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EAN : 9782070149728
160 pages
Gallimard (07/01/2016)
3.07/5   68 notes
Résumé :
MARIE Nimier
La plage

"Une jeune femme sans nom arrive dans une île, en été. Elle traverse en autobus un paysage aride jusqu'à une plage où elle est déjà venue avec un ami. Elle se souvient d'une grotte où ils se sont aimés. Il n'y a personne sur la plage, pas un souffle de vent. La taverne est fermée. Elle se baigne nue. Est-elle aussi seule qu'elle le croit ?
En quittant la plage quelques jours plus tard, elle ne sera plus la même. Jam... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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Rien n'est pire qu'une « autrice » qui écrit sur une femme qui s'ennuie. Mais quand on est édité par Gallimard, on se dit que le contrat est rempli, la consécration est sienne et on peut écrire sur tout, et surtout n'importe quoi ! Comme par exemple un inventaire de toutes les petites choses du quotidien qui n'ont aucune importance et dont on ne fait cas dans la vie réelle. C'est l'impression que donne le roman de Marie Nimier dès les premières pages. Heureusement qu'il y a la plage
… Cette plage de sable fin sur cette île, plage déserte où elle se jette nue dans les flots calmes de la mer dès son arrivée. Et il y a cette grotte où elle compte passer en Hermite sa semaine de vacances mais qu'elle trouve occupée par un père et sa fille, venus camper quelques jours à l'écart de toute civilisation.
A partir de là, l'histoire prend un tout autre tournant et on est happé par la poésie de Marie Nimier, le mystère de la rencontre qui semble se profiler et l'atmosphère estivale.
« La plage » est un très agréable roman à lire en fin d'été afin qu'il se prolonge…
Editions Gallimard, Collection Blanche, 151 pages.
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Je suis toujours surprise de lire une histoire où il ne se passe rien / ou du moins pas grand chose...il faut avoir un beau talent de narrateur pour tenir accroché à sa ligne le lecteur, par nature volage si l'ennui pointe son nez.

Ce livre de Marie Minier en est un bel exemple. Elle nous tient captifs devant la rencontre de trois inconnus dans la chaleur d'un été et la solitude d'une plage: une pseudo famille reconstituée par une jeune femme solitaire, un père et sa fille en vacances. Elle crée une atmosphère de mélancolie et de mystère, un voile de brume qui parfois se déchire pour laisser entrevoir des parcours chaotiques, une enfance, une attache paternelle, et beaucoup de fragilité. On veut comprendre, on cherche à tisser des liens que l'auteur se refuse à faire. Tout est descriptions, sensations, ressentis. Inévitablement, Eros ou une certaine forme de séduction va être de la partie...

J'ai lu en entier, d'une traite et je reconnais malgré tout de nombreux sauts de pages ou paragraphes, pas du tout envoutée. L'écriture est belle, en particulier dans les magnifiques descriptions de la nature, mais le propos reste obscur. Au final, l'ambiguïté du récit m'a dérangée, les personnages sont impalpables et j'ai tourné la dernière page avec un réel soulagement.
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Un début prometteur lorsque l'on découvre une jeune femme se rendant en autocar dans une ile ensoleillée pour revivre quelques jours dans une grotte sur une plage où elle avait passé des jours heureux avec un homme qui l'a quittée depuis.

Or la grotte est occupée par un père et sa fille et la jeune femme se cache à proximité et les observe tout en écrivant son journal .

Intriguée par cette ambiance étrange , teintée de mélancolie, j'ai poursuivi ma lecture mais sans parvenir à m'attacher aux personnages.

Roman sur le désir qui devient au fil des pages plutôt ambigu et sur la solitude , on ne connaitra pas grand chose de la vie de ces gens, même pas leur prénom .

Cela donne un roman assez éthéré et au final je n'en ai pas retenu grand chose, c'est dommage car les descriptions de la nature sont belles ...

