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EAN : 978B087RP11VY
Éditeur : Stock (19/08/2020)
3.63/5   63 notes
Résumé :
1952. Zohar Zohar, expulsé et fugitif, arrive en Europe.

Né pauvre dans le misérable quartier juif du vieux Caire, l’enfant chéri de ‘Haret el-Yahoud, la ruelle aux Juifs, le jeune homme flamboyant, dont les clubs et bars attirent la haute société cairote, débarque sans famille, sans ami, sans un sou. Seul l’accompagne le fantôme de Dieter Boehm, son tortionnaire nazi. Zohar fuit un pays à feu et à sang, une société malade à l’image de son roi, Farouk... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
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Eve-Yeshe
  07 août 2020
Nous sommes donc en 1952, et Zohar Zohar doit fuir l'Égypte, où les Juifs qui ont toujours vécu en bonne intelligence avec les Égyptiens musulmans, ne sont plus en sécurité, sur une terre où ils vivent depuis fort longtemps. Il faut dire que leur Roi Farouk, adoré par son peuple depuis son accession au trône s'est contenté d'un pouvoir au rabais, pratiquement sous tutelle des Anglais.
Quant à mon vrai père, celui qui m'a engendré, celui dont je porte le nom, il s'appelait Zohar Zohar. En hébreu, je le sais, le mot zohar signifie « la splendeur ». Il paraît que quelquefois, il se faisait appeler « Splendeur des splendeurs », un peu comme on appelait le Négus le « Roi des rois ».
Le peuple a soutenu les Nazis, accueilli Rommel en libérateur, pour se débarrasser à tout prix du protectorat anglais, écoutant les prêches des Frères Musulmans incitant à tuer des Juifs pour faire plaisir à Dieu.
Mais, l'Allemagne nazie a perdu la guerre, mais pas ses meilleurs militaires, notamment Dieter Boehm, prompts à reprendre du service en Égypte pour continuer à massacrer… Et prêter mainforte aux militaires voulant renverser Farouk trop occupé à manger, acheter des voitures de luxe, et multipliant les maîtresses pour se préoccuper du peuple.
On assiste ainsi à la montée de l'islamisme, aux complots, ou alliances temporaires pour amener Gamal Abd el-Nasser au pouvoir en compagnie d'Anouar El-Sadate
En suivant l'odyssée de Zohar, on traverse toute l'histoire de l'Égypte après la deuxième guerre mondiale, son statut de directeur d'un établissement un peu « olé-olé », la torture par Dieter pour mette la main sur son argent et comme il est Juif, terminer ce qu'Hitler avait commencé !!!
Via Naples, Zohar va arriver à Paris et faire la connaissance de jeunes Juifs, rescapés de l'Holocauste, alors que toute leur famille a été exterminée : Aaron qui a vu les nazis tuer toute sa famille, d'une balle dans la tête, les enfants compris, et les jeter dans des fosses qu'on leur a fait creuser eux-mêmes, Paulette, qui a réussi à s'évader d'un train lors d'un transfert de Ravensbrück ou encore Lucien : ils ont vu et subi tant de choses que seul le désir de vengeance les fait survivre… les femmes ont la part belle dans ce récit, la mère de Zohar, Livia qui prend soin de lui quand il arrive à Naples sans un sou en poche, la belle Thalia qui espionne pour le compte des Juifs…
On rencontre des personnes ayant existé, pour étayer le raisonnement, tels les nazis Walter Rauff, proche de Heydrich, officier de la SS qui est allé prêter main-forte à Pinochet, ou encore Aloïs Hudal, évêque catholique autrichien, ami personnel de Pie XII, qui rêvait de réaliser une synthèse entre catholicisme et national-socialisme et qui a facilité la fuite des criminels nazis vers l'Amérique du Sud. L'auteur fait de Dieter Boehm un de leurs proches, très actif et complètement cinglé.
