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Annie Morvan (Traducteur)
ISBN : 2253116831
Éditeur : Le Livre de Poche (03/04/2006)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 121 notes)
Résumé :
" La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient ", écrit Gabriel Garcia Marquez en exergue à ce livre de mémoires d'enfance et de jeunesse.
Dans ce roman d'une vie, l'auteur évoque à chaque page, les personnages et les histoires qui ont peuplé son oeuvre, du monde magique d'Aracataca à sa formation au métier de journaliste, des tribulations de sa famille à sa découverte de la littérature et aux ressorts de sa pr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  13 août 2016
Quand on lit les mémoires du jeune âge de Gabriel Garcia Marquez, on pense lire un roman. En fait, on y retrouve tout ce qui a construit et nourri son oeuvre. Sa famille excentrique, ses débuts de journaliste, les femmes, l'alcool, la politique, les guérillas colombiennes sont des éléments importants de son inspiration. On y découvre aussi, et c'est passionnant, Gabriel Garcia Marquez racontant son travail acharné pour devenir un véritable écrivain. L'exigence tenace de chaque instant qui l'a hissé au plus haut niveau.
Vivre pour la raconter est un vrai plaisir de lecture à la découverte d'un merveilleux conteur, un auteur essentiel à la plume remarquable de simplicité, de clarté et de puissance.
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joedi
  13 mai 2014
"Vivre pour la raconter" , une autobiographie écrite dans le style propre à l'auteur, un livre bien nommé. Une fois n'est pas coutume, j'ai dû fractionner ma lecture ; la quasi-absence de chapitres, coutumière à Gabriel Garcia Márquez, et les nombreuses références politiques, elles font parties de son histoire il ne peut les gommer, m'ont parfois rendu le récit assez long mais je me suis accrochée, son écriture en vaut bien la peine !
Si à certains moments j'étais lassée, j'interrompais la lecture et c'est avec d'autant plus de plaisir que j'y revenais car Gabriel Garcia Marquez a cette faculté d'entraîner son lecteur à sa suite, de lui faire vivre intensément ses aventures. Dans ce roman d'une vie on découvre au fil des pages des faits qui ont donné naissance à ses livres, des noms que l'on retrouve dans "Cent ans de solitude" ; ce pourrait être amusant de reprendre ses écrits, d'en relever les noms communs, de pouvoir remonter parfois leurs origines mais cela n'enlèverait-il pas à la magie de ses récits ?
Arrivée à la dernière ligne, j'éprouve le sentiment étrange d'attendre une suite, j'aimerais savoir ce qui est arrivé après le point final, je ne peux qu'en deviner des bribes.
Merci Monsieur Gabriel Garcia Marquez pour l'oeuvre accomplie sur cette terre.
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Aline1102
  24 juillet 2014
Gabriel Garcia Marquez prend la plume pour nous parler d'un personnage fascinant : lui-même. Il raconte ses souvenirs de famille, l'histoire de ses parents et la genèse de sa vocation d'écrivain.
Que de belles découvertes dans ces mémoires ! Deux d'entre elles m'ont particulièrement marquée, puisqu'elles sont en rapport direct avec Cent ans de solitude, mon roman préféré de García Márquez.
Tout d'abord, l'origine du nom de Macondo, ce village fondé par la famille Buendia dans Cent ans de solitude. García Márquez nous révèle, dans les premières pages de son autobiographie, que ce nom était celui d'une ferme qu'il a plusieurs fois remarquée lors de ses voyages en train vers son village natal, Aracataca. Ce nom est resté gravé dans sa mémoire car il en aimait la sonorité.
Ensuite, le propre grand-père de Gabriel García Márquez fabriquait des bijoux en forme de petits poissons, comme l'un des nombreux Aureliano Buendia de Cent ans de solitude.
Rien qu'en lisant ce genre d'anecdote (ainsi que l'histoire de la rencontre entre ses parents), on comprend pourquoi García Márquez est devenu l'un des plus grands écrivains latino-américain du XXème siècle : une famille haute en couleur et une vie riche en événements lui ont forcément laissé des souvenirs étonnants à exploiter au fil de ses écrits.
