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ISBN : 2756417769
Éditeur : Pygmalion-Gérard Watelet (07/10/2015)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 78 notes)
Résumé :
Imaginez un monde où personne ne s’éteint.
Imaginez un service de soins palliatifs où personne ne succombe.
Imaginez un univers où la mort en a ras la faux et fait un burn out.
Emm n’en peut plus. Un matin, elle s’arrête et s’assoit. Ses bras sont de plomb, elle pèse une tonne, elle est incapable de se lever.
En se laissant aller à son spleen, elle rencontre Suzie, une jeune femme dont la gentillesse va l’émouvoir.
Commence alors u... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (59) Voir plus Ajouter une critique
babel95
09 janvier 2016
J'ai lu le roman La Mort est une femme comme les autres, de Marie Pavlenko, que m'ont adressé les éditions Pygmalion et masse Critique Babelio, que je remercie chaleureusement.
Je me faisais une joie de participer à la rencontre avec Marie Pavlenko… Mais des réunions « très importantes » – de celles auxquelles on n'échappe pas – en ont décidé autrement….
En revanche, je n'ai pas manqué une seule seconde de la rencontre des différents personnages du roman. La Mort (également connue dans le roman sous le nom d'Emm), sa Faux préférée, Suzie, jeune institutrice atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale, Anatole, un médecin sous l'emprise de sa folle de mère, Joséphine Paladru vont faire plus ample connaissance au cours d'une journée pas comme les autres – à l'hôpital, lors d'une manifestation gigantesque qui dégénère….et plus rien ne sera comme avant pour chacun d'entre eux.
Le roman de Marie Pavlenko est atypique – difficile de dire s'il s'agit d'une oeuvre fantastique, loufoque, déjantée….
Je dois avouer que dès le début, je suis entrée dans le jeu…. Et pourtant le récit du burn-out de la Mort avait de quoi déconcerter ; mais le texte est plein d'humour, il fait se succéder scènes dramatiques, poétiques, comiques - sans le moindre temps mort..
J'ai trouvé les personnages féminins d'Emm et de Suzie très différents mais particulièrement attachants.
En conclusion, le rythme et l'originalité de cette lecture m'ont beaucoup plu - à sa manière elle nous fait réfléchir sur notre relation à la mort, à la vie et sur la richesse des liens que nous tissons avec tous ceux que nous aimons.

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Chouchette
11 janvier 2016
Je remercie les Editions Pygmalion ainsi que Babelio pour la découverte de ce livre et la rencontre très sympathique avec Marie Pavlenko.
La mort est un sujet difficile dont les gens n'aiment pas beaucoup parler ce qui peut bloquer un lecteur à découvrir un roman sur ce thème. Pourtant à mon niveau, c'est la couverture et le titre du livre qui m'ont interpellée. La couverture est vraiment magnifique avec cette tête de mort fleurie et le titre agrémenté d'une superbe typographie m'a tout de suite intriguée. Ah bon, la mort est une femme ? Une femme comme les autres (donc comme moi !) ? Forcément avec un titre comme celui là ma curiosité a été titillée et le résumé a achevé de me convaincre de découvrir ce livre.
J'ai donc fait la connaissance d'Emm, la mort, qui fait un burn out et décide de ne plus travailler malgré sa Faux qui tente de la ramener à la raison. Raconté de cette manière, ce livre peut paraître totalement fou et je vous le confirme bien volontiers, l'histoire est totalement déjantée et c'est ce qui fait tout son charme.
J'ai trouvé ce livre drôle, fluide et bien construit. Donner forme humaine à la mort change l'idée que l'on s'en fait et Emm nous entraine avec plaisir dans sa quête de découverte de la vie et des plaisirs qu'offre celle-ci avec beaucoup d'humanité malgré son caractère décapant et ses attitudes saugrenues.
