AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2757860852
Éditeur : Points (12/01/2017)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 69 notes)
Résumé :
Événement dans l’histoire mondiale : Agnès et Omar se rencontrent par un dimanche matin glacial dans la queue des taxis au centre-ville de Reykjavik. Agnès rencontre aussi Arnor, un néonazi cultivé, pour sa thèse sur l’extrême droite contemporaine. Trois ans, un enfant et une crise de jalousie plus tard, Omar brûle entièrement leur maison et quitte le pays. L’histoire commence en réalité bien avant, au cours de l’été 1941, quand les Einsatzgruppen, aidés par la popu... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  05 octobre 2015
C'est son histoire familiale mouvementée qui a conduit Agnes Lukauskaite à s'intéresser à la deuxième guerre mondiale, au nazisme, aux sort des juifs, au racisme et, par extension, à l'extrême droite en Europe de nos jours. Des sujets qu'elle aborde dans son mémoire de licence pour lequel elle interviewe Arnor, un néo-nazi islandais avec qui elle entame une relation. Mais Agnes vit déjà en couple avec Omar et quand elle se retrouve enceinte, elle est dans l'impossibilité de déterminer qui est le père. Pourtant rien ne prédisposait la jeune fille à tomber amoureuse d'un néo-nazi, ni ses principes, ni ses convictions, et surtout pas ses origines. Agnes, en effet, est d'origine juive lituanienne. Fuyant le communisme ses parents ont quitté Jubarkas. Jubarkas où, durant la seconde guerre mondiale, les habitants ont aidé les Einsatzgruppen d'Hitler à exterminer tous les juifs de la ville et où Vilhelmas Lukauskas, l'arrière-grand-père d'Agnes a tué Izak Banai, son autre arrière-grand-père.
Un roman difficile d'accès a priori que cet Illska, sous-titré le mal. Car c'est bien du mal qu'il s'agit, incarné par Hitler et ses sbires, dissimulé derrière la façade de respectabilité des partis populistes européens. S'il raconte la rencontre d'Agnes et Omar et leur vie de couple tourmentée par l'apparition d'un troisième protagoniste, Eiríkur Örn NORDDAHL entrecoupe son récit de considérations et de faits concernant la deuxième guerre mondiale, l'holocauste, le point Godwin, l'extrême droite en Islande, Suède, Danemark et même en France. C'est assez déstabilisant, d'autant qu'il fait fi de toute chronologie. Mais une fois l'habitude prise, on se passionne à la fois pour les histoires passées et présentes de d'Arnor, Agnes et Omar, et pour les interventions de l'auteur qui dénoncent certains partis populistes décomplexés qui sous des dehors respectables cachent un bon vieux fond de racisme. (Un chouette type ce Eiríkur). Puis dans une deuxième partie, on découvre les événements qui se sont déroulés dans la ville lituanienne de Jurbarkas durant la deuxième guerre mondiale. Comment la population est passé de l'occupation soviétique à l'occupation allemande. Comment les nationalistes ont vu là une occasion de chasser les juifs installés depuis des siècles dans la ville. Comment la ville est devenue ''judenfrei''. Et comment Vilhelmas Lukauskas en est venu à tuer son associé et ami Izak. Dans la dernière partie, peut-être la moins intéressante, on retrouve le triangle amoureux, réuni après moultes tribulations. La conclusion de cette somme de travail laisse un peu à désirer. Les interventions du bébé d'Agnes sont un brin longuettes et l'auteur n'a pas su choisir une fin. Il se perd et nous perd... Pourtant, on ne peut lui en vouloir tant le reste est d'une incroyable intensité.
Un livre qui bouscule les codes, qui interpelle, qui passionne, qui rappelle quelques vérités trop vite oubliées ces derniers temps où le FN croit se racheter une conduite en se colorant de bleu marine. A LIRE !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          610
Annette55
  10 novembre 2015
illska,"Le Mal", en Islandais est un roman du poéte et traducteur Eiríkur Örn Norddahl qui résonne en nous dés les premières lignes qui nous happe et nous frappe en pleine face comme une lame de fond.....: "Environ deux mille personnes ont trouvé la mort pendant l'écriture de ce livre. Ou plutôt deux cent mille. six millions de juifs.Dix - sept millions d'hommes, de femmes et d'enfants. Presque quatre- vingts millions d'êtres humains. Le monde ne sera plus jamais le même."
"Mais non, je rigole!