De ce fait, les fans de l'écrivain ne seront pas déçus par cette autobiographie, qui garde le ton des romans de García Márquez. Ce dernier mêle, dans ses mémoires, des souvenirs de sa propre existence avec diverses observations sur la situation politique et économique de la Colombie de sa jeunesse. On se retrouve donc, au final, avec une belle analyse de l'existence de l'auteur dans son intégralité, puisque loin de nous parler que de lui, il nous raconte aussi, en quelque sorte, « l'ambiance » socio-économique dans laquelle il a évolué comme jeune romancier.
Mais le thème principal reste quand même Gabriel García Márquez lui-même et l'on peut lire plus d'une fois de belles descriptions des événements qu'il a vécus et qui l'ont marqué. Tous ne sont pas heureux. le jeune Gabito a connu la pauvreté, la solitude, la honte due à certains événements familiaux ayant eu lieu bien avant sa naissance. Car le jeune Gabriel, apparemment très sensible aux sentiments des adultes qui l'entouraient, a rapidement compris qu'un secret ayant trait à la vie de son grand-père, était ressenti par tout le clan comme une grande honte. Et lui-même en a été influencé. Je ne vous dirai pas de quel secret il s'agit mais, là encore, j'y ai vu un lien avec Cent ans de solitude et avec la raison ayant poussé le patriarche de la famille Buendia à fonder Macondo.
Jamais ennuyant malgré sa longueur, le récit de la jeunesse de Gabriel García Márquez se lit d'une traite. Mon seul regret est qu'il ne nous parle que de ses jeunes années, justement, puisque le récit prend fin lorsque l'écrivain a trente ans à peine. Et, vu son récent décès, Gabito ne pourra jamais nous raconter la suite…Peut-être quelqu'un, un jour, prendra-t-il le relais. Mais il manquera, à cette suite, la « magie » de la plume de García Márquez, ce style unique, reconnaissable entre tous, qui a transformé ce jeune homme ayant abandonné des études de droit qu'il n'aimait pas pour suivre son rêve d'écriture et devenir l'un des plus grands auteurs de sa génération.
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isabellelemest
  18 janvier 2013
Une autobiographie du prix Nobel de littérature consacrée à sa jeunesse et qui s'arrête à son départ pour l'Europe, à 28 ans, après le récit de ses années de formation.
Pour les admirateurs de l'écrivain colombien, dont je fais partie, c'est un bonheur de voir se mettre en place lieux et personnages, années d'enfance dans une "famille de fous" et de rêveurs, et surtout la genèse d'une vocation, à la fois de poète - ce que Garcia Marquez ne sera pas, contrairement à son ami Alvaro Mutis - de journaliste et d'écrivain.
C'est aussi la possibilité d'ouvrir les yeux sur le cadre historique et géographique de la Colombie des années d'après-guerre et du début de la guerre froide, avec les luttes impitoyables entre libéraux et conservateurs, l'apparition des guérillas, les massacres effroyables, la répression militaire, les événements du 9 avril 1948, journée qui voit un assassinat politique révolutionner et détruire la capitale, Bogota, sous les yeux effarés et incrédules des intellectuels, témoins de la catastrophe.
Mais c'est surtout la peinture sensible et modeste d'un jeune homme timide, pauvre et mal habillé, passionné de littérature, qui passe ses nuits à fumer, boire et discuter interminablement avec ses amis poètes et journalistes du groupe de Baranquillas, quand ils ne finissent pas la nuit avec des "putains tristes" ou joyeuses... C'est la genèse d'une carrière consacrée à l'écriture, où l'on voit que Garcia Marquez n'est pas devenu un très grand écrivain en suivant un cours de "creative writing", mais en lisant sans relâche les plus grands auteurs et les autres, en accumulant brouillons, ratures, remords, et corrections, en tâtonnant à la recherche d'une voix authentique, la sienne. C'est l'aveu qu'en littérature, comme ailleurs rien n'est donné, mais tout est le fruit de la passion et du travail.