Emm a un caractère vraiment bien trempé et elle est bien souvent à la limite de l'emmerdeuse absolue. J'ai pensé, en découvrant ce personnage, que c'était la raison pour laquelle la mort été dépeinte en femme et non en homme (bah oui tout le monde sait que les femmes sont des emmerdeuses … :D !). Au cours de la rencontre avec Marie Pavlenko, celle-ci m'a affirmée que les traits de caractère et l'attitude du personnage d'Emm n'ont pas eu d'influence sur son choix de prendre une femme pour représenter la mort. Personnellement, je n'aurais pas pu imaginer un homme tenir ce rôle et se comporter comme le fait Emm. Marie Pavlenko, après avoir écouté mon explication, a reconnu que le personnage aurait peut être été décrit différemment si il avait été un homme mais qu'en écrivant elle n'avait pas perçu la même chose que moi.
J'avoue avoir eu un gros coup de coeur pour la Faux qui essaye, sans prendre de pincettes et avec cynisme, par tous les moyens de bousculer Emm afin qu'elle reprenne le travail et cesse de mettre le bordel et d'être « cruelle » en ne faisant plus mourir personne. J'ai également adoré/détesté la mère d‘Anatole dont le comportement exécrable et complètement démesuré m'a fait tellement rire.
En lisant ce livre on passe un très bon moment notamment grâce aux dialogues bourrés d'humour et à la manière totalement loufoque dont est racontée l'histoire. Sur un sujet pas évident à aborder, Marie Pavlenko arrive à nous entrainer dans une très belle aventure remplie d'humanité, de plaisir de la vie (dont nous n'avons peut être plus assez conscience pour en profiter pleinement), de courage et d'empathie, le tout sur un ton totalement décalé et déjanté !
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AllTimeReadings
17 décembre 2015
Je tiens d'abord à remercier chaleureusement Babelio pour l'envoi de ce livre! le titre me donnait envie de le lire, mais là c'est une véritable découverte et un vrai coup de coeur qui me donne envie de lire les autres oeuvres de Marie Pavlenko.
Ce livre d'un peu plus de 190 pages nous emmène à la découverte d'une femme, Emm, qui en a assez de son travail, de sa vie, de tout. Elle est en total burn out et passe ses journées affalée dans un canapé. En parallèle, nous apprenons à connaître Suzie, une autre jeune femme qui elle, vient d'apprendre qu'elle était souffrante et qu'il ne lui restait que très peu de temps à vivre. Mais, grâce au personnage d'Anatole Paladru, médecin à l'hôpital, on apprend aussi que la mort semble être en congé. Les gens souffrent, mais ne meurent plus. Commence alors une ère de panique générale où les gens croient à un complot des puissants de ce monde et réclament leur droit de mourir.
Sur les conseils de sa Faux, Emm, ou plutôt La Mort, va apprendre à connaître le monde des humains. Elle va les côtoyer, découvrir leur nourriture, leurs habitudes... Et son chemin va finir par croiser celui de Suzie et d'Anatole. Les trois personnages vont vivre quelques aventures ensembles, qui ne les laisseront pas indemnes...
Tout d'abord, j'ai adoré l'originalité de ce livre, de l'histoire. Mais surtout j'ai aimé les personnages. Je me suis beaucoup attachée à Emm, à Suzie et à Anatole bien que dans les premières pages, je ne le sentais pas ce type. D'ailleurs je trouve qu'Anatole évolue énormément au fil des pages, tout comme Emm. Elle apprend à vivre une vie d'humaine et elle découvre les petits plaisirs futiles que l'on ne prend même plus la peine d'apprécier. J'ai aussi adoré le personnage de la Faux. C'est d'ailleurs assez incongru de faire parler une Faux, mais j'ai apprécié son sarcasme et son humour piquant et je trouve que ce personnage a parfaitement sa place dans le livre.
J'ai aussi adoré le style d'écriture de Marie Pavlenko. J'ai aimé son humour, sa façon de tourner les phrases, les métaphores qu'elle utiliser, son ironie... C'est ce genre d'écriture que j'aime tout particulièrement. D'autant plus que le langage utilisé est courant, ce qui nous permet de nous plonger totalement dans le livre, on se croirait spectateur direct de ce qu'il se passe entre les personnages.
