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EAN : 9782070394616
593 pages
Gallimard (12/01/1996)
3.73/5   163 notes
Résumé :
L'auteur meurt à la première ligne. Au moment où il survole, avec un sentiment de mélancolie dû à sa situation, la Douane de mer à Venise, il tombe sur un esprit venu d'Urql, dans une lointaine galaxie, pour étudier l'univers.
L'esprit surgi d'ailleurs s'appelle A. Il considère avec stupeur une planète dont il ne sait rien et qu'il a du mal à comprendre. Le défunt s'appelle 0. Avant de quitter à jamais pour une destination inconnue les bonheurs et les plaisir... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
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Que de bavardages !

L'âme de O, un homme tout juste mort, rencontre A, un esprit « pur » venu d'une galaxie lointaine, au-dessus de la Douane de Mer, et se propose de lui servir d'ambassadeur, de super-représentant de l'Humanité.

O se lance aussi sec dans de longs monologues où il explique les événements importants, selon lui, de l'histoire (occidentale, blanche, bourgeoise et catholique) des hommes. C'est l'occasion pour d'Ormesson de faire étalage de sa grande culture (bien sûr il n'est question ici que de la culture dominante).

J'ai trouvé tout ce déballage … ridicule ! Oui, Madame. Quoi, Jean d'Ormesson, ce grand homme, en dépit de sa culture, de son intelligence, de son expérience, n'avait-il rien de plus essentiel à transmettre que cette accumulation de connaissances ? La vie se résume-t-elle à accumuler du savoir ? Non bien sûr.

Je m'étais délectée des paroles du Juif errant et il faut bien reconnaitre de nombreuses similitudes entre les deux romans. Mais autant le Juif me touchait, avec ses émotions, ses ambivalences, ses imperfections, autant ici je suis restée insensible devant ce bavardage intellectuel et futile.

J'oublierai sûrement très vite cette brique, dont le seul atout de nous poser ces questions : comment décririons-nous le monde et les hommes à un esprit « pur » venu d'ailleurs ? Qu'est-ce qui nous semble essentiel sur ce vieux caillou ? Qu'est-ce qui donne à la vie toute sa saveur ? Ma réponse est bien sûr très différente de celle du sieur D Ormesson. Plus modeste mais ô combien plus précieuse !

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C'est beau et c'est original.

Lire un Jean d'Ormesson c'est contempler la voûte étoilée, on se sent tout petit face à tant de connaissances, à un tel amour de la vie.

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Je commence toujours un D Ormesson avec une certaine excitation, un peu comme un enfant au matin de Noël, juste avant d'ouvrir les paquets au moment où tout est encore possible.

Car dans ses ouvrages, tout est possible.

Sa plume pétillante nous entraîne cette fois sur les pas d'un narrateur, sobrement nommé « O », décédé au premier mot devant la Douane de Mer à Venise. Au moment de plonger dans l'au-delà, il remarque une présence, un pur esprit en provenance d'Urql appelé « A ». Ce dernier lui fait part de sa mission : écrire un rapport sur les autres mondes qu'il pourrait éventuellement rencontrer. S'ensuit alors une étourdissante visite de notre monde à travers le temps et l'espace, « O » jouant le cicérone pendant 3 jours.

Le regard (bleu profond) que le narrateur porte sur le monde est plein de tendresse sans être candide. Tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais l'Homme aura osé, tenté de faire de son mieux. O nous raconte pêle-mêle l'origine du monde, sa relation avec Marie, les papes Clément, la liaison De Chateaubriand et Juliette Récamier, le sac de Rome…

Loin d'un étalage imbuvable de connaissances, il s'agit d'un butinage, qui fait passer la conversation d'un sujet à un autre : on est un peu au salon de thé. C'est agréable, jubilatoire, rempli d'auto dérision… en un mot du Jean d'Ormesson.

Ce rapport aurait pu se conclure par ses mots tout droit sorti de la bouche de A :

"N'est-ce pas toujours la même chose ? Je commence à comprendre comment cela fonctionne. le monde est gonflé d'importance et de complication. Et il est bête comme chou. Ça monte, ça se développe, ça dégringole, ça s'en va. Et ça se suit pendant des siècles, comme à la queue leu leu (...)".

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C'est sûr que cette oeuvre ne plaira pas à tout le monde... Il faut s'accrocher ! En tout cas, j'ai adoré.

Il s'agit d'une discussion philosophique entre deux esprits: celui d'A. venu d'une lointaine galaxie et d'O. , écrivain qui vient de mourir.

Jean d'Ormesson est un grand érudit et partage son savoir : chaque mot est manié avec délicatesse et se savoure par leur beauté.

Un livre à garder pour feuilleter à nouveau certains passages, tellement éblouissants !

Ce monsieur manquera à la littérature française, sa personnalité facétieuse me remontait le moral...

