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Jean-Clarence Lambert (Traducteur)
EAN : 9782070719679
264 pages
Éditeur : Gallimard (26/03/1990)

Note moyenne : 4.02/5 (sur 32 notes)
Résumé :
'Le Mexicain n'est pas une essence, mais une histoire, écrit Octavio Paz. De ce point de vue, le caractère des Mexicains n'a pas une fonction différente de celui des autres peuples : d'une part, il est un bouclier, un mur ; d'autre part, un faisceau de signes, un hiéroglyphe. Dans le premier cas, c'est une défense contre le regard d'autrui, mais qui nous immobilise et nous emprisonne ; dans le second, c'est un masque qui, en même temps, nous exprime et nous étouffe.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
colimasson
  07 février 2020
Je me suis fiée au titre de ce livre. Quelle déception. Rien à voir avec les labyrinthes, ni même avec la solitude. Essai de politique géographique, philosophie du sentiment d'identité nationale – identité mexicaine en plus, comme si ça me faisait quelque chose. Vous devriez savoir que je n'en ai rien à foutre de l'identité nationale, tout comme de la politique et de l'éducation civique au lycée.

Je m'informe parfois des nouvelles du monde lorsque je vais chez le dentiste qui, préoccupé de mon instruction politique, me branche sur la chaîne BFMTV. Récemment encore (2018) j'eus le loisir d'assister au mariage de deux célébrités royales britanniques et de convoler aux funérailles de Johnny Halliday qu'on appelle aussi « Jojo la combine » par chez nous.

O. Paz déplore que le mexicain moyen n'ait pas cultivé son art du sentiment d'identité nationale à l'heure du capitalisme. le capitalisme a fait ressortir l'identité a-dentitaire du mexicain. C'était comme ça partout avant que l'idée de nation apparaisse. On se contentait autrefois de se réunir par villages et vallées, et ça allait fort bien. Les mexicains ont peut-être juste été un peu plus longs à la détente que les autres, et encore. Qui n'a jamais entendu parler des nachos ?

On retrouve les labyrinthes, et un peu de solitude, lorsque O. Paz se tourne avec nostalgie vers la mythologie aztèque, pensant tenir là quelque chose qui pourrait plaire aux touristes. Trop de noms compliqués pour moi. Encore une fois, je n'en retiendrais rien (et le temps le prouve : 2018-2020, ce livre a chu dans le néant). La mémoire possède-t-elle un sentiment d'identité personnelle ? La mémoire ne se soucie pas du sentiment d'utilité nationale.

Le Mexique a pourtant bien essayé de se chercher, allant sur la voie de l'individuation comme nous autres de part le monde, virant d'un extrême révolutionnaire à une nouvelle décadence réformiste, sans réussir à trouver le juste milieu, la fonction ternaire comme dirait l'ami Jung, bien que ça n'ait aucun rapport. The best in Mexico se sont tirés vers l'Europe et ont laissé les autres dans la merde, ce qui n'a pas arrangé la situasse.

Les mexicains, comme tous les peuples du monde entier, sauf quelques exceptions dégénérées, se foutaient bien d'entrer dans le CAC40. Mais c'est devenu une obligation. Ils se sont fait secouer les puces pour se trouver des petites particularités narcissiques qui feront le bonheur des touristes et donneront l'illusion de l'existence d'une culture nationale. Les mexicains sont désormais piégés dans la civilisation du nachos et des aztèques.

O. Paz a des soluces pour faire avancer le merdier : « Une philosophie mexicaine devra affronter l'ambiguïté de notre tradition et de notre volonté d'être, qui veut une pleine originalité nationale et ne saurait en même temps se satisfaire de quelque solution qui n'ait pas une valeur universelle. »

Ok.

Et puis ensuite il faut réformer l'homme lui-même pour qu'il puisse accepter la chienlit du monde moderne sans se morfondre de trop sur son passé – bref, il faut le rendre adaptable aux nouvelles circonstances : « L'homme moderne a la prétention de penser éveillé. Il identifie la pensée avec l'état de veille. Mais cette pensée éveillée nous a conduits par les corridors sinueux d'un cauchemar, où les miroirs de la raison multiplient les chambres de torture. En sortant, nous découvrirons peut-être que nous rêvions les yeux ouverts, et que les songes de la raison sont atroces. Et alors, nous recommencerons à rêver les yeux fermés. »

