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ISBN : 2072493447
Éditeur : Gallimard (20/06/2013)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 110 notes)
Résumé :
Dans un hameau du centre de la France, au début des années 1930, un vieil homme se souvient. Après avoir beaucoup voyagé dans sa jeunesse, Silvio se tient à l'écart, observant la comédie humaine des campagnes, le cours tranquille des vies paysannes brusquement secoué par la mort et les passions amoureuses.
Devant lui, François et Hélène Érard racontent leur première et fugitive rencontre, le mariage d'Hélène avec un vieux et riche propriétaire, son veuvage, s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
Fortuna
  15 mars 2017
Nous sommes au début des années 30, dans le centre de la France, à l'arrivée des premiers froids automnaux. Sylvestre - alias Silvio - vit paisiblement ses dernières années dans une masure de paysans, au fond des bois, seul mais paisible, après une existence qu'on devine bien agitée. Il y reçoit parfois ses cousins, Hélène et François, vieux couple uni et leurs enfants. L'aînée, Colette, est sur le point de se marier avec un brave garçon du village. Hélène se voit déjà grand-mère...C'est le juste aboutissement d'une vie tranquille, honnête et heureuse.
Le mariage est célébré, le jeune couple s'installe au domaine du Moulin neuf. le travail ne manque pas et un nouveau-né vient bientôt combler les jeunes mariés. Mais quelques mois plus tard, la mort brutale et inexpliquée du mari va faire remonter à la surface des souvenirs de passions oubliées à la saveur brûlante...
Irène Némirovsky nous dépeint avec beaucoup de talent des moeurs paysannes pas si paisibles, des secrets enfouis d'un commun accord dans le silence des demeures, le poids des années, celui des mensonges, le labeur des jours et ces brusques déchirures du quotidien où les êtres semblent obéir à d'autres lois que celles dictées par la raison ou les traditions...Un très beau texte, une écriture poétique, une interrogation pertinente sur la limite de nos lois humaines...
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mariech
  01 avril 2012
Irène Némirosky a une écriture d'une grande finesse , ici , nous sommes dans un petit village français dans les années 30 , l'auteur nous décrit une histoire de secrets de famille .
J'aime beaucoup cet auteur , j'ai lu précedemment David Golberg et le magnifique ' Suite française ' .
Pour les lecteurs ( lectrices intéréssés ) , il y a un article bouleversant sur la vie d' Irène Némirosky , elle est en effet d'origine juive et se croyait à l'abri des persécutions en temps qu'écrivain française , malheureusement , elle a été arrêtée en 1942 et est morte à Auschwitz peu de temps après , l'article sur Wikipédia donne les détails sur l a ' survie ' du livre après sa mort .
Moi qui aime les histoires vraies , j'ai été bouleversée .
Commenter  J’apprécie          320
Shan_Ze
  28 décembre 2014
D'après la préface, on avait retrouvé la première partie de l'histoire, dactylographiée par son mari mais Irène Némirovsky a été arrêtée en 1942 par la gendarmerie française et envoyée à Auschwitz, laissant l'histoire apparemment inachevée. Mais ses brouillons ont été trouvés et Chaleur de sang a pu prendre fin.
Ca commence doucement, on découvre les personnages, le narrateur surnommé Silvio, François et Hélène et leur fille Colette… Silvio nous raconte leur histoire, restant en retrait : les amours interdites, les morts et les rumeurs qui vont bon train.
Tout se conclut un peu rapidement, on est déjà au dénouement (et quel dénouement !). Et on réfléchit, alors c'est ça cette chaleur de sang qui bouillonne dans les veines des jeunes du pays. Est-ce de l'amour ? de la passion ? Je ne sais pas, je me sens un peu embrouillée par cette fin qui me semble un peu précipitée, mais c'est sans doute le but ?
Dans un coin de ma tête, je me demande si Irène Némirovsky n'aurait pas modifié ses brouillons, conclu plus en douceur si elle avait pu ? En tout cas, je la relirai, j'ai bien aimé son écriture, je lirai d'autres ouvrages d'elle.
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Alwenn
  18 décembre 2008
Je suis encore sous le choc et le charme de cette lecture. Enivrée. Séduite. Conquise. Renversée.
Il y a des livres comme ça, qu'on lit au moment opportun. Dès les premiers mots, j'ai su que ce roman touchait en mon coeur des cordes qui ne vibrent pas à tous les livres, loin s'en faut…
« Nous buvions du punch léger, à la mode de ma jeunesse. Nous étions assis devant le feu, mes cousins Erard, les enfants et moi. C'était un soir d'automne, tout rouge au-dessus des champs labourés trempés de pluie ; le couchant des flammes promettaient un grand vent pour le lendemain ; les corbeaux criaient. Dans cette grande maison glacée, l'air souffle de partout avec le goût âpre et fruité qu'il a en cette saison ».