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Erreur d'aiguillage pour moi certainement. Je ne veux pas remettre en doute la qualité d'écrivain de cet Académicien Français, mais ce roman n'est absolument pas fait pour moi. Honnêtement, je ne pouvais pas lire ces 550 pages. J'ai déclaré forfait au bout d'une petite cinquantaine de pages, tant je me suis ennuyée en découvrant ce dialogue entre deux esprits. Je jette l'éponge sans état d'âme.

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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation

Le 26 juin, un peu avant midi, il m'est arrivé quelque chose que je n'oublierai plus : je suis mort. La vie est injuste. La mort aussi. J'ai eu de la chance. Tout s'est passé assez vite. Le coeur a lâché. J'aurais pu me blesser. Pas du tout. Je suis tombé d'un seul coup, sans la moindre égratignure, dans les bras de Marie, devant la Douane de Mer d'où la vue est si belle sur le palais des Doges et sur le haut campanile de San Giorgio Maggiore. J'avais essayé plus d'une fois de donner à l'un de mes livres le titre de La Douane de mer. On ne fait pas toujours ce qu'on veut. La Douane de mer s'est refusée à entrer dans ma vie. Elle est entrée dans ma mort.

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- Qui est Marie? me dit A.

- C'est une femme, lui dis-je.

- Une femme?

- Oui, lui dis-je. Enfin, un être humain. Un homme.

- Un homme?

- La Terre est peuplée d'hommes. Et les hommes règnent sur la création. Ils sont la mesure de toute chose. Ils ont une idée de l'infini. Ils sont à l'image de l'absolu. Les hommes assurent souvent qu'il n'y a rien au-dessus des hommes. Il y a même des philosophes qui ont pensé et écrit qu'il n'y aurait pas d'univers s'il n'y avait pas d'homme. Ils soutiennent que c'est l'homme qui est la cause de l'univers et non pas l'univers qui est la cause de l'homme. L'homme a inventé la science, la morale, la peinture, la sculpture, la Bourse, l'Etat, le socialisme, le théâtre, la musique, le calembour et le golf. N'avez-vous jamais, sur Urql, entendu parler de ce centre de toutes choses, de ce chef-d'oeuvre qu'est l'homme?

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J’ai un faible pour les ratés. L’ennui m’occupe et m’amuse. L’échec, pourquoi le cacher ? m‘intéresse plus que le succès. Je ne mets pas l’imbécile qui a fini par réussir très au-dessus de l’imbécile qui a toujours échoué. Je les fourre en bloc tous les deux à mi-chemin du groupe restreint et plus bas que terre de ceux qui se croient si malins et du groupe, plus restreint encore et suprême, de ceux qui le sont vraiment. Moins haut que Flaubert, ou Erasme, ou le Dr Freud, qui appartiennent à la catégorie des génies – et qui aimaient d’ailleurs beaucoup les idiots et les fous -, mais plus haut que le chef, le ministre, la vedette, le patron, le secrétaire général, le président, le connaisseur, l’important, le suffisant, le pompeux : tout ce que le monde moderne admire sous l’étiquette succès, sous le panneau réussite, sous la rubrique pouvoir. Les définitions du raté et du talent distingué me semblent souvent interchangeables. C’est une question d’environnement, de situation, d’occasion. […] beaucoup de noms célèbres auraient été ignorés s’ils n’avaient pas été servis par le hasard et la chance. Beaucoup d’idiots de village ou de voyous méprisés auraient pu acquérir de la réputation s’ils avaient trouvé leur chemin.

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J’avais aimé à la folie mon passage sur cette Terre, le soleil, l’espérance, le bruit de l’eau sur les pierres, les lendemains, ne rien faire, les clochettes de chèvres qui passaient en troupeau le long de la maison blanche où Marie et moi avions vécu à Symi, le silence et les mots. L’idée de n’être jamais né, caressée par tant de penseurs, m’a toujours fait horreur. Grâce à Dieu, j’étais né. J’avais pris place dans le temps et je m’étais baladé en espadrilles, le nez en l’air, le cœur léger, la main de Marie dans la mienne, sans amertume ni remords, dans les collines et sur les plages, le long des grands fleuves traversés avant nous par les conquérants, les pèlerins, les marchands de drap ou d’épices, les amoureux en fuite dans ces petites villes d’Italie où il y avait tant d’arcades et si peu de trottoirs.

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Le monde est une poupée russe.Dans le grand roman de l'univers,il y a le roman de la terre.Dans le grand roman de la terre,il y a le roman de la vie.Dans le grand roman de la vie,il y a le roman de l'histoire.Dans le grand roman de l'histoire,il y a le roman de chacun de nous...

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Vidéo de Jean d' Ormesson
Lecture de Jean d'Ormesson tiré du livre Figures d'écrivains, dirigé par Étienne de Montety.
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