J'ai aimé la fluidité de l'écriture aussi, je n'ai trouvé aucunes longueurs particulières, j'ai pris du plaisir à lire du début à la fin. Et ce qui est particulièrement appréciable c'est que l'on passe d'une narration à l'autre, un coup c'est Emm, puis Anatole puis Suzie (et même une fois la mère d'Anatole, qui m'a bien fait rire). Je trouve que l'auteur manie admirablement l'art de passer d'un narrateur à l'autre, je ne me suis jamais sentie perdue.
J'ai beaucoup aimé la fin. C'est celle que j'espérais! Je ne veux pas vous spoiler en vous en dévoilant trop, mais sachez juste qu'à la fin, la boucle est bouclée. On ne reste pas sur un goût d'inachevé.
Bref, c'est un très très bon livre que je vous recommande. Il est facile et rapide à lire et l'auteur vous transportera aisément dans son univers.
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Ptitelfe
03 mai 2016
Connaissant Marie Pavlenko dans un genre jeunesse avec « le livre de Saskia » et « la fille sortilège », j'avais envie de la découvrir dans un registre plus contemporain, et je fus bien servie par ce récit ! Entre sarcame et réflexion sur la mort, Marie Pavlenko nous offre un roman plein d'humour et de justesse !
Dans LMEUFCLA, Marie Pavlenko nous présente un personnage charismatique, qui pousse chacun d'entre nous dans de nombreuses réflexions : la mort, prénommée ici Emm. Mais voilà, Emm en a marre, elle fait une dépression, un burn-out. Elle se rebelle et décide de ne plus faucher d'humains. C'est alors que les ennuis commencent.
Le récit attaque directement dans un centre gériatrique, où une famille accompagne la grand-mère dans la phase finale de la vie. Sauf que la petite mamie refuse de mourir. du moins c'est ce que pensent son médecin, et certains membres de la famille. Car madame résiste à tout, même à l'extinction de sa respiration artificielle… En voilà une chose rare. Mais lorsque ce phénomène se propage à tout le service, et que le Directeur se retrouve à refuser des admissions en soins palliatifs, autant vous dire que le monde se pose vite des questions.
Non seulement ce phénomène touche les personnes âgées, mais également les accidentés qui auraient dû y rester, ou les malades en phase terminale.
Et lorsque Suzie, qui vient d'apprendre qu'elle est en phase bien avancée d'un cancer, découvre que les gens ne meurent plus, elle y voit là une étincelle qui la raccroche à la vie… sa vie qui basculera lorsqu'elle rencontrera en chair et en os Emm..
Ce récit est une pépite d'humour ! J'ai rigolé du début à la fin, en dépit du thème grave et qui d'un point de vue personnel me fait terriblement peur, mais Marie Pavlenko parvient à emmener le lecteur sur des pistes de réflexions qui permettent d'accepter à un certain niveau ce final de toute vie…
Emm est vraiment très terre à terre, ce qui porte de nombreuses discussions à confusions, étant donné qu'elle prend tout au premier degré ! de plus, il faut dire que sa faux ne manque pas de mordant et que leurs échanges sont à « mourir » de rire, si je peux abuser de cette expression ici.
Imaginez une seconde, Emm qui se balade parmi les humains souffrant, qui se rend en consultation psychiatrique, qui cherche à réaliser des petits gestes humains qu'elle n'avait jamais accompli auparavant, et qui pour la première fois va entrer en interaction réelle avec Suzie, qui lui fera découvrir ce qu'est l'amitié et la gentillesse…
Suzie est un personnage auquel on s'attache rapidement, et son histoire est touchante ! Les personnages sont peu nombreux mais suffisamment caricaturaux pour transmettre les messages de l'auteure, telle la mère d'Anatole pour ne citer qu'elle…
Au-delà de l'humour, Marie Pavlenko m'a permis de voir sous un angle plus grand ce que serait la vie si nous étions tous immortels, ou dans l'incapacité de mourir, et cela serait finalement très obscur. Surpeuplement pour commencer, mais également vivre dans la souffrance perpétuelle, ou encore dans la paranoia.. On observe d'ailleurs dans le livre la dérive du cerveau humain qui ne sait pas comment affronter ce phénomène.
