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Anatole Pons-Reumaux (Traducteur)
EAN : 978B096VHY7XB
144 pages
Gallmeister (03/06/2021)
3.78/5   43 notes
Résumé :
Le déracinement, la route, l’errance, comme une part de l’identité de l’Amérique profonde. Huit histoires de petites gens du Sud qui survivent de leur mieux, entre jobs précaires et bouteille, violence quotidienne et solitude, espoir et résignation. Le portrait saisissant d’un univers dont la rudesse exprime une sensibilité à fleur de peau, par l’auteur du magnifique Nuits Appalaches.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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JIEMDE
  10 juillet 2021
Les USA sont un pays de frontières : les océans sur les côtés, les lacs au nord, le Rio Grande au sud. Et l'espace aussi parfois… Au Kentucky, au sein d'un même état, la frontière est toute autre. Il y a les hommes des villes, et ceux des bois. Deux mondes qui se côtoient, en ayant si peu en commun.
Quitter ces bois et franchir cette frontière invisible, c'est pour tous leurs habitants la nouvelle grande aventure américaine du siècle. Pas vraiment enthousiasmante, affreusement banale quand le travail ou les obligations familiales poussent ces migrants éphémères à quitter leurs terres pour affronter le quotidien sans passion de l'Amérique profonde et précaire.
Alors survient l'éternelle tentation, terriblement américaine, de tout quitter et de sortir définitivement de ces bois, à la fois rassurants et castrateurs. Mais dans le Kentucky, partir des bois, c'est trahir les siens. Et ça se paye souvent.
Comme dans Kentucky Straights hier, Chris Offutt dresse dans les huit nouvelles de Sortis des bois – traduites par Anatole Pons-Reumaux – un portrait singulier de ces gens des bois, petits humains au si grand coeur. Comme à son habitude, il n'a besoin que de peu de mots pour toucher juste et faire passer son flot empathique et ses atmosphères si particulières qu'elles en deviennent immédiatement reconnaissables.
Livre après livre, malheureusement trop rares, Offutt s'impose comme le chantre du Kentucky, à l'image d'un Rash pour les Appalaches. le retrouver est une fête, un bonbon qui se déguste doucement et qu'on a peine à quitter.
Et une fois encore, lecteurs qui « n'aimez pas les nouvelles », tentez celles-ci, en prenant le temps de les déguster entre d'autres lectures. C'est probablement une des meilleures façons de vous réconcilier avec le genre !
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MELANYA
  11 juillet 2022
J'avais lu, parmi d'autres ouvrages (par exemple « Nuits Appalaches »), de l'écrivain américain de romans policiers, Chris Offutt, « Sortis des bois », («Out Of the Woods ») - (édité grâce à Gallmeister en livre de poche), des nouvelles qui sont plutôt des anecdotes de vie où l'on retrouve un point commun : l'éloignement des personnages des collines natales du Kentucky : ceux qui partent quelques jours, ou pour toujours – ceux qui reviennent – par contre, tous ressentent le mal du pays.
Chez Chris Offutt le décor, la lumière et les odeurs sont les personnages principaux de ses histoires.
Les qualités d'écriture d'Offut sont certaines mais le talent de conteur est ici (pour moi) moins évident.
Sortis des bois” se situe dans la continuité du recueil précédent - le même univers comme il est dit dans un dialogue :
« - C'est où, chez vous ?
- Kentucky.
- Quelle partie ?
- Celle que les gens quittent.”
Chris Offutt est né et a grandi dans le « Bluegrass State » ("État de l'herbe bleue"), et connaît bien ces collines désolées des Appalaches, fiefs des hillbillies et rednecks qu'il dépeint dans leur quotidien avec une plume paraissant très simple mais sûrement très travaillée, donnant aux histoires un beau cachet de réalisme.
Sortis des bois” raconte des galères très ordinaires - des mecs plantés dans le Kentucky, rêvant d'ailleurs et d'autres galères de mecs plantés ailleurs sur le pays et rêvant de rentrer dans le Kentucky.