"et la mer efface sur le sable, les pas des amants désunis "
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Roman envoûtant, puisque lu d'une traite. Cadre idyllique avec la mer, la plage, le soleil, une grotte. Une femme s'y rend pour retrouver ce lieu qu'un homme lui a fait connaître voici deux ans. Seulement, un colosse d'homme et une très jeune fille squattent la cavité. Elle passera trois jours à les observer jusqu'à ce que la faim, la soif, et la fascination l'obligent à les affronter. Certains points ne sont pas élucidés, dans cette belle évasion sensuelle aux cinq sens, mais c'est le choix de Marie Nimier de laisser l'imagination au lecteur, façon Duras.
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La Feuille Volante n°1034– Avril 2016
LA PLAGE– Marie Nimier- Gallimard.
D'abord une île inconnue qu'on imagine méditerranéenne avec une crique sauvage et une jeune femme également inconnue (le lecteur ne saura pas son nom, elle sera « l'inconnue », mais est-ce bien important ?) qui choisit de s'y rendre parce que ici, sur cette île, il y a une grotte où deux ans auparavant elle y a fait l'amour avec un homme, « le voyageur », disparu de sa vie depuis. C'est donc à une sorte de pèlerinage qu'elle se livre, avec toute la nostalgie qui va avec, mais celui-ci est contrarié parce que l'endroit est déjà occupé par un père et sa fille (Eux non plus n'ont pas de nom, elle les baptise « le colosse » et « la petite » (déjà une jeune fille) et c'est bien suffisant. «L'inconnue », décide d'attendre qu'ils partent, de tuer le temps en se baignant nue, mais au bout de trois jours, après avoir observé ce couple étrange père-fille qui n'est pas sans lui rappeler celui qu'elle formait avec son père, elle décide de se montrer. A la faveur de cette rencontre, petit à petit, avec un luxe de précautions, de timidité, de retenues, de beaucoup de silences et de respect de l'autre, une sorte de complicité puis de partage de secrets intimes se tissent entre « l'inconnue » et « la petite » puis c'est le père qui accepte de parler de lui, de sa femme avec qui il a rompu à cause sans doute d'une sorte de nymphomanie ou de goût pour la liberté, incompatible avec sa qualité de mère et de femme mariée. C'est une manière de briser le stéréotype un peu trop convenu du mari volage et de l'épouse trompée. Il ne voit sa fille que par intermittence et ne veut rien perdre de ces moments. On devine ce qu'a été la vie conjugale délétère de cet homme tiraillé entre un abandon qu'il combat comme il peut et l'amour de sa fille déjà grande, perturbée par la mésentente de ses parents, mais qui ne voudrait pas quitter l'enfance trop vite. Entre eux il y aura cette inévitable passade inspirée, de son côté à lui, par une solitude difficile à supporter surtout en présence d'une jolie femme et pour elle le souvenir de cette étreinte fugace avec « le voyageur » et peut-être aussi son attachement à « la petite ».
Le livre refermé, que reste-il de ce roman au style fluide, agréable et facile à lire ? Du soleil d'été, des vagues chaudes et des galets, du farniente, des senteurs de pinède et de garrigue, des descriptions poétiques de paysages, des évocations parfois érotiques… Ce que je retiens surtout c'est une sorte d'impression de solitude qui habite chaque personnages. Au fil du récit on a la certitude que, malgré les apparences, ils ne se rencontreront jamais vraiment et le moment d'extase passé, chacun retournera à sa vie d'avant, comme si cette période estivale entre parenthèses n'avait servi qu'à tisser des souvenirs, vous savez, ce qui encombrent pour longtemps votre mémoire, avec ses bons moments mais surtout avec ses regrets, ses remords ! J'y ai vu de la nostalgie, l'empreinte du temps qui passe et des projets un peu fous qui ne se réaliseront jamais et laisseront ces protagonistes face à eux-mêmes, à leur mélancolie d'avant. C'est banal, mais j'ai eu l'impression, au cours de ce récit, de l'abolissement du temps, comme s'il était suspendu à la tranche de vie de chacun, coincée elle-même entre leur passé tumultueux et leur avenir incertain. Chacun à sa manière a connu l'abandon et va renouer avec lui après cette aventure d'été. Le décor de la grotte a un côté anachronique, sauvage et pourtant savamment organisé ; on peut y voir nombre de symboles.
Je ne me suis pas ennuyé à la lecture de ce court roman qui ne relate pas autre chose qu'un amour de vacances avec tout ce qu'il a de fugace, de temporaire, une façon, si on veut le voir ainsi d'enjoliver un peu un quotidien morne. Un bon moment de lecture en tout cas.