Ce roman est une bouffée d'air frais et je ne m'attendais pas à découvrir ce côté très sarcastique chez Marie Pavlenko.
Je découvre à travers ce roman une auteure très surprenante, qu'il faut absolument découvrir !
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EnjoyBooks
12 novembre 2015
La mort est une femme comme les autres de Marie Pavlenko. (Genre : Fantastique, Contemporain).
Editions : Pygmalion
Prix : 16€ (Lecture commune)
Année de parution originale : 2015.
Résumé : Imaginez un monde où personne ne s'éteint. Imaginez un service de soins palliatifs où personne ne succombe. Imaginez un univers où la mort en a ras la faux et fait un burn out. Emm n'en peut plus. Un matin, elle s'arrête et s'assoit. Ses bras sont de plomb, elle pèse une tonne, elle ne peut plus se lever. En se laissant aller à son spleen, elle rencontre Suzie, une jeune femme dont la gentillesse va l'émouvoir. Commence alors un périple extraordinaire au cours duquel Emm va découvrir la richesse de la nature humaine.
Mon avis : Si la mort décidait de faire un burn out, comment le monde réagirait-il ? le nouveau livre de Marie Pavlenko est complètement différent de ce qu'elle a pu écrire avant. Avec « le livre de Saskia » et « Marjane » on était dans du fantastique. Avec « La mort est une femme comme les autres », on tombe dans un registre plus adulte. le fantastique est mis de côté et c'est l'humour qui prend le dessus. La couverture réalisée par Pygmalion est très sympathique. le seul bémol de l'objet livre, c'est son prix… Au final j'ai passé un agréable moment de lecture !
Dans le prologue, on suit une famille à l'hôpital qui assiste aux derniers moments d'un être cher. le couac c'est qu'on injecte une forte dose de morphine pour laisser partir la personne… mais son coeur ne s'arrête pas ! Comment est-ce possible ? Dès le chapitre 1, on va faire la rencontre d'Emm et là, on va comprendre pourquoi. Les premiers échangent avec sa Faux vont donner le ton. le lecteur ne peut être que curieux de continuer à lire. Je me suis moi-même demandé comment le monde allait faire si personne ne mourrait…
Le personnage le plus charismatique de ce roman c'est Emm, la mort en personne. J'ai complètement adoré son caractère et sa façon d'agir. Elle est complètement barrée, sans gêne et franche. D'ailleurs sa franchise amènera les autres à se demander si elle ne débarque pas d'une autre planète. Ça se comprend parfaitement vu son manque d'expérience en tout ! Mais Emm est une femme (oui, oui la mort est une vraie femme : avec une poitrine et une tenue sexy), qui va évoluer dans ce roman. Si au départ on la trouve déprimée, au contact de Suzie et Anatole elle va avoir des déclics qui vont la faire grandir. Suzie et Anatole sont donc deux personnages aussi importants dans l'histoire. Tout comme la mère d'Anatole d'ailleurs. Vous allez vous pisser de rire tellement sa chère maman est envahissante ! Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir par vous-même cette histoire avec ce trio hors du commun.
