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René Solis (Traducteur)Mara Hernández (Traducteur)
EAN : 9782757800249
256 pages
Éditeur : Points (08/06/2006)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 91 notes)
Résumé :
Alexis Arayan, fils d'un diplomate, est retrouvé étranglé par un ruban de soie, vêtu d'une longue robe rouge, dans le Bois de La Havane. Il est maquillé en femme. L'enquête conduit Mario Conde sur les trace d'Alberto Marqués, un dramaturge homosexuel exilé dans son propre pays. Vivant au milieu de livres volés dans une maison en ruine, Marqués va lui faire découvrir un monde inconnu où chacun détient une vérité sur le mort et sur un passé que la Révolution veut effa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
christinebeausson
  08 juin 2020
Retour dans le quartier de la Víbora ... Mario est toujours déprimé et traîne avec le Flaco .... bière après bière dans la chaleur estivale de la Havane.
S'arrêter quelques temps sur la beauté, la profondeur d'un texte qui nous parle d'une chose si simple, la sonnerie du réveil avec cette sensation de vide que nous ressentons tous en ouvrant les yeux et en abandonnant nos rêves .... parfois le vide et le néant ... parfois un rideau qui se lève sur une nouvelle représentation ....
Faire un peu de tourisme, dans le bois de la Havane où le crime d'un travesti aurait eu lieu, il s'agit du "bosque de la havana" un endroit tres agréable de jour, lieu de rencontre des homosexuels le soir ....
Découvrir la politique anti homophobie ... la castration économique de ces gens là, la castration artistique de ces gens là .... les faire disparaître pas forcément physiquement mais ils sont tenus au silence, à l'oubli ... (*)
Réfléchir sur ce que représente le transformisme, non pas comme un voyeur, comme une provocation mais essayer de comprendre les motivations, ce qui fait qu'ils font ce qu'ils font parce que cela correspond à un besoin profond ....
Se régaler en dégustant un plat traditionnel, le congri, plat incontournable de l'alimentation cubaine, du riz et des haricots noirs préparés ensemble dans une même casserole. (**)
Dénoncer ce qu'est devenu le régime avec l'enquête sur tout le monde, l'enquête sur le flic douteux pourquoi douteux ? Juste enquêter et reprocher tout et n'importe quoi, arriver à faire douter de soi, de ses meilleurs amis ...
Apercevoir un espoir, le nouveau président Miguel Diaz-Canel, se montre favorable à la reconnaissance du mariage homosexuel et ouvre le débat ... mais l'influence de l'Église catholique et des Églises protestantes a contribué à faire reculer le gouvernement ... mais Miguel Díaz-Canel a toutefois affirmé que le mariage homosexuel pourrait être légalisé dans les prochaines années ... en 2019, la marche contre l'homophobie, qui a lieu chaque année depuis douze ans, a été interdite par les autorités ....
Lire "Electre à La Havane" est un régal, certainement le roman le plus politique de Padura, une analyse des erreurs du régime, une condamnation de la politique de la culture qui a essayé d'etouffer dans l'oeuf, le modernisme et la créativité d'une partie de l'intelligentsia cubaine, au nom de principes réactionnaires, se voulant politiquement correct au nom du respect des valeurs, des traditions.
Finir par s'arrêter pour contempler le vol d'une colombe, "simplement prendre son vol jusqu'à se perdre dans le ciel et dans la nuit".
(*) Les homosexuels à Cuba, placés dans le vide absolu, ils n'existent plus, ils vivent dans l'oubli .... un exemple le sort de
Virgilio Piñera Llera, écrivain, poète, dramaturge, traducteur, nouvelliste, romancier, parti en 1946 pour l'Argentine. Il revient à Cuba en 1958, il sera en butte au régime castriste qui censure son oeuvre. En 1961, il est arrêté pour délit d'homosexualité pendant la nuit des trois P (pour « proxénètes, prostituées, pédérastes »). Ses publications seront interdites à partir de 1969 jusqu'à sa mort.
