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EAN : 9782355843600
272 pages
Éditeur : Sonatine (10/03/2016)

Note moyenne : 2.6/5 (sur 78 notes)
Résumé :
Penny Harrington, aspirante avocate, travaille dans un prestigieux cabinet new-yorkais. C'est là qu'elle rencontre par hasard le magnat des médias, Linus Maxwell, venu régler les détails de son divorce avec la star française Alouette d'Ambrosia. Le soir même, Linus invite Penny à dîner. Comment s'habiller lorsqu'on sort avec l'homme le plus riche du monde ? Comment se comporter quand son hôte compte parmi ses conquêtes les femmes les plus célèbres de la planète ? Et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
  26 juillet 2017
Un drôle de livre. J'ai bien aimé l'ouverture. le genre d'histoire qui commence en pleine action, plongeant le lecteur dans un doute profond par l'étrangeté de la situation, n'ayant pas de point d'accroche et le poussant à se demander... je continue ou pas, mais qu'est-ce que c'est que ce livre ?! Et puis retour en arrière sous la plume de l'auteur et la lecture devient plus aisée. On retrouve son assise et on commence à se laisser prendre par l'histoire. A l'approche de la fin, d'un coup l'auteur replace la première scène et en tant que lectrice, je suis contente de resituer la scène initiale dans son contexte. Oui j'aime bien les surprises et j'aime être aussi rassurée : non mon cerveau n'a pas disjoncté en ouvrant ce roman. Mais je suis un peu déçue par le contenu. J'oscille entre roman d'amour, d'anticipation, satire sociale, fantastique. Un mélange qui aurait pu énormément me plaire quand il y a un humour féroce qui noie les frontières entre tous les genre. Mais ici je ne me suis pas assez amusée pour passer outre. Comme si les genres étaient tous ouverts mais incomplets. Il m'a manqué un petit quelque chose pour apprécier ce roman. Pourtant avec un tel titre...Orgasme. Et au singulier. L'orgasme, celui dont rêve beaucoup, le seul et l'unique, le mythique. Sauf que dans l'histoire c'est une multitude d'orgasmes qui n'ont pas de charme. Des orgasmes mécaniques, techniques, technologiques. C'est le propos du livre, dénoncer cette recherche de la jouissance coute que coute. Palahniuk pousse à l'extrême du côté féminin, plus besoin d'homme pour être satisfaite au lit : un homme se charge de vous vendre les jouets adéquats, évidemment cet homme est beau, riche et toutes les femmes rêvent de l'épouser, quand bien même ça paraît louche un tel pédigrée... L'auteur se moque également des stéréotypes à la mode actuellement. Il est riche et ténébreux, elle est jeune et naïve. Les femmes deviennent des jouets inconsistants, consommatrices orientées, allant jusqu'à l'émeute devant les boutiques pour obtenir leur sex-toy préféré, délaissant hommes, enfants et travail. Je trouve que les idées développées dans ce livre sont intéressantes. Peut-être que ma petite déception vient de l'écriture qui ne m'apparaissait pas assez drôle pour être complètement envoûtée par l'histoire. Je ne sais pas. En tout cas, je continuerai la découverte de cet auteur avec plaisir car il a un sacré bazar dans sa tête et ça vaut la peine d'aller y voir de plus près.
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Wazlib
  19 août 2016
Chuck Palahniuk est un auteur globalement enthousiasmant, qui n'est jamais cependant parvenu à m'insuffler la confiance nécessaire pour acheter ses bouquins sans hésitation. Si son oeuvre est parsemée de véritables ouvrages-choc, dont la qualité est difficilement contestable ("Fight Club", "Peste" qui était pour moi une excellente surprise), elle est majoritairement constitué d'ouvrages souvent assez branlants, ne sachant pas trop où se placer. J'ai lu "Le Festival de la Couille" et l'ai trouvé singulièrement intéressant, même si suivre un reportage sur des lutteurs ou bien des constructeurs de châteaux-forts sur des dizaines de pages, cela pouvait parfois s'apparenter à un calvaire. Et j'avais aussi commencé, il y a quelques années, un de ses romans, "Journal Intime", qui m'avait si peu convaincu que je l'avais abandonné dès les premières 50 pages (chose que je ne fais véritablement jamais...). C'est bien pour cela que devant ce livre à la couverture rose flashy, j'ai été pour le moins dubitatif quant à ce que j'allais faire...
