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EAN : 9782072898235
125 pages
Éditeur : Gallimard (20/08/2020)
3.17/5   127 notes
Résumé :
Une famille n'est jamais autant une famille qu'en vacances. En vacances on voit sa peau. Durant leur congé estival à Royan, les Legendre sont très performants : la mère excelle en communication de crise, la petite en piano, et le père en running. Sa montre GPS compte ses pas. Chaque jour davantage de pas. Cette famille de la bourgeoisie parisienne est en croissance. Seul le petit dernier tarde à performer. Tarde à apprendre à lire. Ou refuse d'apprendre. Il fait peu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
3,17

sur 127 notes

Kittiwake
  26 septembre 2020
Voilà une farce bobo réjouissante!
Le narrateur est un père de famille résolument dans son époque, utilisant un jargon digne d'un manager d'entreprise 3.0 y compris pour essayer de mener la barque chancelante de sa famille, composée de son épouse, qui n'est pas dupe ses cornes, d'une pré-ado, qui perfectionne son anglais en permanence, et d'un gamin de 6 ans dont on n'est pas sur que le but du CP, apprendre à lire, ait été atteint. Ils ont en vacances, dans une location haut de gamme, comme aime à le préciser notre bon père de famille.. La disparition d'un jeune ado perturbe la quiétude de la station balnéaire et de ses hôtes estivaux.

C'est extrêmement drôle, caustique et les situations puisées dans le quotidiens, revues et corrigées avec la charabia branché du père sont réjouissantes.
C'es heureusement assez court pour éviter la lassitude qui ne manquerait pas de s'installer sur plusieurs centaine de pages, Et heureusement, le narrateur est capable de perdre pied, le vernis de son langage policé craquant alors pour un pétage de plomb jubilatoire.
C'est un véritable exercice de style, qui met en valeur une histoire qui aurait pu être banale et sans intérêt, les vacances d'une famille ordinaire, pimentées par un fait divers qui réveille pour un temps la torpeur de vacanciers léthargiques. C'est très réussi.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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BurjBabil
  12 novembre 2020
13 829 mots, c'est le nombre de vocables optimal pour une critique. Car nombre premier. Critique n'est d'ailleurs pas le mot exact, je devrai dire avis car nul ne se doit de porter un jugement sur le travail d'un autre. C'est la base d'une cohabitation harmonieuse. Il est également prouvé que dans ce cas travail est sans doute (sûrement ?) usurpé (googlisation de travailler : du latin vulgaire tripaliare, signifiant « torturer », lui-même dérivé du nom tripalium, qui désigne un instrument de torture à trois pals. Dans les mots travail et travailler, il y a donc originellement les notions de torture, de souffrance, de douleur) quand il s'agit de littérature, surtout lorsqu'elle est engagée. Je rappelle à cet effet que si nos avisés dirigeants ont pris la peine de séparer les biens essentiels des non essentiels dans cette crise sanitaire imprévisible (dans le sens où malgré les prévisions, rien n'avait été concrètement organisé), c'est aussi pour nous amener à réfléchir collectivement sur la valeur des biens manufacturés et utiles, like smartphones, computer or another ones with similar function.
Engagée dans quel esprit d'ailleurs ? Celui du refus de réfléchir de manière posée et constructive à l'édification d'une société plus juste, dans laquelle les gagnants, devrais-je dire les plus objectivement performants, pourront donner la pleine mesure de leur compréhension globale de la société ? Car c'est aisé pour M. Bégaudeau de rire de notre comportement rationnel, de notre détermination à orienter l'affectation de nos ressources à la consommation de produits bios et dans l'édification de l'esprit de nos futurs héritiers. Mais qui est-il pour me juger ? You know, this is the fucking guy ! I want my money back !
Je suis cadre supérieur d'une société de conseil en optimisation fiscale et organisationnnelle, ce n'est certainement pas pour me faire expliquer, que dis-je suggérer, voire reprocher de remplacer l'adjectif qualificatif « noir » par « atypique » pour désigner un de mes semblables (oui, différent mais semblable, nous appartenons à la même race, wikipédia entrée race humaine : «La notion de « race » humaine, par analogie avec les races d'animaux d'élevage, fut employée pour établir des classifications internes à l'espèce humaine selon des critères morphologiques ou culturels » donc voilà, ce n'est qu'un constat, semblables mais différents ! ) à cause d'un non-dit psychosociétal mal analysé ! Et un mauvais diagnostique conduit à une mauvaise solution ! Ce n'est quand même pas ma faute s'il s'avère que je gagne mieux ma vie que mon voisin atypique ! Une corrélation peut être établie avec l'éducation prodiguée par mes géniteurs soucieux de l'édification de mon capital culturel !
