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Anne Wicke (Traducteur)
EAN : 9782264041166
304 pages
10-18 (22/05/2008)
3.75/5   178 notes
Résumé :
Dans les années quarante, Bill Cosey possédait un hôtel pour Noirs fortunés sur la côte Est des États-Unis. En 1971, à sa mort, tout bascule ; l'ancien lieu idyllique se transforme en un champ de bataille où s'affrontent des femmes obsédées par son souvenir. Désormais âgées, liées par la jalousie et la douleur, May, Christine, Heed, Vida – et même L – ne peuvent oublier cet homme charismatique et monstrueux, qui a incarné leurs désirs de père, mari, amant, protecteu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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bilodoh
  09 mai 2014
Un roman en noir et blanc, ou plutôt un sombre roman de Noirs et de Blancs
Un roman d'époque, celle où, aux États-Unis, les Noirs n'étaient pas admis dans les hôtels réservés aux Blancs. Dans une petite ville de la côte, M. Cosey avait créé un établissement pour les « gens de couleur ». Un grand succès, car y jouaient les meilleurs jazzmen. Les mouvements de libération des années soixante causeront en partie le déclin de l'hôtel en permettant aux Noirs de choisir d'autres lieux de villégiature.
Un roman dur, car les victimes y deviennent des coupables. On sait bien qu'une femme vendue ou violée est sûrement coupable de l'avoir cherché… mais on ne réalise pas toujours que l'impuissance des victimes peut aussi créer l'agressivité et la haine qui se tournent vers leur entourage plutôt vers la cause de leur malheur.
Un roman étrange puisqu'au puissant réalisme de la Nobel 1993, s'ajoute ici un fantôme qui hante encore les lieux où il a été aimé et haï.
Un bon roman de Toni Morrison, peut-être pas le meilleur ou peut-être suis-je moins à l'aise avec les thèmes exploités… (J'ai aimé davantage « Home » ou « L'oeil le plus bleu »)
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afadeau
  13 avril 2022
Je fais la connaissance de Toni Morrison par ce titre Love, publié en 2003, alors qu'elle a acquis une notoriété internationale. A la lecture de ce livre, j'ai compris pourquoi cette autrice est dans la liste des très grands de la littérature américaine. D'emblée, je découvre un livre attachant et la perspective de lectures marquantes avec ses oeuvres plus connues, telles que Beloved, L'oeil le plus bleu, Home...
Des premières pages mystérieuses... Qui est cette femme qui fredonne dans ce premier chapitre en italique, jetant un tourbillon d'informations que l'auteur va prendre le temps d'éclairer, à son rythme, au rythme de la vie qui va, sur fond de jazz et de soul.
Au début du récit apparaît Junior, une jeune femme tout juste sortie de maison de correction après avoir été accusée d'un meurtre. Elle trouve un travail chez les Cosey. Deux femmes Heed et Christine vivent là dans une haine mutuelle et le souvenir du mari de Heed, Bill Cosey. Celui-ci est mort depuis une trentaine d'années – on est au début des années 1960 –, un homme puissant ayant connu la réussite à la tête d'un hôtel très prisé. le passé, le présent aussi, sont contés par petits bouts, formant une sorte de puzzle. le style de l'autrice et ma curiosité ont retenu mon attention jusqu'à obtenir des explications plus précises par celle qui est seulement nommée L. Il s'agit de la femme de service embauchée par le généreux et charismatique Bill Closey, celle qui a tout vu, tout connu du destin de chacun des membres de la famille. Ce sont les pages en italique, récit de cette fameuse L, insérées régulièrement en fin de chapitre, regard neutre et bienveillant sur cette étrange famille.
On sort de ce huis-clos familial étouffant avec le jeune Romen qui est employé pour des travaux de jardin à la maison Closey, celui qui va connaître une dangereuse histoire d'amour avec Junior.
Le récit se déroule dans le sud ségrégationniste simplement rappelé par de brèves allusions. On devine qu'il s'agit essentiellement d'afro-américains, encore que je ne suis pas sûr avec cette étrange Junior. Est-ce que cette jeune femme plus que délurée représente cet avenir où la couleur de peau est une histoire ancienne dont il n'est plus utile de parler ou simplement choix compréhensible de ne pas catégoriser ?
Ce qui m'a conquis sans réserve c'est la qualité du style, sa poésie envoutante.
