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ISBN : 2246751314
Éditeur : Grasset (12/05/2010)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Cette expression, à priori énigmatique («Qui a tué Arlozoroff ? ») est un des plus fameux «Mantra» en Israël, et sert à dire, à propos de n’importe quelle question, qu’il n’y a pas de réponse. Qui était donc cet Arlozoroff ? C’était un personnage politique de premier plan dans la Palestine d’avant la création de l’État d’Israël. De gauche, ennemi de la droite sioniste d’un Jabotinski ou d’un Begin, il avait joué un rôle majeur, avant-guerre, lorsqu’il s’était agi de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
GeorgesSmiley
  22 mars 2018
Ainsi donc Victor Arlozoroff, l'un des principaux dirigeants du mouvement sioniste des années 20 était l'amant de la future Mme Goebbels, l'archétype de la femme aryenne telle que la fantasmait Hitler et les nazis.
Le fait semble clairement avéré et le roman, car il s'agit bien d'un roman, offre une réponse plausible, sinon certaine à la question que pose le titre : qui l'a assassiné ? Et pourquoi ?
Au-delà de la réponse apportée, c'est surtout la personnalité de Magda Friedländer, puis Quandt et enfin Goebbels, qui semble avoir passionné l'auteur dont il faut se souvenir qu'il est ethnopsychiatre.
Comment une très jeune fille amoureuse d'un jeune juif devient-elle successivement la séductrice d'un très riche homme mûr, nageant dans l'opulence et la luxure, adulée de nombreux admirateurs et amants pour finir par, adoubée par Hitler, épouser son grand maître de la propagande ?
Comment passe-t-on de l'amour au choix assumé de la haine, puis au refus de toute pitié et enfin à la cruauté la plus abominable ? Sans doute, pour cette veuve noire, par un narcissisme forcené.
La thèse de l'auteur assimilant le nazisme à du cannibalisme mérite d'être entendue de même que l'analyse psychologique des méthodes employées par les nazis avant leur prise de pouvoir. Cela fait toujours aussi froid dans le dos…
« L'injure est l'âme de la provocation, son noyau. Par l'injure, on renvoie à l'ennemi sa propre image rabaissée, lui signifiant qu'on dispose d'une avance sur lui. S'il est possible de le penser chien, porc, excrément ou maladie malfaisante, c'est que l'on a déjà procédé au travail mental permettant de le tuer…La force de l'injure ne réside en aucune manière dans son contenu mais dans le processus qu'elle suppose déjà réalisé dans l'esprit de l'énonciateur. Qui t'injurie est capable de te tuer…Nous allons vous tuer ! Nous y sommes préparés ! »
On peut également lire, en creux, la dangereuse fascination qu'exercent le pouvoir et les hommes qui s'en emparent. C'est, pour les électeurs de nos démocraties bien malades, une raison supplémentaire de ne pas renoncer au seul pouvoir qu'ils détiennent : celui de sortir les sortants.
C'est très bien écrit avec une intrigue qui s'apparente vraiment à un thriller. C'est tout le talent de cet excellent roman outre le fait d'avoir remis en lumière ce Victor ou Vitaly ou Haïm Arlozoroff dont je n'avais jamais entendu parler et dont le principal mérite aura été de négocier les accords ayant permis à près de cinquante mille juifs allemands de quitter leur pays avant qu'il ne soit trop tard.
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EmmaHanna
  27 février 2013
Dès les premières pages, le roman s'ouvre sur le meurtre de Haïm Arlozoroff, leader sioniste d'extrême gauche assassiné sur la plage de Tel Aviv le 16 juin 1933.Un grand reporter français, Ezra Morena est envoyé par son journal pour enquêter sur un deuxième meurtre, commis de nos jours à l'ambassade de France à Tel Aviv. Il s'agit d 'un ancien agent du Mossad, Mordekhaï Monco. Sa rencontre avec une universitaire spécialisée dans l'histoire du Mossad le conduira à relier cette dernière affaire avec le meurtre non élucidé d'Arlozroff. Voilà pour le cadre de ce roman.
Au-delà des querelles partisanes, et des interrogations qui subsistent encore aujourd'hui sur l'assassinat d'Arlozoroff, l'auteur dévoile un autre volet de la vie du jeune diplomate juif: sa rencontre, vingt ans plus tôt avec une camarade de classe de sa soeur et qui n'est autre que la jeune Magda Friedländer.
Fascinée par lui, elle épousera rapidement les rêves sionistes qu'il défend. La passion que l'auteur leur prête et qu'ils entretiendront malgré les voyages d'Arlozoroff en Palestine, le premier mariage de Magda et même après, lorsqu'elle deviendra l'épouse de Goebbels sont le fil conducteur de ce roman étonnant par le regard que l'auteur porte sur l'histoire.