Deuxième problème, et pas des moindres, j'aurais aimé que le traducteur garde le titre original Beautiful You, plutôt que de nous garnir de son Orgasme, qui achèvera la réflexion des gens autour de vous dans le métro quant à la question: "Cet homme est-il un pervers?". Bref.

Linus Maxwell: le pilonnage en règle de Christian Grey

On se doute bien en lisant la quatrième de couverture que le bouquin ne peut pas se prendre au sérieux un seul instant. Face à une intrigue aussi honteusement calquée sur 50 Nuances de Grey et autres "oeuvres" estampillées mommy porn, Palahniuk choisit évidemment une voie qui ne peut que lui faire honneur: le roman mi-parodique mi-pastiche, véritable destruction du genre au 2nd degré.
Evidemment que Linus Maxwell ne peut exister avec cohérence. Evidemment que son histoire avec Penny est complètement absurde, sortie de l'esprit d'une lectrice de EL James sous coke. Et Palahniuk va beaucoup plus loin que cela, puisqu'il n'y a pas seulement les bases de son histoire qui agissent comme une attaque contre le mommy porn, mais bien tout le livre, jusqu'au moindre de ses détails caricaturaux. Un petit exemple pour illustrer cette démesure ubuesque que Palahniuk nourrit à chaque ligne: Penny se renverse du café dessus, il va y avoir une armée de mouches qui va lui tourner autour. Maxwell n'est pas sorti avec quelques femmes talentueuses, mais avec la princesse d'Angleterre, la présidente des USA, l'actrice qui a gagné 4 oscars... Enfin, lisez le livre, et vous comprendrez tout ceci bien vite: rien n'est pris au sérieux, tout est tellement déjanté et caricatural.
Ce constat, s'il est amusant et intéressant (car Palahniuk démonte effectivement le mommy porn sans ménagement, et au passage bien d'autres choses), est aussi détestable puisqu'une fois que l'on a vu où tout cela menait, on se retrouve avec 250 pages d'une vaste blague certes intelligente, mais un peu lourde à la longue. Car une fois notre société disséquée et punie sous l'ombre mystérieuse du plaisir féminin, que nous reste-t-il: une sorte de fable à prendre au 15000ème degré, qui semble ne connaître aucune limite.

Plaisir immédiat, société mourante: une morale qui sent le cul

Vous avez bien compris que la parodie de roman va si loin que l'on atteint très vite un statut de fable moderne, avec toutes ses libertés et incohérences. Palahniuk joue alors la carte à fond et nous sort même des personnages initiatiques dignes des plus gros nanars: viendra en témoigner Baba Barbe-Grise, maîtresse centenaire de l'art tantrique, de la magie de la gaule, de la science du cul,

qui apprendra à notre héroïne tout ce qu'il faut savoir sur l'art du plaisir sexuel.
Et cette Baba Barbe-Grise vit en ermite sur le flanc de l'Everest, à bouffer du lézard en veux-tu en voilà, et à faire pousser ses poils pubiens qui lui valent ainsi son surnom (barbe-grise).
Bon Palahniuk, c'est bien sympa que tu aies joué le jeu à fond, mais moi, cette fable m'a vraiment blasé au plus haut point. C'est un peu le problème ici: le bouquin est coincée entre la parodie du mommy porn la plus pure, le constat amer d'une société qui s'auto-asphyxient d'érotisme et qui en perd ses caractéristiques de société, la fable complètement barrée / récit initiatique d'une femme qui devient enfin femme... Et Chuck Palahniuk finit par nous livrer une oeuvre qui aurait pu être bien des choses et qui, au final, n'est rien.