Je dois avouer que j'ai peiné au début à m'y retrouver dans les personnages et les époques ! Avec le recul je comprends cette construction qui va du présent du récit, vers 1995, et remonte en recherchant les origines de chacun des personnages, telle une enquête compliquée. le ton est désabusé avec une impression de lassitude face à une époque moderne en profond décalage avec le passé – avec cette autrice, cela peut-être les temps très lointains des origines – des temps difficiles qui avaient parfois le goût du bonheur.
Le passé esclavagiste est suggéré, de même que la violence de la domination blanche. Ils sont là à travers les rapports conflictuels au sein de cette famille dont le patriarche a réussi financièrement. Pas un héros mais un homme bon et monstrueux à la fois, qui laisse à sa mort un entourage près à s'entretuer pour les blessures passées et l'héritage. Chaque génération a ajouté à la précédente mais les situations ont évolué sans que chacun puisse réellement prendre sa vie en main. La peur de l'autre, la haine, tout comme l'amour, semblent incrustées dans la peau de chacun pour longtemps. On est là dans les conséquences de l'esclavage et dans la violence inouïe de cette histoire Etatsunienne, traversant les époques depuis la conquête par la guerre de ces immenses territoires, on sait de quelle horrible façon.
Je suis heureux de lire enfin cette autrice qui aborde avec tant de force et de poésie cet aspect essentiel de la réalité américaine : la violence sociale (vis-à-vis des noirs mais pas seulement...) et ses conséquences durables.
Présence des morts, fantômes, viols, meurtres, violence verbale (sauf avec Romen) forment un tourbillon de récits hallucinés. Autant dire que les tensions et frustrations sont plus au rendez-vous que l'amour du titre, apparaissant bien peu ici.
Les neuf chapitres portent un nom attaché à la figure de William (Bill) Cosey : le portrait, l'ami, l'inconnu, le bienfaiteur, l'amant, le mari, le gardien, le père, le fantôme... Je vois dans le récit de L, la voix de l'autrice et dans ce roman une évocation des figures paternelles.
Toni Morrison, de son vrai nom Chloe Anthony Wofford, est née en 1931 dans l'État de l'Ohio aux États-Unis. Après des études de lettres et une thèse sur le thème du suicide dans l'oeuvre de William Faulkner et de Virginia Woolf, elle fait une carrière de professeur aux universités de Texas Southern, Howard, Yale et Princeton. Elle travaille ensuite comme éditrice chez Random House, spécialisée en littérature noire. Toni Morrison est ainsi à l'initiative de la publication des autobiographies de Mohamed Ali et d'Angela Davis. En 1988, elle obtient le Prix Pulitzer pour son roman Beloved qui la rend célèbre. En 1993, elle reçoit le Prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son oeuvre. Elle meurt le 6 août 2019, à l'âge de 88 ans.

Lien : https://clesbibliofeel.blog
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AudreyT
  22 septembre 2015
Ce livre est celui d'un homme, Cosey. Qu'on l'aime, qu'on le déteste, qu'on l'envie ou qu'on l'admire, cet homme ne laisse personne indifférent. Au milieu de cette foule, des femmes surgissent : Christine et Heed, "les femmes Cosey", qui vivent ensemble mais se détestent, Vida qui le porte en très haute estime et le remercie de l'avoir sortie de la Conserverie, Junior, une jeune femme que la vie malmène et qui vient se greffer à cette population... Mais personne ne connait vraiment ceux qu'il côtoie...
Je suis bien embêtée de ne mettre que 2 étoiles à cette grande dame qu'est Toni Morrison !! Ce roman m'a paru brumeux, avec une multitude personnages, englués dans une multitude d'époque. C'est une histoire à plusieurs voix mais qui ont souvent du mal à se faire entendre et surtout comprendre...
Je reviendrais sur un autre ouvrage plus tard... Histoire de ne pas rester sur celui-ci !
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zabeth55
  05 juin 2013
Je crois que lire trois livres de Toni Morrison en si peu de temps était une erreur.
Si le début de celui-ci m'a plu, j'ai vite était complètement perdue.
Qui est qui ? mais qui par rapport à qui ? qui parle ? de qui parle-t-on ?
J'avais déjà remarqué ça dans les deux précédents, en particulier dans « Un don », mais là, j'en ai eu un peu marre de me prendre la tête.
Ce qui m'a permis de continuer, c'est que petit à petit, les explications arrivent.