Garcia Marquez livre au passage des pistes pour mieux faire comprendre ce qui l'a rellement inspiré dans la création de ses chefs-d'oeuvre, que nous pouvons resituer dans le temps et l'espace. Il croque aussi une galerie de portraits d'autres passionnés comme lui, journalistes, poètes, écrivains, sans compter l'évocation émouvante de sa propre famille, inspiratrice d'une partie de son oeuvre.
Une lecture passionnante, même si l'on peut préférer le "réalisme magique" des romans, et des nouvelles, véritables créations, ô combien originales, de l'imaginaire foisonnant de Garcia Marquez.
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huberpascale
  16 mai 2014
Annoncé comme le premier d'une série de trois livres, ce récit autobiographique raconte la vie de Gabriel José de la Concordia Garcia (de part son père) Marquez (de part sa mère) jusqu'à son départ pour l'Europe. Il n'y aura pas de suite.
C'est un retour aux sources qui va déclencher l'envie de se raconter.
"Jusqu'à l'adolescence, la mémoire est tournée vers l'avenir, plus que vers le passé, et les souvenirs que j'avais gardés de ce village n'étaient pas encore idéalisés par la nostalgie" Il accompagne sa mère vendre sa maison d'Aracatara et c'est ce voyage à travers la Colombie, vers le berceau familial, qui lui donnera l'idée d'une retranscription de ses souvenirs.''La vie n'est pas ce que l'on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient''
A travers sa vie, celle de sa famille et de ses ancêtres, on découvre ce qu'était la Colombie du début du XX ème siècle et ce qui a forgé cet homme
Un environnement social brutal (pauvreté, contexte politique instable et répressif colombien, émeutes de 1948....). "..nous montâmes sur la terrasse pour contempler le panorama infernal de la ville illuminée par les foyers des incendies. au fond, les monts de Monserrate et de la Guadalupe étaient deux énormes masses sombres qui se découpaient sur des nuages de fumée, et je ne pouvais chasser la vision du visage énorme du mourant se traînant vers moi et me suppliant de lui porter un secours impossible"
José Garcia Marquez est un costeno, un colombien de la côte caraïbe où bals et chansons rythment le quotidien. Il est profondément attaché à ses racines géographiques et familiales. Les premiers chapitres de ce livre tournent autour de la tribu dans laquelle il est né et des personnes qui l'ont marqué ; essentiellement des femmes "quel milieu familial eût été plus propice à éveiller ma vocation que cette maison de fous peuplée de femmes au caractère invraisemblable ?" il vit et grandit dans un joyeux charivari 'Tout ce qui m'arrivait de la rue avait une énorme résonance à la maison. les femmes de la cuisine le racontaient aux invités qui arrivaient par le train, lesquels avaient eux aussi quelque chose à raconter, et le tout venait grossir le torrent de la tradition orale" Voilà peut-être l'origine de son talent de conteur ; peut-être aussi d'affabulateur et de sa propension au surnaturel ? "Nous avions elle et moi une espèce de code secret pour communiquer avec un univers invisible. Durant la journée, son monde magique me paraissait fascinant, mais la nuit il m'inspirait une terreur pure et simple : la peur des ténèbres, antérieure à notre existence, m'a poursuivi toute ma vie, aussi bien sur les chemins solitaires que dans les dancings mal famés du monde entier. chez mes grands-parents, chaque saint avait sa chambre et chaque chambre son mort"
Ce livre est en tout cas un saut vers un tout autre monde et un tout autre temps. La plume est alerte et soignée. Les genres s'y mêlent. le coté très journalistique m'a, personnellement, un peu dérangée, par moments. Les faits sont relatés avec précision avec, parfois, une surcharge de noms et de précisions qui stoppent le récit:
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
HenriMoufettalHenriMoufettal   16 janvier 2014
Citaciones, Gabriel Garcia Marquez escribe de una manera que gusta muchissimo a mi oreja.

