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EAN : 9782072843136
192 pages
Éditeur : Gallimard (07/03/2019)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Dans un appartement vide, meublé de deux chaises, une table et un immense philodendron, Marie recueille, les yeux bandés, des confidences. Les candidats se sont inscrits anonymement. Ils prennent place sur la chaise libre et racontent ce qu'ils ont choisi de partager, souvent pour la première fois. Remords, regrets, culpabilité, mais aussi désirs, rêves, fantasmes se dévoilent ; les confidences se succèdent, toujours plus troublantes.
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
Herve-Lionel
  12 juillet 2019
La Feuille Volante n° 1364 – Juillet 2019.
Les confidences – Marie Nimier – Gallimard.
L'univers créatif d'un écrivain s'inscrit soit dans la fiction, soit dans l'autobiographie. La fiction est du domaine de l'imaginaire qui, soit fonctionne et emmène son lecteur consentant dans un ailleurs inattendu, soit dérape complètement, le dépaysement n'est pas au rendez-vous et on passe complètement à côté. Avec l'autobiographie, l'auteur puise dans sa propre vie la nourriture de son oeuvre et cela peut tourner facilement au solipsisme. Restent les témoignages des autres. Ici ils sont recueillis anonymement par l'auteure et forment 48 petits récits. A la suite d'une séries de petites annonces judicieusement placées, la population d'une ville est informée qu'une romancière recueillera des « confidences » intimes de ceux qui le souhaitent en vue de la rédaction éventuelle d'une oeuvre. Pour que l'anonymat soit respecté, les interventions se feront sur un site dédié ou sur rendez-vous dans un appartement meublé très sommairement et prêté par la mairie où, pour préserver l'anonymat, la femme écoutera, les yeux bandés, le récit des intervenants qui se présenteront. L'idée est plutôt originale et Marie Nimier n'intervient pas directement, se contentant d'être « La reine du silence » en écoutant dans la solitude du lieu et au hasard ceux qui lui parlent soit d'une blessure d'enfance, d'un traumatisme assez profond pour qu'il leur pourrisse la vie, soit évoquent des mots qui leur ont échappés ou qu'ils n'ont pas su ou pas oser dire au bon moment, des obsessions, des regrets, des remords, des mensonges, des fantasmes, des échecs non assumés, des obs intimes qu'on ne confie que dans l'anonymat, de petits affronts ou de grandes trahisons qu'on ne pardonnera ou ne se pardonnera jamais, des amours avortées, jamais oubliées, toujours regrettées, autant d'étapes ordinaires dans leur vie, autant de moments de cet écume des jours qui parfois provoquent le vertige quand on les évoque et qui donnent la mesure du temps qui passe. Cette expérience, qui n'est pour elle pas sans danger, peut provoquer des rencontres inattendues ou improbables, la plupart de ces gens ordinaires livrent avec une grande économie de mots une parcelle de leur existence, des choses simples mais qui les obsèdent parce nous avons tous notre croix à porter. Parfois on s'excuse pour le dérangement, parfois il se trouve des gens pour tourner en dérision cette expérimentation qui pourtant déplace des patients d'un jour qui la vivent comme un appel au secours ou une bouteille lancée à la mer. Cela tient, si l'on veut, de la confession qui allège l'âme, mais sans la dimension religieuse du pardon divin. Cette ouverture sur un autre monde met aussi en évidence pour elle la réalité de son impuissance, de sa désolation de son malaise face à une brûlante, à une détresse.
Qu'en reste-t-il pour les intervenants ? Nous n'en savons que peu de choses puisqu'il n'y a que peu de commentaires de la part de l'auteure, cette dernière faisant confiance à sa mémoire se contentant d'un rôle de scribe qui ne juge personne. Sont-ils apaisés, satisfaits de s'être débarrasser d'une obsession, contents d‘avoir rencontrer un auteur connu, même s'ils ne repartent pas avec un de ses ouvrages dédicacé et fiers peut-être de l'éventuel espoir de se retrouver dans un futur roman et ainsi d' avoir contribué ne serait-ce qu'un peu, à la création d'une oeuvre d'art ? Parviennent-ils réellement à se délivrer par la parole d'autant plus anonyme que celle qui la recueille a les yeux bandés? Après un drame il est d'usage de consulter un psychiatre ou de mettre en place des cellules psychologiques pour aider ceux qui ont été traumatisés à se libérer. C'est un peu la même démarche sauf qu'ici, le traumatisme peut remonter à des années et gangrener la vie de celui qu'il hante. Ces gens viennent spontanément se confier à cette femme dont ils ignorent tout, ce qui donne la mesure de la condition humaine mais surtout celle de la solitude de la société dans laquelle nous vivons. Cela peut tenir du soliloque et la puissance cathartique des mots peut agir comme une soupape de sûreté qui sauvegarde la vie ou la rend plus acceptable malgré la honte, le dégoût ou le mépris de soi.