La satyre de Palahniuk était pourtant au rendez-vous, et son regard acéré. Mais tout cela est noyé sur des centaines de pages de cul volontairement très absurdes et ensuite un délire complotiste qui achève de transformer le livre en un grand n'importe quoi. Et je le répète une dernière fois, ce grand n'importe quoi, entre les mains de Chuck Palahniuk aurait pu être fabuleux.

C'est un peu le problème quand tu veux trop en faire....

... C'est que tu finis par ne rien faire correctement. La parodie du mommy porn, ce n'était peut-être pas la peine de la pousser à ce point. Ca devient carrément n'importe quoi, et puis des dizaines de pages de descriptions d'orgasmes, au bout d'un moment, ça fait chier, même si tu t'en moques...
Ta fable, c'est marrant 2 secondes, mais ne t'attache pas à développer derrière une véritable intrigue, un récit qui ne se suffit pas. Parce que du coup, le tout ne prend pas: personne n'est dupe, comment se fait-il que des millions de femmes (97,8% je crois d'après Maxwell) se fassent asservir si facilement, et sans s'en alarmer? le côté fable ne peut tout justifier, surtout quand on décide d'écrire un roman.
Et enfin, le côté satyrique est super, franchement, mais complètement brisé par l'avalanche de conneries que l'on s'engouffre entre deux idées intéressantes.
Bref, Orgasme, en plus de vous gêner dans le métro, ne vous apportera pas grand-chose. Divertissement passable, parodie enthousiasmante pendant les 5 premières minutes, intrigue à faire bader le plus badant des hippies, inlassable déroulé de cul qui ne vous filera pas une mi-molle... Rien ne rend justice à l'écrivain talentueux qui me vient à l'esprit en pensant à Palahniuk. Alors je crois que vous pouvez passer votre chemin, sans pour autant condamner une oeuvre qui m'aura, avec un peu de recul, fait sourire.
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stokely
  14 août 2016
Je continue de découvrir Chuck Palahniuk avec le petit dernier Orgasme (il faudrait que je lise Fight Club également mais je ne l'ai pas encore trouvé disponible à ma bibliothèque).
Ce livre commence un peu comme 50 shades of Grey avec le personnage de Penny Harrington qui travaille dans un cabinet d'avocat mais elle n'est pas avocate plutôt assistante elle aide à trouver des chaises pour les réunions, va faire des cafés etc. Dans le cabinet ou elle travaille il n'est pas rare de rencontré des célébrités et un jour elle va rencontrer Alouette d'Ambrosia une actrice très célèbre ainsi que son ancien compagnon Linus Maxwell surnommé dans la presse "Orgasmus". Celui-ci va lui proposé de diner avec elle et là la vie de Perry va changer complétement, Linus est milliardaire celui-ci au début de la relation ne cherche pas à coucher avec Perry. Mais Perry va vite découvrir que Linus est obsédé par les orgasmes féminins et qu'il a inventé toute une ligne de sex toy pour lancer une marque de ses produits sous le nom de Beautiful You.
Perry se rend rapidement compte que Linus ne l'aime pas et qu'elle ne sert que de cobaye pour tester ses produits, comme le prouve le carnet de Linus avec ses différentes expériences avec différentes femmes. Dès lors elle boycotte les résultats mais Linus se rend vite compte de ce subterfuge. Il semble également y avoir une sorte de malédiction avec les partenaires de Linus au bout de 136 jours toutes ses histoires prennent fin et ce qui se passe ici.
La suite nous entraine avec l'ouverture à la vente des produits Beautiful You et les dérives qui s'ensuivent, avec un monde qui devient beaucoup plus masculins, les femmes restant cloitrées chez elles, devenant peu à peu des zombies. On découvre également que ces sex toys ne sont inoffensifs mais placent des nanos robots dans l'utérus des femmes. le but de cette opération pour Linus pouvoir contrôler les naissances et pouvoir faire des clones de lui-même.
