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Annie Morvan (Traducteur)
ISBN : 2253063630
Éditeur : Le Livre de Poche (01/06/1993)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 130 notes)
Résumé :
8 mai 1830.
Le général Bolivar, escorté de sa suite, quitte Bogota après avoir renoncé au pouvoir. Il ne lui reste que quelques jours à vivre. Tout en descendant le fleuve Magdalena, le " Libertador " sud-américain revit ses combats, ses triomphes, ses démesures et ses échecs. La Colombie, le Pérou, le Venezuela, l'Equateur ; la Bolivie sont indépendants, mais son rêve d'unification du continent a échoué, miné par les rivalités et les trahisons.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
denis76
  25 avril 2019
"Dans la vie, il faut être un peu fêlé,
ça laisse passer la lumière.", a dit Michel Audiard. D'après l'excellent portrait de Simon Bolivar que trace Gabriel Garcia Marquez dans ce livre, ce grand homme semble être tellement intelligent, ...mais un peu fêlé !
Le Libertador, le général Bolivar, Venezuelien d'aristocratie créole né en 1783 sous la colonisation espagnole, a fait tellement de choses !
Il a perdu ses parents jeune ;
il a été plusieurs fois en Europe ;
il a admiré la Révolution ;
il a admiré Napoléon et vu son sacre en 1804 ;
il a participé à la libération du Venezuela ;
il a libéré la Nouvelle Grenade, qu'il a appelé Colombie en l'honneur de Christophe Colomb ;
il a libéré l'Equateur, le Pérou et le Haut-Pérou : on a appelé celui-ci la Bolivie, en son honneur ;
il a séduit 35 femmes ou plus, et pour chacune, il l'aimait "plus que tout au monde", dont Manuela Saenz, qui fumait le cigare et l'a sauvé de l'attentat du 25 septembre ;
il a convaincu des généraux, et quand il n'y arrivait pas, il en a fait exécuter, mais préférait les exiler ;
il a fait des kilomètres à cheval, il lisait même sur le cheval ;
il a lu des quantités de livres, et il fut obligé d'en abandonner au gré de ses déménagements ;
il a décrété la peine de mort pour toute malversation, car il haïssait la corruption plus que les Espagnols, disait-il ;
comme Bonaparte, il avait des réparties cinglantes ;
il a écrit et dicté plus de 10.000 lettres ;
fier d'avoir créé sa Grande Colombie, il rêvait créer le plus grand état du monde, du Mexique à la Terre de Feu ;
maintes fois, il a refusé les honneurs ou les cadeaux ;
il donnait tout sa solde aux veuves ou aux invalides de guerre...
Il était Simón José Antonio de la Santísima Trinidad Bolívar y Palacios.
.
Gabriel Garcia Marquez a écrit un livre où les trains volent, m'a dit une de mes filles, prof d'Espagnol...
Mais cette biographie a l'air tout ce qu'il y a de plus réel. L'auteur nous focalise sur la dernière remontée du grand Rio Magdalena par le grand homme, car déçu après l'attentat du 25 septembre 1829, il offre encore une fois sa démission dans sa capitale de la Grande Colombie, Santa Fe, proche de Bogota, et navigue avec quelques uns de ses généraux partisans, sur ce fleuve afin de prendre le bateau à Carthagène pour l'exil en Europe.
L'auteur retrace cette dernière année de la vie de Bolivar, lui, qui, à 46 ans, malade, épuisé, ayant tout donné pour l'amour de son peuple, veut se faire oublier, mais angoissé de que deviendra son "bébé" sans lui, réagit violemment à chaque mauvaise nouvelle :
"Putain de pays !"
.
Evidemment, pour faire une biographie sur une seule année, Garcia Marquez a noyé le livre dans d'innombrables flash back. Mais la partie romancée, qui, je pense, consiste à remplir les vides historiques par de l'humain, les sentiments, la colère, l'amertume, mais aussi les joies de cet être à la volonté farouche, est tellement touchante que l'on est pris par la lecture, on a envie d'être avec lui, aller en Colombie, en 1830 !
