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Jean-Luc Allouche (Traducteur)
ISBN : 2070123677
Éditeur : Gallimard (10/06/2010)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 28 notes)
Résumé :
En 1998, quatre amis trentenaires suivent la Coupe du Monde de football à la télévision. Regarder ces matches ensemble, Youval, Amihaï, Ofir et Churchill l'ont toujours fait, depuis leur adolescence à Haïfa. Du coup, pendant la finale, l'idée surgit d'en faire un jeu, en utilisant ce rendez-vous rituel comme un point de mire, et de noter sur des bouts de papier les désirs et les ambitions qu'ils aimeraient avoir satisfaits quatre ans plus tard, lors de la Coupe du M... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  16 février 2018
C'est une histoire d'amitié comme il y en a des tas dans les livres.
Qu'a donc celle-ci qui la rende différente des autres ?
Quatre jeunes de Haïfa se rencontrent au collège, poursuivent l'apprentissage de leur entrée dans la maturité à l'armée, sont fans de foot et démarrent leur vie d'adulte à Tel-Aviv. Churchill est un avocat brillant. Amihaï est comptable. Ofir réussit dans la pub et Youval, le narrateur, est traducteur et rédige une thèse de philosophie. Leur amitié se consolide sur les briques de menus faits.
« Il se peut qu'il y ait quelque chose de menaçant dans notre bande, avec son humour codé, ses associations d'idées hermétiques et ses sous-entendus cryptés ». Difficile de se faire une place quand on devient une pièce rapportée.
Lors du Mondial de 1998, ils font un pari : chacun écrit trois objectifs pour les quatre ans à venir. Jusqu'au prochain Mondial. Un seul est lu tout haut.
Chacun suit une route mais les aléas de la vie font qu'il faut parfois dévier ou changer radicalement. Les amours évoluent, la pub fait des ravages, le procureur est pris dans un scandale, des désaccords créent des séparations, des silences aussi, même un exil et la mort. En fait, la vie c'est comme le foot. Jusque dans les dernières minutes le cours du jeu peut être bouleversé.
Et ici, bouleversant.
Churchill pique la petite amie de Youval, le complexé, le penseur. « En m'attaquant à l'exemple de Heidegger, j'ai été saisi d'un sentiment de néant absolu devant ma thèse. Si je me montre incapable de comprendre la métamorphose d'un seul philosophe, comment pourrais-je élaborer une thèse qui englobe les métamorphoses de tous »? Plutôt que de se venger bassement, le narrateur décide de s'isoler du groupe, et d'écrire ses souvenirs d'amitié. Voire de les inventer, de les réinterpréter, de leur donner une autre consistance ou de se servir des mots pour souhaiter les pires échecs au voleur de son amour.
Des questions politiques et existentielles sont esquissées. Youval se plaît à évoquer la tranquillité et l'harmonie des jardins Bahaï à Haïfa et rêve de les transposer dans sa propre vie alors qu'il n'oublie pas un souvenir peu glorieux du Mondial de 1990 lorsqu'il faisait son service militaire dans les territoires occupés.
Peu avant le Mondial de 2002, un drame éclate. Poignant. Qui ajoute une dimension d'humanité au livre, une de plus, qui révèle les limites de l'ambition, les retournements inattendus.
La pudeur alliée au réalisme, la vivacité du trait combinée aux coups de gueule, les blagues de potaches associées aux réflexions profondes, font de ce livre un tout émouvant et puissant à la fois. « Il y a un passage dans ce livre où tu t'interroges sur ce qui s'est réellement produit au cours de ce semestre, quand tu nous as bannis. Eh bien, ce qui est arrivé, c'est que nous ne nous sommes presque pas rencontrés. Et quand nous nous rencontrions, c'était superficiel. Froid. Et voici la vérité : sans toi, nous ne sommes qu'un groupe aléatoire de gens. Avec toi, nous sommes des amis. Sans toi, cette métropole n'est que toutes les mauvaises choses qu'Ofir décrit. Avec toi, c'est un foyer ».
Comment traduire l'émotion de voir que chacun des personnages finit par réaliser l'objectif d'un autre ? C'est amené avec une telle maîtrise que l'effet ne peut être que saisissant.
Eshkol Nevo est né à Jérusalem en 1971. L'utilisation des mots occupe une grande place dans sa vie de même que la psychologie. Il a déjà obtenu de nombreux prix pour ses nouvelles et romans. Il enseigne l'écriture créative, notamment à l'université de Tel-Aviv.
Apparemment, il est de la génération qui suit celle d'Amoz Oz, David Grossman et Avraham Yehoshua, en faveur de la reconnaissance d'un double Etat Israël-Palestine.
Grand merci à BookyCooky qui, au cours de ses commentaires sur les livres d'Eshkol Nevo, m'a donné l'envie de découvrir cet auteur au grand talent.
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michfred
  30 avril 2018
Il en va parfois de l'amitié  comme d'un match de foot.
On croit avoir une équipe de rêve, -   le  buteur le plus vif, l'attaquant le plus pugnace, le défenseur le plus solide, le goal le plus efficace- et voilà que le buteur rate l'occasion du siècle, que l'attaquant se prend un carton rouge, que le défenseur est mou du genou et que le goal bâille aux corneilles!
