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EAN : 9782226156761
334 pages
Albin Michel (24/11/2004)
4/5   58 notes
Résumé :
Témoin des bouleversements de son siècle, Irène Némirovsky, morte à Auschwitz en 1942, est l'auteur d'une œuvre étonnante qui fait d'elle un des plus grands écrivains de l'entre-deux-guerres. À la croisée des cultures juive, française et slave, cette romancière ne cesse de surprendre par sa modernité. Comme la plupart des romans d'Irène Némirovsky, Les Chiens et les Loups (1940) n'est pas étranger au destin personnel de son auteur. Le sentiment d'un inconsolable exi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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sabine59
  17 décembre 2020
" Elle l'interrompit violemment:
- Tu disais tout à l'heure que vous vous ressembliez!
- Comme le chien et le loup se ressemblent , fit-il en haussant les épaules."
Elle, c'est Ada, une jeune juive immigrée à Paris, après la Révolution d'octobre, peintre passionnée, fantasque, solitaire. Il, c'est Ben, son cousin qu'elle a épousé pour échapper comme lui à un destin désespérant. Et le troisième personnage évoqué est Harry, un lointain cousin riche, qu'elle a aimé passionnément , de loin, en rêve, dès sa plus tendre enfance à Kiev, vivant lui aussi maintenant dans la capitale française, au sein des beaux quartiers.
Ce triangle amoureux pourrait sembler banal, mais on se doute que sous la plume sensitive, minutieuse, acérée aussi de l'auteure, il va prendre une autre envergure, bien plus riche.
Irène Némirovsky sait comme personne restituer une ambiance, une époque. le Paris des années 20 et 30, au sein de la communauté juive, rappelle son propre passė. Elle fait preuve d'une lucidité extrême en ce qui concerne l'exil douloureux, l'impression d'être à jamais apatride, tout en égratignant au passage les travers des siens. Elle croque de façon saisissante les portraits de ses protagonistes, ils s'animent sous nos yeux.
Mais c'est le personnage complexe et attachant d'Ada qui a retenu surtout mon attention: réservée et entière, rêveuse et acharnée, elle reste elle-même, malgré les obstacles, les désirs fous. On la suit depuis ses jeunes années aux confins du ghetto pauvre de Kiev jusqu'à son arrivée à Paris, puis sa fuite ailleurs...
" Elle compta sur ses doigts , comme un enfant dénombre ses richesses: la peinture, le petit, le courage: avec cela, on peut vivre. On peut très bien vivre".
Ada la battante, Ada l'âme magnifique.

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isabelleisapure
  06 décembre 2020
Même s'il est loin d'être le meilleur d'Irène Némirovsky, ce court roman mérite qu'on lui consacre quelques heures.
Pour les personnages, trois jeunes cousins Ada, intelligente et artiste, Ben, avec lequel elle est élevée, débrouillard et arriviste, et Harry, riche et sensible, dont Ada tombe éperdument amoureuse dès l'enfance et dont elle parvient à conserver le rêve intact jusqu'à l'âge adulte.
J'ai beaucoup aimé la première partie du livre où Ada et Ben sont encore enfants, dans l'Ukraine des ghettos et des pogromes. Leurs jeux, leurs peurs et leurs rêves sont restitués d'une manière très émouvante. Et les différents membres de la famille sont très bien caractérisés, même si leur rôle est épisodique.
Curieusement, en devenant adultes, et immigrés dans le Paris des années 30, Ada et Ben semblent perdre de leur profondeur et se figer dans des stéréotypes. Quant au personnage d'Harry, c'est une sorte de pantin creux, qui fait à peu près tout ce qu'on attend de lui au moment voulu.
Comme toujours chez Irène Némirovsky, l'écriture est d'une grande limpidité ce qui m'a procuré un agréable moment de lecture.
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soleil23
  06 mars 2019
On ne peut ignorer un titre comme Les Chiens et les Loups et passer son chemin.
Encore une histoire d'exil et de coeurs brisés. Une petite fille Ada nous introduit dans sa famille, dans son monde. Et tout comme Liesel dans La Voleuse de livres, Ada nous fait partager des moments de douceur et de peine aussi.
Une panoplie de personnages l'entoure et seul un rêve empli de couleurs ses jours. le cri lancé par la jeune femme à la page 140 ne peut qu'emouvoir toutes les femmes du monde, celles qui ont prié pour l'amour d'un homme, celles qui ont gardé le fol espoir jusqu'aubout, celles qui ont rêvé si fort et si longtemps.
Magnifiques, les mots d'Iréne Némirovsky. Ils débordent de joie, de tristesse et d'amour et de bien d'autres sensations. Une histoire si émouvante.