Tobie Nathan nous promène ainsi dans l'Histoire, avec des allers et retours entre présent et passé, entre le Caire et Paris, entre autres, et donne à chaque chapitre, pour le plus grand plaisir du lecteur une petite phrase, devenue plus ou moins proverbiale :
« Savez-vous que le bien qu'on accomplit est un trésor caché pour l'avenir ? »
« Pour oublier tes ennuis, porte des chaussures que te serrent les pieds. »
J'apprécie énormément les talents de conteur de Tobie Nathan, entre les légendes, les youyous, on a l'impression d'être dans les mille et une nuits », ce qui rend ce roman passionnant et très agréable à lire, alors que le sujet est dur, les exactions nazies font toujours frémir.
C'est le deuxième roman de l'auteur que je lis, « L'évangile selon Youri » m'a beaucoup plu, il y a un an ou deux. Je me suis beaucoup intéressée aux travaux de Tobie Nathan, notamment dans le cadre de l'ethnopsychiatrie, ce qui lui permet de si bien connaître les différentes cultures et de les utiliser comme trame dans ses romans. J'ai encore « Ce pays qui te ressemble » dans ma PAL… C'est aussi un plaisir de l'écouter quand il est invité sur les plateaux. Je rappelle au passage, qu'il est né au Caire et que sa famille a dû fuir l'Égypte en 1957…
J'ai pensé aussi à « Léon l'Africain » ou au « Périple de Baldassare » de Amin Maalouf que j'adore, car on retrouve ce même talent de conteur chez lui également.
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Stock qui m'ont permis de découvrir ce roman en avant-première et de retrouver un auteur que j'apprécie beaucoup.
#Lasociétédesbellespersonnes #NetGalleyFrance
Sortie prévue le 19/08/2020
Vous l'aurez compris, j'adore ce genre de récit, l'Orient me fait toujours briller les yeux et ce roman est un coup de coeur
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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montmartin
  22 juin 2020
Un récit inspiré de faits réels, voilà un roman qui ne pouvait que me plaire. Et je dois dire que je n'ai pas été déçu par ce roman passionnant.
Cimetière de Pantin François accompagne son père Zohar jusqu'à sa dernière demeure. Zohar est né en Égypte, un homme du peuple, issu de la glaise du Nil, un homme secret, après une enfance trépidante dans la ville du Caire, le voilà qui débarque à vingt-sept ans dans le port de Naples, seul, sans famille, sans amis, sans un sou, la seule force de ses bras et ses yeux pour pleurer.
Huit mois plus tôt, le Caire avait brûlé, le petit peuple s'était révolté infiltré par les frères musulmans, et les militaires avaient suivi emmenés par le lieutenant-colonel Nasser. Tous réclamaient la tête de l'énorme roi Farouk ramolli par les plaisirs, et comme toujours, depuis des temps immémoriaux, les juifs étaient devenus la cause de tous les malheurs.
Tobie Nathan va donc nous entraîner à la suite de Zohar dans les heures sombres de l'Égypte, puis dans l'après-guerre à Paris.
L'auteur nous dresse un portrait sans concession du roi Farouk, un roi de carnaval et son régime pourri, les petites gens l'avaient aimé à la folie lors de son accession au trône, quinze ans après il s'était transformé en monstre de cauchemar, se compromettant avec les Anglais, un roi glouton de cent cinquante kilos aux plaisirs pervers. Laissant les caisses vides et un pays rongé par la corruption.
« L'amour avait toujours été l'allié de Zohar. Il lui avait ouvert les portes des univers, et les femmes avaient été ses passeuses. »
Livia qui le recueille que les quais de Naples, cela fait dix ans qu'elle bat le pavé, c'est une professionnelle expérimentée.
Thalia une femme d'une beauté à faire pleurer qui espionne les Égyptiens pour le compte des Juifs.
Paulette évadée de Ravensbrück, « aimer qui on veut quand on veut » est sa devise
Marie, avec ses yeux verts, une femme libre, fille du pêché.
L'Egypte a été une terre d'accueil pour les anciens nazis dont Dieter le bourreau de Nathan, leur but reste d'anéantir les juifs jusqu'au dernier. Nous retrouverons Zohar à Paris associé dans un commerce de fourrures avec Aaron et Lucien. Trois rescapés de l'enfer, une fratrie douloureuse, ils partagent leurs repas, leurs secrets, leurs amours et leur désir de vengeance.