En deux temps, trois mouvements, le score, si encourageant au debut, vire au cauchemar. Il suffit d'un rien et le cours du jeu est bouleversé
Mais, à la différence d'une équipe de foot, un vrai groupe d'amis possède une harmonie si puissante,  une cohésion si forte, une complicité si tendre que les coups du sort ou même les coups de pute - piquer la copine de son meilleur pote, ça n'a pas d'autre nom- même s'ils bouleversent le cours du jeu, opèrent simplement une vaste permutation, comme dans un jeu de chaises musicales...
Et l'équilibre se refait. Autrement.
C'est le cas de la bande des quatre: Youval, Churchill, Ofir et Amihaï,  trentenaires inséparables,  fidèles au poste et solidaires - et fans inconditionnels du Mondial qu'ils ne peuvent imaginer de ne pas suivre tous ensemble !
Rituel de retrouvailles qu'ils corsent, en 1998, avec un jeu où chacun doit inscrire quatre objectifs personnels...dont ils se promettent d'évaluer le succès au prochain Mondial!
Le temps passe. Que deviendront les "buts"visés par chacun des joueurs?
Surprise à l'arrivée !
Celui qui était  le plus ambitieux, Churchill, comprend qu'il n'est rien sans amour, celui qui voulait raconter une histoire,  Ofir, découvre qu'il est le roi des thérapies alternatives, celui qui se rêvait à la tête d'une clinique alternative, Amihaï, devient le champion des droits du patient, et celui qui rêvait d'amour , Youval, se fait le coryphée de cet étrange ballet de chassés-croisés.Le compte est bon, finalement. Et le conte aussi.L'harmonie est retrouvée.
Au prix de quelques sérieux dégâts collatéraux et de désillusions amères. Mais c'est la règle du jeu.
J'ai aimé le doigté de l'auteur dans ce glissement imperceptible des rêves  et des rôles,  dans ce rééquilibrage subtil des forces et des faiblesses, dans ce refus de tout pathos- un humour discret et une tendre ironie tempèrent les émotions sans les diluer.
J'ai admiré  la présentation,  par Churchill, du roman de Youval,  son ami, piqueté d'extraits fort appropriés de sa thèse défunte- pas aussi "écrasée " semble-t-il  qu'il ne l'avait craint- et de pages de  son journal intime où le pudique Youval n'enjolive plus, comme son rôle de Narrateur l'y autorisait dans le roman, mais où il dit, enfin,  ce qui lui pèse sur le coeur.
J'ai adoré voir vivre, à  travers les "quat'z'amis" , cette jeunesse israélienne pleine d'appétit, de fougue, malgré la menace constante des attentats, mais aussi pleine de doutes, de critiques parfois sévères devant le racisme anti-arabe, l'occupation abusive des Territoires, les check points et les barrages - Youval est un "ashkegauche" et a connu les deux Intifadas,  il garde d'un Mondial à  Naplouse,  lors de son service à Tsahal, un souvenir honteux- .
Comme chez Amos Oz, chez David Grossmann, j'ai retrouvé,  étroitement mêlés,  l'amour et la critique  d'un pays lui aussi contrasté : la rivalité entre Haïfa, la provinciale et Tel Aviv,  la cosmopolite, la mer, accueillante et chaude, et le désert, fascinant et brûlant,  la poussière des rues embouteillées et la verdeur idyllique des jardins baha'is. ..
J'ai eu un vrai plaisir de lecture, un plaisir complet : une intrigue subtile, des personnages attachants, une composition astucieuse, un ton drôle et touchant,  et j'ai fait un "voyage" coloré, où les zones d'ombre faisaient partie du paysage...
Merci à Booky,  une fois encore, pour ses talents de "découvreuse"!
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blandine5674
  10 janvier 2017
Bookycooky, je te vénère pour m'avoir conseillé ce roman. Une belle histoire d'amitié de quatre Israéliens, qui au court du mondial de foot 1998, décident d'inscrire sur papier libre leurs voeux qui ne seront dévoilés qu'au prochain mondial. Ils se réaliseront bien mais pas sur celui qui en a décidé. Ce qui bouleversera le cours du jeu... le lecteur, durant quatre années, va suivre le parcours des quatre personnages, ô combien différents ! Des souhaits professionnels mais aussi amoureux comme celui de Youval, narrateur, qui rêve d'épouser Yaara. Je me suis délectée de certaines de ses pensées que j'ai mises en citation. Belle analyse de l'être humain avec ses désirs, ambitions, réussites, échecs et les hasards de la vie. Celui qui publie n'est pas celui qui a écrit. Il est donc intéressant, et bien démontré, de voir qu'une même histoire n'est pas perçue de la même façon selon l'individu. Une nouvelle année commencée par une belle lecture, grâce à Bookycooky.
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raggiodisole
  04 septembre 2017
Après avoir lu le magnifique " Nous rêvions juste de liberté"de Henri Loevenbruck, je me suis lancée dans la lecture d' un autre brillant roman qui parle d'amitié.