«Desde muy niño tuve que interrumpir mi educación para ir a la escuela ».

—Es algo que se trae dentro desde que se nace y contrariarla es lo peor para la salud —dijo él.

«La sangre me golpeaba tan fuerte por dentro del cuerpo que ya no supe si era de rabia o de susto »,

En todo caso, pienso que mi intimidad con la servidumbre pudo ser el origen de un hilo de comunicación secreta que creo tener con las mujeres, y que a lo largo de la vida me ha permitido sentirme más cómodo y seguro entre ellas que entre hombres.

Pues era un forastero que llegó no se sabía de dónde ni cómo, con una buena hoja de vida, pero sin recursos conocidos.

Sin embargo, cuando el abuelo me regaló el diccionario me despertó tal curiosidad por las palabras que lo leía como una novela, en orden alfabético y sin entenderlo apenas.

No creo que haya método mejor que el montessoriano para sensibilizar a los niños en las bellezas del mundo y para despertarles la curiosidad por los secretos de la vida.

Años después, Zalamea publicó el testimonio de su aventura en Cuatro años a bordo de mí mismo, una novela que abrió horizontes insospechables en nuestra generación.

no muestre nunca a nadie el borrador de algo que esté escribiendo.

Barranquilla era entonces una adelantada del progreso civil, el liberalismo manso y la convivencia política. Factores decisivos de su crecimiento y su prosperidad fueron el término de más de un siglo de guerras civiles que asolaron el país desde la independencia de España, y más tarde el derrumbe de la zona bananera malherida por la represión feroz que se ensañó contra ella después de la huelga grande.

El vicio de leer lo que me cayera en las manos ocupaba mi tiempo libre y casi todo el de las clases.

El tedio de mis horas libres encontró remedio por una razón del corazón: el que no canta no puede imaginarse lo que es el placer de cantar.

No sé qué aprendí en realidad durante el cautiverio del Liceo Nacional, pero los cuatro años de convivencia bien avenida con todos me infundieron una visión unitaria de la nación, descubrí cuán diversos éramos y para qué servíamos, y aprendí para no olvidarlo nunca que en la suma de cada uno de nosotros estaba todo el país.

Aún hoy, con diecisiete libros publicados , los correctores de mis pruebas de imprenta me honran con la galantería de corregir mis horrores de ortografía como simples erratas.

Los internos costeños, con nuestro prestigio merecido de gritones y malcriados, teníamos la buena educación de bailar como artistas la música de moda y el buen gusto de enamorarnos a muerte.

La verdad sin adornos era que me faltaban ya la voluntad, la vocación, el orden, la plata y la ortografía para embarcarme en una carrera académica.

Sin embargo, la protección episcopal no lo puso a salvo de la dura prueba de la vida cotidiana en la cárcel, que en vez de pervertirlo enriqueció su carácter y su buen sentido del humor.

No hacía falta, además, porque siempre me interesó más el fenómeno social que la vida privada de las víctimas .

Yo había escrito: «Así como ustedes viven ahora, no sólo están en una situación insegura sino que constituyen un mal ejemplo para el pueblo». La transcripción del editor español me erizó la piel: «Así como vivís ahora, no sólo estáis en una situación insegura, sino que constituís un mal ejemplo para el pueblo».

—No hay en este mundo dos hombres más parecidos que él y tú —me dijo—. Y eso es lo peor para conversar.

Era otra vez la realidad histórica del siglo XIX, en el que no tuvimos paz sino treguas efímeras entre ocho guerras civiles generales y catorce locales, tres golpes de cuartel y por último la guerra de los Mil Días, que dejó unos ochenta mil muertos de ambos bandos en una población de cuatro millones escasos . Así de simple: era todo un programa común para retroceder cien años.

«Si la poesía no sirve para apresurarme la sangre, para abrirme de repente ventanas sobre lo misterioso, para ayudarme a descubrir el mundo, para acompañar a este desolado corazón en la soledad y en el amor, en la fiesta y en el desamor, ¿para qué me sirve la poesía?».