Ah, un insta de ma voisine qui lit autre chose, pas mal le petit bustier...
Il souhaite peut-être émettre une réserve, l'écrivain engagé ?
Je ferai bien un skype avec elle (ma jolie voisine du même phénotype que moi) si mon réseau 4G (auquel va bientôt être avantageusement substitué la 5G à condition de ne pas se laisser envahir par le matériel Chinois, devrais-je rappeler que notre autosuffisance technologique a été décrétée par notre clairvoyant ministre ?) m'autorise un tel débit de 123 Mb/s de download en moyenne dans une zone dont les taxes d'habitations sont pourtant garantes d'un service optimal.
Avoir une aventure littéraire avec d'autres lecteurs est défendable non ? L'exclusivité n'est-elle pas le signe de l'enfermement de la pensée ? le tout sera de reconnaître mon tort et de me plonger dans la lecture d'un livre « feel good » pour exorciser ce besoin d'aventure extralittéraire.
There seems to be a fucking problem here.
Ah, j'entends le bruit caractéristique des escarpins commerce équitable de ma femme dans l'escalier en chêne issu d'une forêt labellisée « gestion durable », je vous quitte !
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le_chartreux
  16 août 2020
La famille Legendre est en vacances en Charente-Maritime, à Royan précisément, dans le but de profiter pleinement de la saison touristique. La station balnéaire donne ouvertement et sans complexes sur la côte Atlantique. Ses jolies plages de sable fin blond platine ont certainement l'apparence que les Legendre se font d'une certaine forme de réussite tenant à la fois du paraître et d'une position au premier rang… A ce titre Royan correspond donc parfaitement à l'image que les Legendre se font d'eux-mêmes.
L'été est l'occasion de recharger les batteries, de faire étalage de sa bonne forme physique, de son bel esprit et de sa grande beauté. Emmanuel, le père, montre-bracelet fitness connectée est sportif et performant. Brune, la mère, est psychologue, communicante et très belle. C'est la fierté de son mari, en quelque sorte son trophée. La famille n'oublie pas de conserver pendant ses vacances le sens de la performance et de la croissance ; ne jamais faiblir, encore moins faillir et surtout ne pas le montrer, être et rester parmi les meilleurs et puis forcer le trait en oubliant ni d'aller courir, ni de s'inscrire quotidiennement à des activités culturelles pour les plus jeunes.
Justine, 10 ans, est très avancée pour son âge, elle parle bien l'anglais et connait par coeur les 28 pays de l'U.E. (!). Ce serait presque une enfant modèle si elle ne regardait pas W9 ou qu'elle n'insistait pas autant pour aller voir un soir le podium NRJ…
Le problème de la famille Legendre, c'est Louis, 6 ans à peine : il ne sait pas encore lire, ce qui n'est pas envisageable chez les Legendre, à moins qu'il fasse semblant de ne pas savoir, ou encore qu'il fasse semblant de savoir, ce qui serait catastrophique car cela semblerait cumuler bêtise et dissimulation. C'est là tout le souci de ses parents en ce joli mois d'été.
L'autre vrai problème de la famille Legendre, c'est le père. Derrière une suffisance éhontée, il cache une forêt de failles inavouées. Il se rêverait "performer" où il n'est qu'habile dissimulateur. La classe et le brio ne situent pas dans un corps agile et musclé, un appartement de vacances idéalement situé, une femme sublime ou une maîtresse prête à tout. Or, il ne semble ne pas le savoir…
Entre Louis qui a juste envie de rêver, de s'échapper, de sortir de ce fichu moule bien trop étriqué à son goût et Emmanuel qui refuse de voir ses propres faiblesses et ne se figure pas qu'il est lui-même au centre du problème, les vacances pourraient rapidement prendre un goût de fiel.
François Bégaudeau illustre parfaitement les facteurs de motivation qui régulent les comportements : Objectifs et valeurs mais aussi instincts, besoins primaires et pulsions.