Selon Marcel Hatch, militant communiste et pour les droits des homosexuels, avant la révolution de 1959, “la vie des lesbiennes et des gays était marquée par un isolement extrême et une répression inscrite dans la loi et renforcée par le dogme catholique”. Il décrit le milieu clandestin des homosexuels de l'époque comme « un bouillon de prostitution pour le tourisme des États-Unis ». Il soutient que la révolution lança un processus pour l'amélioration de leur condition en proclamant l'égalité des sexes, mais que « le machisme latin, la bigoterie catholique et l'homophobie stalinienne » empêchèrent un véritable progrès dans ce sens.
D'après José Luis Llovio-Menéndez, Fidel Castro a prononcé à cette époque des discours homophobes, assimilant l'homosexualité à une « décadence bourgeoise » et dénonça les « maricones » (« pédés ») comme des "agents de l'impérialisme".
Pendant 18 mois, entre 1965 et 1967, des centaines d'homosexuels hommes et femmes, de travestis dispensés du port des armes (tout comme les objecteurs de conscience et les analphabètes), furent envoyés dans des unités militaires d'aide à la production (UMAP) à la place du service en caserne.
En 2010, Fidel Castro a admis que “Après mon arrivée au pouvoir, les représentants des minorités sexuelles étaient persécutés…Oui, il y a eu des moments de grande injustice, de grande injustice !”.
(**) La recette du comgri,
On laisse tremper toute une nuit dans une casserole pleine d'eau, les haricots noirs, ce qui facilite la cuisson.
On les prépare dans une cocotte minute, tout d'abord pour les ramollir, puis on ajoute les épices pour le goût : de l'ail écrasé, du piment haché, des feuilles de laurier, de l'origan, du cumin et du poivre. Enfin, on verse le riz dans les haricots et on laisse cuire 25 minutes environ à feu très doux. En fin de cuisson, il ne doit plus rester d'eau.
Bon appétit !
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Corboland78
  17 août 2016
Leonardo Padura Fuentes, né en 1955 à La Havane (Cuba), et licencié en philologie, est auteur de romans policiers, scénariste, journaliste et critique littéraire, auteur d'essais et de livres de contes. Il amorce sa carrière de romancier en 1991 et devient l'auteur d'une série de romans policiers ayant pour héros le lieutenant-enquêteur Mario Conde qu'on retrouve dans Electre à La Havane, paru en 1998.
Août 1989, Alexis Arayan, fils d'un diplomate cubain est retrouvé mort étranglé à La Havane, à ce détail près que la victime était habillée et maquillée en femme. Quand débute le roman, le Conde, a été suspendu provisoirement de ses fonctions suite à une bagarre avec l'un de ses collègues, mais son chef le major Rangel (Le Vieux), en manque d'effectifs, doit le mettre sur l'affaire. Une enquête dans laquelle notre héros, homophobe notoire, va entrer en reculant, « ce monde-là était trop lointain et exotique pour lui, il s'y sentait définitivement perdu… » d'autant que ses premières investigations vont le mettre sur les traces d'Alberto Marqués, un dramaturge et metteur en scène homosexuel.
Résumé ainsi, on pourrait penser qu'il s'agit d'un polar quelconque, en fait il s'agit d'un roman beaucoup plus profond/ambitieux que cela, ce que l'on constate dès les premières pages. Il s'agit d'un polar littéraire, les phrases sont souvent longues, ce qui n'est pas banal dans ce genre de bouquin, l'écriture est soignée même dans les passages scabreux et par-dessus tout, ce polar nous préserve (dans l'ensemble) des clichés trop souvent présents, même chez les plus grands écrivains de romans policiers. Littérature que nous retrouvons au sein de l'intrigue, Mario Conde se voulait écrivain dans sa jeunesse, Alberto Marquès écrit pour le théâtre et sa demeure est une immense bibliothèque de livres rares. Et des flash-back consacrés à un séjour à Paris du dramaturge verront intervenir, Jean-Paul Sartre, Albert Camus
Leonardo Padura élargit son propos premier qui ne manque pas d'érudition – la mort d'un travesti mystique où la Transfiguration du Christ n'est pas étrangère – à une réflexion sur l'homosexualité et la place des intellectuels dans un pays, Cuba, qui a beaucoup souffert des vicissitudes du pouvoir en place et des privations. Mario Conde, après bien des sueurs froides au contact de l'homosexuel Alberto Marquès finira par ne plus voir que l'intellectuel banni et prendra plaisir à discuter avec lui, discussions qui lui ouvriront l'esprit au point de le relancer dans son projet d'écriture et peut-être d'avenir…
Un roman sur des vies brisées ou non abouties, conséquence des tabous moraux ou de la censure d'état conduisant à se cacher, à se masquer et par analogie à se travestir, au risque de tomber victime de la délation. Un bien bon roman donc, d'un grand écrivain qu'il va me falloir découvrir mieux encore.