En fait, le récit d'Illska est d'abord celui d'Agnes et Omar, un amour qui commence lorsqu'ils attendent un taxi lors d'une nuit glaciale en 2009, à Reykjavik. L'héroïne est sans doute Agnès qui rédige une thèse sur le populisme et les extrêmes droites contemporaines, elle, dont l'appartement prend feu, elle qui couche avec Omar et le trompe un jour avec Arnor, un néonazi cultivé, fils de Sigga Dos, bibliothècaire, Arnor, le troisième pivot du roman....
Agnès, dont les - arriere- grands- parents ont traversé le massacre des juifs en 1941- victimes de l'occupation dans leur pays, les tortures et les massacres perpétrés par leurs propres amis.....témoignage trés émouvant.....
Omar qui met le feu à la maison et s'enfuit à travers l'Europe, jusqu'à Oradour sur Glane où son destin rejoint les préoccupations de son aimée .
Le premier tiers du roman est un tour de force s'appuyant sur diverses " mises en perspectives " de la Shoah et "des années 39- 45".
Il dévoile progressivement le passé des personnages et raconte ce ménage à trois.L'auteur conte les faits en changeant sans cesse le point de vue narratif, tantôt du point de vue du jeune homme , tantôt celui d'Agnes " obsédée " par " la seconde guerre mondiale ", en raison de sa propre histoire,
surtout par ce qui se passait à Jubarkas ( Lituanie) , ville dont sa famille est originaire et dont toute la population a été massacrée.
Illska est un ouvrage inhabituel , ouvert à toutes les démesures, à tous les thèmes, l'Holocauste, la trahison, la mémoire historique, d'Islande, de Lituanie, d'Europe, des résurgences fascistes d'aujourd'hui, de notre fascination pour le Mal. Il explore tous les lieux de pensée oú cette guerre a le mauvais goût de se nicher.
Agnès la thésarde," avait la guerre non seulement sur les bras mais également dans la tête et dans le cœur ."
Le grand sujet d'Illska, roman si inventif, c'est le réel, le narrateur joueur, cynique, ironique, pédagogue ,nous prend à témoin. Il brasse le mal et interroge le fascisme et ses avatars contemporains avec brio, donne chair et sens à tout ce qu'il écrit ....
A part la dernière partie, un peu confuse, bien moins réussie, ce livre intense nous bouscule, nous passionne, nous interpelle, nous interroge inlassablement....
Il nous montre avec fougue, pédagogie, intelligence, cruauté et drôlerie la façon dont l'histoire et l'idéologie imprègnent nos sphères les plus intimes.
Un roman impressionnant , immense. Riche et Surprenant !
Une découverte que je ne regrette pas !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          440
Tostaky61
  31 août 2015
Illska, c'est l'histoire d'Agnès qui, pour rédiger un mémoire pour son mastère, décide de s'intéresser au nazisme et au néonazisme. Elle rencontre un jeune néonazi, Arnor, avec qui elle trompe Omar.
Illska est donc l'histoire de ce trio, mais c'est aussi l'histoire de l'Islande et de la Lituanie.
Une histoire d'hier et d'aujourd'hui.
Une histoire du monde.
Décliné en quatre parties de valeurs inégales.
J'ai détesté la première partie. Celle où l'on découvre les personnages, certes, mais je n'ai pas aimé la vulgarité employée en particulier pour parler de sexe. Sexualité omniprésente tout au long de cette partie du livre. Je n'ai pas aimé non plus, ces quelques phrases qui parlent d'Hitler, ses sbires, de l'holocauste, du nazisme distillées entre chaque paragraphe.
J'ai par contre aimé la seconde partie, celle où l'on découvre les origines Lituaniennes d'Agnès. Ce qu'ont vécu ses grands parents. Victimes de l'occupation dans leur village, les tortures, les massacres, parfois perpétrés per leur propres amis. Un témoignage émouvant.
Tout comme les origines d'Arnor, de sa naissance aux drames qui ont jalonnés sont enfance.
La troisième partie m'a laissé perplexe. C'est Omar que l'on découvre, en même temps que l'on suit l'arrivée du bébé d'agnès, dont elle ignore qui d'Omar ou d'Arnor est le père. Un récit haché par les interventions des pensées de l'enfant qui perturbent la narration.
Dans la dernière partie, le passé et le présent se télescopent. On revient sur le passé dramatique de la famille d'Agnès et on vit l'épilogue de l'histoire présente. Une fin trop confuse à mon goût, où se mélange réalité et fiction, faits et possibilités.
Sans y avoir pris un immense plaisir, je ne rejette pas cette lecture. Certains effets de style et certaines grossièretés inappropriées m'ont agacé, mais l'ensemble se laisse lire.