Encore une lecture vraiment très différente de ce que je lis en temps normal, mais j'aime assez le style direct et percutant de l'auteur. Certaines choses m'ont néanmoins dérangées comme le fait que les femmes soit relayées au rang de "femmes objets" et se laissant lobotomisées si facilement sauf Perry qui arrive à voir ce qu'il se passe, et puis le final de Linus qui est assez grotesque également.
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MarieKey
  10 mai 2016
Les femmes du monde se faisant toutes subitement mener à la baguette (non, au sextoy !), vous y croyez-vous ? Un certain Chuck Palahniuk ne s'est pas privé de l'imaginer, il en a même fait un roman !
Orgasme (on passera sur le titre bien aguicheur de la version française, qui était beaucoup plus classe dans sa version originale anglaise : Beautiful You) ne fut pas forcément la lecture jouissive que j'attendais, mais ne fut pas un mauvais roman pour autant. Si le livre n'égale pas, à mes yeux, un Palahniuk au plus grand de son oeuvre, ce n'est pas le pire de ses romans (*louche du côté de Damnés*) et l'auteur à au moins le mérite de s'être un peu renouvelé.
Alors, finalement, de quoi ça parle, qu'est-ce qui cloche avec ce nouveau roman et y-a-t'il vraiment quelque chose qui cloche ?
Orgasme est le récit d'une jeune femme ordinaire qui voit brutalement (et c'est peu dire, à coup de gadin, de café latte renversé, de jupe remontée et de fesses à l'air) rentrer dans sa vie le jeune milliardaire le plus en vue de la planète : Linus Mawxell. Le riche businessman pose ses griffes sur la jeune femme et l'entraîne peu à peu dans sa quête du plaisir (du plaisir oui, mais du plaisir féminin !) effréné.
Pour commencer, ne vous fiez surtout pas au titre, à la couverture rose fluo ou aux prétendus airs de roman féministe que cacherait Orgasme. On est bien loin du roman érotique et idéaliste qui mettrait la femme sur un piédestal ! S'il est question de femmes, il n'y a rien de féministe dans l'histoire de Palahniuk, ne serait-ce que dans son héroïne Penny Harrigan, jeune femme banale, stagiaire dans un cabinet d'avocat, qui ne semble pas particulièrement ambitieuse (un peu engoncée dans cette idée que l'homme reste la cible à abattre et que malheureusement étant une femme...), pas particulièrement débrouillarde, qui a même l'air un peu gauche souvent, et surtout, qui n'hésite pas à se jeter dans les bras de Maxwell, le "méchant Prince charmant" de l'histoire. Quand au sexe, il est clairement présent dans le livre puisque l'histoire tourne autour du plaisir féminin, mais le roman n'a rien d'érotique, bien au contraire. Chaque scène évoquant le sexe, chaque ligne relatant l'une des expériences sexuelles de Maxwell sur Penny possède un caractère si scientifique et si froid qu'il est difficile de trouver les passages concernant plus émoustillants que glacials.
Car c'est ce qu'est le roman en définitive : une mise en scène glaçante sous forme de satire sur le contrôle des masses, le pouvoir des médias et la quête du plaisir. Une mise en scène dans laquelle l'auteur utilise les femmes (et si c'est à travers leur plaisir sexuel qu'elles sont manipulées, Palahniuk ne se gêne pas pour jeter des piques sur la société de consommation dans son ensemble : vêtements, chaussures, livres - la bit-lit surtout, ce qui m'a bien fait rigoler-, tout y passe plus ou moins).