D'Irène Némirovsky, je n'vais lu que le bal, petit conte cruel qui m'avait amusée en son temps. Mais cette Chaleur du sang, profonde et insidieuse, m'a complètement bouleversée.
Dès ces premières lignes, l'écriture d'Irène Némirovsky vous enveloppe, caresse onctueuse et fluide. Les phrases s'enchaînent, dans un beau ballet de style et de vérités simples, toujours exprimées par des comparaisons fortes et imagées.
Je me suis laissée complètement envoûtée par ce livre, et je n'ai eu de cesse de poursuivre ma lecture jusqu'à la fin.
L'histoire n'est pourtant pas d'une folle originalité, mais la justesse et la précision psychologique avec lesquelles Irène Nemirosky la traite la rend au contraire pleine de vigueur et d'ardeur. A l'image du titre. Cette chaleur du sang qui irradie tout le roman.
Irène Némirovsky a su parfaitement rendre la vie provinciale et empesée de ce village du Morvan des années 30. Aux côtés du solitaire et mystérieux Sylvio, on chemine de saisons en saisons entre fêtes de village pour un mariage, en veillées au coin du feu, en promenades automnales dans les bois, en soirées à l'hôtel des voyageurs où les secrets s'ébruitent sans oser se déclarer trop ouvertement. Mensonges, faux-semblants, illusions, passion, secrets et crimes hantent chaque personnage de cette vie rurale, renfermée et étriquée.
Irène Némirovsky a un vrai don pour coucher sur le papier, mélange détonnant entre une eau-forte et une aquarelle, les traits de la nature humaine. C'est tout à la fois acide et subtil :
« Je ne sais si l'être humain fait sa vie, mais ce qui est certain, c'est que la vie qu'il a vécue finit par transformer l'homme ; une existence calme et belle donne à un visage une sorte de moelleux, de gravité, un ton chaud et doux, qui est presque une patine, comme celle d'un portrait. (…) Il y a un moment de perfection quand mûrissent toutes les promesses, que tombent enfin les beaux fruits, un moment que la nature atteint vers la fin de l'été, qu'elle dépasse bientôt, et alors commencent les pluies de l'automne. Il en est de même pour les gens. »
Chaleur du sang est beau comme un amour de jeunesse, puissant comme la jalousie qui étreint les coeurs, flamboyant comme le désir qui s'empare de la chair, simple comme les envies qu'on ne peut réfréner et qui nous perdent.
Le dénouement rattrape le lecteur par son amertume. Comme la lie d'un vin capiteux. Tout à l'image des errances humaines dans une vie. C'est finalement tellement réaliste.
Ce roman est un véritable coup de coeur pour moi. Je l'ai trouvé tout à la fois magnifique, parlant et tellement vrai. Et curieusement, tellement toujours d'actualité. La vie des villages français n'est finalement pas plus différente dans la France de l'avant-guerre que dans celle du début du XXIème siècle. Sans doute parce que la nature humaine reste immuable dans ses désirs, ses doutes, ses carcans et ses chimères…
Terminé le 22 novembre 2008

Lien : http://fabulabovarya.canalbl..
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bdelhausse
  31 décembre 2018
J'ai découvert une écriture. Fluide, limpide, profonde, sensible. Une écriture qui rend compte des sentiments et des hommes (au sens générique, bien sûr).
Toujours sur la technique d'écriture, il est dommage que ce livre soit inachevé. On sent une nette cassure entre la partie qui fut tapée par le mari d'Irène Nemirovsky et la suite, reprise de feuillets manuscrits. Un peu comme dans le Diable et Marguerite de Boulgakov, où on voit une nette différence entre la première et la seconde partie. Mais ici, j'ai nettement préféré la première partie, celle revue et réécrite par l'auteure. C'est fin, délicat, mais puissant tout à la fois.
Et de quoi est-il question? De sentiments, de faiblesses et de force, de passions, d'amour. La chaleur du sang, celle qui gouverne nos émois, nos fourvoiements, nos errances, nos regrets. Et les secrets... Mais finalement, ces secrets, tout le monde se les murmure dans le village. La rumeur. Les on-dits. Les ragots. Tout cela a toujours une once de vérité, au départ. le petit village décrit par Irène Nemirovsky est une pépite de fiel et de médisance. Mmmmh. Quelle merveille.