L'auteur nous décrit l'agitation de l'après-guerre, les petits groupes de vengeurs qui n'hésitent pas à mettre deux balles dans la tête des salauds, des collabos, les traites, les fumiers. Les repentis de la collaboration sont employés par l'état dans d'autres tâches, tout aussi clandestines.
Et puis il y a « la société des belles personnes » une confrérie de femmes, dans un quartier populaire du Caire avec leurs chants, leurs musiques, leurs rites, leurs magies
« Elle a dit : Souviens-toi qu'au moment de ta naissance tout le monde était dans la joie et toi dans les pleurs. Prends exemple sur ton père. Fais en sorte qu'au moment de la mort, tout le monde soit dans les pleurs et toi dans la joie ».
Un livre d'une grande richesse, des personnages marqués par leur passé tragique. Un roman porté par une écriture fine qui sait bien retranscrire toutes les émotions et rendre les personnages tellement réels.
Merci aux éditions Stock pour leur confiance et ainsi de m'avoir permis de lire ce roman en avant-première.
#Lasociétédesbellespersonnes #NetGalleyFrance

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cecille
  21 août 2020
C'est avec une grande impatience que j'attends la sortie d'un roman de Tobie Nathan, depuis la découverte de sa plume avec ce roman Ce pays qui te ressemble, je suis sous le charme complet de cet homme passionnant autant à lire qu'à écouter. J'aime suivre ses conférences, je me nourris de ses recherches et ses découvertes.
Donc j'étais très heureuse de lire La société des belles personnes, un titre curieux qui a de suite interpellé mon esprit.
Qui sont ces belles personnes ?
Le roman s'ouvre sur un enterrement, on y est, le décor posé, la voix de François nous présente qui il est, lui le fils de Zohar à qui il est venu réciter la prière juive des morts : le Kaddish.
Nous sommes en France, à Pantin, un matin de brume, un homme est porté en terre par ceux qui l'ont connu, François ne l'a rencontré qu'à l'âge de 49 ans, Zohar en avait 80. Il n'avait que deux ans quand son père est parti, a quitté sa mère, la belle Marie, pour aller où ? Lui seul le sait.
Ce dernier rendez-vous c'est aussi une rencontre, une rencontre qui va mettre en lumière un père aux yeux de son fils.
Livia, une belle et généreuse prostituée de Naples dans son jeune temps. Aujourd'hui cette vieille femme va raconter qui était Zohar, Zohar qui en hébreu veut dire "la splendeur". Cet enfant né pauvre au Caire, dans cette rue Haret el-yahoud, aura connu des grands noms, traversé des tragédies comme il sera poursuivi par ses propres démons.
Tobie Nathan possède l'art de conter, il sait créer les atmosphères, donner vie à des personnages surprenant par de belles élégances comme détestables par des actes atroces et véritables.
Ce livre est un voyage en soi, dans le temps, l'histoire et l'âme humaine.
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dannso
  23 novembre 2020
Ce roman commence par un enterrement : le père de François, Zohar, est emmené à sa dernière demeure aux sons de musiciens égyptiens, et en suivant les traditions juives. Qui est Zohar ? François qui a très peu connu son père, disparu quand il avait deux ans et revenu à Paris alors que François a déjà 49 ans, va le découvrir en même temps que nous grâce aux récits de Livia qui l'a naguère accueilli à son arrivée en Europe.
Tobie Nathan nous fait voyager de l'Égypte, pendant les quelques mois qui entourent le renversement du roi Farouk, au Paris de l'après-guerre, où Zohar va faire la connaissance et vivre avec des rescapés de la guerre qui tous ont souffert et perdu leur famille pendant celle-ci.