Lui, trompe la mort, malade à tel point qu'arrivé sur la côte, une délégation vient à son enterrement alors qu'il est toujours là, jouant aux cartes et pestant contre le caractère mièvre du nouveau président, quand il n'a pas de fièvre.
Comme Franco mourant qui se lève et vient saluer la foule sur son balcon, Bolivar réalise une extraordinaire course contre la montre et contre la mort pour savoir ce que devient son pays.
.
Livre marquant, inoubliable, ... humain, trop humain : )
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GabyH
  03 octobre 2014
Dans cet ouvrage, Gabriel Garcia Marquez nous livre sa vision, très personnelle, d'une figure emblématique de l'histoire sud-américaine moderne : Simon Bolivar, « El Libertador ». Héraut et héros des indépendances, fervent défenseur de l'unité latino-américaine, Simon Bolivar est une légende, dont le Prix Nobel de littérature se propose, da façon quelque peu irrévérencieuse, de faire le récit des derniers jours, sur le ton de « grandeur et décadence ».
El General en su laberinto, c'est donc le récit du dernier voyage, celui de la fuite, alors que Bolivar a démissionné et que les différents anciens vice-royaumes d'Espagne, au lieu de s'unir comme le souhaiterait le Libertador, s'entredéchirent. Affaibli par tant d'années de guerres, de voyages et d'intrigues de palais, Bolivar est mourant, à 47 ans seulement. Gabriel Garcia Marquez nous le dépeint comme un vieillard qui radote et oscille, deci-delà comme un pendule entre le souvenir des gloires passées et l'amertume de se sentir mourir sans avoir réalisé l'unité latino-américaine. Ce récit, historique et romancé, constitue donc une tentative d'humanisation d'une icône adorée et sans doute méconnue en tant qu'homme, avec ses illusions et désillusions, ses faiblesses, ses sautes d'humeur.
Sous la plume de Garcia Marquez, Bolivar devient un vieillard un peu pathétique et pourtant très attachant. Cette lecture est aussi une prise de conscience de notre rapport à l'histoire et aux « grands hommes », dont ont connaît tous quelque chose sans savoir réellement qui ils étaient. Au-delà du récit historique, cette réflexion à laquelle nous invite subtilement l'auteur est centrale pour apprécier le roman.
Après avoir lu deux autres ouvrages de Garcia Marquez en espagnol (Cien años de soledad et Cronica de una muerte anunciada), El General en su laberinto m'a paru plus difficile à appréhender à cause du vocabulaire militaire et historique. Mieux vaut donc se munir d'un bon dictionnaire si on veut le lire en espagnol. Mais ces petites difficultés n'enlèvent rien à la saveur à la fois sarcastique et poétique du récit !
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Aela
  20 mars 2011
Le roman a été écrit en 1989. Gabriel García Márquez nous conte les derniers jours de Simón Bolívar, "El libertador". le célèbre général a quarante-sept ans mais en paraît bien plus. Nous sommes en mai 1830, Bolívar vient de démissionner de son poste de président de la République de Colombie et se voit refuser un permis pour rejoindre son pays natal, le Vénézuéla. Il va remettre le pouvoir à Domingo Caycedo et le 8 mai, il entreprend son dernier voyage qui fait l'objet de ce livre.
Un voyage bien amer car lui reviennent les souvenirs de ses différents avec les généraux qui se sont battus à ses côtés, et le souvenir des trahisons, comme celles du général Santander. de même en juin, il apprend la mort par assassinat de son fidèle et vaillant ami le général Sucre, fondateur de la République de Bolivie.
Des derniers jours au parfum d'amertume, de nostalgie et de regrets, dont le plus important est de ne pas avoir réussi à unifier cette gigantesque zone d'Amérique du sud.
Un magnifique portrait en finesse et subtilité de ce personnage historique, très humain dans ses faiblesses et ses états d'âme..