« Ah, oui, d'accord. Alors elle, c'est la femme de…., et elle, c'est la fille de …. Oui, mais alors, quel rapport avec…… Ah ! oui, elle c'est la femme du grand-père de …. Oui mais alors, elle, c'est qui ? »
Tout au long de ma lecture, j'avais l'image d'un puzzle. J'avais le tour, le cadre : l'attachement de toutes ces femmes à Bill Cosey, l'hôtel. Mais plein de morceaux que je ne savais pas où caser, et du coup, envie d'abandonner ma lecture. Puis tout à coup, un morceau en entraînant un autre, une image se formait, et j'avais l'impression de pouvoir continuer. Mais après quelques chapitres, même blocage.
J'ai finalement terminé ce puzzle, et il est vrai qu'il est très beau, une fois fini, mais 300 pages à se torturer les méninges pour comprendre, c'est un peu beaucoup.
L'auteur a l'art de compliquer les choses et prend un malin plaisir à nous distiller les informations goutte à goutte. Dommage, elle a pourtant du talent, et ce qu'elle écrit est très profond, mais je crois que je vais faire une longue, longue pause avant de la retrouver.
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pyrouette
  14 juillet 2013
Challenge prix Nobel

Pas de doute, l'auteur est un Nobel. le style, l'écriture, tout l'indique. On rentre dans une ambiance lourde, comme le temps, tendue, faite d'amour et de haine. Les femmes se souviennent et parlent racontant leurs propres souvenirs, leur propre vérité, leurs blessures profondes. Je suis passée d'une femme à l'autre ne comprenant pas au début le lien les unissant, à part cet amour que toutes vouent à un seul homme, qui ma foi, pour moi, est une pure saloperie ! Ah oui je ne suis pas dans le style Nobel, alors je recommence : cet homme n'est pas celui qu'elles croient. Au fur et à mesure de leurs récits, tout se met en place, doucement mais avec une haine implacable. Elles parlent aussi de misère, de ségrégation, de peur. L'arrivée d'une jeune femme belle, miséreuse, audacieuse va raviver les tensions du souvenir de cet homme mort il y a bien longtemps. Car même mort, il suscite encore les convoitises. L'épilogue est violent, mais la pièce montée est finie, chaque chou est à sa place à un détail près : la figurine ne représente que le marié…. Je ne peux que vous conseiller de lire cette histoire de femmes.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   02 mai 2014
Chaque histoire possède son monstre, qui les a rendues dures plutôt que courageuses, et alors elles ouvrent leurs cuisses plutôt que leur coeur, là où est blottie et cachée la petite fille du passé. (10/18, p.9)
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MClo85MClo85   16 janvier 2012
Dans des endroits non éclairés, sans réverbères ni néons sonores, la nuit est profonde et elle tombe souvent comme un soulagement, après tant de regards guetteurs ou fuyants. Les voleurs ont besoin de la nuit pour pouvoir être furtifs, mais ils ne peuvent pas la savourer. Les mères attendent la nuit et pourtant elles se blindent contre elle dans leur sommeil. Ce que la nuit offre avant tout, c'est un moyen d'échapper au guet, ainsi qu'aux guetteurs. Tout naturellement, comme les étoiles sont libres d'écrire leur propre histoire et de ne se soucier de rien d'autre ; ou comme les diamants enfin libérés, peuvent retrouver leur beauté brute.
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afadeauafadeau   13 avril 2022
Mon fredonnement encourage les gens [...] Tout comme Mood Indigo, survolant les vagues, peut modifier votre façon de nager. Cela ne vous fera pas plonger, mais peut donner de l’allant à votre brasse, ou bien vous tromper en vous faisant croire que vous êtes à la fois malin et chanceux. Et dans ce cas, pourquoi ne pas nager un peu plus loin, et encore un petit peu plus loin ?
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pyrouettepyrouette   05 juillet 2013
De nos jours, on juge le silence étrange et ceux de ma race, pour la plupart, ont oublié combien peut être beau le fait de signifier beaucoup en disant peu.
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pyrouettepyrouette   09 juillet 2013
C'est la haine qui fait cet effet. Elle consume tout, sauf elle même, si bien que, quelque soit votre chagrin, votre visage devient exactement le même que celui de votre ennemi.
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Videos de Toni Morrison (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Toni Morrison
Vendredi 18 septembre 2020 / 9 h 45
Jean Guiloineau part sur les traces des petits cailloux semés par Geneviève Brisac et qui font écho ou référence à l'oeuvre de Virginia Woolf. Lectures par Anne Mulpas, poète, performeuse et artiste multimédia.
Directeur de la revue Siècle 21, Littérature & société. Jean Guiloineau est aussi traducteur : Nelson Mandela, Toni Morrison, Nadine Gordimer, André Brink, etc.
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