Cet aspect de l'histoire, avec son lot de parodie et d'humour grinçant sur fond de vérité, m'a bien plu. C'est du Palahniuk tout craché. On reconnaît sensiblement l'auteur dans sa volonté de se moquer et de dénoncer les dérives de la société, de façon toujours plus ou moins flagrante. Dans son cynisme, son exagération et sa façon d'utiliser l'incorrect. Reste que, pour une fois, lisant un roman de l'auteur, je n'ai pas toujours eu l'impression de lire un roman de celui-ci. C'est cette impression qui m'est souvent restée collée à l'esprit et que je tiens pour responsable de ma petite déception vis-à-vis du livre. Du Palahniuk, certes, mais pas forcément comme je l'aime tant. Alors, est-ce à cause du style globalement plus épuré ( pas d'anaphores cette fois-ci, pourtant, je les ai cherché !), de son ton moins outrageux (enfin, tout dépend à quoi on est habitué je suppose, mais certainement moins malsain en tout cas), du caractère de son héroïne qui, si elle est attachante, reste très simpliste et banale comparée aux autres héroïnes de l'auteur, ou encore à cause de l'histoire en elle-même, satire plus réaliste (et encrée dans une certaine réalité) que les autres romans que j'ai pu lire de l'auteur... Peut-être.
En tout cas, si cet Orgasme m'aura laissé un petit goût de déception, on peut au moins reconnaître à Chuck Palahniuk sa faculté à puiser dans son temps pour, armé de sa plume acerbe et de ses idées tordues, nous livrer des histoires qui se moquent intelligemment, restent à l'esprit et se démarquent du lot ! Avec ce conte moderne dans lequel les femmes sont l'instrument de ses idées diaboliques et qui alterne entre plaisir, contrôle, rapport homme/femme et pouvoir des médias, il fera certainement mouche une fois de plus.
Lien : http://desmotsenvrac.blogspo..
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trust_me
  05 avril 2016
Elle en a du bol, Penny Harrigan. Stagiaire dans un cabinet d'avocat, tout juste bonne à faire le café, elle se retrouve le cul à l'air devant Cornelius Linus Maxwell après s'être étalée lamentablement avec le plateau de cappuccinos qu'elle s'apprêtait à lui apporter. Un Maxwell qui n'est rien d'autre que l'homme le plus riche du monde doublé d'un Dom Juan que les tabloïds ont surnommé « Orgasmus Maxwell ». Lui qui jusqu'alors avait épinglé à son tableau de chasse une actrice six fois couronnée aux oscars, la présidente des États-Unis ou encore la future reine d'Angleterre semble être tombé de manière assez incompréhensible sous le charme de Penny, au point de l'invité à dîner. La jeune femme va vite découvrir que le bellâtre voue un culte au plaisir féminin et ne cesse de chercher à déclencher chez ses partenaires des orgasmes dévastateurs grâce à divers jouets de sa conception. D'abord éblouie par les torrents de jouissance que Maxwell parvient à provoquer en elle, Penny va rapidement se rendre compte que quelque chose cloche et que, loin de tout sentimentalisme, son amant la considère uniquement comme un cobaye. Où comment le conte de fée va virer au cauchemar...
Dès le départ, on se dit que Palahniuk se moque du monde. Qu'il force le trait, qu'il insiste lourdement sur les codes propres aux Mommy Porn pour mieux les égratigner. Impossible en effet de prendre au sérieux le délire du fumeux Cornélius Maxwell, expert implacable de l'anatomie féminine et de ses secrets se muant en terroriste psychopathe assoiffé d'argent et de pouvoir. Un maître de l'univers gagnant ses galons en fournissant aux femmes la drogue la plus dure jamais mise sur le marché, une dépendance à l'orgasme provoquée et entretenue par ses sextoys tous plus diaboliques les uns que les autres. L'histoire en elle-même est totalement déjantée, comme tous les personnages d'ailleurs (avec une mention spéciale pour Baba Barbe-Grise, prêtresse de la jouissance féminine vivant depuis deux cents ans recluse dans une grotte du fin fond de l'Himalaya et épuisant tous les disciples qui ont osé se frotter à son savoir).
