séparations même si beaucoup de ces activités s’accompagnent de coups et parfois d’une goutte de sang, car l’excitation est forte vendredi ou samedi. (…) Ainsi les week-ends, destinés à décevoir, sont stridents, maussades, saupoudrés de bleus et de taches de sang. Les choses regrettables, les paroles grossières et aigres, les mots soudain actifs qui font bouillir le cœur – rien de tout ça n’a lieu le jeudi. (p. 61-62)
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ThyuigThyuig   14 octobre 2012
Je n'ai plus parlé parce que les choses que je ne pouvais pas dire sortaient quand même de ma bouche. Je n'ai plus parlé parce que je ne savais pas ce que mes mains pourraient se mettre à faire après la fin du travail de la journée. Ce qui se passait en moi je trouvais que ça ne me regardait pas et Joe non plus parce qu'il fallait que je continue à le retenir de n'importe quelle façon et à devenir folle je l'aurais perdu.
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Videos de Toni Morrison (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Toni Morrison
Vendredi 18 septembre 2020 / 9 h 45
Jean Guiloineau part sur les traces des petits cailloux semés par Geneviève Brisac et qui font écho ou référence à l'oeuvre de Virginia Woolf. Lectures par Anne Mulpas, poète, performeuse et artiste multimédia.
Directeur de la revue Siècle 21, Littérature & société. Jean Guiloineau est aussi traducteur : Nelson Mandela, Toni Morrison, Nadine Gordimer, André Brink, etc.
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