Je dirais, pour conclure, que je pensais en apprendre plus sur l'idéologie et les motivations des néonazis.
J'ajouterai, avec un clin d'oeil, et l'auteur n'y est pour rien, que l'Islande est certainement un beau pays, mais… que de noms imprononçables.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          380
Pirouette0001
  05 janvier 2016
La première partie du livre, je l'ai trouvée édifiante. Bousculante. L'auteur secouait le cocotier. Une jeune femme islandaise, qui termine un travail de fin d'étude sur le nazisme s'éprend d'un néonazi et va tromper son compagnon, et ne sait déterminer qui est le père de son enfant. Cette jeune femme, Agnès, s'intéresse au nazisme car ses parents sont originaires de Jurbakas en Lituanie où un grand-père paternel était nazi mais ses autres grands-parents paternels juifs, le premier tuant le second grand-père, alors qu'ils étaient amis.
J'ai bien aimé les mises en perspective de l'auteur, pourquoi assimilons-nous l'Holocauste aux Juifs massacrés, sans ou rarement parler des deux autres tiers de victimes d'Hitler. Pourquoi parlons-nous sans arrêt du nazisme et non de Staline (voire de Mao) dont le nombre de victimes sont de très loin supérieurs, mais l'omerta continue à planer sur ces victimes-là comme si les unes étaient acceptables et les autres non. La vision des immigrés (Agnès n'est islandaise que de seconde génération) est également interpellante.
Et puis, dans la seconde partie, tout s'enlise. Et devient une gadoue informe. Tout d'abord, l'idée de déstructurer le roman devient de plus en plus inintéressante et semble noyer l'absence de fond. Cette absence de fond est surtout due à la vacuité des personnages masculins : Omar, le compagnon d'Agnès, glandouille et on se demande bien ce qu'elle lui trouve. Arnor, le néonazi qu'Agnès connaît depuis longtemps mais avec qui elle va avoir des relations sexuelles qu'une fois qu'elle rencontre Omar (!?), est plus caricatural que jamais. Petit sans être nain, le décrit Agnès, perclus de tics. Et puis, et puis, il y a tous les champs des possibles que recelaient les prémices fort riches qui n'ont pas été exploités.
En un mot comme en cent, j'ai cru commencer un coup de coeur et véritablement la première partie sauve à mes yeux la seconde, qui va de plus en plus dans le sens d'une grande débandade et lui vaut finalement un avis mitigé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          222
motspourmots
  13 mars 2017
Voici la parfaite illustration de l'intérêt de participer à un jury littéraire. Si je ne m'étais pas engagée dans l'aventure du Prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points, les chances pour que je m'intéresse à ce livre auraient été très faibles. Un roman islandais, le thème de l'Holocauste, 700 pages. J'aurais sans doute écouté mon libraire me chanter ses louanges, jeté un coup d'oeil à la quatrième de couverture, l'aurais feuilleté, soupesé... et reposé en me disant que bon... peut-être... plus tard. Aurait-ce été dommage ? Incontestablement.
Pourtant, on ne peut pas parler ici de plaisir de lecture. J'ai même été soulagée en arrivant au bout. Attention, ce n'est pas non plus une torture. Non. Simplement le sujet est si fort, l'image que ce livre renvoie de notre monde, de notre société est si terrible qu'il se lit parfois le coeur au bord des lèvres, entre fascination et colère où pointe aussi parfois une once de désespoir et de découragement. En le refermant, c'est tout de même l'admiration qui prédomine. Car l'auteur traite son sujet avec une maîtrise indéniable et offre un texte riche, une infinie matière à réflexion. Ce qu'il nous propose c'est de regarder la nature humaine au fond des yeux, dans ce qu'elle a de pire. Ce mal qui se transmet de siècle en siècle et ronge les sociétés les plus civilisées. Ce qu'on appelle nationalisme, populisme, protectionnisme, qui a généré le fascisme et le nazisme et a connu son pic de gloire avec l'Holocauste. Un mal qui n'a pas disparu.
"Les choses ne sont pas si simples. Pas si simplistes : les gens ne se résument pas à la somme de leurs expériences."