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Charybde2
  03 juin 2013
La troisième enquête du Conde, et la plus attachante, à l'intersection du culturel et du politique.
Publiée en 1997 sous le titre original de "Máscaras" ("Masques"), traduite en 1998 par René Solis et Maria Hernandez, la troisième enquête du policier cubain Mario Conde l'entraîne, suite à la découverte dans un bois de la Havane du cadavre étranglé et travesti du fils d'un diplomate important, dans les milieux artistiques, bohèmes et faussement dissidents du Cuba de l'été 1989, alors que les nuages sont de plus en plus nombreux dans le ciel castriste...
C'est l'occasion pour Padura, à travers la figure du dramaturge homosexuel fictif Alberto Marqués et de sa mythique mise en scène de l' "Electra Garrigó" du bien réel Virgilio Pinera, d'une âpre immersion dans les méandres des hypocrisies de certaines élites du régime et de la féroce répression morale et politique menée vis-à-vis des homosexuels cubains entre 1961 et 1979 tout particulièrement - dont la racine toutefois, on le verra, est comme toujours au moins autant dans la haine et le préjugé intimes que dans une réelle volonté politique.
C'est aussi et peut-être surtout l'occasion de poursuivre avec délicatesse l'évolution du personnage principal, Mario Conde, de ses doutes et de ses états d'âme face à sa jeunesse enfuie, à ses espoirs déçus, et à la question d'une résignation de moins en moins définitive...
Peut-être la plus attachante des trois premières enquêtes du lieutenant cubain.
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bertrandbdx
  05 décembre 2011
Mario Conde, ce flic cubain désabusé est de retour.
Dans un pays tiraillé entre des hommes fidèles à une dictature, source des espoirs les plus fous mais aussi les désillusions les plus vives, et d'autres cherchant les astuces pour survivre ou s'enfuir; notre lieutenant voit tous ses fidèles amis et supports tomber.
Les politiques ont raison de la droiture de certains policiers de haut rang poussant par là même Conde vers la sortie. Pourtant on lui demande avant de partir en "retraite" de résoudre une affaire sensible. le fils d'un ambassadeur cubain est retrouvé mort alors qu'il était travesti en femme.
Au travers de ce meurtre notre policier va découvrir comment le monde homosexuel cubain survit malgré les mesures répressives que la dictature castriste a instauré pour ces hommes aux actes perversifs, vis à vis de la doctrine socialiste.
Au final, un roman original, riche en retours dans le passé qui décrit avec subtilité la psychologie d'hommes d'honneur, de laches, de nantis, ou encore d'artistes qui tracent leur chemin malgré les obstacles.
Mais aussi un livre répétitif sur les critiques de Conde vis à vis de ce système répressif et clairement corrompu.
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JMLire17
  04 juillet 2017
Le lieutenant de police, amateur de rhum, passionné de littérature, Mario Conde, de roman en roman, est toujours autant désabusé, nostalgique de sa jeunesse, résigné de ses illusions perdues, sans manquer d'humour. Dans Electre à la Havane, il enquête sur la mort d'un jeune homme, vêtu d'une robe rouge, découvert dans le bois de la Havane. Ses investigations le conduisent dans les milieux homosexuels de Cuba, il rencontre Alberto Marquès, un metteur en scène, banni dans son propre pays, qui vit entouré de livres. Ses interrogations des amis et des parents de Alexis Arayan, la victime, notamment celle de son père, éminent diplomate, vont lui révéler en même temps qu'aux lecteurs , l'ostracisme dont les homosexuels font l'objet dans l'île révolutionnaire, les méthodes du pouvoir pour harceler les milieux intellectuels et artistiques, pour surveiller la population, mais aussi la corruption et les trafics en tout genre, auxquels se livrent ceux qui détiennent l'autorité et qui sont prés à tout, même au pire pour la conserver. Dans ce troisième volume des Quatre saisons, Léonardo Padura cite des textes de différents auteurs qui traitent de l'homosexualité et des travestis. Il nous offre la première nouvelle de Mario Conde le policier qui veut devenir écrivain. En réalité, l'auteur le dit dans sa note, son personnage n'est pas policier c'est une métaphore. Il fait dire à un personnage la phrase que j'ai mise en citation. Au delà, des enquêtes policières c'est de la grande littérature, on comprend pourquoi Léonardo Padura a obtenu en Espagne le prestigieux prix Princesse des Asturies en 2015.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   29 janvier 2017
On n'en a jamais fini avec Paris et le souvenir de chaque personne qui y a vécu est différent du souvenir de tous les autres...