La práctica terminó por convencerme de que los adverbios de modo terminados en mente son un vicio empobrecedor. Así que empecé a castigarlos donde me salían al paso, y cada vez me convencía más de que aquella obsesión me obligaba a encontrar formas más ricas y expresivas.

Dictaba su clase sin mirar a nadie, con ese aire celestial de los miopes inteligentes que siempre parecen andar a través de los sueños ajenos.

El derecho lo entendía menos y me interesaba mucho menos que cualquiera de las materias del liceo, y ya me sentía bastante adulto como para tomar mis propias decisiones.

La noche se había vuelto diáfana y fresca bajo la luna llena, y el silencio parecía una sustancia invisible que podía respirarse como el aire.

En mi caso, además, estoy convencido de que contar la historia verdadera es de mala suerte. Me consuela, sin embargo, que alguna vez la historia oral podría ser mejor que la escrita , y sin saberlo estemos inventando un nuevo género que ya le hace falta a la literatura: la ficción de la ficción.

Siempre fue divertida y amable conmigo, pero tenía un talento de ilusionista para escabullirse de preguntas y respuestas y no dejarse concretar sobre nada.

Por desgracia , ni el ingenio, ni la resistencia, ni el amor fueron suficientes para derrotar la pobreza. Todo parecía a favor de ella.

De modo que la vida misma me enseñó que uno de los secretos más útiles para escribir es aprender a leer los jeroglíficos de la realidad sin tocar una puerta para preguntar nada.

Como muchas catástrofes grandes del país, el 9 de abril había trabajado más para el olvido que para la historia.

Algo puse yo que hoy no recuerdo, pero la historia me pareció divertida y con la dosis suficiente de locura para que pareciera nuestra.

Pero también, como todos los hombres, me equivoqué de tiempo y lugar.

Aún hoy sabemos que las grabadoras son muy útiles para recordar , pero no hay que descuidar nunca la cara del entrevistado, que puede decir mucho más que su voz, y a veces todo lo contrario. Tuve que conformarme con el método rutinario de las notas en cuadernos de escuela, pero gracias a eso creo no haber perdido una palabra ni un matiz de la conversación, y pude profundizar mejor a cada paso.

Al final de un intercambio atropellado, porque su autobús llegaba y el mío se iba, me dijo con un fervor que me dio en el alma: —Lo que no entiendo, don Gabriel, es por qué no me dijo nunca quién era usted. —Ay, mi querido Lácides —le contesté, más adolorido que él—, no podía decírselo porque todavía hoy ni yo mismo sé quién soy yo.

No pude eludir el frémito de que iba a perderla para siempre un jueves de julio a una hora tan temprana, y por un instante pensé en parar el taxi para despedirme, pero preferí no desafiar una vez más a un destino tan incierto y persistente como el mío.
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joedijoedi   29 janvier 2014
... je retournai au collège, obnubilé par l'extravagance géniale de José Manuel Marroquin, un poète de Bogotá qui déchaînait l'auditoire dès cette première strophe :

Maintenant que les aboiements chiennent, maintenant que les chants coquent,
maintenant qu’au lever du jour les grands sons clochent ;
que les braiments ânonnent et les roucoulements oisellent,
que les sifflements gardiennent et les grognons cochonnent,
que la rose aurorée campagne les vastes dorés,
tu perles de liquides verses comme je larme des pleurs
et froidant de frissons bien que l’embrase s’âme,
je viens soupirer des pousses fenêtré à tes dessous.