Pour ce genre d'ouvrages, on a l'habitude de parler de récits âpres, durs et c'est vrai tellement les personnages sont désemparés ou incapables de mouvement, de discernement ou de recul devant les évènements qu'ils se prennent dans la tronche par leur faute ou par le fait d'un mauvais oeil chronique.
Mais l'auteur fait aussi parfois monter parfois une émotion très forte, dévoilant un désespoir terrible. Très vite, l'empathie pour ces grands losers est là. Perdants magnifiques certes mais surtout perdants pathétiques.
Le livre ne souffre d'aucun temps mort - peut et doit se consommer en un « one shot » qui réchauffe bien et qui provoque parfois une hilarité, très noire c'est certain, mais une belle hilarité néanmoins.
En ouverture du recueil, on trouve une citation du grand Flannery O'Connor utilisée avec intelligence par Chris Offutt et qui résume parfaitement ces huit nouvelles) :
“L'endroit d'où vous venez n'existe plus, celui où vous pensiez aller un jour n'a jamais existé, et celui où vous êtes ne vaut quelque chose que si vous pouvez en partir.”
C'est bien de cela dont il s'agit ici - histoires de départs décevants - de retours manqués et d'impossibilité de s'extraire du milieu et des lieux d'où l'on vient.
Chris Offutt choisit de mettre en scène, des personnages issus de communautés repliés sur eux-mêmes et au sein desquels les solidarités nécessaires le disputent aux haines inévitables qui ont tôt fait de tourner en d'interminables vendettas.
Et c'est bien la triste réalité du héros de la géniale “ Epreuve de force”, qui termine cette oeuvre.
Au final et pour mon ressenti : je ne peux pas dire que j'ai énormément aimé cet ouvrage, non pas parce que je ne suis pas vraiment « fana » des nouvelles mais parce que j'ai eu l'impression qu'il me manquait quelque chose. Mais quoi ?
That is the question… Donc, avis mitigé.
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wooter
  26 juillet 2021
Chris Offut sort du bois avec un recueil du cru sous l'bras.
Cet assemblage de nouvelles nous conte des histoires courtes, à la façon d'un petit album de polaroïds, on goûte les instantanés de vies, comme une photo prise sur le vif d'un anonyme, on compose avec ce que nous en dit l'auteur à travers sa vision.
Le prisme de l'authenticité est toujours celui prisé par l'auteur, et j'ai retrouvé dans ce recueil l'exploitation des thèmes qui lui sont chers : la misère sociale, la beauté de la nature, la cruauté de la vie, le temps qui passe, et cet attachement au lieu de naissance et cette ambivalence entre attachement affectif pour cette terre toujours connue et aversion profonde pour ces racines qui compriment les bottes dans la précarité.
Si la plume est toujours aussi agréable, évidente et certaine, j'ai tout de même trouvé Kentucky Straight plus coloré et un peu moins mélancolique. Oeuvre utile tout de même car elle met le doigt sur les diverses facettes de l'attachement à la terre natale et il y en a autant que d'individus..
L'oeuvre d'Offutt est noire et aussi dépouillée que le Kentucky qu'il dépeint si bien, je recommanderai toutefois au lecteur qui souhaite le découvrir de se tourner vers l'excellent Nuits Appalaches ou le recueil Kentucky Straight, ayant trouvé ce recueil un peu moins intense au niveau sensoriel et plus linéaire dans les destins qu'il narre.