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Charybde2Charybde2   03 juin 2013
- Si là tout de suite, tu te mets à la porte de l'Union des écrivains et que tu te mets à crier : Qui est Alberto Marqués ? il y aura aussitôt deux cents types qui vont s'agenouiller par terre, qui vont faire des courbettes et qui vont te dire : c'est Dieu, c'est Dieu, et pour peu que tu les laisses faire, ils organiseront une cérémonie en son honneur et se mettront tous à écrire sur son grand courage, sur ma mère je te jure que c'est vrai... Mais si tu avais posé la question il y a quinze ans, il y aurait eu deux cents types, presque les mêmes que ceux que tu as vus maintenant, qui t'auraient dit, le poing en l'air et les veines du cou gonflées : c'est le diable, l'ennemi de classe, l'apostat, l'apostat de la prostate, bonne métaphore n'est-ce pas ?... Parce qu'ici c'est comme ça, Conde : avant il valait mieux ne même pas le mentionner, et maintenant il est le monument vivant à la résistance éthique et esthétique, et tout le baratin. À tout moment il se trouve quelqu'un pour raconter qu'il a été le voir et qu'il lui a parlé. Tu les entendrais : c'est comme s'ils étaient allés à la Mecque... Imbéciles !
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Corboland78Corboland78   17 août 2016
J’ai d’abord été accusé d’être un homosexuel qui affichait sa condition (…) et qu’on n’allait pas permettre que des homosexuels notoires dans mon genre puissent avoir la moindre influence et sapent la formation de notre jeunesse et que c’était pourquoi on allait analyser « attentivement », (cette fois, les guillemets sont de moi) la présence des homosexuels dans les organismes culturels, et qu’on allait déplacer tous ceux qui ne devaient pas être en contact avec la jeunesse, et qu’on n’allait pas les autoriser à sortir du pays dans des délégations représentant l’art cubain, parce que nous n’étions pas et ne pouvions être d’authentiques représentants de l’art cubain.
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rkhettaouirkhettaoui   24 mai 2015
LA CHALEUR EST UNE PLAIE maligne qui envahit tout. Elle tombe tel un lourd manteau de soie rouge qui serre et enveloppe les corps, les arbres, les choses, pour leur injecter le poison obscur du désespoir, de la mort lente et certaine. La chaleur est un châtiment sans appel ni circonstances atténuantes, prêt à ravager l’univers visible ; son tourbillon fatal a dû tomber sur la ville hérétique, sur le quartier condamné.
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akcdakcd   26 mai 2016
Essayant en vain de dégager son esprit des préjugés – j’adore les préjugés, et je ne supporte pas les pédés – le Conde traversa le jardin et gravit les quatre marches du perron, pour appuyer sur la sonnette qui dépassait comme un mamelon au-dessous du numéro 7. Il la caresse deux fois, puis recommença l’opération, car il n’entendit pas la sonnerie. Alors qu’il s’apprêtait à appuyer de nouveau, hésitant entre le timbre et le heurtoir, il se sentit comme assailli par l’obscurité derrière la porte qui s’ouvrait lentement, laissant apparaître le visage pâle du dramaturge et metteur en scène Alberto Marquès.
– De quoi m’accuse-t-on aujourd’hui ?
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Vidéo de Leonardo Padura
Payot - Marque Page - Leonardo Padura - La transparence du temps
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