© Hervé GAUTIER – Avril 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com ]
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Trois corps sur une plage, sur une page trois personnages. L'homme, la femme et la très jeune fille. Trois cartes d'un jeu de tarot qui, droites ou renversées, disent
l'amour et son contraire, le désir et la perte, la métamorphose ou l'enfermement.
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Une sauterelle l'accompagne dans un bruit de papier froissé, ses antennes tendues en guise de balancier. Plus loin, une colonne de fourmis traverse devant elle. Chacune semble hésiter sur la direction à prendre, mais toutes savent où elles vont. Un vrombissement s'installe. L'inconnue lève les yeux. Suivant la courbe des collines, des éoliennes tournent mollement. À quoi pouvait bien penser la femme au ventilateur? Elle portait sur ses lèvres le sourire de celles qui vont chez leur amant.
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Rien que le mot, collation. C'est important, pour elle, les mots. Ce qu'ils disent de front et tout ce qu'ils charrient comme ces casseroles accrochées à la voiture de jeunes mariés - simple collation, rapide collation, ou méritée, bien méritée... Il y en a qui ne viennent que pour ça, ironise le chef d'atelier. Ils viennent pour le verre de jus d'orange et les langues de chat, le café à l'américaine, mais aussi et surtout, voilà ce que pense l'inconnue, et que personne jamais ne souligne : ils viennent pour le respect, l'impression d'être utile. Si on accepte leur sang, c'est qu'ils valent encore quelque chose. À l'intérieur, tout n'est pas pourri.
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La femme, jeune femme, celle qu'on pourrait appeler l'inconnue, non seulement parce que dans ce pays, a fortiori dans cet autocar, personne ne la connaît.
Ce qu'on sait d'elle, enfin, ce qu'elle donne à voir de l'extérieur: une chemise en coton, légèrement transparente, un short en jean moulant, des sandales plates, type spartiate, avec une lanière s'enroulant haut sur la cheville. Les cheveux sont relevés, entortillés sur eux-mêmes autour d'un élastique
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Quand la petite marche sur le sable, ses pieds ne laissent pas de trace, ou à peine. Ses mains sont légères, ses doigts excessivement minces.
...
Avec la pointe du roseau, elle trace des signes dans le sable mouillé. Les empruntes que n'ont pas laissés ses pieds. Une croix penchée, une étoilé à cinq branches, un tiret: c'est sa signature.
Elle sourit. Du bout des orteils, efface l'inscription. A ton tour, dit-elle !
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Videos de Marie Nimier (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Nimier
Lecture par l'auteure accompagnée de Karinn Helbert (Orgue de cristal) Festival Paris en toutes lettres
Elle a perdu son frère mais n'a pas réussi à se rendre à l'enterrement. Elle est effondrée et décide de s'exiler au bord d'un fleuve pour écrire un livre sur lui. Elle garde l'appartement d'un inconnu en échange de deux services : nourrir le chat et les plantes carnivores. Sauf que le chat n'apparaît jamais et que le récit de son histoire fraternelle et de cet amour fusionnel prend peu à peu une tonalité très dérangeante… Marie Nimier lit des extraits de son roman, accompagnée par Karinn Helbert qui fait entendre un instrument aussi singulier que l'est Petite soeur : un orgue de cristal.
À lire – Marie Nimier, Petite soeur, Gallimard, 2022.
Lumière par Patrice Lecadre, son par François Turpin
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