Derrière l'ambition de cette femme, son ascension, la place qu'elle occupe auprès d'Hitler, la jalousie qu'elle éveille chez Goebbels, il y a l'ambivalence de ses sentiments vis à vis d'Arlozoroff .Entre haine et amour, il n'y a qu'un pas.
Le meurtre d'e Haïm Arlozoroff a t-il été commandité par l'extrême droite israélienne, par des partisans communistes avec lesquels il se trouvait en désaccord, ou par des nazis prompts à effacer la liaison que leur "déesse" entretenait avec un juif ?
Les nouvelles hypothèses que propose l'auteur, dépoussièrent L Histoire. On se prête volontiers à ses spéculations.
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chared16
  14 septembre 2011
Roman historique très intéressant. Sa construction est assez classique, un homme aujourd'hui enquête sur un meurtre du passé, sa propre histoire se percute à celle du disparu (amour, foi, sionisme, Allemagne, identité, Israel, etc.). le suspense n'est pas obsédant, mais la lecture est très agréable.
Pour ma part, j'ai préféré d'autres romans de Tobie Nathan (comme l'excellent "Dieu-Dope") mais dans celui-ci, il sait nous faire découvrir un personnage féminin (Magda Goebbels) avec beaucoup de talent.
Enfin les pages sur la théorie des cannibales sont passionnantes.
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mesapol
  02 septembre 2011
Une enquête policière ? Non ! La recherche de la vérité ? Non plus ! Enfin pas en prédominance. Je m'explique :
Ce roman, inspiré de personnages ayant réellement existé, commence par le meurtre de Arlozoroff, juif de son état, par un autre juif payé pour commettre ce-dit meurtre. Des années plus tard, un autre juif, appelé Ezra Moreno, va s'intéresser de plus près à ce crime et tenter de comprendre les circonstances de cette mort étrange. Mais cet partie va prendre moins d'importance que celle de la vie de Magda, jeune femme allemande avide de pouvoir et de richesse. En effet, le livre comporte deux partie qui s'alterne : L'une reprend la vie d'Ezra à notre époque, et l'autre la vie de Magda dans les années 1930.
Comme je le disais donc, la vie de Magda prend beaucoup plus de place que l'enquête. Toutefois, cela est indispensable pour comprendre le meurtre de Victor Arlozoroff. Ces deux êtres sont liés depuis l'enfance. L'un est Juif et l'autre allemand. L'amour qui les unis est plus fort que tout et pourtant leur vie les sépare et leur but sont à l'opposé l'un de l'autre. Malgré tout, ils se retrouvent à différentes étapes de leur vie avec toujours autant de plaisir de complicité et d'amour, leurs âmes sont vouées l'une à l'autre sans arriver à se rejoindre tant leurs idées politiques sont différentes. Victor veut défendre l'intérêt des juif, Magda pense plus à elle et se sens "porteuse" et "libératrice" de la race aryenne... Son mariage avec Goebbels et sa relation toute particulière avec " le chef " Adolf Hitler vont combler toutes ses attentes et l'amener vers un acte impensable.
Un roman qui oscille entre fiction et réalité, intéressant à lire, captivant, mais qui dont la fin fait froid dans le dos...
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Apoapo
  07 février 2016
Il y a d'une part, les recherches historiques sur les années 20 et 30 : le personnage de Victor (Haïm) Arlozoroff, les premiers foyers juifs en Palestine britannique, le rêve sioniste naissant, la première apparition d'une droite et d'une gauche au sein des implantations, la négociation diplomatique d'Arlozoroff avec les nazis pour faire émigrer en Palestine autant de (notables) Juifs allemands que possible... Et l'assassinat de cet homme au moment où il aurait pu changer le cours de l'Histoire.
Il y a d'autre part, et pour les exigences narratives d'un thriller qui relate l'enquête sur cet attentat, un étrange jeu de projections et/ou de répétitions dans le temps, où se croisent des personnages en couple (Magda et Victor, Barbara et Monco, Tania et le narrateur Ezra) des années 20 jusqu'à aujourd'hui.
Il y a en outre la griffe (ethno-?)psychanalytique de l'auteur (dont je ne savais pas qu'il était aussi romancier), dans le long parcours - fortement initiatique mais aussi psychotique - du personnage de Magda, née bâtarde presque juive, ardente maîtresse du Prince juif qui fut peut-être son seul amour, devenue enfin l'incarnation du nazisme outre que la femme de Goebbels et épouse mystique d'Hitler. Nathan évoque cette incarnation à travers une double interprétation : celle, individuelle, d'un tempérament sous emprise du délire de toute-puissance (voire du délire de divinisation de soi) ; celle, sociale, qui voit dans le nazisme une sorcellerie qui s'empare de l'âme d'un peuple entier par la peur transformée en désir, et qui possède un fonctionnement cannibale : il lui faut dévorer de la chair humaine, d'autrui ou à défaut, de soi-même. A l'instar donc de Magda, qui aura fait de l'immolation de son plus grand amour son acte initiatique (et la première victime de la Shoah) et de l'empoisonnement de ses six enfants son dernier acte cannibale (et les toutes dernières victimes du nazisme hormis elle-même).