Pour dérouler son intrigue, l'auteur met en scène un curieux ménage à trois à Reykjavic dans les années 2010. Agnès, Omar et Arnor. Agnès est une jeune femme de 27 ans originaire d'un village de Lituanie qui a été le théâtre d'un certain nombre d'atrocités pendant la seconde guerre mondiale avant de tomber sous le joug communiste. Totalement obsédée par l'Holocauste, elle mène des recherches en vue de rédiger une thèse sur les populismes et l'extrême-droite en Islande. En couple avec Omar, elle tombe également sous le charme d'Arnor, l'un de ses sujets d'étude, un néo-nazi. Un véritable tsunami personnel dont l'auteur va s'appliquer à nous faire comprendre les racines par quelques incursions historiques dans le village natal d'Agnès et nous donner à voir ses ramifications dans l'Europe du 21ème siècle.
Si ce livre est aussi fort c'est certainement parce qu'il fait ressentir comme rarement que les pires atrocités sont bien commises par des hommes. le mal n'est ni démoniaque ni un phénomène incontrôlé. Il est bien l'émanation de comportements humains. En remontant le fil historique des massacres qui se sont succédé dans le temps, en explorant les facteurs de transmission, l'auteur livre un roman unique et terrifiant. Certes, la région du monde dans laquelle se situe l'intrigue n'est pas anodine. Les pays baltes occupés tantôt par l'Allemagne, tantôt par l'URSS, l'Islande dont Hitler vantait la pureté de la race... Tout ceci a laissé des traces. Mais la contagion est bien réelle et l'auteur en fait une démonstration implacable.
Ce livre nous rappelle le poids de l'histoire, le lourd héritage que nous portons tous. D'une virtuosité inouïe, ce roman est une contribution remarquable à quelque chose qui va au-delà du devoir de mémoire, disons à l'éducation du citoyen peut-être. Pas léger, c'est sûr. Mais terriblement important.
"C'est le message de ce livre. Nous sommes le message de ce livre. Je m'efforce d'aller au coeur d'un certain nombre de choses. N'oublions pas Hiroshima, Auschwitz, Guernica, Pearl Harbour et Dresde. Si la Seconde Guerre mondiale nous a enseigné quelque chose, elle nous a appris l'oubli. A oublier de ne pas oublier. A ne pas oublier d'oublier de ne pas oublier. A ne pas laisser retomber la pâte."
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          214

Les critiques presse (1)
Liberation   24 août 2015
Le grand sujet d’Illska, ce roman si inventif, c’est le réel.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations & extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
KirsikkaKirsikka   25 décembre 2015
Longtemps après l'époque où les Islandais s'étaient offusqués d'être relégués au rang de sauvages groenlandais et de négresses des Caraïbes, ils se mirent à cultiver une image semblable à celle qu'ils avaient autrefois rejetée : ils se présentaient maintenant comme des autochtones qui entretenaient un lien exceptionnel avec la nature, des gens qui mangeaient des choses dégoûtantes, avaient d'étranges coutumes et n'appartenaient absolument pas à la prétendue "civilisation" occidentale. Non, les Islandais croyaient aux elfes vivant dans les collines et conversaient avec les morts. Les Islandais croyaient au pouvoir magique des montagnes et des glaces. Ils consommaient de la nourriture avariée et se soûlaient abondamment. Les Islandais étaient des sauvages. Parce que c'était vendeur. Parce que c'était cool. Parce que ça n'a plus rien de cool d'être danois. Tout le monde est danois. La Scandinavie, c'est comme la béarnaise et le glutamate de sodium. Elle n'a plus rien de mystérieux. L'Islande, c'est le tamarin allié à la citronnelle. Sauf que c'est de l'esbroufe. En fait, l'Islande n'est rien d'autre que le Danemark. Rien de plus que la béarnaise. Fabriquée industriellement et vendue dans des pots en plastique. On la trouve dans les supermarchés Bonus. Parce ce qu'on en consomme. Parce que c'est pratique. Et elle est accompagnée d'une foule de chaînes de télé. Sans parler d'Internet. Nous voulons être sur Facebook. Or, on ne peut être sur Facebook à moins d'être aussi de la sauce béarnaise.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
AifelleAifelle   28 août 2015
"Nous ne savions pas, proclamaient les pancartes sorties par les Allemands dans les rues et sur les places les journées qui suivirent la fin de la guerre. C'était clair et net : Nous ne savions pas. La formule ne précisait pas la nature de ce qui avait échappé à leur attention. Le monde, la guerre, le nazisme. La phrase était dénuée de complément d'objet. Les Allemands ne clamaient pas leur innocence, du reste ça n'aurait pas servi à grand-chose, ils étaient vaincus. Ils déclaraient une ignorance qui n'avait aucune limite : Nous ne savions pas. Suite et fin. Nous ne savions pas l'heure qu'il était, à quel moment le jour se levait, à quel moment il finissait, à quel moment les fleurs fleurissaient, comment la musique naissait, pourquoi le ciel était bleu ou encore ce qu'étaient devenus tous ces gens. Simplement, nous ne savions pas."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Charybde2Charybde2   14 août 2015
Agnes se réveilla au milieu d’une conférence sur les bombardements de Dresde. Elle s’était endormie, cernée par le vacarme. Elle aurait eu envie de lever le doigt pour demander au professeur ce qui était arrivé à la ville. Si elle existait toujours… Si c’étaient les mêmes bâtiments ou de la reconstruction. Des reproductions exactes des maisons en ruine ou simplement des façades toutes neuves, comme à Dantzig. Pardonnez-moi, je voulais dire Gdansk.