Bon soyons clair, ça se lit beaucoup trop vite ! le bouquin se finit alors qu'on aurait envie de rester encore avec Emm et ses acolytes. Marie Pavlenko a pris le parti d'écrire à la troisième personne. Personnellement ça a fonctionné alors que je préfère les narrations en « je ». Ces points de vue différents apportent une richesse importante au récit. On sait comment les autres se perçoivent, on sait ce qu'ils pensent chacun d'eux. Ce sont trois visions qui ne forment qu'un tout et ça se complète super bien. Les chapitres sont aussi courts et puis l'humour que dégage Emm est vraiment hilarant. On veut toujours plus de blagues, de situations cocasses, de franchise malvenue. On veut surtout plus d'innocence et de naïveté de la mort malgré son boulot qui existe depuis le commencement. Ce maelstrom matche parfaitement !
Maintenant que je vous ai dit ça, vous allez me répondre que c'est un livre pour rire, point final. Mes amis détrompez-vous, c'est mal connaître Marie Pavlenko de dire ça. A travers les yeux d'Emm, on perçoit la société comme le verrait un nouveau-né. L'auteure dénonce une société qui en veut toujours trop. Des citoyens qui ne sont jamais content et qui beugle pour 5€. Des personnes égoïstes, nombrilistes, qui ne pensent qu'au profit et à leur petit bien être. Et tout d'un coup, il suffit de tomber sur la bonne personne. Celle qui nous porte un peu d'attention, celle qui nous offre un kebab à 5€, celle qui rend notre vie un peu plus intéressante et palpitante. En fait, LA personne qui malgré sa santé ou ses conditions de vie va être derrière l'autre pour l'aider et le réconforter. J'ai trouvé ce message très beau, subtil et délicat. A travers les « premières fois » d'Emm, l'auteure nous fait réfléchir. Comment peut-on améliorer notre monde en étant moins tourné sur soi-même ?
Le point fort des romans de Marie Pavlenko c'est son écriture : simple, fluide, efficace. Je n'ai pas cessé de penser en lisant qu'elle avait dû s'éclater à l'écrire. Parce qu'elle s'est lâchée, elle n'a pas lésiné sur les blagues, les mots grossiers ou les métaphores à deux balles. C'est un livre complètement loufoque qui vous fera passer un agréable moment. Et puis cette fin avec cet épilogue. Tellement bien trouvé ! Dans les livres de Marie, il n'y a jamais de coïncidence, tout est lié. Et la fin se termine par une scène qui donne le smile… Que vous dire à part qu'il faut lire ce bouquin. Si vous ne voulez pas l'acheter à cause du prix, faites-vous le offrir ! le seul bémol en fait… c'est que c'est trop court. Je chipote, je chipote !
Ma note : 9/10.
La chronique de Momoko pour cette lecture commune : ICI.
Lien : http://enjoybooksaddict.blog..
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Citations & extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
babel95babel9509 janvier 2016
- Suzie, dites-moi : pourquoi avez-vous peur de mourir ?
- Vous n'avez pas peur, vous ?
- Disons que je ne me sens pas concernée.
Suzie étudia Emm de longues secondes avant de répondre.
- Mourir, c'est la fin. Le monde continue de tourner, sans nous. C'est être exclu du monde, renoncer aux chemins que nous n'avons pas eu le temps d'emprunter. Il y a cette idée de gâchis. On voudrait s'accomplir et être heureux mais on se dissout dans le quotidien, on se laisse dévorer par un travail chiant, des soucis sans intérêt, et au final on passe à côté de notre vie. Enfant, elle est illimitée,, potentiellement multiple. Elle ressemble à un chêne millénaire, imposant, touffu. Puis on grandit, on se confronte à des choix, et l'arbre se rabougrit. Un jour, on est vieux et on se rend compte que le chêne s'est transformé en ficus nain.
- C'est assez égoïste comme pensée, il faut laisser la place aux autres.
Suzie réfléchit et son nez en trompette s'agita.
- Sans parler des gens qu'on abandonne...Si j'avais des enfants, je serais paniquée à l'idée de les laisser seuls. Les livrer au monde, justement. Et mourir jeune est dégueulasse. Il y a le panneau "route barrée" alors qu'on voit le bitume de l'autre côté, qui se perd à l'horizon, avec ses embranchements, ses possibles. Seulement, on n'a pas le droit d'essayer.