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encoredunoir
  30 janvier 2019
Comme dans Kentucky Straight, paru sept ans plus tôt, Sortis du bois proposait en 1999 (2002 en France) proposait à nouveau une série de tranches de vies d'habitants des collines et montagnes du Kentucky avec cependant un nouveau point de vue que met bien en avant la citation de Flannery O'Connor qui ouvre ce recueil de huit nouvelles : « L'endroit d'où vous venez n'existe plus, celui où vous pensiez aller un jour n'a jamais existé, celui où vous êtes ne vaut quelque chose que si vous pouvez en partir. »
C'est bien de cela dont il s'agit ici, histoires de départs décevants, de retours manqués et d'impossibilité de s'extraire du milieu et des lieux d'où l'on vient. Un tropisme d'autant plus fort chez les personnages qu'Offutt choisit de mettre en scène, issus de communautés repliées sur elles-mêmes et au sein desquelles les solidarités nécessaires le disputent aux haines inévitables qui ont tôt fait de tourner en d'interminables vendettas.
Gerald, obligé pour se faire accepter de la famille de sa femme, d'aller chercher le frère de cette dernière, blessé, dans le Nebraska et, donc, de quitter pour cela ses collines. le shérif-adjoint Goins, parti depuis longtemps des collines et des bois pour descendre dans le gros bourg du comté et confronté à une ancienne histoire de querelle familiale à travers un vieil homme et une veille femme. Tilden qui creuse des tombes dans l'Idaho. Zules le camionneur coincé par une inondation dans l'Oregon. Ray, à qui le fait de retrouver la communauté des gens du Kentucky à Detroit a donné l'envie de revenir dans ses collines et qui s'y trouve maintenant coincé. Eux et d'autres encore dont Chris Offutt croque ici le portrait, sont tiraillés par le désir de vivre mieux et le besoin de continuer à vivre comme ils l'ont toujours fait, entre la recherche d'une liberté individuelle, affranchie du poids des traditions de leurs communautés isolées, et le besoin viscéral de vivre hors du carcan des lois imposées par l'État. Ce sont ces envies et besoins contradictoires qui mènent régulièrement à l'explosion d'une violence parfois physique, toujours morale.
À mots comptés et pesés, sans s'arroger le droit de juger ses personnages mais avec la volonté de les montrer tels qu'ils sont, avec leurs failles et leurs forces, Chris Offutt nous offre une fois encore un magnifique recueil de nouvelles.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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ReadLookHear
  14 juillet 2021
Enfin, je découvre Chris Offutt, cet auteur américain dont j'entend tant parler. C'est donc à travers ce recueil de huit nouvelles sortis au mois de juin que j'ai fait connaissance avec sa plume. Je remercie d'ailleurs Gallmeister pour cet envoi.
Alors, j'aime bien de temps en temps lire des nouvelles, je trouve que c'est un exercice qui permet de découvrir le talents des auteurs(rices) qui s'y adonnent. En effet, réussir à faire passer des émotions, à faire voyager et à raconter une histoire en quelques pages ne doit pas être exercice aisé. En tout cas, avec Sortis des bois, Chris Offutt réussi à merveille à cocher tous les points.
De ce que j'ai pu en lire, Chris Offutt écrit et raconte le Kentucky et c'est bien le cas dans ces nouvelles. Il nous parle également de ses habitants, qui pour une raison ou une autre sont partis et revenus ou tout simplement partis pour de bon. En fait, il nous parle du déracinement, des liens qui peuvent nous unir à la terre de notre naissance. Dans notre culture européenne, ce n'est pas quelque chose de marquée, mais aux États-Unis – surtout dans les états centraux, dans l'Amérique profonde – c'est une notion très forte. Les racines et l'attachement à la terre. C'est ce qui transpire des huit nouvelles de ce recueil. Cela, mais également le fait que une fois que vous êtes partis, vous devenez presque un intrus quand vous revenez sur les terres qui pourtant vous on vu naître. C'est magnifiquement bien écrit par Chris Offutt.
Après, on va aussi y retrouver tout ce que j'aime dans cette littérature, des âmes blessées, en perdition, qui cherchent un sens à leurs existences. C'est de la littérature noire, avec son lot de violence, d'alcool et bien entendu d'armes. Chris Offutt, raconte l'Amérique des laissés pour compte, l'Amérique des terriens, des hommes des champs, des bois et des plaines.