Eshkol Nevo analyse finement les relations amicales à travers les épreuves de la vie. Il nous pousse à réfléchir aussi sur les objectifs que l' on s'impose et tout ce que peut les faire chambouler, le hasard ou même le comportement de quelqu'un...
Un magnifique roman superbement construit que j'ai pris plaisir à lire durant quelques jours, grâce au talent de
Nevo et de l'humour qui accompagne de temps en temps le récit. Merci Bookycooky pour les références de lecture qui sont toujours les bienvenues.
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traversay
  29 août 2012
Quatre amis. Quatre ans. Et combien de changements et de promesses non tenues dans les vies respectives de trentenaires qui se donnent rendez-vous, lors de chaque Coupe du monde de football, pour faire le point et se projeter sur l'avenir ? le cours du jeu est bouleversé est un splendide roman sur l'amitié entre quatre garçons dans le vent, à l'âge où la vie bascule définitivement d'un côté ou d'un autre. le talent de conteur d'Eshkal Nevo, auteur israélien de 39 ans, est une évidence. Sa capacité à analyser les relations de ces copains, à travers les épreuves qu'ils traversent, ébahit. La chronique sociale est sous-jacente, l'analyse politique à peine perceptive, mais l'intérêt est vraiment dans l'incursion profonde dans la tête des personnages, avec une ironie mordante qui n'épargne aucun d'entre eux. Avec son style délié, son sens des dialogues percutants, ses dérapages contrôlés dans le burlesque, le livre séduit par son alternance de tonalités, jusqu'au drame le plus intense. Sans jamais se départir d'une certaine retenue, d'une élégance dans les scènes les plus scabreuses, Eshkal Nevo enchante le lecteur sur plus de 400 pages avec une facilité déconcertante. Un vrai bonheur que ce roman, qui rappelle, toutes proportions gardées, le "Nous nous sommes tant aimés" de Scola.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
ClaireGClaireG   16 février 2018

[Jeremy Miller, président de l’Association des psychologues canadiens] affirme qu’il existe une lutte feutrée dans la psychologie moderne entre l’école américaine tournée vers le futur et l’école européenne enracinée, grosso modo, dans le passé. Quand un psychologue américain reçoit un individu, la première question qu’il pose est : « Où cet homme veut-il arriver ? » Quand un psychologue européen recevra le même individu, sa première question sera : « D’où vient-il ? »

p. 330
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michfredmichfred   30 avril 2018
Et Ofir de reprendre: "Il y a quelque chose qii s'est déréglé ici au cours des dernières années. Ou...ou ça a toujours été comme ça et c'est seulement maintenant, à cause de Maria, que je m'en rends compte? Tout est devenu si grossier ici. Si brutal. Et vous, dans cette ville, vous croyez que vous pouvez y échapper. Vous êtes des cosmopolites à la gomme. Mais c'est des conneries. Ici, c'est le pire. Tous, dans cette ville, se la jouent progressiste, mais, concrètement, tout votre progressisme se réduit à fumer un joint. Et sûrement pas, à Dieu ne plaise, à vous ouvrir réellement à autrui. À vous sentir concernés par les injustices qui se déroulent sous votre nez."
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michfredmichfred   30 avril 2018
((..) On ne fait pas de compliment à l'un des jumeaux d'Amihaï sans le compenser par un autre pour le second. On ne se lance pas dans des discussions politiques avec Churchill car, à la fin, c'est toujours lui le vainqueur. On ne fait pas confiance au sens de l'orientation d'Ofir en voiture car, à cause de ce talent nous nous sommes retrouvés, un jour, à Jénine. On ne pique pas sa copine à un ami. Sauf si c'est Yaara. On félicite son ami pour ses succès même si, en son for intérieur, on le jalouse. On n'utilise pas l'expression "Mon frère ", "Son frère " ou toute variation léchée du bel et bon "Frangin ". On ne ment pas à son ami. Et, d'un autre côté, on ne lui dit pas toujours la vérité. On ne fait pas de messes basses. On ne renonce pas. On ne se met pas à l'écart. Ah...on n'accueille pas de gens nouveaux dans notre bande, non que nous ayons quoi que ce soit contre les gens nouveaux, mais c'est que ça leur prendrait simplement des années avant de pénétrer tous nos codes).
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raggiodisoleraggiodisole   31 août 2017
Avec les années, nous avons perfectionné un outil quasi scientifique afin de prévoir les changements dans la vie d' Ofir : dès qu' il commençait à parler d' un homme ou d' une femme avec un irrésistible enthousiasme, nous savions qu' il s' apprêtait à le plaquer. Ou à la plaquer. Nous savions que ses propos enflammés, élogieux, incarnait son ultime tentative de s' accrocher à la terre ferme avant que ses pieds plats ne l' expédient plus loin.
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blandine5674blandine5674   09 janvier 2017
Quand un psychologue américain reçoit un individu, la première question qu’il se pose est : Où cet homme veut-il arriver ? Quand un psychologue européen recevra le même individu, sa première question sera : D’où vient-il ?
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