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SioSio29 octobre 2015
- Vous ressentez une grande lassitude ?
- Oui.
- Chaque geste vous est pénible ?
- Oui, c'est ça ! s'exclama Emm, qui se redressa légèrement, piquée par un intérêt insolite.
- Vous n'envisagez plus l'avenir, et d'ailleurs, vous n'envisagez pas le présent non plus, subissez les événements et avez envie de tout arrêter, et quand je dis tout, je veux dire tout, oui, madame : votre corps est un étranger plus lourd qu'une enclume et vos pensées ressemblent à la soupe de pois de ma grand-mère Georgette qui travaillait au Crillon, vous êtes éreintée, l'impression tenace que vos muscles sont de la gelée de groseilles et que le monde pèse le poids d'un éléphant mort sur vos frêles épaules ?
Varlov dut reprendre sa respiration, terrassé par sa prestation.
- Trêve de bavardage : j'ai quoi ?
Emm avait fauché Virgile, Baudelaire, Hugo et Neruda, elle n'allait pas se taper Varlov et ses assauts verbeux.
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SioSio29 octobre 2015
- Eh bien, des rumeurs circulent. Figure-toi que Mémé n'est pas la seule. Il paraît que les gens ne meurent pas, ne meurent plus ! J'ai lu des théories dingues : l'homme serait parvenu à un stade ultime de développement et aurait atteint l'immortalité ! Tu te rends compte ? On ne va peut-être plus mourir ! s'emballa-t-il. [...]
- Tu ne crois pas ce genre de conneries, quand même ? [...] Tu as oublié à quel point tout le monde fait pipi sur la Toile en disséquant la longueur et la forme de son jet. Crois-moi, l'humanité est loin d'avoir atteint l'apogée de son évolution. Si tu veux mon avis, elle est même plutôt en train de repartir du côté des invertébrés. Il suffit de jeter un œil à la crétinerie ambiante pour s'en persuader.
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babel95babel9509 janvier 2016
- Pendant que tu t'abîmais dans la contemplation de ton cubitus, j'ai regardé un film, commença-t-elle.
- Un quoi ?
- Un film, Emm, ne fais pas semblant de ne pas comprendre ! Ces histoires que les hommes se racontent pour échapper à la réalité et ne plus avoir peur de toi, leur inéluctable point de mire.
La Faux ne se laissa pas démonter par l'absence totale de réaction.
- Je l'ai vu à la télé. Je n'ai pas tout saisi mais c'est l'histoire d'un type brun à lunettes qui bégaie. Il n'est bon à rien, doute de tout, se demande s'il n'a pas un cancer du bonheur. Bref, il n'arrête pas de se plaindre.
- Classique... déplora Emm.
- Je sais, on parle de ton quotidien ! Mais écoute la suite : pour tenter de remonter la pente et de reprendre le contrôle de lui-même, voire de trouver ce lui-même, il régurgite ses états d'âme à un spécialiste. Un homme dont le travail est d'ingérer la masse des turpitudes humaines, et d'apaiser les âmes perdue qui le consultent en les délestant de leur fardeau.
- un curé ?
- non, un "psy"
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DelexDelex11 novembre 2015
— Tu es en train de mettre un bordel noir chez les humains, ma vieille, s’écria la Faux. Tu dois te ressaisir, piger d’où viens ton burn-machin ! Tu es, tu es… cruelle ! tenta-t-elle, à bout d’arguments.
— C’est la meilleure de l’année ! Moi, cruelle ? Ils me supplient tout le temps de les épargner, et maintenant que je m’exécute, ça ne va toujours pas ! Ils ne sont jamais contents, jamais contents !
Emm se frotta les paupières, perdue.
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Marie Pavlenko lit les premières pages de Je suis ton soleil. Découvrez Déborah, son héroïne à l'humour ravageur, avant qu'elle n'entame sa première journée en classe de terminale. Il faut bien se lever !
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