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Neneve
  20 juillet 2019
Bon, j'avoue, j'étais un peu fâchée avec Garcia Marquez depuis la lecture de Mémoire de mes putains tristes, dont j'avais trouvé la lecture plutôt malsaine et malaisante ! J'y avais vu un hommage a la pédophilie et je ne cautionnais pas du tout, mais alors, la, pas du tout ! Mais bon, je suis une entêtée, et je me suis laissé prendre au piège quand j'ai vu ce bouquin et que je pouvais me le procurer pour même pas 2 dollars. Et puis, l'idée de lire sur Bolivar, personnage que je connais que de nom, m'a séduite. Un destin particulier que nous raconte Marquez, mêlant fiction et histoire. Une cavale dans tout l'Amérique du Sud, avec l'idée de Bolivar d'unifier tous ces pays. Mais évidemment, on sait que le projet a échoué, pour cause de rivalités, hommeries, trahisons, et tutti quanti. J'ai trouvé cette lecture très intéressante, et lire sur les jours de Bolivar, avec en prime des souvenirs de ces combats, ses victoires, ses défaites, raconté par une plume agréable a été un très bon moment de lecture !
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tristantristan
  08 février 2019
A l'instar de "El naranjo" de Carlos Fuentes, "Le général dans son labyrinthe" de Gabriel Garcia Marquez est un roman de fiction d'où émergent des faits historiques. Personnellement, l'exercice me laisse dubitatif dans la mesure où s'il est justifié pour un personnage historique dont on ne sait presque rien (cf l'excellent "Le scandaleux Héliogabale" d'Emma Locatelli), il me semble plus pertinent d'ouvrir un livre d'histoire qui traite du personnage ciblé par ces romans de fiction ou un ouvrage d'un journaliste écrivain pour un personnage contemporain où les faits se mêlent aux témoignages (cf "Kadhafi" de Vincent Hugueux)
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
denis76denis76   23 avril 2019
Le général rétorqua :
"Pendant la "guerre à mort" ( 1 ), j'ai moi-même donné l'ordre d'exécuter huit cents prisonniers espagnols en un seul jour, y compris les malades de l'hôpital de La Guayra. Aujourd'hui, dans des circonstances similaires, ma voix ne tremblerait pas pour le donner de nouveau, et les Européens n'auraient aucune autorité morale pour me le reprocher, car s'il est une histoire inondée de sang, d'indignités et d'injustices, c'est bien l'histoire de l'Europe."



NDL : El Decreto de Guerra a Muerte fue una declaración hecha por el general Simón Bolívar el 15 de junio de 1813
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GODONGODON   09 novembre 2015
Il avait toujours considéré la mort comme un risque professionnel inévitable. Il avait fait toutes ses guerres en première ligne, sans recevoir une seule égratignure, et il circulait au milieu du feu ennemi avec une sérénité à ce point insensée que même ses officiers s’en tenaient à l'explication facile de son invulnérabilité. Il était sorti indemne de tous les attentats ourdis contre lui, et lors de plusieurs d'entre eux il n'avait eu la vie sauve que parce qu'il dormait ailleurs que dans son lit. Il se déplaçait sans escorte, mangeait et buvait sans prendre aucune des précautions qu’on lui offrait partout où il allait. Seul Manuela savait que son manque d’intérêt n'était ni de l’inconscience ni du fatalisme, mais la certitude mélancolique qu'il mourrait dans son lit, pauvre et nu, sans la consolation de la reconnaissance publique.
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denis76denis76   20 avril 2019
Face à cet état du monde ( 1 ), le général ruminait ses insomnies en marchant tout nu dans les chambres désertes de l'hacienda, transfiguré par la splendeur lunaire.

( 1 ) NDL : j'adore cette phrase, sur ce général créole Bolivar, à demi-barjot, dans son monde, mais qui a quand même libéré une grosse partie de l'Amérique du Sud ( Grande Colombie ) des colons Espagnols, et dont le rêve était de créer un seul état libre, du Mexique à la Terre de Feu !
Par contre, je ne sais pas combien il a fait de morts... mais les colons ne devaient pas être en reste.
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GODONGODON   13 novembre 2015
Au petit matin, alors qu'ils dormaient, la forêt tout entière frissonna au son d'une chanson a cappella qui ne pouvait provenir que d’une âme. Le général sursauta dans son hamac : «C'est Iturbide», murmura José Palacios dans la pénombre.

