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EAN : 9782072901294
Éditeur : Gallimard (13/08/2020)

Note moyenne : 3.1/5 (sur 49 notes)
Résumé :
« Une jeune fille se tient au milieu du chemin. Blouson et short en jean, sans ourlet le short, un peu court pour la saison, découvrant des jambes nues que le chien flaire avec insistance. Sa voix est grave, légèrement poudrée. - Je cherche, dit-elle, le Palais des Orties. »

Quelque part en France, une campagne modeste, un peu défigurée. Au fond d'une vallée, à quelques kilomètres d'un village, des hangars recouverts de tôles mangées par la rouille, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  03 septembre 2020
La jeune fille qui a bousculé nos vies
En racontant dans «Le palais des orties» le bouleversement des sens provoqué par l'arrivée d'une bénévole dans une famille d'agriculteurs, Marie Nimier nous livre une réflexion aussi surprenante qu'incandescente de la passion amoureuse.
Le travail est difficile à la ferme de Nora et de Simon. À 13 ans, leur fils Noé n'est pas d'un grand secours et à 17 ans leur fille Anaïs, qui ne rentre que le week-end, ne peut guère les soutenir dans leur projet de cultiver, de transformer et de vendre les orties sous différentes préparations. Avec leurs moyens limités, ils pensent toutefois avoir trouvé une solution en accueillant une woofeuse, autrement dit une personne membre du World-Wide Opportunities on Organic Farms, un réseau de bénévoles qui mettent leurs bras à disposition des agriculteurs en échange du gîte et du couvert.
La jeune fille qui se présente, avec 24h d'avance sur la date convenue, s'appelle Frederica ou plus simplement Fred. Et si certains côtés de sa personnalité dérangent Nora, elle ne peut guère faire la fine bouche. D'autant que Cheese et Rimbaud, les chien et chat du domaine, semblent déjà l'avoir adoptée. Tout comme le feront les enfants, les voisins et les habitants qui croiseront son chemin. En fait, personne ne semble résister à la belle jeune fille.
Mais comme elle se met au travail avec ardeur, ce serait même plutôt un avantage. «Malgré ses mains fines et ses ongles longs, Fred travaillait comme elle marchait, régulièrement, avec obstination. Elle ne voulait jamais s'arrêter, même pour boire un verre d'eau, il fallait qu'elle finisse, qu'elle aille jusqu'au bout de sa mission.»
Au fil des jours, la greffe semble prendre, chacun se découvrant un peu plus, même si les histoires de Fred pouvaient donner l'impression «qu'elle réinventait sa vie selon les jours, l'humeur ou les circonstances.»
Un soir, après le dîner, Frederica a fait la démonstration qu'elle savait «cracher le chocolat», c'est-à-dire, enflammer la poudre de chocolat à la manière d'une cracheuse de feu. «C'est à ce moment-là, ce moment très exactement où le nuage s'était transformé en flamme, que je compris ce qui était en train de se jouer dans cette maison. En moins d'une semaine, Fred avait conquis tout le monde. Et les animaux. Et les lieux. Et les hommes. Chacun, et je m'inclus dans ce chacun, guettait les signes de son attention. Chacun voulait être préféré, chacun était heureux quand il était regardé, mais cette joie se doublait d'une sourde inquiétude – chacun était jaloux, chacun dépossédé quand Fred s'éloignait. Cette jeune fille sortie de nulle part avait changé la donne.»
Urticante comme les orties, l'action va alors devenir piquante. La prise de risque est assumée, les rendez-vous secrets s'enchaînent, la passion bouscule toutes les certitudes. Au point de ne plus avoir les mots pour dire combien elle est jouissive. «Il me semble inouï qu'il n'y ait qu'un seul verbe et bien peu d'expressions pour désigner le sommet du plaisir, alors qu'il en existe plus de trente dans la vallée pour désigner la pluie. Il y a pourtant autant de différences entre un crachin et une averse qu'entre un orgasme et un autre orgasme.»
Marie Nimier emprunte les voies défendues avec jubilation, faisant de ce Palais des Orties un symbole des choix assumés, de l'émancipation, de la liberté qui s'affranchit des diktats de la société la plus bien-pensante. C'est cru, c'est bon et ça fait un bien fou!

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Tostaky61
  08 novembre 2020
Quand Fred débarque au Palais des orties, en cet été caniculaire, c'est un vent de fraîcheur qui semble entrer dans la maison, comme quand, au matin, on ouvre les fenêtres pour changer un air déjà trop lourd.
Fred est woofeuse.
En voilà un joli mot me direz-vous ?
J'explique.
Contre gîte et couverts elle vient donner un coup de main aux travaux quotidiens.
Sous son apparence fragile, la jeune métisse ne manque pourtant ni de courage ni d'énergie.
Nora, Simon, leurs enfants Anaïs et Noé et même le chien Cheese sont sous le charme.
Pourtant, en arrivant avec un jour d'avance, elle avait un peu contrarié la mère de famille.