J'aime cette écriture à la première personne, nerveuse, moderne, proche du scénario, utilisant les anglicismes en vogue dans la sphère de travail d'Emmanuel.
J'ai apprécié cette lecture. Je ne connaissais pas François Bégaudeau en tant qu'écrivain, juste sa participation comme scénariste pour deux albums de bande-dessinée ; UNE VIE DE MOCHE (avec Cécile Guillard aux éditions Marabulles), et WONDER (scénario de François Bégaudeau, dessin & couleur d'Élodie Durand aux éditions Delcourt) par ailleurs très intéressants.
Aussi, je remercie Babelio et les Éditions Gallimard de m'avoir proposé cet ouvrage pour en faire une critique.
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Bazart
  02 novembre 2020
Le dernier roman à ce jour de François Bégaudeau Un enlèvement est paru chez Verticales en cette rentrée littéraire 2020 .
Dans cette satire sociale l'auteur d'entre les murs dégomme tendrement la famille bourgeoise typique qui va passer ses vacances d'été à Royan.
Toute la famille semble représenter le modèle familial bourgeois incarnant la réussite sociale exemplaire, ne serait ce le fils, en CE1 l'année prochaine qui refuse d'apprendre à lire et.c'est alors toute la famille qui semble vaciller.
"Un enlèvement" est un roman assez jubilatoire, tout comme l'écriture de Bégaudeau, petite musique véritablement jouissive
On pense pas mal au Broadway de Fabcaro- en moins drôle toutefois et en plus cinglant- qui sortait en meme temps avec là encore un homme de 45 ans qui, semble perdre ses repères et à travers lui tout un modèle sociétal qui s'écroule.
C'est avec un ton mordant et souvent ironique- mais qui échappe au cynisme dans lequel on l'a souvent enfermé- que François Bégaudeau observe ses protagonistes s'ébattre et s'abattre.sous fond de disparition- l'enlevement du titre- d'un fils de la haute société de la région.
Bégaudeau pousse les curseurs au maximum les mauvais travers de ces bourgeois bien pensants, moralisateurs et ultra connectés et c'est vraiment plaisant et assez défoulatoire à lire..
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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loeilnoir
  10 août 2020
Lorsque Babelio m'a proposé de recevoir ce roman, je n'ai pas hésité: j'avais de l'auteur déjà lu Molécules, un roman atypique, mêlant policier et burlesque, dans un style déroutant qui m'avait beaucoup plu. Je m'étais donc fait une joie, avec Un enlèvement de retrouver sa plume.
La famille Legendre passe ses congés d'été à Royan : typiques bobos parisiens, les membres de cette famille que l'on découvre rapidement dysfonctionnelle ne cessent de vouloir performer même en vacances : Brune, la mère, conseillère en communication de crise, impose à ses proches de verbaliser le moindre problème pour éviter les ressentiments… Emmanuel, le père est accro au running, scotché en permanence à sa montre GPS qui compte les kilomètres parcourus, comme s'il souhaitait plus que tout s'éloigner de l'étouffant cocon familial… Justine, pré-ado intelligente et perspicace fait la fierté de ses parents, contrairement à son cadet, Louis, 6 ans, un gamin à la traîne dans les aptitudes scolaires et plutôt du genre mutique. Devant cette course à la performance, le petit dernier a t-il décidé de faire de la résistance ?
Nous voici donc dans la peau d'Emmanuel, ce père de famille bourgeois, que l'on présume droit dans ses bottes mais dont on devine rapidement les failles. le personnage est contrasté : un tempérament intransigeant qui cache une profonde hypocrisie, envers son épouse, ses enfants et la société dans son ensemble. Partagé entre le souhait de préserver les apparences d'une famille BCBG et le désir de vivre passionnément, Emmanuel ne supporte plus d'être enfermé dans cette vie somme toute étriquée. Parfaitement adaptée à la situation, l'écriture à la première personne est frénétique, emprunt d'un léger humour pince-sans-rire et parfois caustique; le récit est fluide, ponctué de métaphores tantôt drôles, parfois inquiétantes, quant à l'état d'esprit de ce père de famille.