Bien entendu, je semais le désordre partout où je passais en récitant les interminables strophes de son poème, mais en même temps j’apprenais à déclamer avec le naturel d’un autochtone sorti d’on ne savait où.
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joedijoedi   11 mai 2014
Il y avait des bordels familiaux dont les patrons, avec leurs épouses et leurs enfants, soignaient les habitués selon les règles de la morale chrétienne et les bonnes manières prônées par don Manuel Antonio Carreño. Certains servaient même de caution pour que les apprenties couchent à crédit avec des clients de renom. Martina Alvarado, la plus ancienne de ces belles de nuit, ouvrait une porte furtive à des tarifs de charité aux curés repentis. On ne trichait ni sur la marchandise ni sur les additions, et les chaudes-pisses étaient inconnues.
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joedijoedi   31 janvier 2014
C'étaient des livres mystérieux et les chemins qu'ils empruntaient étaient différents et souvent à l'opposé de tout ce que j'avais lu jusque-là. Nul besoin d'expliquer les faits : il suffisait que l'auteur les ait écrits pour qu'ils soient vrais, sans autre preuve que le pouvoir de son talent et l'autorité de sa voix. C'était de nouveau Shéhérazade, non dans le monde millénaire de ses contes où tout était possible, mais dans un monde irrémédiable où tout était déjà perdu.
En achevant la lecture de La Métamorphose, j'éprouvai un désir irrépressible de vivre dans ce paradis inconnu.

[la lecture de La Métamorphose de Kafka a vivement impressionné Gabriel Garcia Marquez]
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joedijoedi   28 janvier 2014
L'Île au trésor et Le Comte de Monte-Cristo furent une drogue exquise pendant ces années de vaches maigres. Je les dévorais mot à mot, désirant savoir ce qui se passait à la ligne suivante et en même temps ne le désirant pas, afin de ne pas rompre le charme du récit. Grâce à eux comme aux Mille et Une Nuits, je n'ai jamais oublié qu'on ne devait lire que les livres qui nous obligent à les relire.
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Vidéo de Gabriel Garcia Márquez
En 2005 a paru Dictionnaire égoïste de la littérature française , immense succès immédiat critique et public. Chroniqué par tous les médias en France et beaucoup même à l'étranger, ce livre qui n?avait pas d?équivalent a reçu cinq prix littéraires. Il est aujourd?hui devenu un classique.  Le Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale est consacré aux littératures des autres pays du monde. Et non pas « étrangers ». Un article l?explique, l?auteur ne croit pas à la notion d?étranger, surtout en matière de littérature. Nous ne sommes pas seuls au monde, et aucun lecteur français n?a été constitué par l?unique lecture de livres français. de même, aucun lecteur n?est constitué par l?unique lecture des livres de son temps. Un lecteur est de tous les temps et de tous les pays. Et c?est ainsi que ce livre comprend aussi bien Eschyle (le plus ancien) que Gabriel García Márquez (le plus récent). Pour « égoïste », cela signifie que l?auteur ne parle que de choses qui, en bien ou en mal, l?intéressent, le passionnent, l?éveillent, et non à partir d?on ne sait quels canons de la littérature.  Le « DELM » comprend, comme son frère aîné, quatre types d?articles : sur des auteurs (Karen Blixen, Jorge Luis Borges, F.S. Fitzgerald, Yukio Mishima, Elsa Morante, Platon, Gertrude Stein?), des ?uvres ( Amant de Lady Chatterley (L?) , Guépard (Le) , Petit Livre rouge (Le)? ), des personnages (Ali-Baba, Lady Bracknell, Mademoiselle Else, le prince André, Arturo Ui?), des notions (« Bonheur », « Enterrements d?écrivains célèbres », « Imagination », « Verbes réfléchis »?). Il a, en plus, des « express » (« Esthétique Express », « Machiavel Express »?). On y retrouvera tous les grands noms célèbres, et on y découvrira des méconnus délicieux. On y trouvera un esthétique, et des anecdotes qui sont peut-être un peu plus que des anecdotes, comme Joyce en train de dicter Finnegans Wake à Beckett qui répond « entrez » à un visiteur, Beckett écrivant le mot par mégarde et Joyce lui disant : « Laissez. » Allègre, partial, drôle, sérieux, brillant, inattendu. Un livre qui donne envie d?en parler avec l?auteur. Venez converser avec Charles Dantzig...
En savoir plus sur le "Dictionnaire égoïste de la littérature mondiale" : https://www.hachette.fr/livre/dictionnaire-egoiste-de-la-litterature-mondiale-9782246820741
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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