C'est un beau roman, c'est une belle histoire, ainsi disait la chanson, et c'est sous la plume de Marie Nimier que s'écrit cette romance d'aujourd'hui.
La romancière aurait pu choisir de vertes prairies ou d'immenses champs de fleurs pour y poser sa ferme, mais non, là on ne cultive pas la luzerne, les céréales ou.... l'oeillet, là,  pousse l'ortie.
Il fallait y penser tout de même, écrire une histoire d'amour au milieu des orties.
Avouez qu'il y a plus poétique, non ?
Cette plante que nous autres habitants des campagnes fuyons à toutes jambes.
Marie Nimier en fait un produit magique, ses fermiers exploitent l'ortille, comme certains l'appellent,  sous toutes ses formes, et s'ils manquent d'idées pour multiplier la gamme offerte, comptez sur Fred pour en trouver.
Au moins, pas besoin de se faire de soucis pour la cultiver, ça pousse tout seul et ça envahit le terrain, bien en-dehors des limites, jusqu'à venir conquérir les terres voisines au grand dam des riverains qui ne sont pourtant pas nombreux.
Mais au-delà des multiples propriétés de cette urticacée c'est une autre histoire que l'auteure déroule sous nos yeux.
Tout en douceur, au fil des pages, ses personnages se transforment.
Quand on se frotte à l'ortie, notre premier réflexe et de nous soulager là où ça démange.
Fred serait-elle comme ces urticas (orties dans le langage savant) ?
Parce que, qui s'y frotte, s'y pique.
Elle est belle, elle est séductrice, comment résister.
Marie Nimier n'en fait pas trop, si l'herbacée est urticante,  l'amour ne pique pas. Les corps se frôlent, les lèvres s'aimantent, les mains caressent, les coeurs chavirent.
C'est léger, sans tabou mais sans excès.
Elle fait de son lecteur un spectateur, pas un voyeur.
On ne peut rester insensible à ce qu'elle offre à nos yeux, elle le fait avec talent.
Une lecture envoûtante, comme son personnage.
Devant la fenêtre, dans ma Bresse bourguignonne, je guette. Peut-être la verrai-je passer, sac sur le dos, souriante, lumineuse...
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alexb27
  25 octobre 2020
Après un premier passage à la ferme avec le monde du vivant de Florent Marchet (que je vous conseille également), me voilà de retour dans le monde agricole avec le palais des orties de Marie Nimier. Ici le woofer perturbateur ne s'appelle pas Théo mais Frédérica, c'est une jeune femme adroite et très jolie. Recrutée par Nora et Simon pour aider au ramassage des orties, elle va vite bouleverser le fonctionnement de la maisonnée...La plume de Marie Nimier, que je n'avais pas lu depuis longtemps, est toujours aussi agréable et percutante. Ses phrases font mouche et instaurent à merveille un climat de passion amoureuse.
J'ai passé un agréable moment avec ce texte fin, sensible, qui garde à la fin une part de mystère (et c'est tant mieux 😀).
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Bazart
  13 novembre 2020
Loin des grosses entreprises agricoles qui diversifient leur productions et surfent sur des cultures très affriolantes, Simon et Nora cultivent une seule plante et pas forcément la plus sexy ...
Car finalement, malgré ses épines, cette plante peut avoir des effets dans divers domaines que ce soient - cosmétique, horticulture, cuisine,..- et la ferme familiale de devenir alors un vaste champs d'expérimentation permettant au couple et à leurs deux enfants de vivre de la permaculture que tous les confinés du moment souhaitent ardemment .
.Tout se passerait dans le meilleur des mondes si une sublime jeune femme, Fred, amenée à donner un coup de main bénévole à la ferme dans le cadre du fameux Woofing, pratique très à la mode, n'allait venir troubler tous les membres de la ferme, et surtout Nora, la narratrice du roman de Marie Minier qui voit tous ses repères s'écrouler devant cette jeune femme aussi libre qu'effrontée, mytérieuse et terriblement séductrice et séduisante.
Car contrairement à ce que le début du résumé pourrait laisser penser, le dernier roman de Marie Nimier (autrice notamment de la reine du silence) n'est pas un de ces romans glorifiant le monde agricole comme récemment Cécile Coulon ou Florent Marchet ont pu le faire...
Ici, même si le décor et la culture de l'ortie a son importance, c'est vraiment une histoire de trouble et de passion que Marie Nimier nous raconte dans son excellent dernier roman.
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Mais bien loin de la romance vaguement gnangnan, Marie Nimier insuffle à son récit une liberté de ton et une sensualité dans son texte dont le mélange d'insolence et de drolerie séduit largement.
On pense forcément au jeune garçon du Théorème de Pasolini avec l'irruption de cette jeune fille, à la beauté du diable qui va faire chavirer tous les membres de cette famille en apparence soudée autour de la culture de l'ortie .