Les interventions dont elle a eu connaissance étaient pour la plupart orales mais c'est une confession écrite, emprisonnée dans un cahier à spirale, gouvernée par la présence tutélaire paternelle et dont nous ne saurons rien, et d'autant plus étrange qu'elle est agressive et assortie d'une proposition inattendue qui, pour elle, va bouleverser l'ordre des choses. Dès lors l'auteure ne se contente pas de rendre compte de toutes ces témoignages anonymes, elle y va aussi de sa propre confidence, comme portée par tout ce qu'elle vient d'entendre et évoque son père, l'écrivain Roger Nimier, mort à l'âge de 36 ans alors qu'elle n'est elle-même qu'une enfant de 5 ans. Elle en parle comme d'un absent définitivement silencieux, une énigme, évoque le vide que sa disparition brutale a creusé en elle, comme d'un étranger aussi. Il est celui qu'on attend mais qui ne viendra pas. Dès lors l'écriture pour elle reprend sa fonction exploratrice du souvenir, s'impose comme un exorcisme à la fois créateur et libérateur. Peut-être ou peut-être pas !
©Hervé Gautier.http:// hervegautier.e-monsite.com


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Klergau
  21 avril 2019
Marie Nimier, Les confidences - 2019
L'intention de départ me plaît : une écrivaine met de petites annonces un peu partout pour recueillir des confidences qui serviront de points de départ pour une oeuvre. Il y a des réponses bizarres, inattendues, d'autres vraiment touchantes... On se surprend à penser que la moindre parcelle de vie, la plus anodine parfois, peut rester gravée en nous et nous marquer pour longtemps, pour toujours. Mais pourquoi ce besoin tout à coup de la raconter à une inconnue ? Pour la voir là peut-être se détacher de nous et vivre dans un livre ?
Et vous que retiendriez-vous, quel instant inoubliable qui vous a fait et vous fait encore ?
Le style est simple, distancié. La narratrice se pose en observatrice. Nous faisons de même. Est-ce pour cela que les confidences glissent sur nous comme une eau tranquille ? Il y en a tant qu'on ne sait laquelle retenir, mais se lève parfois en nous comme un écho de nos propres souvenirs. Je retiendrai les dernières interventions et cette image tendre tout droit sortie d'un rêve d'enfance de Marie Nimier, un manque, comme quoi ce qui ne s'est pas produit peut faire aussi l'objet d'une confidence. J'ai aimé que la parole soit donnée à des gens anonymes.
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RevigBreizh
  26 mars 2019
Je ne sais comment évaluer ce livre dont je viens de terminer la rapide lecture, sans avoir éprouvé aucun coup de coeur. Impossible de s'attacher aux personnages, qui ne font que passer. Et j'ai du mal à laisser à l'auteure la place qu'elle se donne en expliquant sa démarche, en rajoutant des remarques de son cru. Comme si le matériel des confidences reçues ne suffisaient pas à faire un livre, ou comme si les retranscrire aurait été trop paresseux pour mériter de le signer. L'auteure sait certes manier la langue et l'écriture et retranscrit de mémoire (puisqu'elle ne prend pas de notes pendant les entretiens) ce qu'elle a entendu. Mais cela me laisse sur ma faim. Ses paragraphes sur le philodendron me laissent de marbre…
En fait, après avoir refermé le livre, je me pose une question un peu saugrenue, qui montre bien que ce n'est pas le livre qui m'a intéressé ! Voici la question : est-ce vraiment une expérience réalisée et des confidences retranscrites ou bien l'auteure a-t-elle inventé, imaginé ces confidences sans les avoir jamais reçues. Il semble bien que ce soit de véritables confidences, mais, d'une certaine manière, j'aurais apprécié le contraire !
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silencieuse1
  24 mars 2019
"Touchant" est le premier mot qui me vient à l'esprit après cette lecture conseillée par mon amie libraire. Marie écoute les confidences d'anonymes qui viennent raconter une histoire, une anecdote, un secret, un péché, une trahison, un amour ... Touchant parce qu'il s'agit d'une confidence, d'un aveu face à une personne qui entend mais ne voit pas (Marie a volontairement les yeux bandés). Du coup, on se confie plus aisément, sans crainte du regard de l'autre et cela donne à chaque petit récit une intensité incroyable. C'est à la fois pudique et impudique, fascinant et parfaitement juste.
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toptopicleblog
  09 avril 2019
Marie Nimier a tenté une expérience peu commune : pendant quelques jours, dans un local prêté par une mairie, les yeux bandés, elle a recueilli les confidences de personnes inscrites au préalable pour participer à cette « expérience ».
Des confidences, des confessions, des aveux, des retours en arrière sur des évènements, actes, pensées, mensonges, omissions… Il y a, dans ce qu'ont confié ces anonymes, une part de surprise lorsque nous, lecteurs, découvrons chaque sujet jusque-là enfoui, tu, caché, et qui trouve enfin dans cette aventure intime le moment d'être partagé. Une première fois en face-à-face, une seconde fois en publication, Marie Nimier n'ayant pas caché ses intentions d'en tirer un ouvrage. Parfois c'est énorme, lourd, angoissant ; parfois le « secret » nous est insignifiant.