C'est un roman foisonnant, qui regorge de détails sur la société égyptienne, la lente dégradation de la situation, la montée des frères musulmans, l'infiltration d'anciens nazis dans l'armée égyptienne, la montée de la colère contre les juifs et la préparation du coup d'état de Nasser. En parallèle des événements historiques, l'auteur nous décrit dans un style flamboyant les différentes couches qui constituent la population du Caire, leurs traditions, leurs façons de vivre: : c'est très imagé, cela part un peu dans tous les sens et reste passionnant. Et puis Zohar se retrouve à Paris. J'ai été frappée par la différence de style de l'auteur: celui-ci devient plus lisse à l'image de ce pays où les gens sont plus réservés. Cette deuxième partie est moins flamboyante, mais tout aussi intéressante, montrant la difficulté pour les survivants à la guerre de continuer leur vie, et enfin tourner le dos à leur passé.
Merci aux éditions Stock pour le partage de ce roman grâce auquel j'ai appris certaines choses sur l'histoire récente de l'Égypte #Lasociétédesbellespersonnes #NetGalleyFrance
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Apoapo
  07 avril 2021
Déclenchées par l'enterrement d'un mystérieux Juif égyptien au cimetière de Pantin, Zohar de son nom et de son prénom, dont le corbillard est accompagné par une bande bariolée de joueurs d'instruments disparates prêts à tomber en transe ainsi que d'une ancienne prostituée napolitaine, Livia Iacopetti, deux histoires de survie et de vengeance s'emboîtent dans ce roman historique, histoires que cette femme confiera lentement au narrateur, François, le fils abandonné de Zohar Zohar, dont la « naissance », sous le nom de Karim « le généreux » par une autre transe induite par la même Société des Belles Personnes dans une cour vétuste du Caire, constitue l'excipit.
Le nazisme ne disparaît pas par enchantement en 1945, la soif de justice et l'élan de vengeance des rescapés de la Shoah ne s'éteignent pas avec le procès d'Eichmann en 1961 et encore moins avec la conférence de presse de Charles de Gaulle du 27 novembre 1967 qui annonce le changement de la politique de la France à l'égard d'Israël.
En juillet 1952, à la chute du veule et corrompu roi Farouk et suite à la défaite militaire égyptienne contre l'État hébreu nouvellement proclamé, cette armée est infiltrée par de nombreux anciens officiers nazis, passés par le Vatican et désormais très zélés dans le démantèlement des millénaires quartiers juifs du Caire. Au milieu du chaos du coup d'État de Nasser, Zohar Zohar, le fils d'Esther, femme juive d'origines très humbles mais initiée aux rites ancestraux par la « kudiya » de Bab el-Zouweila, est persécuté et torturé par l'ancien lieutenant-colonel SS Dieter Boehm ; il est contraint à l'exil de même que le roi Farouk et son entourage dont il faisait partie.
En France, dès 1946, se retrouvent et s'unissent Aaron, rescapé de Lituanie, Lucien, ancien étudiant en médecine torturé par un collaborateur, et Paulette, seule rescapée de Ravensbrück parmi les membres de sa famille. Chacun pourchasse des anciens nazis en cavale et ils organisent ensemble des attentats punitifs. Leur proie la plus convoitée serait de Grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amine al-Husseini, ami d'Hitler et voix arabe des appels au meurtre des Juifs, depuis Berlin jusqu'au 15 mai 1945, puis protégé par le Quai d'Orsay dans une belle villa de Saint-Maur-des Fossés jusqu'à son exfiltration au Moyen-Orient, en toute impunité. C'est tout naturellement que Zohar, lors de son arrivée en France, se greffe à ce petit groupe de rescapés, dans la cohabitation en carré amoureux, dans les affaires professionnelles diurnes et les missions nocturnes : « Ils savaient au fond d'eux-mêmes qu'une bande d'orphelins réunis par le sexe, l'amour et la vengeance tentaient de reconstituer une famille, de remplacer la nostalgie des disparus par l'intensité de l'inattendu. » (p. 366).