Avec un titre tel que celui-ci je m'attendais à une nouvelle intrigue, espérais-je aussi cocasse que Molécules. J'ai malheureusement été déçue sur ce point: hormis le style qui porte légèrement à sourire, il n'est pas question ici d'enquête policière, la disparition d'un adolescent est simplement évoquée en toile de fonds. Il m'est difficile de définir ce roman : si au départ, Un enlèvement oscille entre le thriller domestique et la satire sociale, celle-ci semble finalement l'emporter et si tel était le but de l'auteur, je pense alors que c'est une réussite. Je n'ai pas pleinement apprécié ce roman, peut-être ne l'ai-je pas bien compris, notamment la fin qui pour moi est restée nébuleuse. Toutefois, je suis certaine que ce livre trouvera son public, tant le point de vue de l'auteur sur une certaine classe sociale me semble tranché, précis et truculent.
Je remercie Babelio et les Editions Gallimard de m'avoir proposé cet ouvrage.
Lien : https://loeilnoir.wordpress...
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critiques presse (1)
Bibliobs   30 septembre 2020
L'auteur d'« Histoire de ta bêtise », petit précis de cruauté à destination des bourgeois de gauche, récidive avec « Un enlèvement ». Et c'est cinglant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
BurjBabilBurjBabil   12 novembre 2020
Muriel a rappelé les mots-clés de notre argumentaire en faveur d’une généralisation de l’externalisation au sein du groupe : souplesse, rationalisation, marge. La sous-traitance diminuait significativement les coûts, primo en déchargeant l’entreprise du volet ressources humaines, négociations syndicales comprises, d’où un énorme gain cohésif, deuzio en réduisant à zéro le différentiel entre heures facturées et heures productives.
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michdesolmichdesol   15 novembre 2020
Un ballon a atterri sur ma serviette, je l'ai renvoyé en m'appliquant vers le groupe de garçons dont il émanait. Leur fantaisie du jour consistait à viser les fesses d'un des leurs plaqué contre la falaise. J'aurais aimé en être, mais côté tireur. J'aurais voulu la jeunesse sans les affres de la jeunesse. Le visage sans rides mais sans boutons. Juste l'adrénaline du jeu, la transe de taper dans le mille, peut-être de faire mal, même si assurément la cible exagérait ses râles quand le ballon l'atteignait. Les râles extériorisaient autant la douleur que la satisfaction d'avoir surmonté l'épreuve rituelle. Ces jeunes mâles à ventre plat s'accordaient mutuellement des certificats de virilité. Des femelles n'auraient pas joué ainsi. Des fesses de femmes pareillement offertes auraient confiné à l'indécence.
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michdesolmichdesol   15 novembre 2020
A nouveau, j'ai inspiré. Il fallait leur faire un dessin ? C'est moi qui inventais les statistiques ethniques de la délinquance ? Devais-je m'excuser de nommer les faits objectifs ? Ne se rendaient-ils pas compte que mal nommer les choses ajoute aux malheurs de ma famille ? Croyaient-ils que c'était mon fils, mon fils issu de géniteurs on ne peut plus caucasiens, qui fouillait dans la benne à ordures de la résidence Capitole ? Croyaient-ils que Théo Derugie avait été séquestré par des gens fortunés et par conséquent blancs ? Croyaient-ils que des Blancs s'épuiseraient à manigancer un enlèvement pour une somme qu'ils acquièrent en deux clics sur le Macintosh de leur maison de Saint-Martin ou Saint-Domingue ou n'importe quel saint ?
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sevm57sevm57   03 octobre 2020
La famille voisine ne méritait pas qu’on lui casse les oreilles dès 9 heures du matin. Eux étaient cinq, nous étions quatre, était-il normal qu’on n’entende que nous dans toute la résidence. La question n’appelait pas de réponse et les enfants se sont tus.
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VincentGloecklerVincentGloeckler   21 août 2020
Une famille nombreuse et bruyante a pris ses quartiers à côté. Dans ce contexte la graisse superflue de la plupart des membres se remarquait. Sur cette conche nous n'étions pas gros, et les rares qui parmi nous l'étaient s'abstenaient de donner en spectacle leur faiblesse. La famille nombreuse et bruyante ne séjournait sans doute pas à Royan. Elle était venue pour la journée et repartirait ce soir dans une voiture à moteur diesel. A moins d'avoir loué un studio sans terrasse ni même balcon en périphérie nord. (p.55)
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