La vraie solitude se retrouve parfois en ne lisant aucun livre.
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polarjazz
  01 septembre 2016
Je ne connais pas du tout le peuple mexicain et son histoire ; c'est sans doute pour cela que la lecture de cet essai a été laborieux malgré une écriture simple et fluide.
L'auteur présente la société mexicaine par ses croyances, son multiculturalisme, ses fêtes religieuses, ses minorités, sa pauvreté, sa solitude car le mexicain est un être solitaire - Octavio Paz le formule ainsi "Se sentir seul possède une double signification : c'est, d'une part, avoir conscience de soi, et d'autre part, avoir le désir de sortir de soi" - et religieux. Migrant aussi.
Le Mexique a été conquis par les espagnols ( la dynastie des Bourbons), a gagné son indépendance (1822) puis a réalisé, comme la Russie, son indépendance (1910). Mais à quel prix !
Le labyrinthe de la solitude a été écrit dans les années 50 (essor économique important) suivi de la critique de la pyramide 20 ans plus tard (organisation des jeux olympiques en 1968). Ses relations avec son imposant voisin sont difficiles. le Mexique est un pays aux ressources en matières premières considérables mais le tissu économique et industriel est à la peine.
Intéressant mais je préconise d'autres lectures sur l'histoire de ce pays avant de s'attaquer à cet essai. Ce que je vais m'empresser de faire.
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Aela
  22 janvier 2011
Octavio Paz a écrit cet essai en 1950, et l'a réactualisé en 1970. C'est un voyage à travers la mentalité mexicaine, l'histoire de ce pays et sa spécificité. Un petit extrait:
"Le Mexicain n'est pas une essence mais une histoire.. le Mexique est une partie d'une histoire beaucoup plus vaste; les révolutions contemporaines en Amérique latine ont été et sont des réponses à l'insuffisance du développement...Gens de la périphérie, habitants des faubourgs de l'Histoire, nous sommes, Latino-Américains, les commensaux non invités, passés par l'entrée de service de l'Occident... Nos peuples ont dormi tout un siècle et pendant qu'ils dormaient on les a dépouillés.."
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pasiondelalectura
  29 janvier 2017
Cet essai, écrit en France en 1949 et publié en 1950, nous explique de façon docte et claire en quoi consiste être mexicain. Vers 1968 l'écrivain rajouta un chapitre "Postdata", voulant moderniser la partie historique de son texte.
C'est un essai très "pensé" qui permet d'approcher l'étendue des connaissances humanistes de Paz, écrit dans un langage assez accessible, à contrario de l'essai de Carlos Fuentes (La plus limpide région) sur presque le même sujet et écrit à la même époque, aussi à Paris, mais dans un style plus cryptique et baroque.
Octavio Paz va nous expliquer comment le mexicain actuel résulte d'un syncrétisme entre l'ancienne culture aztèque et la culture espagnole apportée par la Conquête.
Ce livre parle d'Histoire, d'amour, de traditions, d'Art et de religion. C'est très certainement un grand livre d'initiation à la culture mexicaine.
Lien : https://pasiondelalectura.wo..
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Chez-Clas
  30 mai 2017
J'utilise ce texte pour essayer de decoder l'identité des mexicains. Ce livre est
un texte qui a marqué plusieurs génerations.
Mon chapitre préféré c'est les fils de la chingada
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
MacabeaMacabea   18 janvier 2020
Entre naître et mourir coule notre vie. Expulsés du sein maternel, nous avons devant nous un saut angoissant, véritable saut de la mort, qui prendra fin qu'avec notre chute dans la mort. Mourir serait donc revenir là-bas, à la vie d'avant la vie? Serait-ce vivre à nouveau cette vie prénatale dans laquelle repos et mouvement , jour et nuit, temps et éternité cessent d'être contradictoires? Mourir serait donc cesser de devenir, être définitivement? La mort est peut-être la vie véritable? Et naître mourir, et mourir naître? Nous n'en savons rien. Et bien que nous n'en sachions rien, tout notre être aspire à échapper à ces contradictions qui nous déchirent.
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krzysvancokrzysvanco   26 août 2017
Pour l'habitant de Paris, New York ou Londres, la mort est ce mot qu'on ne prononce jamais parce qu'il brûle les lèvres. Le Mexicain, en revanche, la fréquente, la raille, la brave, dort avec, la fête, c'est un de ses amusements favoris, et son amour le plus fidèle. Certes, dans cette attitude, il y a peut-être autant de crainte que dans l'attitude des autres hommes : mais au moins, le Mexicain ne se cache pas d'elle, ni ne l'a cache ; il la contemple face à face avec impatience, dédain ou ironie : "S'ils doivent me tuer demain, qu'ils y aillent pour de bon."
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colimassoncolimasson   21 février 2020
L’amour est une tentative de pénétrer dans un autre être, mais qui ne peut se réaliser qu’à condition que l’abandon soit réciproque. Cet abandon de soi-même est toujours difficile ; rares sont ceux qui parviennent à coïncider dans l’abandon et, plus rare encore, ceux-là qui savent dépasser cet état possessif et jouir de l’amour en ce qu’il est réellement : une découverte ininterrompue, une immersion dans les eaux de la réalité et une recréation constante. Nous concevons l’amour comme une conquête et comme une lutte.
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colimassoncolimasson   07 février 2020
Tous, tant que nous sommes, nous avons, à un certain moment, découvert notre existence comme quelque chose de singulier, d’intransférable, de précieux. Presque toujours, cette révélation se situe dans l’adolescence. La découverte de nous-mêmes, c’est tout à coup de nous savoir seuls ; entre le monde et nous s’élève soudain une barrière impalpable et transparente : celle de notre conscience.
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polarjazzpolarjazz   30 août 2016
Le solitaire mexicain aime les fêtes et les réunions publiques. Tout lui est occasion de se réunir. Tout prétexte est bon pour interrompre la marche du temps, et célébrer par des fêtes et des cérémonies les hommes et les événements. Nous sommes un peuple rituel.

Comme toutes les révolutions modernes, la nôtre se proposa, au départ, de liquider le régime féodal, de transformer le pays à l'aide de la technique et de l'industrie, d'en finir avec notre dépendance économique et politique et, enfin, d'instaurer une véritable démocratie sociale.
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Videos de Octavio Paz (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Octavio Paz
Octavio PAZ – Paroles en forme de tourbillon (DOCUMENTAIRE, 1989) Un documentaire d’Alain Jaubert et Frédéric Magné, diffusé le 5 juin 1989 sur France 3.
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Histoire de l'Amérique du nord>Histoire de l'Amérique Centrale (55)
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