Une troisième histoire n'est qu'esquissée, car Livia Iacopetti, la figure tutélaire rencontrée au premier instant du débarquement du naufragé Zohar au port de Naples, ne la connaît qu'à peine : la rencontre de celui-ci avec Marie et la naissance de leur fils François en 1965, puis la disparition du père en 67, peut-être pour traquer Dieter Boehm au Paraguay, peut-être lassé par la France où De Gaulle a fait volte-face, où trop d'anciens collabos et d'anciens SS sont passés par l'Algérie ou par Diên Biên Phu en rejoignant la Légion étrangère... On ne connaît l'histoire de Marie ni comment François, intégrant l'élite républicaine par l'excellence de ses grandes écoles, devient diplomate, spécialiste du Moyen-Orient, pressenti pour un poste important qui ne lui sera au final pas octroyé lorsqu'on se rendra compte, in extremis, que son sujet de doctorat portait sur l'affaire de la protection française du Grand Mufti en 1946... Mais on sait que François accepte in fine l'héritage du père inconnu, qu'il naît à sa généalogie par une initiation extatique dans le quartier de Bab el-Zouweila, qu'il naît avec le sourire.
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
Eve-YesheEve-Yeshe   07 août 2020
Port de Naples, le 19 septembre 1952. La mer rougissait en voyant approcher le soleil. Il devait être dix-huit heures. Il était assis sur une bitte d’amarrage. Il portait de beaux vêtements, ceux de sa splendeur égyptienne. C’était son seul trésor, ces quelques habits de riche, une chemise de soie, un léger pardessus de laine douce, douce comme la voix de cette femme, une prostituée qui s’est approchée de lui.
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Eve-YesheEve-Yeshe   08 août 2020
Cette fois, il ne lui restait plus rien, pas un centime. La vie pouvait recommencer de zéro ! Il ne savait pas, l’innocent, que lorsqu’on croit recommencer, on ne fait que répéter, et parfois, ce sont de très anciennes histoires.
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ApoapoApoapo   07 avril 2021
« Une fois par mois, c'était institué, ils retrouvaient leur groupe de vengeurs dans l'arrière-salle d'un café de Ménilmontant. Ils étaient de moins en moins nombreux. Le groupe avait fondu. De la cinquantaine de rescapés qui se réunissaient en 1947, il n'en restait guère plus de vingt. Ils cédaient l'un après l'autre, c'était inéluctable, aux sirènes des institutions établies. Les uns s'engageaient au parti communiste ou dans les syndicats, "pour poursuivre la lutte", prétendaient-ils. D'autres choisissaient le combat sioniste et disparaissaient, parfois en émigrant en Israël. Et puis, il y avait ceux qui, lentement, sombraient dans la normalité, qui se mariaient, faisaient des enfants, recherchaient un emploi stable et tentaient de se fondre dans la masse. Paulette se moquait de ceux-là, leur prédisant un jour ou l'autre la résurgence explosive de leurs passions étouffées. » (pp. 366-367)
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montmartinmontmartin   22 juin 2020
Elle a dit " Souviens-toi qu'au moment de ta naissance tout le monde était dans la joie et toi dans les pleurs. prends exemple sur ton père. Fais en sorte qu'au moment de la mort, tout le monde soit dans les pleurs et toi dans la joie."
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Pixie-FlorePixie-Flore   28 septembre 2020
- C'était la guerre..., s'excusa Bébert d'une petite voix presque inaudible.
- C'était la guerre ? Mais, mon vieux, c'est toujours la guerre ! La guerre aux salauds ! Puisque tu reconnais les faits, espèce d'ordure, je vais t'annoncer la sentence. Et il prit une voix plus martiale pour l'énoncer clairement : Henri Robert, au nom des compagnons morts, des amis suppliciés, des familles détruites, au nom de la perte de toutes nos illusions, au nom de notre propre condamnation à la rage éternelle, nous te condamnons, toi, à la peine capitale.
- Je vous en supplie..., bredouilla Bébert. Je vous donnerai tout ce que j'ai... Je vous demande pardon.
Lucien se tourna vers ses deux compagnons.
- Il demande pardon. Mais à qui ? A nous, les survivants ? Il est idiot. Seul Dieu pardonne, il pardonne toujours, ça ne lui coûte rien, les hommes, eux, ne pardonnent jamais !

[p297]
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Tobie Nathan vous présente son ouvrage "La société des belles personnes" aux éditions Stock. Entretien avec Arnaud de Gail
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