Il faut découvrir Ada ne serait-ce que le temps d'une tasse de thé.
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Annette55
  31 mai 2014
Encore un texte merveilleusement écrit, avec finesse, sensibilité, douceur,poignant,mélancolique et bouleversant, qui évoque les douleurs de l'exil, pas étranger au destin de la grande Iréne Némirovsky, obligée de fuir Kiev et la révolution d'octobre, avec sa famille avant de se réfugier en France.....
Au centre de ce bel ouvrage se trouvent peints les destins tragiques et douloureux, l'amour fou et insensé entre Ada Sinner, enfant juive, pauvre, exilée à Paris,devenue une artiste peintre révoltée, mariée à son cousin Ben, fille d'Israel Sinner, commerçant veuf, élevée par sa tante Rhaîssa,maigre, vive, séche, et Harry Sinner,le riche cousin lointain, devenu banquier.....inaccessible et pourtant.....
Rien ne peut réunir ces deux là si ce n'est le sentiment de leur propre perte....
Je n'en dirai pas plus....
Un texte bouleversant sur le rappel de l'enfance et l'innocence perdues, sur la puissance et l'exaltation des souvenirs, sur la nostalgie du pays perdu...... sur la notion de sacrifice,sur les apparences et les tromperies, sur l'incapacité totale au bonheur.....
Un bijou de littérature , une écriture fluide, une rare finesse psychologique,sous la plume aiguisée de la grande Iréne Némirovsky , assassinée en 1942 à Auschwitz.
On peut le lire ou le relire, il n'a pas pris une ride mais ce n'est que mon avis!
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oran
  06 février 2017
Un roman composé d'une grande part de réalité, une autre, d'affabulation prégnante.
Des faits qui s'inspirent du quotidien, des paysages, de la société que connut effectivement Irène Nimérovsky, enfant et adolescente élevée dans une famille bourgeoise juive, avec un père banquier, une gouvernante française, le luxe abondant, l'exil et une nouvelle vie en France.
D'autres qui évoquent le quotidien des juifs de Kiev englués dans la misère, confrontés au racisme rémanent. C'est la vie d'Ada, de Ben et Lilla Sinner, petits juifs vivant dans le ghetto qui connaitront la honte de la pauvreté, la faim, la maladie, la haine diffuse, la terreur des pogroms, la fuite, l'espoir dans l'exil et la désillusion à Paris, bref la malédiction persistante.
Au hasard d'une promenade, Ada va apercevoir un petit garçon richement vêtu. C'est son petit cousin Harry qui vit dans l'opulence. Elle en tombera définitivement amoureuse et n'aura de cesse de le retrouver. Ce sera l'homme de sa vie.
Mais une vie de souffrance avec si peu de bonheur car on n'échappe pas à la fatalité, à son destin.
Une part d'Histoire, une part de fiction romanesque, une lecture intéressante et instructive.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   31 mai 2014
Taisez - vous!cria rudement Harry: nous ne sommes pas dans un ghetto de l'Ukraine , ici!
-Tu en es sorti pourtant, comme moi, comme elle!
Si tu savais comme je te hais! Toi qui nous regarde de haut, qui nous méprises, qui ne veux rien avoir de commun avec la racaille juive!
Attends un peu! Attends! Et on te confondra de nouveau avec elle!
Et tu te mêleras à elle, toi qui en es sorti, toi qui as cru en échapper!
Comme je t'ai toujours détesté!
Pour les raisons qui te faisaient aimer d'Ada!
Parce que tu étais riche! Parce que tu portais des vêtements propres! Parce que tu étais heureux! Mais attends un peu! Et on verra qui de nous sera le plus heureux, qui aura le plus d'argent, toi, riche, gâté dés l'enfance, ou moi,pauvre juif misérable!Tu sauras peut - être, un jour, ce que tu as perdu en moi, Ada!
Des millions! Des millions j'aurais pu te donner des millions,si tu avais eu la patience d'attendre!