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
blanchenoirblanchenoir   24 janvier 2014
Il avait découvert en une seule soirée que la foule était sa maîtresse. Et cela, il ne l'oublierait jamais ! Il avait compris qu'on devait la traiter comme une gueuse. Il regardait d'abord la foule de loin, quelquefois tapi derrière le rideau du théâtre. Puis, il l'approchait lentement, l'excitait, faisait mine de l'abandonner, revenait, l'assaillait d'un côté, de l'autre, l'injuriait puis la caressait. Il savait qu'il fallait la battre, la fouetter de paroles cinglantes, la terroriser de mots de violence et de mort avant de la soumettre. Entre ses mains, la masse devenait une catin nymphomane. Il lui révélait ses penchants les plus bas, la persuadant qu'ils étaient sa nature. Il lui aboyait des ordres et lui susurrait des folies amoureuses. Son visage se tendait vers elle, les yeux de feu, les mains en supplication. Il était tout entier érection ; et la foule se faisait femelle humide l'absorbant en un baiser de rage.
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blanchenoirblanchenoir   14 janvier 2014
Vous me demandez ce que fais de mes jours, de mes soirées, de mes nuits... J'écris ! Et pour passer le temps entre les longs moments qui séparent deux manifestations d'une idée, je prends des notes pour écrire. J'écris, pour écrire... Le monde n'existe qu'écrit et il est si difficile de le créer.
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blanchenoirblanchenoir   08 janvier 2014
-Trouves-tu encore le temps de peindre, demanda Arlozoroff voulant se concilier l'humeur de son ami.
- Peindre ? s'étonna Nahum, parfois je n'arrive même pas à trouver le temps de manger... Et toi ? Trouves-tu le temps d'écrire des poésies, toi qui autrefois en écrivais au moins une par jour ? Non, n'est-ce pas ? Tu vois ? C'est pareil ! Lorsqu'on bâtit un pays, on évite de perdre du temps.
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blanchenoirblanchenoir   06 janvier 2014
- Nahon ! s'exclame-t-il, "c'est vrai" ! Pourquoi dit-on qu'on pense ? C'est sûr qu'on ne pense pas... Ce sont les idées qui viennent, on ne sait pas vraiment d'où, des mots qu'on saisit ça et là, de quelqu'un qui vous les souffle, parfois. Est-ce qu'il existe une seule personne qui a déjà pensé par elle-même ? Ne fait-on pas toujours que répéter ce qu'on a entendu ?
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chared16chared16   14 septembre 2011
[Magda] comprenait que les Juifs étaient une nation maudite, le sort qui leur avait été réservé partout et depuis toujours en était une preuve suffisante. Mais elle ne saisissait pas en quoi une haine personnellement vécue, dans son coeur, dans ses gestes, assumée dans ses décisions quotidiennes, en quoi une telle haine du juif lui était indispensable. "Que dois-je faire ? demanda-t-elle, que dois-je faire, mein Führer ?" Il lui fallait offrir son Juif à Hitler. Elle devait sacrifier ce Juif qu'elle prétendait aimer, l'apporter à cette congrégation de cannibales et leur offrir sa chair. Voilà ce qu'elle devait faire. (p361)
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Videos de Tobie Nathan (62) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tobie Nathan
« Les Liseuses » Olivia de Lamberterie, Tobie Nathan, Augustin Trapenard, Bernard Lehut, & Samir Bouadi
Lectrices : Emmanuelle Marquis & Lolilla Siourd Musiciens : Roland Tchakounte, Léo Eugène & Mathieu Insa Mise en scène & animation : Sophie Stalport tarif : 10 € / adhérent : 5 € RÉSERVER
À l'origine du projet, il y a une série de photos de lectrices du métro qui donna lieu à une exposition. Sur ces images, le contraste entre le recueillement dans lequel sont plongées les liseuses et l'agitation qui les entoure est frappant. Les photos restituent le silence mais absorbent les sons. D'où l'envie non pas de recréer le bruit du métro, mais de faire surgir une composition sonore qui deviendrait en quelque sorte la bande-son de ces lectures.
« Les Liseuses » est donc devenu un album qui réunit douze brèves lectures à voix haute mises en musique. Electro, dub, jazz, country, musique traditionnelle japonaise… À chaque texte correspond un univers sonore original. Pour saluer ce nouveau format de découverte littéraire et fêter la sortie de l'album, nous vous proposons ce soir de découvrir « Les liseuses » en live.
Avec le soutien de LOAD by Sony Music Entertainment France et de la RATP.
À écouter – « Les Liseuses » , Volume sonore, sortie le 29 mars 2019 (en streaming).
Le Jeudi 28 mars 2019 - 20H00
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