De ces rencontres à l'aveugle, Marie Nimier a-t-elle restitué ce qu'elle avait entendu, compris, interprété ? Car c'est là un des intérêts de ce livre, qu'on ne peut qualifier ni de roman, ni de biographie, ni de témoignage. Car dans ces 48 « rapports » pour lesquels elle ne prenait pas de notes sur le moment, quelle est la part de ce qu'y apporte l'auteure, ne serait-ce que par ce qu'elle en a immédiatement retenu, et de ce qu'elle a bien voulu comprendre ? Pour moi il s'agit d'un recueil de nouvelles où toutes similitudes avec des personnages ou des faits ayant déjà existé ne sont pas fortuites. Bien que la fin soit surprenante - Marie Nimier imagine des rapprochements avec le manque de son père, qui m'ont semblé décalés par rapport au reste du livre - et malgré les digressions sur un philodendron pour lesquels je n'ai pas compris le symbolisme (si symbolisme il y avait), j'ai beaucoup aimé ce livre.

Lien : https://top-topic.com/les-co..
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critiques presse (3)
Bibliobs   12 août 2019
A en juger par ce livre à la fois cocasse, drôle, effrayant, la récolte de confidences fut exceptionnelle. Femmes et hommes se bousculent pour évoquer le moment qui les a le plus marqués.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   25 avril 2019
Historiettes, confessions, aveux, fantasmes... les confidences se succèdent au fil des chapitres plus ou moins longs et finissent par constituer un étonnant kaléidoscope sur la nature humaine. Un roman singulier, qui passionne ou désarçonne.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   15 mars 2019
La romancière a recueilli des confidences d'anonymes qui sont autant de tranches de vies. Fascinant [...] C'est littérairement réussi, humainement émouvant, intellectuellement stimulant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
EveduChambonEveduChambon   19 avril 2019
J'ai aussi lu des bouquins sur la passion, la jalousie, c'est comme ça que je suis tombée sur "L'Occupation" , le livre d'Annie Ernaux.
Punaise ! Elle n'y va pas avec le dos de la cuillère, Annie Ernaux, mais dans ce texte, elle écrit qu'elle s'est interdit ça, les fétiches, les mauvais sorts. Elle avait été tentée, mais elle avait résisté. Elle ne voulait pas s'abaisser jusque-là, elle trouvait ça crétin, ou débile, je ne sais plus, alors je me suis ressaisie. J'ai recopié plusieurs fois le passage en question, comme si le stylo pouvait remplacer les aiguilles à tapisserie. A la fin, j'étais décidée.
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Herve-LionelHerve-Lionel   11 juillet 2019
...celui qu'on attend, les yeux fermés, celui qui ne viendra pas. Celui qui manque, qui a toujours manqué. Celui qu'on a perdu, mais pas seulement de vue. Perdu tout court. Celui dont on aimerait partager ne serait ce qu'un secret , avec son papa, pour en finir avec le silence.
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AbyssiniaAbyssinia   29 janvier 2020
J'aimais beaucoup ma grand-mère. A la fin de sa vie, elle était très malade, mais elle refusait obstinément qu'on l'hospitalise. elle disait qu'elle ne voulait pas creuser le trou de la Sécurité sociale. Sa tombe, c'était suffisant.
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AbyssiniaAbyssinia   30 janvier 2020
Vous trouverez peut-être que ça n'est pas une confidence, cette question de milieu, parce que ça concerne tout le monde, mais justement, pour moi, une confidence, c'est une histoire que l'on garde pour soi parce qu'elle concerne tout le monde. Si elle ne concernait pas tout le monde, on n'aurait pas besoin de la garder pour soi.
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FleurDuBienFleurDuBien   07 avril 2019
J'espère que vous avez des confidences moins sinistres, parce que si elles sont du même acabit que la mienne, vous n'allez pas vendre beaucoup de livres.
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Videos de Marie Nimier (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Nimier
Marie Nimier n'est pas seulement qu'une romancière bardée de prix, elle est aussi une parolière qui a écrit pour les plus grands de la chanson française. "Paloma dort" pour Eddy Mitchell, "Chanter n'est pas jouer" pour Johnny Hallyday, mais aussi pour Juliette Gréco.
Dans son nouveau roman, "Le palais des orties" publié aux éditions Gallimard, elle raconte une histoire d'amour entre deux femmes. "L'ortie est la plante qui a une dualité intéressante pour une histoire d'amour" dit-elle. "Elle est piquante, on s'en méfie, elle est urticante, mais en même temps elle est pleine de qualités et de vertus," explique Marie Nimier.
Frederica est woofeuse. Elle arrive dans une famille qui a une exploitation d'orties. Contre le gîte et le couvert, Fred va mettre la main à la pâte dans la ferme et, va créer un sentiment de désir chez tous ses membres, mais va aussi s'installer, tout doucement de cette relation, avec Nora, la narratrice.
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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