le général se leva de son hamac, enveloppé dans une couverture, traversa le campement éclairé par les feux de la garde et alla le rejoindre. Il le trouva assis sur la rive, contemplant le fleuve.
«Continuez de chanter, capitaine», lui dit-il.
Il s'assit à côté de lui et, lorsqu’il connaissait les paroles de la chanson, il l'accompagnait de sa voix affaiblie. Il n'avait jamais entendu quelqu'un chanter avec autant d'amour, ni ne se souvenait de personne aussi triste et qui cependant transmettait autant de bonheur autour de lui.

«Merci, capitaine, lui dit-il. Avec dix hommes chantant comme vous, nous aurions sauvé le monde.
–Ah, mon général, soupira Iturbide. Que ne donnerais-je pour que ma mère vous entende.»
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tristantristantristantristan   07 février 2019
Il avait arraché à la domination espagnole un empire cinq fois plus vaste que l'Europe, dirigé vingt années de guerres pour le conserver libre et uni, et l'avait gouverné d'une main ferme jusqu'à la semaine précédente. Mais à l'heure du départ il n'emportait pas même avec lui la consolation d'être cru. Le seul qui fût assez lucide pour savoir qu'en réalité il partait et où il partait, fut le diplomate anglais qui envoya un rapport officiel à son gouvernement: "Le temps qui lui reste lui suffira à peine pour atteindre sa tombe."
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Videos de Gabriel Garcia Márquez (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Gabriel Garcia Márquez
En 2005 a paru Dictionnaire égoïste de la littérature française , immense succès immédiat critique et public. Chroniqué par tous les médias en France et beaucoup même à l'étranger, ce livre qui n?avait pas d?équivalent a reçu cinq prix littéraires. Il est aujourd?hui devenu un classique.  Le Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale est consacré aux littératures des autres pays du monde. Et non pas « étrangers ». Un article l?explique, l?auteur ne croit pas à la notion d?étranger, surtout en matière de littérature. Nous ne sommes pas seuls au monde, et aucun lecteur français n?a été constitué par l?unique lecture de livres français. de même, aucun lecteur n?est constitué par l?unique lecture des livres de son temps. Un lecteur est de tous les temps et de tous les pays. Et c?est ainsi que ce livre comprend aussi bien Eschyle (le plus ancien) que Gabriel García Márquez (le plus récent). Pour « égoïste », cela signifie que l?auteur ne parle que de choses qui, en bien ou en mal, l?intéressent, le passionnent, l?éveillent, et non à partir d?on ne sait quels canons de la littérature.  Le « DELM » comprend, comme son frère aîné, quatre types d?articles : sur des auteurs (Karen Blixen, Jorge Luis Borges, F.S. Fitzgerald, Yukio Mishima, Elsa Morante, Platon, Gertrude Stein?), des ?uvres ( Amant de Lady Chatterley (L?) , Guépard (Le) , Petit Livre rouge (Le)? ), des personnages (Ali-Baba, Lady Bracknell, Mademoiselle Else, le prince André, Arturo Ui?), des notions (« Bonheur », « Enterrements d?écrivains célèbres », « Imagination », « Verbes réfléchis »?). Il a, en plus, des « express » (« Esthétique Express », « Machiavel Express »?). On y retrouvera tous les grands noms célèbres, et on y découvrira des méconnus délicieux. On y trouvera un esthétique, et des anecdotes qui sont peut-être un peu plus que des anecdotes, comme Joyce en train de dicter Finnegans Wake à Beckett qui répond « entrez » à un visiteur, Beckett écrivant le mot par mégarde et Joyce lui disant : « Laissez. » Allègre, partial, drôle, sérieux, brillant, inattendu. Un livre qui donne envie d?en parler avec l?auteur. Venez converser avec Charles Dantzig...
En savoir plus sur le "Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale" : https://www.hachette.fr/livre/dictionnaire-egoiste-de-la-litterature-mondiale-9782246820741
+ Lire la suite
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