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dezecintedezecinte   23 août 2019
Les frères Isaac et Salomon Sinner se levaient tard ; ils se baignaient, ponçaient leurs vieux corps fragiles ; ils abandonnaient leurs ongles aux manucures attitrées, de belles filles qu'ils ne pouvaient plus caresser, mais qu'ils regardaient seulement de loin, avec un plaisir mêlé d'irritation et de regret, comme on contemple des fleurs derrière une vitre. Ils s'habillaient minutieusement, avec des soins infinis, et recouvraient enfin leurs sèches carcasses de robes de chambre qui, par la richesse de leurs coloris et la perfection de leur coupe, étaient le suprême aboutissement de deux arts conjugués : celui de l'Orient et celui de Londres. Tel avait toujours été le but plus ou moins conscient de leurs ambitions : offrir en leurs personnes une combinaison subtile de correction et de faste. Tout en eux avait été jusqu'ici impeccablement ce qu'il fallait, avec un arrière-plan d'étrangeté, comme le parfum de certains bois exotiques qui jamais ne s'efface. Ils se ressemblaient singulièrement ; ils avaient soixante-seize ans ; ils étaient maigres et légers, avec des cheveux blancs bouclés, un teint qui du bistre avait viré au jaune et des cercles sombres autour des yeux. Les deux frères étaient vieux ; leur présence tous les jours dans l’immense bureau présidentiel de la banque, n'avait pas plus de signification, de réelle importance pour la conduite des affaires que celle du grand portrait du père, de l'ancêtre, qui pendait au mur. Malgré tout, ils étaient révérés. Ainsi deux flacons vénérables, couverts de poussière et de toile d'araignée, inspirent-ils encore le respect et il faut les déboucher, ôter la cire des cachets, verser le vin dans les verres, le porter aux lèvres pour s'apercevoir enfin que l'âge, après l'avoir longtemps bonifié, a eu raison de lui et qu'il a perdu tout son bouquet, qu'il n'est plus bon qu'à être jeté. Deux vieilles idoles peintes, peut-être, mais qu'on ne pouvait toucher sans être accusé de folie et de sacrilège, vieilles mains à la fois fragiles et menaçantes. Leur faiblesse même était dangereuse. Comment entrer en lutte avec ces vieillards secs et légers qui, dans leurs robes de chambre brillantes, faisaient penser à des papillons morts ?
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dezecintedezecinte   23 août 2019
La tante Rhaïssa était une femme maigre, vive, sèche, menton et nez pointus, langue acérée, œil brillant et aigu comme la pointe d'une aiguille ; elle était assez fière de sa taille mince qu'elle serrait encore davantage dans les hauts corsets de l 'époque et dans une ceinture étroite à boucle. Elle était rousse ; le contraste entre ses cheveux flamboyants et sa figure neutre et fanée était étrange et pénible ; elle se tenait extrêmement droite, le buste mince un peu rejeté en arrière dans son effort de rectitude, ses fines lèvres serrées, l’œil dardant, sous les paupières à demi baissées, un regard perçant, terrible, auquel rien n'échappait. Lorsqu'elle était de bonne humeur, elle avait une manière particulière de gonfler le cou et d'agiter légèrement ses épaules qui faisait penser au mouvement d'un insecte, long et fin, remuant ses élytres. Par la minceur, la vivacité et la méchanceté allègre, agissante, elle ressemblait à une guêpe.
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PolomarcoPolomarco   15 décembre 2018
Lorsque Tante Rhaïssa l'invectivait, elle parvenait, à force de volonté, à regarder ce visage aigre, intelligent et dur, non en fille maltraitée, mais en peintre, et elle reproduisait ensuite sur une page arrachée d'un cahier chaque trait qui s'était fixé dans sa mémoire.
Parfois, elle l'irritait à plaisir pour retrouver ce petit pli de la bouche qui ne se formait que dans l'extrême colère et dont l'expression sardonique et cruelle la fascinait; il apparaissait et disparaissait comme la queue d'un serpent jaillit des herbes; il était impossible de le saisir ! Il l'effrayait et lui procurait une délectation singulière. Le monde visible était empli tout entier de formes et de couleurs que l'on ne pouvait retenir à jamais, qui, sans cesse, vous échappaient, mais cette recherche, cette poursuite, voici ce qu'il y avait de plus précieux sur la terre (pages 99-100).
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dezecintedezecinte   23 août 2019
Ada pensa : « Un jour, j'irai voir la maison où habite Harry. » Les mois passèrent sans qu'elle pût se décider. A quoi bon ? Quel enfantillage... Surtout, il ne fallait pas donner d'autres aliments à ce rêve qui, peu à peu, devenait inoffensif, à demi réalité, à demi construction de l'esprit. Elle s'en était détachée à mesure qu'elle grandissait, comme on oublie un livre passionnément aimé pendant l'enfance. On l'aime encore, mais, alors, on y croyait. On sait maintenant que ce n'était que de la poésie, de l'invention, une chimère, moins que rien... Mais il fallait prendre garde de ne pas rapporter de là un détail concret, la forme d'un visage, une voix, un regard qui brusquement recréeraient le songe, lui donneraient la densité, l'éclat, la saveur du réel.
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Videos de Irène Némirovsky (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Irène Némirovsky
Suite française, un film franco-britannico-belge coécrit et réalisé par Saul Dibb, sorti en 2015. Il s'agit de l'adaptation du roman homonyme écrit par Irène Némirovsky en 1942.
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