Irène Nemirovsky arrive à nous plonger dans le récit comme s'il s'agissait d'un thriller. Même si je n'adhère pas à la révélation qui prend les 20 dernières pages du livre, je peux reconnaître que c'est bien vu et joliment raconté.
Sans doute pas mon dernier ouvrage de cette auteure.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
CarosandCarosand   01 mai 2016
Je ressemble à un faune : un vieux faune vraiment, qui ne court plus les nymphes, qui se cache au coin de son feu. Et comment décrire les plaisirs que j'y trouve ? Je jouis de choses simples et qui sont à ma portée : un bon repas, un bon vin, ce carnet où je me procure, en y griffonnant, une joie sarcastique et secrète ; par-dessus tout la divine solitude. Que me faut-il de plus ? Mais, à vingt ans, comme je brûlais !...Comment s'allume en nous ce feu ? Il dévore tout, en quelques mois, en quelques années, en quelques heures parfois, puis s'éteint. Après, vous pouvez dénombrer ses ravages. Vous vous trouvez lié à une femme que vous n'aimez plus, ou, comme moi, vous êtes ruiné, ou, né pour être épicier, vous avez voulu vous faire peintre à Paris et vous finissez vos jours à l'hôpital. Qui n'a pas eu sa vie étrangement déformée et courbée par ce feu dans un sens contraire à sa nature profonde ? Si bien que nous sommes tous plus ou moins semblables à ces branches qui brûlent dans ma cheminée et que les flammes tordent comme elles veulent.

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manU17manU17   29 juin 2015
- Ah mon ami, devant tel ou tel événement de votre vie pensez-vous quelquefois à l'instant dont il est sorti, au germe qui lui a donné naissance ? Je ne sais comment dire... Imaginez un champ au moment des semailles, tout ce qui tient dans un grain de blé, les futures récoltes... Eh bien dans la vie, c'est exactement pareil. L'instant où j'ai vu François pour la première fois, où nous nous sommes regardés, tout ce que cet instant contenait...c'est terrible, c'est fou, ça donne le vertige !...
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ides60ides60   25 août 2010
Ce soir si doux, je me suis assis sur le banc qui est derrière la cuisine, d'où je vois ce petit jardin que je me suis mis à cultiver, car pendant longtemps je ne lui demandai que les quelques légumes nécessaires à la soupe, mais depuis plusieurs années je le soigne. J'ai planté moi-même ces rosiers, sauvé cette vigne qui se mourait, bêché, désherbé, taillé les arbres fruitiers. Je me suis attaché peu à peu à ce coin de terre. Les soirs d'été, au crépuscule, ce bruit de fruits mûrs se détachant de l'arbre et tombant d'une chute molle dans l'herbe me donne une sorte de bonheur.
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choupynettechoupynette   28 mars 2012
"Dîners de ma province! Soupe épaisse dans laquelle tient la cuiller, le brochet fourni par l'étang du domaine, énorme, onctueux mais tellement farci d'arrêtes qu'on croit avoir dans la bouche un fagot plein d'épines. Aussi personne ne dit mot. Tous ces gros cous penchés en avant et qui mâchent lentement, comme ceux des boeufs dans l'étable. Après le brochet, vient la première viande, une oie rôtie de préférence, puis la deuxième viande, en sauce celle-là, et son odeur d'herbe et de vin. Et pour finir, après les fromages que les convives mangent à la pointe de leur couteau, la tourtière aux pommes ou aux cerises selon la saison. Après, il n'y a plus qu'à entrer au salon et choisir dans ce cercle de jeunes filles en rose (avant la guerre toutes les jeunes filles à marier portaient des robes roses, du rose fade de la dragée au rose cru du jambon en tranches), parmi toutes ces jeunes filles, avec leur petit médaillon d'or sur le cou, leurs cheveux noués en chignon sur la nuque; leurs gants de filoselle et leurs mains rouges, la compagne de sa vie."
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litolfflitolff   05 juillet 2011
Il y a dans une assemblée de gens mûrs quelque chose d'imperturbable ; on devine des organismes qui ont digéré tous les plats lourds, amers, épicés de la vie, qui ont éliminé tous les poisons, qui sont pour dix ou quinze ans dans un état d'équilibre parfait, de santé morale enviable. Ils sont satisfaits d'eux-mêmes. Ce pénible et vain travail de la jeunesse par lequel elle essaie d'adapter le monde à ses désirs a déjà été accompli par eux. Ils ont échoué et maintenant, ils se reposent.
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