Le grabuge, l’indécence : trois mille neuf cents tonnes d’explosifs. Trente-neuf kilomètres carrés saccagés. Trente-neuf millions de mètres carrés (ce qui correspond à la superficie d’un demi-million d’appartements de bonne taille). Trois millions neuf cent mille kilos de bombes, ce qui représente presque dix grammes d’explosifs par mètre carré.
Dix grammes ! Ce n’est rien du tout !
Pourtant, ils ont suffi à rayer de la carte cette partie de la ville. Il ne devrait plus y avoir qu’un trou béant à l’emplacement de Dresde, mais ce n’est pas le cas, un surprenant entêtement du sort en a voulu autrement. À l’emplacement de Dresde, on devrait voir une croix sur la carte mais il n’y en a aucune. Dresde est une ville fantôme, comme Disneyland, sauf que là-bas, les gens n’ont pas la tête aussi grosse et l’entrée est gratuite.
Le professeur conclut sa conférence en rappelant aux étudiants qu’il fallait se garder de comparer les bombardements de Dresde à l’Holocauste, puis les envoya en pause.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Charybde2Charybde2   14 août 2015
Et ça, alors ? Cette histoire sur la tendresse d’Hitler à l’égard des Islandais ne nous apprend évidemment rien sur l’intérêt véritable du Führer, elle n’est que la copie conforme de l’image que les Islandais ont d’eux-mêmes. Elle est le regard du grand Autre, qui voit son intérêt dans ce cri de guerre empreint de fierté. D’ailleurs, l’idée que le Führer ait envisagé d’ériger une petite colonie danoise de paysans pauvres au fin fond de l’Atlantique nord en exemple de la race aryenne est tout bonnement idiote. L’Islande avait évidemment une valeur stratégique pendant la Seconde Guerre mondiale, mais les Islandais n’en avaient aucune. Le pays était un aéroport au milieu de l’Atlantique, et cela n’avait rien à voir avec la poésie de haut vol ou le courage – rien à voir avec la pureté du sang et les grands idéaux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Charybde2Charybde2   14 août 2015
Elle voulait écrire sur les nazis en chair et en os. Des hommes et des femmes jeunes et énergiques, capables de façonner l’avenir. Elle voulait écrire sur l’extrême droite et les populistes dans les partis politiques. Certes, elle ne manquerait pas d’être confrontée aux problèmes de définition – rien ne disait qu’on lui permettrait d’estampiller comme nazis l’ensemble des racistes populistes. Elle entendait toutefois démontrer les parentés idéologiques. Même si les racistes empruntaient depuis quelques années des voies plus « convenables » pour atteindre leurs objectifs, les objectifs en question demeuraient inchangés et leur mise en application tout aussi délétère. Elle souhaitait prouver que les racistes islandais s’inscrivaient dans un univers culturel européen qui soutenait l’assassinat et la malfaisance même si on avait remis ces prérogatives aux mains des polices des frontières, des bureaucrates chargés de la gestion des réfugiés et des gouvernements extérieurs à l’Europe qui se voyaient forcés de commettre de graves crimes contre ceux de leurs ressortissants qui voulaient quitter leur patrie d’origine.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Video de Eirikur Orn Norddahl (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eirikur Orn Norddahl
Eirikur Orn Norddahl - Illska .Eirikur Orn Norddahl vous présente son ouvrage "Illska". Parution le 20 août 2015 aux éditions Métailié. Rentrée littéraire Automne 2015. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/eir%C3%ADkur-orn-norodahl-illska-mal-9791022601658.html Notes de Musique : ?King Island Alaska? (by Utopia, Ohio). Free Music Archive. Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
+ Lire la suite
autres livres classés : littérature islandaiseVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1018 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre
. .