Le risque quand on se lance dans un projet aussi parodique, c'est de rapidement tourner en rond et de finir par tourner à vide. Or ici, ce n'est jamais le cas. D'abord parce que c'est drôle et ensuite parce que Palahniuk ne se contente pas de se foutre de la mode érotico-porno actuelle. Son roman est aussi (et surtout) une satire sociale dénonçant la quête effrénée du plaisir entretenue par une industrie et des médias aux vues purement mercantiles. La réflexion sur la manipulation des masses est aussi très présente et on sent le plaisir qu'a eu l'auteur à mettre en scène puis dézinguer quelques travers très actuels de notre société.
Un pari compliqué mais parfaitement réussi. le sens de l'hyperbole de l'auteur de Fight Club conjugué à son sens de l'ironie mordante offre au final un pastiche à l'absurdité jouissive. Tout ce que j'aime.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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critiques presse (1)
LaPresse   29 juin 2016
Malgré quelques idées géniales, l'orgasme littéraire ne vient pas. Dommage.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
Amnezik666Amnezik666   25 mai 2016
Pour vendre telle marque de bière, les médias n’avaient besoin que de montrer des corps féminins idéalisés, et les acheteurs masculins mordaient à l’hameçon. Si cette tactique vieille comme le monde donnait l’impression d’exploiter les femmes et de flatter bassement les appétits masculins, des observateurs avisés avaient vu combien l’esprit des hommes intelligents – leurs idées, leur capacité de concentration, de compréhension – était constamment anéanti par la simple vue d’une poitrine attirante ou de cuisses fermes et lisses.
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rkhettaouirkhettaoui   12 avril 2016
« J’ai appris comment satisfaire n’importe quelle femme », reprit-il sur un ton neutre. Il ne frimait pas, en tout cas pas intentionnellement. « Jeune ou vieille. Grosse ou mince. De n’importe quelle origine. De n’importe quelle culture. Avec autant de rapidité que d’efficacité, je peux emmener n’importe quelle femme à des niveaux de jouissance supérieurs à tout ce qu’elle a jamais pu imaginer. »
Il reporta son attention sur son ordinateur. « J’ai réuni des données sur les réactions sexuelles des lycéennes, des étudiantes, des jeunes femmes actives. J’ai étudié les stratagèmes érotiques des prostituées des temples du Tadjikistan… des sexologues allemandes… des danseuses du ventre soufies. Les femmes dont tu as entendu parler, les riches et les puissantes, ne sont que la pointe émergée de mon iceberg sexuel. À l’époque où j’ai couché avec elles, je connaissais déjà par cœur mille façons de procurer du plaisir.
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rkhettaouirkhettaoui   12 avril 2016
D’après son expérience, tous les hommes se considéraient comme des danseurs-nés et tous pensaient être des amants formidables. En vérité, la majorité d’entre eux ne connaissaient qu’un pas de danse – en général le pogo – et, sous la couette, ressemblaient à ces petits singes, dans les documentaires animaliers, que l’on voit farfouiller dans une fourmilière avec un bâton.
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Amnezik666Amnezik666   28 mai 2016
Elle avait appris l’importance des choses. La famille était importante. L’amour était primordial.
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MarieKeyMarieKey   10 mai 2016
« Tu n’es pas au courant ? hurla Monique. Les hommes sont devenus obsolètes ! »
La phrase lui valut quelques applaudissements de la part des femmes autour d’elle.
Monique s’adressa à elles. « Tout ce qu’un homme peut me faire, je peux le faire aussi, mais en mieux ! »
Elle claqua des doigts d’un air méprisant, en faisant briller les cristaux collés sur ses ongles.
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Videos de Chuck Palahniuk (7) Voir plusAjouter une vidéo
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BooKalicious #RL2014! Chronique de "Damnés" de Chuck Palahniuk aux Editions Sonatine. Retrouvez toutes les vidéos ici : http://goo.gl/23DkUZ Quand Maddy Spencer, gosse de riches anciens...
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