Marie Nimier nous peint la confusion des sens et des sentiments, d'une écriture où chaque mot est particulièrement bien pensé et où derrière la dérision et la finesse de la plume, se loge la sensibilité et la folie de la passion à un moment où on ne l'attendait plus du tout.
Et en filigrane, le parallèle entre le désir et l'ortie qui nous démange lorsqu'on s'y frotte d'un peu trop près est particulièrement pertinent et original ...
Un des meilleurs récents romans qui ait pu aborder ce sujet tellement éculé et casse gueule du vertige de l'amour et ses métamorphoses.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Auboutdupetitmatin
  03 octobre 2020
Le palais des orties raconte une histoire de femmes et d'orties.
L'écriture a le mérite d'être très fluide mais je suis passée á côté du livre, je me demande encore ce que l'autrice a voulu dire dans ce livre.
La construction du rapport entre personnages me parait maladroite, noyée dans un déluge de conseils écolos et de souvenirs. L'installation de l'intrigue se perd dans un foisonnement de détails inutiles, avec peu de réalisme et un clair décalage entre ce que le lecteur sait de l'intrigue et le comportement des protagonistes, ce qui ne semble pas échapper á l'autrice qui écrit "Nous allions trop vite, pas avec les pieds (...) mais avec la langue". Beaucoup de pistes évoquées ne mènent nulle part, les personnages secondaires sont malmenés ou oubliés et des métaphores et comparaisons approximatives suscitent quelques froncements de sourcils ("Comme si quelqu'un avait versé une louche de pâte á crêpe bien épaisse sur mon diaphragme").
Après 120 premières pages d'errance, quelque chose se passe néanmoins, une tension s'installe, jusqu'au dénouement, absolument décevant. le personnage principal semble suivre une courbe pour revenir á son point de départ. le drame se dénoue par « une envie de boire un verre d'eau » . Tout ça pour ça, se demande-t-on? La tension installée retombe banalement comme une lors d'embrouille de fête de village.
En résumé, ce livre au titre piquant ne m'a pas emportée, mais juste un peu irritée parfois.
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critiques presse (2)
LeFigaro   02 octobre 2020
L'auteur offre une réflexion brûlante sur l'avenir, à travers la renaissance et les passions d'une femme.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Bibliobs   18 septembre 2020
Nora et Simon gagnent leur vie en vendant des orties. L’arrivée de Fred, une jeune « woofeuse », déclenche une passion inattendue. Un roman très piquant, par la romancière de « la Reine du silence ».
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   12 novembre 2020
Les orties sont des plantes rudérales, du latin rudus, ruderis, décombres . Comme la pensée tricolore, le mouron des oiseaux, le chardon ou les pissenlits, elles aiment les friches, les terres abandonnés et, de manière plus générale, s’installent sur des sols sans compétition, souvent altérés par la main de l’homme. Leur cycle de vie est court, leurs propriétés innombrables.
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BazartBazart   12 novembre 2020
« Quand on sent qu’on dérange, on ne s’accroche à rien ou plutôt, en vous, rien ne s’accroche - c’est à ce prix que l’enfance devient supportable. »
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BazartBazart   07 novembre 2020
En moins d'une semaine, Fred avait conquis tout le monde.Et les animaux. Et les lieux. Et les hommes. Chacun, et je m'inclus dans ce chacun guettait le signe de son affection.
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maudscottmaudscott   12 septembre 2020
Certains secrets sont plus utiles enfouis que livrés en pâture. Ils ne sont pas faits pour être dévoilés. Aujourd’hui, il faudrait tout dire et marcher dans la rue comme des écorchés; moi je préfère la peau. Les tissus qui la recouvrent. Le ciel chargé de pluie, les rideaux de peupliers, les creux du paysage, ses drapés.
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TapagenocturneTapagenocturne   20 août 2020
Quand on sent qu’on dérange, on ne s’accroche à rien ou plutôt, en vous, rien ne s’accroche - c’est à ce prix que l’enfance devient supportable.
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Videos de Marie Nimier (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Nimier
Marie Nimier n'est pas seulement qu'une romancière bardée de prix, elle est aussi une parolière qui a écrit pour les plus grands de la chanson française. "Paloma dort" pour Eddy Mitchell, "Chanter n'est pas jouer" pour Johnny Hallyday, mais aussi pour Juliette Gréco.
Dans son nouveau roman, "Le palais des orties" publié aux éditions Gallimard, elle raconte une histoire d'amour entre deux femmes. "L'ortie est la plante qui a une dualité intéressante pour une histoire d'amour" dit-elle. "Elle est piquante, on s'en méfie, elle est urticante, mais en même temps elle est pleine de qualités et de vertus," explique Marie Nimier.
Frederica est woofeuse. Elle arrive dans une famille qui a une exploitation d'orties. Contre le gîte et le couvert, Fred va mettre la main à la pâte dans la ferme et, va créer un sentiment de désir chez tous ses membres, mais va aussi s'installer, tout doucement de cette relation, avec Nora, la narratrice.
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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