Chose intéressante à souligner selon moi, et ce n'est pas forcément le cas dans tous les recueils de nouvelles que j'ai eu l'occasion de lire, il n'y a pas de textes qui va prendre l'ascendant sur un autre, ou inversement. Ils sont tous égaux de mon point de vue. Il n'y en a aucun que je n'ai pas aimé.
Me voilà donc ultra satisfait de cette lecture rapide. J'ai maintenant très envie de lire les romans de Chris Offutt, à commencer certainement par Nuits Appalaches.
Lien : https://readlookhear.wordpre..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   18 septembre 2022
Les bars étaient fermés et j'ai marché une heure. J'étais entre bourré et sobre, ce qui emmène l'esprit dans de drôles de directions. A trente-cinq ans, j'étais sans travail et sans nulle part où dormir. Des dois je me dis que je n'ai jamais fait quoi que ce soit pour laisser une trace en ce bas monde.
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le_Bisonle_Bison   14 septembre 2022
Tous les jours après le travail, je m'arrêtais au Pig's Eye, un bar avec de la pression pas chère, un billard et un juke-box. C'était le genre d'endroit où on pouvait se saouler tranquillement, parce que les flics avaient trop à faire avec les bars étudiants du centre-ville. Le plus gros connard du rade était le barman. Il aimait mettre les gens dehors. Au Pig, on pouvait fumer des pétards, on pouvait jouer au poker, on pouvait se battre, mais celui qui buvait trop était banni. Ca m'a toujours semblé bizarre - comme d'expulser quelqu'un d'un hôpital parce qu'il est malade.
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le_Bisonle_Bison   23 août 2022
- Je t'ai déjà dit ce qu'il y a de mieux à être coffré à St. Paul ? demanda Baker.
- La vue.
- Exact, mon pote. Le fleuve était juste en dessous. On pouvait regarder les bateaux toute la journée depuis ma cellule. Je parie que t'avais pas de vue au Kentucky, hein ?
Tilden avait fait partie des premiers prisonniers envoyés dans un nouvel établissement du comté de Morgan. Les gens l'appelaient le Palais rose à cause de la couleur pastel de son enceinte. La prison était entourée de collines. Partois la brume au sol empêchait les hommes de sortir en promenade parce que le tireur d'élite de la tour n'y voyait pas assez bien. Les matins dégagés, chaque feuille d'arbre ressortait dans la lumière des montagnes. Leur présence était aguicheuse, comme la femme d'un copain qui aime flirter.
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le_Bisonle_Bison   26 août 2022
Les nappes de brume matinale remontaient vers le ciel à l'est, strié de dentelle rose. Le visage de Beulah était sombre comme une asimine trop mûre. Un vichy enveloppait sa tête, recouvrant un mètre cinquante de cheveux gris. Elle portait un long manteau qui sentait l'essence et dissimulait son fardeau. Elle avait mal aux jambes. Un groupe de viréos s'envola d'un érable au bord de la rivière, une épaisse nuée de points noirs qui s'effilait à son extrémité comme un têtard. Beulah les observa, sachant que l'hiver serait en avance.
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le_Bisonle_Bison   27 août 2022
Il roula jusqu'à Crawfordsville, prit une chambre et signala sa remorque abandonnée au shérif du comté. Zules était tellement épuisé qu'il était pleinement réveillé. Au bar du motel, il commanda un bourbon & branch. La seule cliente était une femme affalée au comptoir les yeux fermés, les deux mains autour d'un verre vide. Elle leva la tête.
- Je ne veux pas vous déranger, dit Zules.
- Vous ne me dérangez pas, dit-elle. Je vérifiais que mes paupières ne laissaient pas passer la lumière.
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Videos de Chris Offutt (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Chris Offutt
À l'occasion du Quai du Polar 2019, rencontre avec Chris Offutt autour de son ouvrage "Nuits appalaches" aux éditions Gallmeister.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2303417/chris-offutt-nuits-appalaches
Propos traduits de l'anglais par Fleur Aldebert
Notes de Musique : Bibliothèque Audio Youtube
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